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L'état des lieux 2010


6. Revue des indicateurs

6.1 Indicateurs de l'innovation d'entreprise

L'innovation dans le secteur privé est une source de création de richesses. Pour les entreprises, concevoir et améliorer des produits peut aider à conserver ou à acquérir une part du marché, ce qui fait augmenter les revenus et les profits. Si ces innovations transfèrent simplement une part du marché d'une entreprise à une autre, les consommateurs profitent d'un plus grand choix, mais aucune richesse n'est créée. Cependant, si l'innovation incite d'autres entreprises à améliorer leurs produits pour rivaliser, les consommateurs profitent de biens de qualité supérieure, ce qui augmente la richesse nette des consommateurs. Les entreprises peuvent aussi mettre en place des procédés innovateurs pour réduire les coûts, ce qui a pour effet d'augmenter la marge de profit, de réduire les prix pour les consommateurs, ou les deux.

6.1.1 Aller au-delà des indicateurs de recherche-développement pour mesurer l'innovation

Le rapport L'état des lieux en 2008 mentionnait les liens entre l'innovation, la productivité et notre niveau de vie. On y soulignait que les industries canadiennes investissent moins dans la R-D et les machines et le matériel que les industries comparables dans le reste du monde. Les dépenses en R-D ne sont qu'un des indicateurs de l'innovation, mais il s'agit d'un indicateur important qui a une grande corrélation avec les autres contributions à l'innovation.

Les données nationales très générales permettent d'évaluer le rendement en innovation d'une économie, mais elles peuvent aussi dissimuler des différences considérables en ce qui a trait à la composition de l'industrie ainsi qu'au rendement des industries et des entreprises individuelles. Certaines industries sont par nature plus intensives sur le plan de la R-D ou des TIC que d'autres, et la relation entre ces variables et la productivité(comme pour toute mesure de l'innovation) varie aussi selon l'industrie.

Dans L'état des lieux en 2010, le CSTI examine l'innovation dans les entreprises par industrie et par secteur. Dans cette section, des données sur les niveaux de productivité et de croissance au Canada, par industrie et par secteur, sont d'abord présentées, puis l'on compare les niveaux de productivité de la main-d'œuvre et leurs déterminants à ceux des États-Unis. Les quatre déterminants étudiés sont la PTF, l'investissement dans les MM, les TIC (matériel et services) et la R-D.

Ce rapport présente aussi les nouvelles conclusions de l'enquête sur l'innovation en ce qui concerne les façons dont les entreprises canadiennes innovent, la place de l'innovation dans leurs stratégies d'entreprise ainsi que leurs dépenses en innovation pour les produits et les procédés. La croissance des services commerciaux à forte intensité technologique y est également décrite et analysée. Enfin, le rapport souligne les différences sectorielles quant à la façon dont les petites, moyennes et grandes entreprises investissent dans la R-D ainsi que l'offre de capital-risque aux entreprises canadiennes.

6.1.2 Croissance de la productivité pour un meilleur niveau de vie

« Il y a certes d'autres facteurs que la croissance de la productivité qui influent sur notre niveau de vie, par exemple l'évolution des termes de l'échange du Canada (les prix que nous obtenons pour nos ventes à l'étranger par rapport aux prix que nous payons pour nos importations) et celle des taux d'emploi (la proportion de la population qui travaille effectivement). Il reste que la croissance de la productivité est la principale source d'amélioration de notre bien-être économique à long terme. Les gains de productivité permettent aux entreprises d'accorder des salaires réels (corrigés de l'inflation) plus élevés, tout en maîtrisant leurs coûts et en demeurant rentables et concurrentielles. La hausse de la productivité est donc essentielle à la progression soutenue des revenus réels et du niveau de vie au fil du temps. » [traduction]

— Banque du Canada19

Sous-priorité de recherche-développement : production d'énergie dans les sables bitumineux

Josephine Hill, Zandmer – Chaire de recherche du Canada sur l'hydrogène et la catalyse, Université de Calgary et récipiendaire du Minerva Mentoring Award de 2008 pour l'encouragement aux femmes dans les domaines du génie, des sciences et de la technologie de l'information.

Josephine Hill, Zandmer – Chaire de recherche du Canada sur l'hydrogène et la catalyse, Université de Calgary et récipiendaire du Minerva Mentoring Award de 2008 pour l'encouragement aux femmes dans les domaines du génie, des sciences et de la technologie de l'information.

Recherche-développement en matière de sables bitumineux et de pétrole lourd

La technologie de drainage par gravité au moyen de vapeur (DGMV) est un exemple d'innovation dans l'industrie pétrolière et gazière qui a évolué grâce à de nombreux essais sur le terrain. Deux puits horizontaux sont forés dans des formations de sables bitumineux pour produire du bitume, qui consiste en un mélange de sable, d'argile, d'eau ainsi que d'une forme de pétrole dense et visqueuse. Le puits supérieur injecte de la vapeur dans la formation, tandis que le puits inférieur recueille le pétrole brut chauffé ou le bitume qui s'écoule de la formation, ainsi que l'eau provenant de la condensation de la vapeur injectée. La chaleur de la vapeur réduit la viscosité du pétrole brut lourd ou du bitume. Cette technologie améliorée de récupération du pétrole est considérée comme deux fois plus efficace que l'ancien procédé de stimulation cyclique à la vapeur.

La technologie DGMV a subi plusieurs transformations depuis sa conception, à la fin des années 1960, par Roger Butler. Alberta Innovates Technology Futures appuie l'élaboration d'autres technologies de traitement de l'eau produite par la DGMV (p. ex., les membranes céramiques). Le Long Lake Project de Nexen dans les sables pétrolifères de l'Athabasca est le premier projet à combiner la DGMV avec une usine de traitement qui produit du super pétrole synthétique par une utilisation plus efficace du gaz naturel.

Recherche en matière de catalyse

Les sous-priorités de R-D englobent la recherche fondamentale et la recherche appliquée. Par exemple, la recherche de Josephine Hill, Zandmer – Chaire de recherche du Canada sur l'hydrogène et la catalyse, à l'Université de Calgary, examine et améliore le rendement des processus chimiques et électrochimiques qui peuvent s'appliquer à la production d'énergie. Les travaux dans le domaine de la catalyse ont des répercussions sur l'environnement, la conception de piles à combustible, l'hydrotraitement du pétrole lourd et la gazéification. Il y a également des répercussions sur la conversion des déchets solides, comme la conversion du coke de pétrole et de la biomasse en charbon actif, qui peut être utilisé pour nettoyer les vapeurs d'échappement de gaz et de liquide. Le charbon actif utilisé peut ensuite être gazéifié pour produire des produits gazeux, comme le méthane et le gaz de synthèse.

La productivité correspond à la quantité totale de biens et de services produite dans un pays pour chaque facteur de production, comme la main-d'œuvre, le capital ou les terrains. La mesure la plus courante de la productivité est la productivité de la main-d'œuvre, qui évalue la quantité de biens et de services produite en une heure de travail.

