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L'état des lieux en 2008

2. Analyse générale des indicateurs

2.2 Analyse des indicateurs de développement et de transfert des connaissances

Les universités canadiennes sont un des éléments clés du système d'innovation national. Les chercheurs universitaires canadiens sont des auteurs prolifiques et leurs recherches sont généralement de grande qualité, en particulier dans certains domaines. Qu'elle soit mesurée en proportion de la R-D nationale totale ou du PIB, la contribution du secteur universitaire à la R-D nationale est plus élevée au Canada que dans la plupart des pays de l'OCDE et du G7. Le financement de la R-D universitaire était relativement stable au Canada de 1990 à 1997, mais il a ensuite augmenté très rapidement, année après année. Même si le financement fédéral direct de la R-D et les transferts des gouvernements provinciaux aux universités sont les principales sources de financement de la R-D universitaire, les entreprises financent davantage la recherche universitaire au Canada que dans les autres pays. Les revenus de licence de la R-D universitaire sont moins élevés au Canada qu'aux États-Unis, mais les universités canadiennes ont tendance à produire, en proportion, plus d'entreprises dérivées de la recherche que les autres pays, États-Unis compris.

Un certain nombre d'études font apparaître des aspects particuliers dans les liens entre les universités et les entreprises. L'interfinancement de la R-D par les entreprises et les universités du Canada est élevé selon les normes internationales, aussi bien en proportion de la recherche canadienne totale qu'en proportion du PIB. Toutefois, la proportion d'entreprises canadiennes qui collaborent avec les universités pour la R-D est faible en fonction de normes internationales. Selon l'enquête sur la compétitivité réalisée par le Forum économique mondial, le Canada ne se classe pas très bien en ce qui concerne la collaboration universités-entreprises en R-D. Comme il est largement prouvé que les entreprises ont tout à gagner à collaborer avec les universités en matière de recherche et d'innovation, il importe de comprendre pourquoi ces diverses sources parviennent à des conclusions apparemment contradictoires sur l'état de la collaboration intersectorielle au Canada.

Bien que les universités canadiennes aient plus tendance que celles d'autres pays à utiliser les entreprises dérivées comme mécanisme de commercialisation de la recherche, le nombre d'entreprises dérivées des universités canadiennes a baissé ces dernières années. La proportion de licences issues de la recherche universitaire reste beaucoup plus faible au Canada qu'aux États-Unis.

Les universités canadiennes ne sont pas nombreuses dans les classements internationaux des universités (y compris des universités privées), ce qui porte à conclure qu'elles sont mal reconnues à l'échelle internationale ou qu'elles sont inférieures en qualité. L'examen de leur qualité exigerait que l'on se penche sur les liens entre les résultats et les ressources, c'est-à-dire sur les niveaux de financement relatifs des universités canadiennes qui font de la recherche et des universités à l'étranger.

Le gouvernement joue un rôle crucial dans le financement de la production et de la diffusion du savoir. Le financement de la R-D universitaire vient essentiellement de sources gouvernementales (provinciales ou fédérales), et il existe de nombreux programmes gouvernementaux destinés à encourager les liens de R-D entre les universités et les entreprises. Divers organismes fédéraux exécutent également des activités scientifiques importantes, dont la recherche liée aux fonctions de réglementation et d'information du gouvernement et la R-D consacrée à des questions d'importance stratégique pour le pays et pour son économie. Le financement de la R-D du gouvernement du Canada est assez stable depuis la fin des années 1980, même en dollars constants. En revanche, en proportion du PIB, le financement canadien de la R-D gouvernementale n'a pas suivi la croissance de l'économie. En proportion du PIB, il est largement inférieur à la moyenne des pays du G7, et l'écart entre le Canada et les pays du G7 s'est creusé ces dernières années.