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L'état des lieux en 2008

2. Analyse générale des indicateurs

Dans cette partie du rapport, le Conseil résume son analyse des ensembles d'indicateurs présentés en détail au chapitre 4, Recueil des indicateurs clés.

2.1 Analyse des indicateurs de l'innovation d'entreprise

Les entreprises doivent être plus nombreuses à comprendre le rôle important que peuvent jouer la technologie et l'innovation dans leur stratégie et leur rendement. Une culture de l'entreprenariat est importante pour encourager l'innovation dans tous les secteurs de la société. Cela vaut autant pour les scientifiques et gestionnaires qui mettent les sciences sur le marché sous forme de nouveaux produits que pour les ouvriers des usines qui trouvent des moyens plus efficaces de faire fonctionner leurs chaînes de production et de nouvelles applications pour leur équipement. Les entreprises canadiennes qui font plus de recherche-développement (R-D) vendent plus de nouveaux produits et sont également plus productives.

Dans l'ensemble, les entreprises canadiennes investissent plus dans la R-D mais, quand nous nous comparons à nos principaux concurrents, nous constatons que nous prenons du retard et que l'écart se creuse. Des études ont montré qu'un petit nombre seulement de secteurs industriels sont à l'origine de la faible intensité globale de R-D des entreprises au Canada par rapport aux États-Unis. Selon ces études, la quasi-totalité de l'écart total s'explique par la faible intensité de la R-D des entreprises dans les secteurs des services et dans l'industrie des véhicules à moteur. Toutefois, les différences sectorielles dans l'intensité de la R-D des entreprises et les raisons de ces différences entre des secteurs industriels canadiens et américains comparables ne sont pas particulièrement bien comprises.

Une analyse récente de Statistique Canada montre que, lorsque l'on tient compte de la structure de l'industrie dans l'analyse de l'investissement dans les machines et le matériel, la plupart des secteurs industriels canadiens témoignent d'une intensité de capital moindre que ceux des États-Unis. En ce qui concerne l'investissement dans les machines et le matériel non relié aux technologies de l'information et des communications (TIC), l'écart avec les États-Unis est d'environ 12 %. Pour ce qui est de l'investissement dans les TIC, le retard est plus prononcé, soit 33 % environ.

Parmi les pays comparés, le Canada se situe au septième rang pour ce qui est du pourcentage du produit intérieur brut (PIB) investi en capital-risque, et on s'attend à ce que cette situation se dégrade à cause du resserrement général du crédit.

Non seulement le Canada dépense moins dans le domaine des machines et du matériel, mais, de façon générale, il ne développe pas lui-même l'équipement qu'il utilise. Plus de 55 % des usines de fabrication qui introduisent des technologies de pointe sur le marché canadien sont plus susceptibles d'être des acheteurs de technologie. Il existe au Canada un degré considérable d'innovation impulsée par l'utilisateur, puisque 42 % des entreprises modifient une technologie qu'elles ont achetée ou mettent elles-mêmes au point leur propre technologie.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a commencé à comparer l'appui public direct et indirect à la R-D des entreprises dans les 13 pays membres pour lesquels elle dispose de données. Il en ressort que, si l'on ajoute l'appui direct à la R-D des entreprises à la valeur de l'appui indirect, c'est le Canada qui fournit l'appui public le plus important en pourcentage du PIB, juste devant les États-Unis.

En 2005, le soutien public canadien à la R-D des entreprises était égal à 0,23 % du PIB, alors que la proportion aux États-Unis était de 0,22 %. Bien que le total (appui direct et indirect) soit similaire, au Canada, 90 % du soutien se composait de mesures indirectes (crédit d'impôt pour la recherche et le développement), alors qu'aux États-Unis, 80 % de l'appui public prenait la forme de financement public direct des activités de recherche-développement des entreprises commerciales, avec 20 % seulement d'appui public indirect. Le financement public direct de la R-D des entreprises, conjugué à des politiques d'approvisionnement efficaces, se révèle fructueux pour le développement économique de sociétés du savoir comme la Finlande, les États-Unis et la Corée.

Enfin, l'innovation ouverte prend de l'expansion, car les entreprises collaborent de plus en plus avec leurs clients, leurs fournisseurs et les établissements de recherche pour trouver de nouvelles idées, de nouveaux produits et de nouveaux services novateurs. Les mauvais résultats du Canada en ce qui concerne divers indicateurs importants, dont le pourcentage des entreprises menant des activités d'innovation en collaboration avec d'autres entreprises ou avec des organismes de recherche, sont troublants.