Au Canada, les niveaux de productivité de la main-d'œuvre et leur croissance varient énormément d'une industrie à l'autre. Par exemple, la figure 9 révèle que les niveaux de productivité de la main-d'œuvre du secteur privé dans les industries de services ne correspondaient qu'à 89 % de la moyenne pour l'économie entière. Les niveaux de productivité de la main-d'œuvre des secteurs de l'extraction minière, pétrolière et gazière ainsi que des services publics correspondaient au moins au triple de ceux du secteur privé pour l'ensemble de l'économie. De 2003 à 2008, la productivité dans ces deux secteurs a baissé respectivement de -4,5 % et de -1,7 %. De plus, le secteur de la construction a aussi enregistré une baisse de-2,3 % de la productivité de la main-d'œuvre. Par contre, de 2003 à 2008, on a observé une croissance de la productivité de la main-d'œuvre supérieure à la moyenne dans la plupart des industries de services,dans le secteur de l'agriculture, de l'exploitation forestière, de la pêche et de la chasse ainsi que dans le secteur de la fabrication. Les secteurs du commerce de gros et de détail ont aussi connu une augmentation considérable de la productivité de la main-d'œuvre, soit3,4 % par année de 2003 à 2008.

Figure 9 : Productivité de la main-d'œuvre dans le secteur privé (2008) et croissance de la productivité de la main-d'œuvre dans le secteur privé (de 2003 à 2008), par industrie

SECTEUR ou industrie

Productivité de la main-d'œuvre*, 2008

Croissance de la productivité de la
main-d'œuvre (croissance annuelle moyenne [%]), de
2003 à 2008

* – La productivité de la main-d'œuvre dans le secteur privé est égale au produit intérieur brut réel (en $CA) divisé par le nombre total d'heures travaillées.
Remarque : Les secteurs comprennent plusieurs industries.
Source : Données compilées par le Secrétariat du CSTI, d'après des données de
Statistique Canada. Retour au texte

SECTEUR DES BIENS

AGRICULTURE, FORESTERIE, CHASSE ET PÊCHE

35,2

4,7

EXPLOITATION MINIÈRE ET EXTRACTION DE PÉTROLE ET
DE GAZ

117,7

-4,5

SERVICES PUBLICS

135,5

-1,7

CONSTRUCTION

28,7

-2,3

FABRICATION

48,7

0,8

MOYENNE POUR LE SECTEUR DES BIENS

47,3

-0,6

SECTEUR DES SERVICES

Commerce de gros

41,1

3,4

Commerce de détail

24,1

3,4

Transport et entreposage

33,9

0,5

Industrie de l'information et industrie culturelle

64,1

2,9

Finance, assurances, immobilier et location à bail

72,4

0,8

Services professionnels, scientifiques et techniques

30,9

0,1

Services administratifs et services de soutien, services de gestion des déchets et services d'assainissement

22,1

0,6

Éducation

24,2

3,2

Soins de santé et aide sociale

31,7

0,7

Arts, spectacles et loisirs

20,0

1,0

Hébergement et services de restauration

15,5

1,7

Autres services, sauf les administrations publiques

17,4

1,1

MOYENNE POUR LE SECTEUR
DES SERVICES

33,6

1,7

     

Moyenne pour tous les secteurs
et industries

37,8

0,7

La recherche économique sur la croissance miraculeuse de la productivité aux États-Unis suggère que la croissance de la productivité de la main-d'œuvre des industries de services est passée de 1,0 % par année avant 1995 à2,3 % par année par la suite20. La fameuse reprise de la croissance de la productivité aux États-Unis est en grande partie attribuable à la productivité des services. La croissance de la productivité de la main-d'œuvre aux États-Unis n'est pas vraiment miraculeuse. Il s'agit plutôt du résultat de l'action des entreprises. La forte croissance de la productivité de la main-d'œuvre dans les industries de services aux États-Unis est attribuable aux niveaux élevés de dépenses en capital pour les TIC ainsi qu'à la croissance rapide de la PTF. La PTF mesure les influences conjointes sur la croissance économique, comme le changement technologique, l'amélioration de l'efficacité et les rendements d'échelle21.

Selon le Système de comptabilité nationale22, les produits sont des biens et services (y compris des produits basés sur la « capture des connaissances ») résultant d'un processus de production.

Les biens sont des objets physiques produits pour lesquels il existe une demande, sur lesquels des droits de propriété peuvent être établis et dont la propriété peut être transférée d'une unité institutionnelle à une autre par le biais d'une opération sur le marché.

Les services résultent d'une activité de production qui modifie l'état de l'unité consommatrice ou qui facilite l'échange de produits ou d'actifs financiers.

La comparaison des industries canadiennes est importante pour comprendre où les niveaux de productivité augmentent, mais la comparaison avec les industries d'autres pays permet d'évaluer le caractère concurrentiel du Canada à l'échelle mondiale. Comme au Canada, les niveaux de productivité des services aux États-Unis ont du retard dans le secteur de la fabrication, mais ils augmentent rapidement. La croissance de la productivité de la main-d'œuvre est essentielle pour l'augmentation des salaires et de la rentabilité pour les employés et les investisseurs.

La figure 10 présente une comparaison entre les industries canadiennes et les industries des États-Unis en ce qui a trait aux niveaux de productivité de la main-d'œuvre et à ses principaux déterminants : l'intensité de la productivité totale des facteurs et du capital pour l'investissement dans les MM et l'investissement dans les TIC. On constate que l'écart entre la productivité de la main-d'œuvre canadienne et celle des États-Unis s'est élargi de 2002 à 2007. Au cours de cette période, les niveaux de productivité au Canada ont chuté de 77,3 % à 72,1 %comparativement aux niveaux de productivité de la main-d'œuvre aux États-Unis. Les secteurs canadiens de l'extraction minière, pétrolière et gazière,des services publics ainsi que de la fabrication ont tous enregistré des baisses de productivité de la main-d'œuvre par rapport aux États-Unis, et 9 des 11 industries de services ont également connu des baisses de productivité par rapport aux États-Unis. Seules l'agriculture, l'exploitation forestière, la pêche et la chasse ainsi que quelques industries de services (comme le commerce de gros, la finance, les assurances, l'immobilier et la gestion d'entreprises) ont vu leur productivité s'améliorer par rapport à leurs homologues américains.

Figure 10 : Comparaison entre le Canada et les États-Unis sur le plan de la productivité de la main-d'œuvre, de la productivité totale des facteurs et de l'intensité du capital (États-Unis = 100)

SECTEUR ou industrie

Productivité de la main-d'œuvre

Productivité totale des facteurs

Machines et matériel*

TIC

2002

2007

2002

2007

Moyenne pour 2000
à 2007

Moyenne pour 2000 à 2007

* Les machines et le matériel comprennent les TIC.

Remarque : Les secteurs comprennent plusieurs industries.

