OTTAWA, 5 mai 2009 — D'après un rapport publié aujourd'hui par le CSTI, les sciences, la technologie et l'innovation peuvent représenter le moteur de notre réussite économique et garantir la qualité de vie des Canadiens, si tous les secteurs travaillent ensemble pour maximiser nos avantages et améliorer notre rendement.
Le système des sciences, de la technologie et de l'innovation au Canada : l'état des lieux en 2008, le premier rapport public produit par le CSTI, rend compte des progrès du Canada et compare le rendement du pays à celui des chefs de file mondiaux dans le domaine des sciences, de la technologie et de l'innovation. Il fait état du rendement du Canada en innovation en s'appuyant sur plus de 50 normes internationales et nationales d'excellence, comme les efforts de recherche, les taux de commercialisation, la qualité des recherches et les compétences de la main-d'œuvre. Il vise à établir une référence pour suivre de près les indicateurs clés et évaluer nos progrès.
« Il ressort de notre rapport que le Canada s'améliore, mais que d'autres pays le font plus rapidement que lui. Le Canada se place en milieu de peloton et affiche de solides résultats, mais étant donné l'importance de l'innovation pour notre avenir, ce n'est pas suffisant. Nous devons faire preuve de plus d'ambition afin d'honorer les capacités des Canadiens », a affirmé M. Howard Alper, président du CSTI. « Nous possédons de bonnes assises et d'excellentes compétences en recherche, mais nous devons effectuer des recherches et encourager l'entrepreneuriat de façon à permettre la conversion des connaissances en actifs négociables ».
« D'autres pays s'efforcent d'améliorer leur système d'innovation, et les normes d'excellence sont de plus en plus élevées », a déclaré David O'Brien, membre du CSTI et président des conseils d'administration d'EnCana Corporation et de la Banque Royale du Canada. « Les changements technologiques, l'accroissement de la concurrence mondiale, ainsi que le besoin de créer des possibilités d'emploi pour les Canadiens hautement qualifiés qui peuvent prospérer dans le contexte économique mondial actuel, nécessitent que des mesures soient prises pour accroître notre rendement en sciences, en technologie et en innovation, afin de garantir notre avenir ».
Le rapport recommande instamment au Canada de renforcer tous les secteurs de son système des sciences, de la technologie et de l'innovation, ainsi que les liens qui les unissent, s'il souhaite maintenir son indépendance économique, sa compétitivité, sa productivité et sa qualité de vie, et se mériter une place dans le groupe des grands pays innovateurs. « Des objectifs ambitieux appellent un effort concerté de la part des entreprises, des universités, des cégeps, des institutions sans but lucratif, des communautés et de tous les ordres de gouvernement au pays », a affirmé Heather Munroe-Blum, membre du CSTI, et principale et vice-chancelière de l'Université McGill. « Aucun secteur ne peut à lui seul être responsable du rendement, ou même atteindre seul des résultats, et c'est pourquoi nous devons travailler ensemble pour développer notre capacité de créer, de mettre en œuvre de nouvelles idées et de les transformer en succès commerciaux dans le marché mondial, au moyen d'un financement approprié ».
L'état des lieux en 2008 atteste que le Canada possède une base solide pour asseoir son leadership en innovation : la qualité des recherches effectuées au pays est remarquable, et le financement de la R-D et de l'enseignement supérieur au Canada compte parmi les plus élevés du monde ; les jeunes Canadiens s'illustrent en sciences, en mathématiques et en lecture ; des mesures récentes permettent maintenant d'attirer les étrangers les plus talentueux ; et notre excellence en innovation se manifeste dans toutes les régions du pays et dans tous les secteurs économiques. Il existe toutefois des secteurs où le Canada est vulnérable. Par exemple, les entreprises canadiennes n'investissent pas autant que leurs principaux concurrents dans la recherche et le développement. Dans un monde où le talent prime, d'autres pays améliorent leurs résultats en éducation et leur soutien aux activités d'innovation plus rapidement que le Canada. Le faible degré d'alphabétisme et de numératie d'un nombre considérable de Canadiens limite leur capacité d'innover et de profiter de l'innovation. Enfin, le peu de collaboration entre les entreprises, de même qu'entre ces dernières et les chercheurs des universités, des cégeps et des laboratoires gouvernementaux, restreint notre potentiel commercial.
Bien que les universités et les chercheurs du Canada mènent des recherches de pointe, ils ne sont pas suffisamment connus et reconnus sur la scène internationale. De plus, les efforts déployés par les entreprises canadiennes pour commercialiser les résultats de la recherche se heurtent trop souvent à un manque de capitaux, ce qui rend difficile le développement sur la longue durée de nouveaux produits et services.
