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L'état des lieux 2010


Sommaire

Le Canada cherche à devenir un leader mondial dans le domaine de l'innovation. Pour y arriver, nous devons comprendre les éléments du système des sciences, de la technologie et de l'innovation (STI), ainsi que les liens entre eux. Un système STI efficace est conçu sur les bases d'un bassin de talents solide, de recherches de première qualité, d'institutions publiques et privées qui tirent une valeur de la recherche-développement (R-D), de mécanismes systémiques efficaces de transfert et d'application des connaissances ainsi que d'une commercialisation fructueuse de l'innovation au sein du secteur privé. Un système intégré performant est nécessaire pour que les idées puissent passer de l'imagination aux innovations, et ensuite aux marchés.

L'innovation, c'est bien plus que la R-D : il s'agit de transformer les connaissances en produits et services dont les Canadiens et les autres consommateurs sur le marché mondial actuel ont besoin, produits et services qu'ils veulent et pour lesquels ils sont prêts à payer. Afin de transformer le savoir en résultats concrets dans le domaine de la santé et de permettre une croissance forte et durable ainsi que la création d'emplois, nous devons préparer le terrain pour la prospérité.

Le système STI du Canada parvient-il à produire les résultats voulus?

Notre bassin de talents est solide, et le nombre de Canadiens détenant un diplôme universitaire est à la hausse; le nombre de titulaires de doctorat en sciences, notamment, connaît une croissance particulièrement rapide. Le taux d'obtention de maîtrises et de doctorats dans les domaines des sciences et du génie a augmenté de façon importante, plus que dans les autres économies avancées, et plus rapidement que le taux d'obtention de diplômes d'études supérieures dans tous les domaines d'étude. Les jeunes Canadiens de 15 ans continuent d'obtenir de meilleurs résultats que ceux de la plupart des autres pays en lecture, en mathématiques et en sciences. De plus, le Canada se classe toujours au premier rang des pays du G7 pour ce qui est de la part d'habitants qui détiennent un diplôme plus élevé que celui d'études secondaires.

Des indicateurs plus généraux axés sur les résultats pour évaluer l'excellence dans les universités et les collèges n'ont toujours pas été définis ni appliqués à l'échelle internationale. Les entreprises canadiennes ont nettement augmenté le financement de la R-D dans les universités, bien qu'il demeure faible (moins que le dixième des dépenses totales en R-D des entreprises). Le transfert des connaissances sur le marché, à partir d'instituts de recherche universitaires et gouvernementaux, et l'établissement d'une culture axée sur l'innovation dans les entreprises demeurent des priorités. La création de richesses à partir de la commercialisation est un résultat important de notre engagement envers la science, la technologie et l'innovation (STI) : un résultat avantageux pour la société, aussi bien sur le plan économique que social. Si nous ne parvenons pas à tirer profit de tous nos progrès en matière de STI, nous devons chercher à savoir pourquoi et pallier ces faiblesses.

Le taux de R-D effectuée par les entreprises au Canada est faible selon les normes internationales. De plus, de 2007 à 2009, les dépenses en R-D de l'industrie canadienne ont encore diminué, tant en dollars courants qu'en dollars réels. Un examen de l'intensité de la R-D menée dans l'industrie, en comparaison avec les mêmes industries dans d'autres pays, indique que dans le cas de 8 industries canadiennes sur 16, l'intensité de la R-D était moins élevée que la moyenne de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour les mêmes industries en 2005. On a cependant relevé quelques exceptions notables au Canada sur le plan du rendement de la R-D. L'intensité de la R-D dans les entreprises était plus élevée que la moyenne de l'OCDE dans les industries du papier et du bois et les industries connexes, dans l'industrie de la fabrication de technologies de l'information et des communications (TIC), dans les industries du commerce de gros et de détail, dans les industries de services financiers et de services de communication, dans les industries du transport et de l'entreposage, dans les services publics, dans les industries de l'immobilier et des services d'entreprise (y compris la R-D et les services de technologies de l'information).

Élargir la mesure de l'innovation pour y inclure deux facteurs importants de la croissance de la productivité, à savoir l'investissement dans les machines et le matériel (MM) et l'investissement dans les TIC, s'est avéré plus complexe. De 2000 à 2007, l'intensité des investissements dans les MM et dans les TIC au Canada correspondait respectivement à moins des trois quarts et à moins de la moitié des niveaux américains. Cependant, les industries canadiennes de l'extraction pétrolière et gazière ainsi que des finances, des assurances, de l'immobilier et de la gestion d'entreprises ont enregistré de plus fortes intensités dans les MM que celles des États-Unis. Les données présentées dans L'état des lieux en 2010 : De l'imagination à l'innovation montrent aussi qu'il est important de tenir compte des tendances des dépenses canadiennes en services de technologies de l'information (TI) plutôt que seulement en achats de TI, compte tenu de leur contribution potentielle à l'amélioration de l'innovation et de la productivité.