Source : Jianmin Tang, Someshwar Rao et Min Li, « Sensitivity of Capital Stock and Multifactor Productivity Estimates to Depreciation Assumptions: A Canada-U.S. Comparison », International Productivity Monitor, Ottawa, Centre d'étude des niveaux de vie, no 20, automne 2010. Retour au texte

SECTEUR DES BIENS

AGRICULTURE, FORESTERIE, CHASSE ET PÊCHE

85,5

86,4

82,8

86,2

70,5

79,1

ACTIVITÉS EXTRACTIVES

88,9

88,0

79,3

72,5

80,0

31,2

Extraction minière (sauf l'extraction de pétrole et
de gaz)

58,1

47,3

52,2

39,4

57,0

35,1

Extraction de pétrole et de gaz

87,9

81,6

94,9

100,3

100,5

25,6

SERVICES PUBLICS

76,5

62,7

53,9

49,0

51,0

73,6

CONSTRUCTION

149,5

192,5

151,8

196,9

79,2

14,7

FABRICATION

84,4

73,2

91,1

77,2

91,1

36,6

SECTEUR DES SERVICES

Commerce de gros

73,7

90,0

97,8

120,3

29,9

45,6

Commerce de détail

81,3

75,6

95,3

85,5

70,4

72,1

Transport et entreposage

123,8

108,1

112,5

96,7

86,8

19,7

Industrie de l'information et industrie culturelle

64,5

46,6

69,9

52,3

82,8

98,5

FAIL et gestion d'entreprises

70,0

72,1

75,7

74,9

105,4

72,2

Services professionnels, scientifiques
et techniques

45,4

38,6

54,0

47,6

45,7

42,3

Services administratifs et de gestion des déchets

113,5

107,6

144,1

126,2

39,9

49,9

Éducation, soins de santé et aide sociale

99,4

95,9

102,0

98,0

34,2

17,8

Arts, spectacles et loisirs

39,6

39,0

49,4

47,9

39,3

128,7

Hébergement et services de restauration

74,1

72,2

85,2

78,8

28,3

47,1

Autres services, sauf les
administrations publiques

145,3

143,8

181,6

178,3

61,1

102,1

             

Moyenne pour tous les secteurs et industries

77,3

72,1

75,4

68,5

74,5

47,9

L'analyse des facteurs de la productivité de la main-d'œuvre est une partie importante de la compréhension de la croissance de la productivité relative du Canada. La productivité totale des facteurs (PTF) et l'investissement dans les MM, en particulier le capital investi dans les TIC, sont des facteurs importants de la croissance de la productivité de la main-d'œuvre. L'investissement de capital dans les MM et les TIC influence souvent la PTF, qui influence à son tour la productivité de la main-d'œuvre. Le Comité d'experts sur l'innovation dans les entreprises du Conseil des académies canadiennes a conclu que le taux de croissance de la PTF sur des périodes suffisamment longues est principalement attribuable à l'innovation des entreprises, si on inclut dans cette notion, l'amélioration de l'organisation du travail, l'amélioration des modèles d'affaires, l'intégration efficace des nouvelles technologies, les retombées positives de la R-D ainsi que les apports des entrepreneurs23.

Par rapport aux États-Unis, la PTF a baissé dans toutes les industries de l'économie canadienne, sauf dans le secteur de l'agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse, dans celui de l'extraction pétrolière et gazière, et dans ceux de la construction et du commerce de gros. Par conséquent, la PTF du Canada est tombée à 68,5 % par rapport à celle des États-Unis. Malgré cette baisse, la construction, l'extraction pétrolière et gazière, le commerce de gros, les services administratifs et la gestion des déchets, ainsi que les autres industries de services (sauf les administrations publiques) ont continué d'afficher des niveaux de PTF supérieurs à ceux de leurs homologues aux États-Unis.

De 2000 à 2007, les investissements canadiens dans les MM et leurs TIC étaient inférieurs à ceux observés dans l'ensemble des États-Unis. L'investissement dans les TIC se chiffrait à moins de la moitié de celui des États-Unis, tandis que l'investissement dans les MM totalisait un peu moins des trois quarts de celui des États-Unis. L'intensité de l'investissement dans les MM au Canada était supérieure à celle des États-Unis dans l'industrie de l'extraction pétrolière et gazière, dans la finance, les assurances et l'immobilier ainsi que dans l'industrie de la gestion d'entreprises. Au cours de la période allant de 2000 à 2007, l'intensité du capital investi dans les TIC par le Canada était supérieure à celle des États-Unis dans l'industrie des arts, des spectacles et des loisirs ainsi que dans les autres industries de services (sauf les administrations publiques). La formation brute de capital fixe en MM constituait 6,3 % du PIB du Canada en 2007, une hausse légère par rapport aux 6,2 % enregistrés en 2004 (selon L'état des lieux en 2008)24.

6.1.3 Place de l'innovation dans les stratégies d'entreprise

Le projet pilote de l'EISE de 2009 a été mené conjointement par Industrie Canada, Affaires étrangères et Commerce international Canada et Statistique Canada. L'enquête portait sur 6 233 entreprises canadiennes et couvrait 67 secteurs. L'échantillon choisi se limitait aux entreprises de 20 employés ou plus, dont le revenu était de 250 000 $ ou plus. Les comparaisons par industrie des résultats de l'EISE aux données des États-Unis doivent être modifiées afin de refléter le découpage différent du BRDIS des États-Unis. Toutes choses étant égales par ailleurs, puisque le potentiel d'innovation des entreprises dépend de leur taille, les résultats concernant la propension à innover du Canada devraient être meilleurs que ceux des États-Unis. Des questionnaires comprenant des caractéristiques d'enquêtes d'entreprise d'autres pays ont été envoyés aux présidents ou aux cadres supérieurs d'entreprises. Le taux de réponse à l'EISE de 2009 était de 70 %. Les données de l'EISE donnent un aperçu des objectifs stratégiques à long terme, des stratégies, des activités et des résultats en matière d'innovation des entreprises canadiennes.

L'enquête reprend les quatre catégories d'innovation définies dans le Manuel d'Oslo : l'innovation de produit, l'innovation de procédé, l'innovation de marketing ainsi que l'innovation organisationnelle.

L'innovation de produit se rapporte aux biens et aux services nouveaux ou sensiblement améliorés, ce qui inclut les améliorations notables des spécifications techniques, des composantes et des matériaux, des logiciels intégrés, de la convivialité ou d'autres caractéristiques fonctionnelles.

L'innovation de procédé se rapporte aux méthodes de production ou de prestation nouvelles ou sensiblement améliorées, ce qui inclut les modifications notables apportées aux techniques, à l'équipement et aux logiciels.

L'innovation de marketing se rapporte aux nouvelles méthodes de marketing qui modifient sensiblement la conception ou l'emballage de produits, le placement de produits, la promotion de produits ou les prix.

L'innovation organisationnelle se rapporte à la mise en place de nouvelles méthodes organisationnelles dans les pratiques de l'entreprise, l'organisation du lieu de travail ou les relations extérieures.

Ces innovations peuvent être nouvelles pour l'entreprise, pour le marché ou le secteur ou pour le monde.