Saisir les occasions d'améliorer le rendement du Canada en matière d'innovation permettra de développer une économie vigoureuse et d'accroître nos capacités de chef de file dans le domaine des sciences, de la technologie et de l'innovation. Plus précisément, les points suivants appellent une action concertée :
La création du Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation avait été annoncée dans la stratégie des sciences et de la technologie du Canada, Réaliser le potentiel des sciences et de la technologie au profit du Canada. Le Conseil a été formé en octobre 2007 afin de donner au Gouvernement des conseils sur des enjeux scientifiques et technologiques, et de produire des rapports qui mesurent le rendement du Canada en matière de sciences et de technologie, en s'appuyant sur des normes internationales d'excellence. Le Conseil entend publier un rapport sur l'état du système des sciences, de la technologie et de l'innovation au Canada tous les deux ans.
Présidé par M. Howard Alper, le Conseil est composé de 18 membres chevronnés et accomplis provenant de l'administration publique et des domaines de la recherche, de l'éducation et des affaires.
Une copie du rapport Le système des sciences, de la technologie et de l'innovation au Canada : l'état des lieux en 2008, ainsi que des notes biographiques sur les membres du Conseil, peuvent être téléchargées sur le site http://www.stic-csti.ca.
Pour obtenir plus d'information :
David Rodier
Cabinet de relations publiques NATIONAL
drodier@national.ca
613-233-1699 poste 243
613-884-2215
- 30 -
5 mai 2009
Dans le présent rapport, le Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation (CSTI) fait le point sur la santé du système des sciences, de la technologie et de l'innovation du Canada. On y trouve un examen des progrès réalisés au cours des années et une comparaison des résultats canadiens avec ceux des chefs de file mondiaux. Enfin, CSTI mentionne les secteurs qui méritent notre attention si nous voulons placer le Canada dans le groupe de tête des pays innovateurs.
L'innovation est importante. Dans une économie mondialisée, la création et la conservation de nos emplois, ainsi que l'amélioration de notre niveau de vie dépendront de plus en plus de notre aptitude à innover. Notre niveau et notre qualité de vie augmenteront avec la mise au point d'automobiles et d'avions moins énergivores, la découverte de nouveaux traitements des maladies, l'amélioration de l'accès à Internet et la création d'appareils de communication nous reliant les uns aux autres en tant que communautés et au sein de l'économie mondiale. Notre aptitude à régler les problèmes importants pour les Canadiens — qu'il s'agisse d'une utilisation plus propre et plus éconergétique de nos ressources ou de la prestation de services à l'autre bout du pays ou de la planète — dépendra de la vigueur de notre assise scientifique et de notre aptitude à innover.
Bien que le potentiel d'innovation du Canada soit énorme, nous avons des obstacles à surmonter. La crise financière qui secoue le monde porte un dur coup à notre performance économique, notamment dans les secteurs de l'automobile, des produits forestiers, des technologies de l'information et de la biotechnologie. Elle réduit les revenus dont peuvent disposer le secteur privé, les universités, les collèges et le gouvernement.
En outre, nous sommes confrontés à des défis à plus longue échéance. Les frontières technologiques sont repoussées à un rythme de plus en plus rapide, ce qui fait qu'il est difficile de rester à l'avant-garde. Divers défis mondiaux et nationaux appellent une action soutenue, comme les changements climatiques, la consommation et la production d'énergie, ainsi que les coûts et conséquences du vieillissement de la population. À ces phénomènes s'ajoute l'arrivée dans l'économie mondiale de nouveaux producteurs à bas prix qui accroissent les pressions concurrentielles sur nos entreprises.
Dans la conjoncture économique actuelle, les marges d'erreur sont réduites alors que les risques et les conséquences des mauvaises décisions augmentent. En période de difficultés économiques, entreprises, universités, collèges et gouvernements peuvent être portés à réduire leurs budgets de recherche-développement (R-D). Malgré cela, veiller à ce que nos décisions et investissements débouchent sur une croissance économique durable à long terme reste aussi urgent que crucial pour notre avenir.