L'innovation ne provient pas toujours de la R-D. L'innovation dans les procédés et l'innovation progressive peuvent aussi contribuer grandement à l'amélioration de la productivité. Le succès de l'innovation résulte en fin de compte de l'ambition des équipes de gestion et de leur attention aux détails.

Au-delà de la comparaison, quels principes doivent guider les efforts visant à renforcer le rendement du Canada en matière d'innovation?

Nous devons éviter la complaisance et continuer de cultiver notre talent à tous les niveaux. Bien que les résultats globaux des jeunes Canadiens de 15 ans soient demeurés assez stables, le rang du Canada a baissé en lecture, en sciences et en mathématiques, car ses concurrents s'améliorent plus rapidement. Nous devons aider nos élèves à mieux apprendre et à mieux appliquer leurs connaissances.

Les sous-priorités en matière de R-D définies en 2008 par le Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation (CSTI) peuvent aider les secteurs de l'innovation à tirer profit des forces du Canada en matière de recherche et d'économie. Même si le tiers des ressources était concentré dans ces secteurs, elles permettraient de renforcer l'excellence du Canada à l'échelle mondiale.

La concurrence et l'examen par les pairs ont permis d'améliorer la R-D canadienne, qui atteint maintenant des niveaux d'excellence internationaux. L'exemple le plus récent est la qualité et la portée des Chaires d'excellence en recherche du Canada, dont les activités englobent la recherche fondamentale et la recherche appliquée. La concurrence a révélé que non seulement les grandes universités canadiennes, mais aussi les plus petites, pouvaient exploiter des créneaux d'expertise et conclure des alliances afin d'établir leur réputation dans le monde.

La collaboration doit être envisagée dans le contexte des grappes, notamment entre les universités et les collèges, et entre les petites et les grandes entreprises. Soutenir les grappes est une façon de constituer une masse critique dans la recherche à court et à long termes, dans l'intérêt commun des entreprises et des organismes de recherche. De telles collaborations améliorent aussi la capacité des entreprises à recruter des diplômés canadiens hautement qualifiés. La participation des entreprises axées sur l'innovation à de telles grappes et la collaboration active des secteurs de la recherche et des affaires permettront d'assurer que la recherche canadienne de classe internationale est commercialisée avec succès dans l'intérêt du pays.

Le groupe d'experts sur la recherche-développement, qui doit présenter son rapport à l'automne 2011, se penchera sur les moyens de mieux tirer parti des fonds publics afin d'améliorer les résultats de la commercialisation de l'innovation dans l'industrie. Ses recommandations seront importantes pour l'avenir du système STI du Canada et peuvent engendrer la réorganisation des programmes gouvernementaux pour augmenter la participation du secteur privé et soutenir l'entrepreneuriat, grâce à un appui simplifié et mieux ciblé.

Entre L'état des lieux en 2008 et L'état des lieux en 2010, l'industrie canadienne a été frappée par une grave crise financière. À mesure que le Canada se remet de cette crise, la collaboration est importante pour atteindre nos objectifs en matière d'innovation et établir un parcours vers la prospérité.

Le rapport L'état des lieux en 2010 nous permet de mieux comprendre la façon dont les entreprises canadiennes innovent. Des données montrent que certaines industries canadiennes sont des chefs de file mondiaux. Nous avons également la chance d'avoir de grands talents qui peuvent réaliser de grandes ambitions. Le défi est de bien utiliser ces talents, d'investir dans des technologies de pointe, d'intégrer l'innovation aux stratégies des sociétés et du pays ainsi que de mobiliser nos efforts pour offrir la prospérité à tous les Canadiens. Cette orientation nous permettra d'améliorer la croissance de la productivité. L'année 2010 a commencé par des athlètes canadiens qui ont inspiré le pays grâce à leur détermination et à leur grande ambition. Les rapports L'état des lieux du CSTI sont un point de départ pour comparer les efforts des entreprises, des universités, des collèges et des gouvernements à l'échelle du pays. En tenant compte des données de ces rapports, nous pouvons fixer des objectifs ambitieux qui permettront à plus de citoyens et d'entreprises canadiennes de monter sur les podiums internationaux.