Les données de l'EISE révèlent que la grande majorité des entreprises canadiennes dépendent des produits, des procédés, du marketing et des pratiques d'innovation organisationnelle existants. Dans toutes les industries recensées,seulement 19 % des entreprises ont dit qu'elles mettaient un accent stratégique sur l'introduction régulière de biens ou de services nouveaux ou sensiblement améliorés, et seulement 34 % avaient comme objectif stratégique à long terme d'intégrer des activités ou des procédés d'affaires nouveaux ou sensiblement améliorés dans leurs opérations. De plus, 31 % des entreprises visaient, à long terme,l'introduction de pratiques ou de méthodes de marketing sensiblement améliorées, tandis que 33 % des entreprises avaient comme but stratégique à long terme d'introduire des pratiques de gestion nouvelles ou sensiblement améliorées ou d'apporter des modifications à leur structure organisationnelle.

Il est essentiel de surveiller les résultats des activités d'innovation pour garantir que les stratégies d'innovation à long terme sont appliquées avec succès. L'enquête portait notamment sur les pratiques de surveillance que les entreprises canadiennes utilisent pour atteindre leurs objectifs. Les objectifs financiers occupaient la place la plus importante dans la mesure des objectifs stratégiques à long terme de toutes les entreprises. En effet, 65 % des entreprises disaient surveiller leur marge brute ou d'exploitation, et 76 % des entreprises, l'accroissement de leurs ventes ou de leur revenu. Les indicateurs de l'approche client étaient les mesures les plus mentionnées après les objectifs financiers. L'approche client inclut les objectifs relatifs aux procédés et à l'organisation, comme l'augmentation de la satisfaction de la clientèle (50 % des entreprises). Les ventes accrues de nouveaux produits et l'innovation de procédé se sont classées en troisième place en ce qui a trait à ce que les entreprises évaluent dans le cadre de leurs objectifs à long terme.

6.1.3.1 Dépenses en activités d'innovation

Parmi toutes les entreprises canadiennes qui déclarent mener des activités innovatrices, ce sont les entreprises de services publics qui ont le plus tendance à dépenser des sommes importantes en innovation de produit et de procédé, comme l'illustre les figures 11 et 12. Pour ce qui est de l'innovation de biens et de services, 41 % des entreprises de cette industrie y consacrent 1 000 000 $ou plus, 26,4 %, de 200 000 $ à 999 999 $,25,6 %, de 50 000 $ à 199 999 $, et 7,4 %, de 1 $ à 49 999 $. Toutes les entreprises de services publics avaient des dépenses en innovation de produit. Par contre, dans les industries du transport et de l'entreposage, environ 20,7 % des entreprises ne dépensent rien pour l'innovation de produit. L'industrie de la fabrication, ainsi que les services professionnels, scientifiques et techniques ont fort tendance à dépenser des sommes importantes en innovation de produit.

Figure 11 : Dépenses totales pour les innovations de biens ou de services en 2009

La figure 12 montre que de grandes dépenses (c'est-à-dire de 500 000 $ ou plus) en innovation de procédé sont observées dans les services publics (54,3 % des entreprises innovatrices), dans la finance et les assurances(44,6 % des entreprises) ainsi que dans l'industrie minière,l'exploitation des carrières et l'extraction de pétrole et de gaz(24,8 % des entreprises innovatrices).

Figure 12 : Dépenses totales pour les innovations de procédé en 2009

Les industries de services

Les services englobent une panoplie d'industries qui sont souvent au service d'autres parties de l'économie. En 2008, les services comptaient pour 61,5 % du PIB du secteur privé et pour 72,6 % des emplois dans le secteur privé de l'économie canadienne. Les trois premières industries de services sur le plan des emplois étaient l'industrie du commerce de détail, l'industrie de la finance, des assurances, de l'immobilier et de la location à bail ainsi que l'industrie de l'hébergement et de la restauration.

Les plus grandes sociétés au Canada en 2009, selon la liste des 500 premières entreprises canadiennes présentée par le Financial Post, sont souvent des entreprises de services ou des entreprises de fabrication ayant beaucoup d'activités de services. Parmi les 30 entreprises canadiennes ayant enregistré les revenus les plus élevés en 2008, 16 réalisaient des activités de services considérables : la Banque Royale du Canada, Power Corporation du Canada, la Financière Manuvie, George Weston, la Banque Scotia, la Banque Toronto-Dominion, la Banque de Montréal, les Entreprises Bell Canada, Walmart Canada, Alimentation Couche-Tard, la Financière Sun Life, Empire Company, Brookfield Asset Management, la Banque Canadienne Impériale de Commerce, Thomson Reuters et Research In Motion.

La liste des 250 premières entreprises de technologie canadiennes publiée par le Branham Group en 2010 comprenait également beaucoup d'entreprises ayant des activités de services considérables.

Exemples d'entreprises de services

Thomson Reuters utilise des technologies innovatrices pour communiquer de l'information aux décideurs sur les marchés financier, juridique, fiscal, comptable et scientifique ainsi que sur les marchés des soins de santé et des médias. En 2008, l'entreprise a reçu le Prix R&D 100 de la revue R&D Magazine pour sa plateforme de recherche et d'analyse de la propriété intellectuelle25. L'entreprise a aussi remporté six fois les Technology Innovation Awards de la revue The CPA Technology Advisor, dont une fois en 2010 pour son outil de gestion du personnel26.

Le groupe CGI offre des services de gestion des TI et de procédés opérationnels dans des domaines comme l'intégration de systèmes et les conseils connexes, la gestion d'applications ainsi que la gestion de la technologie. Le groupe CGI, qui a consacré76 millions de dollars à la R-D en 2009, est l'une des entreprises de TIC qui exécute le plus de R-D au Canada27. L'entreprise a collaboré avec Bell Canada pour créer un centre d'excellence en innovation et en technologie28, et elle est renommée pour sa grande innovation en approvisionnement électronique29 et en gestion électronique des informations sur la santé30.

6.1.4 Innovation par la recherche-développement

6.1.4.1 Rendement des entreprises en recherche-développement

L'intensité des dépenses en recherche et développement des entreprises (DIRDE) est le ratio entre la R-D des entreprises et une mesure de la production. La figure 13 présente une comparaison du ratio entre les DIRDE et le PIB pour certains pays en 1998, en 2003 et en 2008. Dans la plupart des pays, on observe une augmentation de l'intensité des DIRDE au cours de ces années, tandis que l'intensité au Canada a diminué. Il ne s'agit pas seulement du résultat d'une croissance plus rapide du PIB, mais également de la diminution du rendement global des entreprises en R-D (figure 14).

Figure 13 : Intensité des dépenses en recherche-développement des entreprises, par pays, pour 1998, 2003 et 2008

Figure 14 : Dépenses en recherche-développement des entreprises au Canada, de 1991 à 2010

De 2006 à 2009, les fonds consacrés à la R-D par les gouvernements fédéral et provinciaux, l'enseignement supérieur, les organisations privées sans but lucratif et les sources étrangère sont augmenté. Le secteur privé a également attribué plus de ressources à la R-D dans le secteur de l'enseignement supérieur, quoique cela n'ait pas compensé la diminution de la R-D effectuée par les entreprises.