Le Canada a fait des progrès au cours de la dernière décennie dans son appui à l'innovation. Nous savons désormais que pour créer des emplois et stimuler la croissance dans un monde compétitif, il faut que les sciences, la technologie et l'innovation fassent partie d'une politique nationale appuyant ceux qui assurent notre succès dans l'innovation. Les facteurs déterminants du succès dans l'innovation comprennent :
Nous avons appris que le succès dans l'innovation vient de la réussite que ces différents acteurs connaissent individuellement et de la manière dont ils collaborent les uns avec les autres. Stimuler l'innovation exige une collaboration soutenue et une réponse systémique de différents individus et institutions travaillant ensemble dans le système d'innovation. Les fonds et politiques des municipalités et des gouvernements provinciaux et fédéral stimulent l'activité innovatrice. Les politiques peuvent également favoriser et faciliter la collaboration internationale et renforcer ainsi l'accès au bassin mondial de savoir et de compétences. Les entreprises, les institutions et les gouvernements doivent faire preuve de stratégie et d'adaptabilité dans leurs décisions et leurs investissements en sciences et en technologie (S-T) pour tirer parti des changements technologiques émergents et des nouvelles possibilités économiques et sociétales.
Atteindre l'excellence avec des ressources limitées oblige à faire des choix. Sur le conseil du CSTI, le ministre de l'Industrie a annoncé récemment des sous-priorités qui permettront de concentrer les ressources et d'appuyer les découvertes, la recherche appliquée et l'innovation susceptibles de consolider les avantages concurrentiels du Canada. Cela débouchera sur le développement accéléré des secteurs importants pour le Canada, tout en reconnaissant qu'une proportion élevée des fonds doit être consacrée à une recherche fondamentale d'excellente qualité.
| Priorités de recherche | Sous-priorités* |
|---|---|
| * Les sous-priorités et leurs composantes ne sont pas classées par ordre d'importance. | |
| Environnement | Eau :
|
| Méthodes plus propres pour l'extraction, le raffinage et l'utilisation des hydrocarbures, y compris la réduction de la consommation de ces carburants | |
| Ressources naturelles et énergie | Production d'énergie à partir des sables bitumineux |
Arctique :
|
|
| Biocombustibles, piles à combustible et énergie nucléaire | |
| Santé et sciences de la vie | Médecine régénérative |
| Neurosciences | |
| Santé d'une population vieillissante | |
| Génie biomédical et technologies médicales | |
| Technologies de l'information et des communications (TIC) | Nouveaux médias, films d'animation et jeux |
| Réseaux et services sans fil | |
| Réseaux à large bande | |
| Matériel de télécommunications | |
Comparer la performance du Canada à celle d'autres pays peut nous apprendre beaucoup sur le dynamisme de notre économie et sur notre aptitude à maximiser les bienfaits économiques et sociaux de la recherche et des nouveaux produits, services, procédés et modèles de gestion. Nous avons des choix à faire et nous possédons des atouts que nous pouvons exploiter. Il y a cependant aussi certains domaines dans lesquels nous ne comptons pas parmi les meilleurs du monde. C'est normal, car aucun pays n'est premier en tout. Si nous voulons faire partie des tout premiers, nous devons savoir où nous nous situons maintenant, comprendre comment nous sommes arrivés là, décider ensemble dans quels domaines nous voulons exceller, agir en conséquence et, ensuite, mesurer contamment nos résultats.
Le Canada a du mal à suivre le rythme des meilleurs innovateurs. Quand nous nous comparons aux autres et que nous examinons notre performance au cours des années, nous constatons une amélioration modeste, mais nous voyons aussi que notre effort n'a pas été suffisant pour nous amener à la moyenne du G7, sans parler de devenir un leader mondial. Le Canada reste au milieu du groupe de 30 pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et il se classe sixième dans le G7 en ce qui concerne la proportion de R-D des entreprises par rapport au produit intérieur brut (PIB). L'une des constantes depuis 40 ans est que nos entreprises font globalement peu de R-D et de commercialisation.
Certaines caractéristiques purement canadiennes méritent qu'on s'y arrête. Le Canada a l'un des régimes d'incitation fiscale à l'innovation les plus généreux du monde, avec des crédits d'impôt de 3 à 4 milliards de dollars pour les activités de recherche scientifique et de développement expérimental (RS&DE). Quelque 80 % du capital-risque est utilisé dans les secteurs de l'information, des communications, de la technologie et de la pharmaceutique. Les politiques publiques et la réalité du monde des affaires ont fait de nos universités des centres de R-D plus importants que dans d'autres pays.
Cela dit, il importe de souligner que l'innovation englobe plus que la R-D. Beaucoup d'entreprises apportent de la valeur sur le marché en utilisant des connaissances qui ne découlent pas forcément de la R-D. Malheureusement, notre aptitude à mesurer ce type d'innovation est très limitée, car il s'agit de connaissances acquises en apprenant sur le tas et en collaborant à l'extérieur de l'entreprise.
