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L'état des lieux en 2008

1. Introduction

Force et leadership en sciences, technologie et innovation (STI), tel est le prix à payer pour participer pleinement à l'économie mondiale du savoir au XXIe siècle. Pour prospérer dans la nouvelle économie mondiale, un pays se doit d'innover. La croissance économique du Canada et la qualité de vie de chacun de ses citoyens exige que nous soyons pleinement capables de découvrir, créer, trouver, adopter et commercialiser de nouveaux biens et services. Les progrès en ce qui concerne notre santé, notre sécurité personnelle et la qualité de notre environnement dépendent étroitement de notre aptitude à innover.

Quel est le moteur de l'innovation au Canada ? La curiosité et la soif de savoir, le désir de réussir sur le marché, l'amélioration des services à la population, une meilleure gestion de notre environnement et de nos ressources, ainsi que la réalisation de notre plein potentiel sont les facteurs qui motivent les particuliers, les établissements d'enseignement, les entreprises et les gouvernements.

Notre potentiel en la matière est énorme. Le Canada possède des atouts considérables en S-T — nos gens, nos communautés, nos entreprises et notre savoir —, et il ne cesse de les renforcer. Nous avons produit des entreprises capables de faire concurrence sur la scène mondiale et notre population est l'une des plus instruites du monde. Nos chercheurs contribuent beaucoup au bassin mondial de connaissances. Nos politiques d'encadrement du marché contribuent à faire de notre pays une nation prospère et attrayante pour les investisseurs. Deux langues officielles et des communautés dynamiques, diverses et tolérantes, où la culture et les arts peuvent s'épanouir, enrichissent la vie de nos concitoyens et en attirent sans cesse de nouveaux. Comme l'a dit le Groupe d'étude sur les politiques en matière de concurrence : « Le Canada fait également preuve de stabilité politique grâce à de fortes institutions et à un engagement envers la règle de droit, un atout concurrentiel de plus en plus important en matière de développement économique et de mise en valeur des ressources »1.

Toutefois, des évaluations récentes du rendement du Canada en innovation montrent que tout ne va pas pour le mieux. Dans son rapport de 2006 intitulé L'état de la science et la technologie au Canada, le Conseil des académies canadiennes conclut que le Canada s'est doté d'atouts considérables dans de nombreux domaines de recherche durant la dernière décennie et qu'il progresse dans de nombreux domaines nouveaux tels que la biotechnologie et la santé, dans diverses applications de la nanotechnologie, et dans les ressources naturelles. En revanche, « nous avons plus de difficultés à faire de ces atouts en sciences fondamentales des succès commerciaux durables »2. Dans sa fiche d'évaluation de 2007, le Conference Board du Canada place toujours le Canada dans la catégorie des nations douées, mais en précisant qu'il est en train de glisser peu à peu vers le bas du classement à cause de ses mauvais résultats dans pratiquement toutes les matières. Le Canada a reçu la note D et s'est classé 13e sur 17 en ce qui concerne l'innovation, ce qui en fait un élève médiocre n'ayant que des succès parcimonieux. Selon le Groupe d'étude sur les politiques en matière de concurrence, les mauvais résultats du Canada sur le plan de la productivité sont en grande mesure liés aux résultats relativement mauvais des entreprises canadiennes en création, diffusion et transformation des connaissances et en utilisation des connaissances par la commercialisation3.

Maintenir nos investissements en sciences, en technologie et dans l'innovation nous aidera à nous remettre rapidement du ralentissement économique mondial actuel. Ces investissements peuvent nous aider à renforcer nos atouts actuels, à dépasser nos concurrents qui sont en moins bonne situation financière que nous et à nous donner l'occasion de consolider les domaines dans lesquels nous ne figurons pas parmi les chefs de file mondiaux. Toutefois, si nous ne faisons rien ou prenons de mauvaises décisions, les problèmes à court terme auxquels nous sommes confrontés en raison de la crise financière mondiale actuelle entraîneront un déclin à long terme, voire permanent, de notre niveau de vie. L'heure est venue de passer à la vitesse supérieure.


1 Groupe d'étude sur les politiques en matière de concurrence, Foncer pour gagner, 2008, p. 27.

2 Comité pour le rapport sur l'état de la science et de la technologie au Canada, Conseil des académies canadiennes, L'état de la science et de la technologie au Canada, 2006, p. 27.

3 Groupe d'étude sur les politiques en matière de concurrence, Foncer pour gagner, 2008, p. 19.