La valeur ajoutée des entreprises, qui est principalement constituée des profits et des salaires, est essentiellement la contribution des entreprises au PIB. La mesure des DIRDE par rapport à la valeur ajoutée d'une entreprise permet de déterminer quelle part de ses ressources l'entreprise consacre à la R-D. En comparaison aux autres pays, les DIRDE par rapport à la valeur ajoutée des entreprises au Canada étaient assez basses en 2008 (figure 15). On estime que les 25 premières entreprises canadiennes comptaient pour 33 % de toute la R-D exécutée intra-muros dans les entreprises en 2009. Ce pourcentage a été assez stable au cours des dernières années, mais il est beaucoup plus bas qu'à la fin des années 1980, où il s'élevait à presque50 %. Le pourcentage des 100 premières entreprises a aussi baissé, soit de près de 70 % du total à la fin des années 1980 à une estimation de 53 % en 2009. Bien que la R-D des entreprises soit toujours très concentrée dans quelques dizaines d'entreprises, elle est de plus en plus répartie31.

Figure 15 : Pourcentage de la valeur ajoutée de l'industrie attribué aux dépenses en recherche-développement des entreprises, en 2008

Les estimations économétriques du lien entre la R-D et la productivité varient beaucoup. Les études à l'échelle des entreprises suggèrent généralement un lien plutôt étroit entre la R-D et la productivité, tandis que les données plus agrégées à l'échelle de l'industrie montrent parfois un lien plus faible. Généralement parlant, toutefois, les publications économiques révèlent un lien positif entre la R-D et la productivité, ce qui fait de la R-D exécutée par l'industrie canadienne un indicateur de l'innovation dans les entreprises digne de mention32.

6.1.4.2 Structure industrielle du Canada et R-D effectuée par les entreprises

Certains affirment que le peu de DIRDE du Canada est un reflet de la structure industrielle du Canada. La structure industrielle du Canada explique-t-elle le peu de DIRDE par rapport aux pays les plus innovateurs?

Dans l'ensemble, le peu de R-D des entreprises s'explique en partie par l'importance relative au Canada des industries qui ont tendance à moins investir dans la R-D. Par exemple, le secteur de l'extraction de matériaux énergétiques est relativement important au Canada. Dans ce secteur, l'investissement dans l'innovation de produit et de procédé a toujours nécessité plus de dépenses en capital que dans la R-D, et il n'a pas toujours été pris en compte séparément comme de la R-D. Le secteur canadien de la fabrication des TIC est relativement petit par rapport aux pays exécutant beaucoup de R-D, comme la Suède, la Finlande et l'Allemagne. La figure 16, qui est fondée sur la base de données STAN pour l'analyse structurelle de l'OCDE, illustre la composition par secteur industriel de l'économie canadienne ainsi que de l'économie des États-Unis, de la Suède, de l'Allemagne, de la Finlande et de l'Australie.

Figure 16 : Comparaison et composition des économies du Canada, des États-Unis, de la Suède, de l'Allemagne, de la Finlande et de l'Australie (en pourcentage du produit intérieur brut) en 2005

6.1.4.3 Changements en R-D exécutée par les industries au Canada

Comme le montre la figure 17, en 2007, la R-D au Canada a été exécutée principalement par les industries suivantes : fabrication de TIC (18 %), services de R-D (8 %), services informatiques (8 %), fabrication de produits pharmaceutiques (7 %), fabrication de produits et de pièces en aérospatiale (6 %), logiciels (5 %), services de télécommunications (4 %), véhicules automobiles et pièces connexes(3 %), extraction de pétrole et de gaz (3 %) ainsi que finance et assurances (2 %). Les 36 % restants correspondaient aux autres industries.

Figure 17 : Contribution des dépenses des entreprises en recherche-développement par industrie, en 2000 et en 2007

Il y a eu des changements considérables en ce qui a trait aux industries qui exécutent de la R-D au Canada. La diminution de la R-D dans le secteur de la fabrication des TIC a été en partie compensée par l'augmentation de la R-D dans les services informatiques, les logiciels et les services de télécommunications. Parallèlement, l'industrie des services de R-D (constituée des entreprises dont l'activité principale au Canada est la recherche) continue de prendre de l'importance dans le système canadien de la R-D. Les dépenses en R-D ont aussi augmenté considérablement dans le secteur des services bancaires et de la finance ainsi que dans l'industrie pétrolière et gazière.

6.1.4.4 Comparaison internationale de l'intensité de la R-D par secteur de l'industrie

La comparaison des dépenses en R-D par industrie à l'échelle internationale présente des difficultés. Les données internationales pouvant être comparées ne sont pas toujours récentes, et les méthodes de collecte des statistiques sont différentes. Le Canada décide des valeurs de la R-D en fonction de l'activité commerciale principale de l'entreprise recensée. D'autres pays attribuent les valeurs de la R-D selon le type de recherche exécutée (secteur de production). Les pays qui appliquent la méthode du secteur de production sont la Finlande, la Suède, la France et le Royaume-Uni. Cette différence de méthode fait que certaines activités de R-D sont associées à des industries différentes d'un pays à l'autre. Par exemple, une entreprise qui conçoit des antennes de radiodiffusion, mais impartit la fabrication à une entreprise dans un autre pays serait désignée comme une entreprise de matériel de télécommunications selon la méthode de collecte de données fondée sur le secteur de production,mais comme une entreprise de services de R-D selon la méthode de l'activité commerciale principale. Cette différence de méthodes doit être prise en compte dans la comparaison internationale des activités de R-D dans le secteur privé.

Un producteur examinant une récolte de pois

Un producteur examinant une récolte de pois

L'industrie porteuse d'innovation : Saskatchewan Pulse Growers

Les pois, les lentilles et les fèves, soit les légumineuses, sont les aliments de base de marchés émergents à croissance rapide, et sont également utilisés pour fabriquer des produits non alimentaires, comme le carburant, les lubrifiants et les produits pharmaceutiques. Ces plantes trouvent des conditions idéales dans le sol sec et fertile des Prairies canadiennes. Le Canada est maintenant un des principaux producteurs et exportateurs mondiaux de pois et de lentilles.

Vu l'augmentation rapide de la surface en légumineuses au Canada ainsi que les rotations plus intenses, les plantes doivent être adaptées à diverses conditions. L'expansion augmente le risque de maladies des feuilles et des sols, ce qui menace la viabilité des cultures agricoles. Cependant, les cultivateurs doivent maintenir un rendement élevé, des produits variés et une qualité supérieure. Dans cette industrie, l'innovation peut provenir de la recherche en matière d'amélioration génétique, de résistance aux maladies et d'avantages alimentaires et thérapeutiques, ainsi que de la gestion et des pratiques agronomiques pour le contrôle de la qualité et la durabilité.