Il y aura des changements profonds dans les économies nord-américaines et mondiales au cours des prochaines années à cause de la transformation de la structure industrielle et de l'émergence de nouvelles réalités économiques. La meilleure manière pour le Canada de s'adapter à ces changements, voire d'exceller dans ce contexte difficile, sera de veiller à ce que son économie soit souple, efficiente et dynamique. La complaisance n'est plus de mise si nous voulons bâtir une économie plus innovatrice, car cela exigera non seulement un engagement constant de nos ressources, mais aussi l'offre des bons stimulants et incitatifs à l'innovation, l'instauration d'une culture d'entreprise dans laquelle l'innovation est une source cruciale de valeur, et l'incitation de tous les éléments de notre système d'innovation à travailler ensemble afin de créer de la valeur pour tous les Canadiens.
Le CSTI s'est penché sur divers indicateurs du rendement des particuliers, des institutions et des entreprises, mais les indicateurs actuels ne sont pas suffisants. Par exemple, nous avons décidé de ne pas inclure dans ce rapport d'analyse plus détaillée de la R-D des entreprises par secteur car nous aurions dû fonder nos conclusions sur des données de 2002, les plus récentes dont on dispose à ce sujet.
Nous savons que les données présentées reflètent assez bien les activités d'innovation qui débouchent sur de nouveaux produits et procédés, mais traduisent mal celles qui débouchent sur de nouveaux modèles de gestion, de nouvelles pratiques commerciales ou de nouveaux marchés. Cela tient au fait que les enquêtes menées sur l'innovation dans les services, la fabrication et le secteur de l'exploitation des ressources naturelles sont relativement peu fréquentes et qu'il est souvent difficile de comparer les résultats internationaux par secteur.
Il y a aussi des limites à notre compréhension de la dynamique de la collaboration. Nos données nous permettent de calculer le nombre de collaborations par les entreprises ou les établissements de recherche publics, mais nous ne savons pas grand-chose sur la nature de ces collaborations. Nous ne savons pas non plus lesquelles sont couronnées de succès et lesquelles échouent, si elles diffèrent d'une industrie à l'autre, et dans quelle mesure elles concernent des entreprises nationales seulement ou ont un caractère mondial. Bon nombre des mêmes limites existent en ce qui concerne les données internationales sur les brevets, ce qui explique que nous n'en parlons pas dans ce rapport.
Une bonne partie des informations dont nous avons besoin pour analyser les changements profonds dans notre économie devra être obtenue au moyen d'enquêtes sur les projets d'innovation, les activités, les liens et les résultats. Ces enquêtes devront être assez régulières pour mettre les changements en lumière. Il appartient aux entreprises et aux gouvernements de réfléchir dès maintenant à la manière dont les statistiques officielles sont structurées et compilées. Ils ont besoin d'information pour mesurer l'incidence économique et sociale de l'innovation. Toutefois, cette information doit être obtenue en réduisant au minimum le coût pour les répondants, notamment les petites et moyennes entreprises.
Le Canada peut s'enorgueillir d'avoir produit des scientifiques qui ont repoussé les frontières du savoir au profit de l'humanité. Les Canadiens ont fait des découvertes exceptionnelles et transformé des découvertes scientifiques en produits et services qui nous permettent de mieux vivre. Tout comme nous préparons nos athlètes à être les meilleurs, nous devons faire en sorte que nos scientifiques et nos entrepreneurs puissent apprendre en travaillant avec les meilleurs et en se mesurant à eux. Si la recherche et l'esprit d'entreprise canadiens reflètent le désir d'atteindre des niveaux d'excellence internationaux, ils continueront d'être une source de fierté et de prospérité nationales.
Pour l'avenir, nous recommandons que l'on prête attention aux questions qui suivent.
Tous les acteurs du système d'innovation ont un rôle à jouer pour renforcer les capacités du Canada en matière d'innovation. Selon le CSTI, le Canada possède de bonnes fondations sur lesquelles bâtir. Beaucoup de Canadiens montrent la voie à suivre, avec l'appui de tous les ordres de gouvernement. Si nous adaptons les meilleures pratiques internationales à notre contexte, si nous ciblons nos efforts nationaux, si nous surveillons attentivement les indicateurs clés du succès, si nous évaluons sans relâche l'efficacité de nos mécanismes de soutien à l'innovation et si nous agissons rapidement pour corriger nos faiblesses, le Canada sera capable de faire concurrence aux meilleurs.