Saskatchewan Pulse Growers, qui représente plus de 18 000 cultivateurs de légumineuses en Saskatchewan, a augmenté en 2009-2010 ses dépenses en R-D, qui ont atteint un taux de 60 % du total des investissements. Ces investissements dans l'innovation ont assuré la compétitivité des producteurs de la Saskatchewan et la rentabilité de l'industrie des légumineuses.

Les plus grands succès sont les programmes Pulse Breeding Program et Variety Release Program, qui sont le fruit d'une collaboration entre Saskatchewan Pulse Growers et le Crop Development Centre de l'Université de la Saskatchewan. Dans le cadre de ces programmes, Saskatchewan Pulse Growers donne accès à de nouvelles variétés de légumineuses élaborées par le Crop Development Centre en offrant des semences de sélectionneurs sans redevances à des producteurs de semences privilégiés en Saskatchewan et en Alberta. En échange d'un engagement financier pour effectuer des recherches en Saskatchewan, Saskatchewan Pulse Growers a obtenu les droits de distribution de toutes les variétés de légumineuses élaborées par le Crop Development Centre. Par conséquent, les producteurs de légumineuses en Saskatchewan et en Alberta bénéficient d'un approvisionnement rapide et régulier de variétés nouvelles et améliorées de légumineuses.

La figure 18 compare l'intensité de la R-D des entreprises canadiennes à l'intensité moyenne de la R-D des entreprises de certains pays de l'OCDE ainsi qu'à la moyenne des cinq pays ayant la plus grande intensité des DIRDE par industrie. L'investissement canadien dans la R-D des entreprises, en pourcentage de la valeur ajoutée, est généralement inférieur à celui des autres pays dans plusieurs industries. Il s'agit notamment des industries qui emploient beaucoup de gens, comme la construction et la fabrication de produits alimentaires. L'intensité de la R-D canadienne est également plus faible dans des industries qui ont généralement tendance à présenter un taux élevé de R-D, comme celles de la fabrication de véhicules automobiles et de la fabrication de produits chimiques.

Figure 18 : Intensité de la recherche-développement des entreprises par industrie, en 2005 (ratio entre les dépenses en recherche-développement des entreprises et la valeur ajoutée)

La part de la valeur ajoutée consacrée à la R-D des entreprises est plus grande au Canada que dans les pays comparables pour les industries de la fabrication des TIC, du commerce de gros et de détail33, du transport, de l'entreposage et des communications, y compris les télécommunications. Dans le cas des industries de l'exploitation forestière, du papier et du bois (qui investissent peu dans la R-D de façon générale), l'investissement canadien correspond à plus du double de l'investissement moyen dans ces industries. Il faut toutefois noter qu'en termes absolus, cela représente peut-être des différences minimes.

6.1.4.5 R-D par secteur et taille des entreprises

Dans la présente analyse, les revenus (ou les ventes nettes) sont la mesure de la production qui est utilisée pour comparer les activités de R-D d'entreprises de tailles différentes. Il s'agit d'un indicateur de l'intensité de la R-D des entreprises par rapport à d'autres activités. La plus grande partie de la R-D au Canada est effectuée par les grandes entreprises. Cependant, dans certains secteurs industriels canadiens, les petites et moyennes entreprises (ayant moins de 50 millions de dollars de revenus) ont fait d'importantes contributions aux dépenses totales en R-D.

La figure 19 illustre la contribution à la R-D totale, dans un secteur donné, des petites entreprises (ayant moins de1 million de dollars de revenus), des moyennes entreprises (ayant de 1 à 50 millions de dollars de revenus) et des grandes entreprises (ayant plus de 50 millions de dollars de revenus). Par exemple, environ 75 % de la R-D des entreprises dans le secteur de la fabrication a été exécutée par de grandes entreprises, les petites entreprises ayant contribué pour moins de 5 % et le reste étant associé aux moyennes entreprises.

Figure 19 : Répartition de la recherche-développement des entreprises en fonction de leurs revenus, pour diverses années

Une part importante des dépenses totales en R-D était associée aux grandes entreprises (ayant des revenus de50 millions de dollars ou plus) dans les secteurs de la fabrication, des services publics ainsi que de la finance et des assurances. Dans les secteurs du commerce de détail, de la construction, de l'immobilier ainsi que des services professionnels, scientifiques et techniques, les petites et moyennes entreprises (ayant moins de50 millions de dollars de revenus) comptaient pour la majorité des DIRDE.

6.1.5 Innovation par l'investissement dans les machines et le matériel

L'investissement dans les technologies de pointe est l'une des façons de transférer les connaissances entre entreprises, c'est-à-dire un moyen de diffusion des technologies et des pratiques. Ce procédé,parfois appelé « innovation incorporée », contribue aux gains de productivité, en particulier dans le cas de l'adoption de TIC. L'intégration de nouvelles technologies dans les chaînes d'approvisionnement et la production donne aussi lieu à de l'innovation de procédé.

La relation entre les TIC et la productivité a fait l'objet de nombreuses études. Les conclusions suggèrent que l'effet de l'adoption de TIC sur la productivité varie d'un pays à l'autre et d'une industrie à l'autre34. Même si l'investissement dans les TIC mène souvent à des gains de productivité et de compétitivité, l'adoption de TIC nécessite souvent des changements organisationnels et une main-d'œuvre ayant les compétences requises pour tirer profit des nouvellestechnologies35. En plus de catalyser l'innovation, l'adoption de TIC est peut-être ce qui augmente le plus la productivité des entreprises qui sont déjà innovatrices36.

L'industrie canadienne semble investir moins dans le matériel des TIC par travailleur que les autres pays. La figure 20 montre que dans certains domaines, le Canada investit plus dans les TIC que les autres pays. Par exemple, au Canada, l'industrie de la fabrication de produits du bois semble être plus intensive sur le plan des TIC que dans beaucoup d'autres pays, ce qui reflète l'augmentation assez prononcée de l'investissement dans les TIC observée de 2000 à 2004 (année des données de la figure). Les industries canadiennes de la poste et des télécommunications, qui incluent les industries de services de télécommunications et qui effectuent généralement d'assez grands investissements dans les TIC, sont aussi plus intensives sur le plan du capital investi dans les TIC que la moyenne, tout comme les services publics et certaines industries du commerce.

Figure 20 : Intensité de capital pour les technologies de l'information et des communications(investissement par travailleur) en 2004

L'EISE indique que 83 % des entreprises qui ont adopté des technologies de pointe ont acheté celles qui étaient disponibles sur le marché,10 % ont loué des technologies de pointe disponibles sur le marché, et 13 % ont utilisé des technologies de pointe sous licence. Beaucoup de ces entreprises ont aussi personnalisé, sensiblement amélioré ou conçu leurs propres technologies de pointe (ou en collaboration avec d'autres).

La figure 21 présente les taux d'adoption, dans l'industrie, des « technologies de pointe », soit les TI, le matériel de communication ainsi que les instruments de surveillance et de contrôle. Les deux premiers éléments, c'est-à-dire les TI (ordinateurs et logiciels) et le matériel de communication, constituent le capital des TIC37.

Figure 21 : Pourcentage du stock de capital des technologies de pointe dans le stock de capital de machines et de matériel (moyenne pour la période de 2004 à 2008)

Il existe des différences inhérentes quant aux taux d'adoption des technologies de pointe d'une industrie à l'autre. En effet, certaines industries doivent investir plus que d'autres dans les technologies pour être concurrentielles. Les données canadiennes révèlent des différences prononcées entre les industries pour ce qui est de la part du capital de MM qui correspond aux technologies de pointe. Les types de technologies de pointe adoptées varient aussi considérablement d'une industrie à l'autre (figure 22). Par exemple, l'Enquête sur les technologies de pointe récemment effectuée par Statistique Canada indique que plus de53 % des fabricants de composants électroniques et à semi-conducteurs ont dit avoir adopté une forme quelconque de technologie d'inspection et de vérification, par rapport à seulement23 % pour l'ensemble des fabricants.

Figure 22 : Stock de capital de technologies de pointe par type d'actif (moyenne pour la période de 2004 à 2008)

Même si les TI sont généralement les technologies de pointe les plus adoptées dans l'industrie, d'autres technologies de pointe sont importantes dans certains secteurs. Par exemple, les TI comptent pour plus de 90 % du capital de technologie de pointe dans certaines industries financières, mais pour moins de 40 % dans l'industrie des services de R-D. Des recherches sur l'incidence de l'adoption de matériel de TI, de logiciels et de matériel de communication sur la productivité ont révélé que les trois éléments peuvent jouer un rôle important dans l'augmentation de la productivité38. Les mesures stratégiques récemment mises en place au Canada pour encourager l'adoption de technologies de pointe et stimuler la croissance de la productivité mettent généralement l'accent sur les TI (c'est-à-dire les ordinateurs et les logiciels) et non sur les autres éléments du capital de technologie de pointe mentionnés ici, comme le matériel de communications et les instruments.

L'avant-garde en technologie — L'avant-garde dans la lutte contre le crime financier

Verafin inc.

Verafin inc., une entreprise de St. John's (Terre-Neuve), a été fondée en 2003 par une équipe d'ingénieurs électriciens ayant de l'expérience dans les domaines de l'intelligence artificielle et de la reconnaissance des formes. Sa solution logicielle aide les banques et les coopératives de crédit à détecter les fraudes, le blanchiment d'argent et les autres activités suspectes sur leurs réseaux informatiques. Verafin, qui compte 90 employés et 650 clients, représente aujourd'hui l'un des chefs de file en Amérique du Nord pour l'offre de logiciels de conformité, de lutte contre le blanchiment d'argent et de détection de fraudes. L'entreprise a réussi à appliquer au secteur financier son expertise et sa technologie en TIC, développées à l'origine pour les activités de génie dans des environnements hostiles.  

6.1.6 Innovation et montée des industries de services

En 2008, les industries de services comptaient pour 61,5 % du PIB réel issu du secteur privé et pour 72,6 % des emplois dans le secteur privé de l'économie canadienne. La montée des industries de services est une tendance à long terme que l'on peut observer dans toutes les économies industrielles avancées. Ces services couvrent une variété grande et complexe de transactions de produits, qui sont généralement de nature incorporelle.

6.1.6.1 Innovation par l'utilisation des services de technologies de l'information

Des taux d'investissement plus élevés dans le matériel des TIC améliorent la productivité des entreprises39. Certaines industries canadiennes qui, selon les normes internationales, sous-investissent dans le matériel des TIC semblent utiliser de façon plus intensive les services de TI; citons par exemple le secteur de l'extraction des mines et des carrières ainsi que le secteur de la finance et des assurances du Canada, comme le montrent les figures 23a et 23b. Dans d'autres secteurs de l'industrie, comme la fabrication et la construction, l'intensité de l'utilisation des services de TI est faible par rapport aux normes internationales.

Figure 23a : Intensité desservies de technologies de l'information dans l'industrie dl'extraction des mines et des carrières (milieu des années 2000)

Figure 23b : Intensité des services de technologies de l'information dans l'industrie de la finance et des assurances (milieu des années 2000)

Bien que le lien entre l'investissement dans le matériel des TIC et la productivité ait été étudié en profondeur, moins d'attention a été portée, dans les publications sur la productivité, à l'achat de services de TI ou à la sous-traitance des TI. Certaines recherches (basées sur une méthode semblable à celle utilisée ici)40 ont établi un lien entre la sous-traitance des TI et la productivité de l'industrie. La recherche a également montré une complémentarité entre la sous-traitance des TI et les investissements en capital dans les TIC41. Le développement de modèles technologiques et d'affaires, comme l'hébergement à distance de données et de sites Web, les logiciels de service et l'informatique en nuage, risque d'obscurcir davantage la distinction entre l'achat d'un service de TI et l'investissement de capitaux. De la recherche sur la productivité et l'interaction entre la sous-traitance de services de TI et les investissements en capitaux dans les TIC, notamment pour savoir s'ils sont complémentaires ou substituables, permettrait d'approfondir nos connaissances de ce domaine.

6.1.6.2 Flux commerciaux à forte intensité technologique (biens et services)

Avec la montée des industries de services, on pourrait s'attendre à une hausse des échanges de services commerciaux entre les pays. Les transactions internationales de services commerciaux sont compilées en tant qu'exportations (ou recettes, c'est-à-dire des revenus découlant de services vendus à l'étranger) ou en tant qu'importations (ou paiements, c'est-à-dire des dépenses découlant de services achetés à l'étranger),et comprennent les types de services suivants :

  • services de communication;
  • services de construction;
  • services d'assurance;
  • autres services financiers;
  • services informatiques et d'information;
  • redevances et droits de licence;
  • services de gestion;
  • services de R-D;
  • services d'architecture, de génie et autres services techniques;
  • autres services divers offerts aux entreprises;
  • services audiovisuels.

Les autres grandes catégories de transactions de services, en plus des services commerciaux, sont les services de voyage, de transport et gouvernementaux.

Afin de bien mesurer les aspects à plus forte intensité technologique de l'échange de services commerciaux, la figure 24 présente les transactions liées aux services informatiques et d'information, les redevances et droits de licence, les services de R-D, et les services d'architecture, de génie et autres services techniques, de 1990 au troisième trimestre de 2010. Bien qu'un bon nombre d'autres aspects de l'échange de services puisse inclure des activités de R-D, ces quatre catégories42 ont été choisies car elles reflètent les paiements ou les recettes explicites des transferts technologiques ainsi que le commerce transfrontalier des activités à forte intensité de R-D.

Figure 24 : Échange de services à forte intensité technologique (recettes et paiements) en pourcentage des services commerciaux totaux (de 1990 aux trois premiers trimestres de 2010)

Sous-priorité de recherche-développement : génie biomédical et technologies médicales

Carl-Éric Aubin et ses équipes d'ingénieurs et de chercheurs sont en train de créer la prochaine génération des technologies pour le traitement avancé de jeunes patients souffrant de scoliose.

Carl-Éric Aubin et ses équipes d'ingénieurs et de chercheurs sont en train de créer la prochaine génération des technologies pour le traitement avancé de jeunes patients souffrant de scoliose.

Le génie au service de la colonne vertébrale

Les ingénieurs de l'École polytechnique et les chercheurs du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine travaillent ensemble à élaborer les technologies de la prochaine génération pour le traitement des pathologies de la colonne vertébrale. Différents simulateurs rendent possible la conception et l'optimisation d'appareils orthopédiques pour la colonne vertébrale et d'instruments chirurgicaux personnalisés et optimisés. Une « salle d'opération de l'avenir » intégrée combinant des applications d'imagerie, des technologies de navigation et un simulateur chirurgical seront à la disposition des chirurgiens pendant l'opération. Une équipe transdisciplinaire composée d'ingénieurs, d'orthopédistes et de biologistes conçoit actuellement des implants sans fusion intelligents et peu invasifs pour le traitement avancé des jeunes patients souffrant de scoliose.

La figure 24 souligne qu'avec le temps,les transactions de services à forte intensité technologique (recettes et paiements) représentent une portion croissante du total des transactions de services commerciaux. Cette croissance de la portion à forte intensité technologique est considérable compte tenu du fait que de 1990 à 2009, le total des recettes des transactions de services commerciaux est passé de 9 à presque 40 milliards de dollars et que le total des paiements est passé de 13 à 41 milliards de dollars. Autrement dit, les services commerciaux à forte intensité technologique(importations et exportations) constituent une part croissante d'un marché en pleine expansion. Malgré la dernière récession, qui a réduit la valeur totale d'échanges de services commerciaux (de 4,8 % pour les recettes et de 2,7 % pour les paiements), la portion de transactions de services à forte intensité technologique a su, en grande partie, maintenir sa contribution.

Au troisième trimestre de 2010, l'élément le plus important des exportations de services commerciaux à forte intensité technologique était celui des services informatiques et d'information (12,7 %),suivi de près par les services d'architecture, de génie et autres services techniques (12,5 %); les exportations de services de R-D comptaient pour 9,4 % du total alors que celles des redevances et droits de licence comptaient pour 8,4 %; et dans le cas des importations de services commerciaux à forte intensité technologique, ce sont les redevances et droits de licence (21,9 %) qui ont dominé,suivis par les services d'architecture, de génie et autres services techniques (9,5 %).

La figure 24 ne fait pas de distinction entre les transactions à l'intérieur des multinationales (c'est-à-dire les transactions entre les sociétés mères et leurs sociétés affiliées)et les transactions entre parties indépendantes. Les données indiquent que les transactions à l'intérieur des multinationales représentent la majorité des paiements de services.

Les quatre catégories de transactions de services à forte intensité technologique (services informatiques et d'information, redevances et droits de licence, services de R-D et services d'architecture, de génie et autres services techniques)pour les exportations et les importations ont été ajoutées à L'état des lieux en 2010 en tant que nouveaux moyens de mesurer l'échange de services à forte intensité technologique à l'échelle mondiale. Elles reflètent la capacité et le désir des entreprises canadiennes d'exporter leurs services locaux à forte intensité technologique, mais également leur désir de profiter des services étrangers à forte intensité technologique. Compte tenu du rôle accru des services dans les économies avancées, de la complémentarité croissante des marchandises et desservies ainsi que de l'internationalisation accrue de la stratégie d'entreprise canadienne, il s'agit de mesures de l'innovation qui vaudront la peine d'être surveillées à l'avenir.

Comme l'échange de services à forte intensité technologique, les importations et les exportations de produits de haute technologie devront aussi être suivies de près à l'avenir. Les produits de haute technologie sont des produits, ou des groupes de produits, dont la portion des dépenses en R-D par rapport aux ventes est élevée. Il est avantageux d'utiliser à la fois la définition de « produit de haute technologie » et celle d'« industrie de haute technologie ». Cela permet en effet aux pays de déterminer la véritable part de leur économie occupée par ces produits et de cerner s'ils proviennent de l'industrie de haute, de moyenne ou de faible technologie. Cela sert aussi à faire des comparaisons avec les résultats d'autres pays et à obtenir ainsi une analyse détaillée du commerce et de la compétitivité.

6.1.7 Financer l'innovation au moyen du capital-risque

Les entreprises de C-R jouent un rôle important dans le financement de l'innovation. Les entreprises de nouvelles technologies dépendent du C-R pour financer leur R-D et leur croissance, puisqu'elles sont souvent considérées comme trop risquées pour le financement institutionnel classique43. Une étude publiée en 2009, basée sur des données de 2004, montre qu'au Canada le financement par actions comptait pour 44,3 % du total du financement reçu par les PME innovatrices44, comparativement à 8,7 % pour les PME non innovatrices45. De tout le financement par actions reçu par les PME innovatrices, 90 % provenaient d'investisseurs providentiels et d'entreprises de C-R, comparativement à 42,3 % pour les PME non innovatrices46.

Les répercussions du ralentissement économique

Le ralentissement économique a été le principal sujet dans l'industrie du C-R depuis la publication du rapport L'état des lieux en 2008. Les données de 2008 et 2009 montrent une baisse spectaculaire du financement total ainsi qu'une diminution du nombre d'entreprises financées et du montant des investissements par entreprise. Le total des investissements de C-R en 2009 était le plus bas depuis 1996, soit 1,035 milliard de dollars (près de la moitié de la valeur de 2007)47. En 2008, le Canada venait au septième rang des pays membres de l'OCDE en ce qui a trait à la valeur absolue des investissements de C-R (classement le plus récent disponible)48. Les plus importants investissements de C-R ont eu lieu aux États-Unis (près de la moitié du total de l'OCDE)49. Cela dit, on a observé aux États-Unis un déclin des investissements de C-R semblable à celui du Canada (figure 25). Dans les pays européens, le volume des investissements a également diminué de façon spectaculaire, de 20 % à 83 % en 2009,comparativement à la moyenne quinquennale50. En 2009, le Canada se classait au deuxième rang mondial (derrière les États-Unis) pour le nombre total de transactions, mais seulement au 21e rang en ce qui a trait à l'importance moyenne des transactions51.

Figure 25 : Tendance des investissements en capital-risque (États-Unis et Canada) de 1996 à 2009

Bien que l'investissement en C-R ait diminué partout dans le monde, l'industrie canadienne du C-R a été particulièrement affectée par la récession. En 2008, le Canada se classait au 17e rang des membres de l'OCDE en ce qui a trait au C-R en pourcentage du PIB52. Il s'agit d'une chute par rapport à 2003 et à 2005, alors que le Canada faisait partie des dix pays avec les meilleurs taux53. La part de C-R en pourcentage du PIB du Canada a également chuté entre 2007 et 2008, passant de 0,12 % à 0,08 %54. À l'inverse, l'investissement mondial en C-R en 2008 était le plus élevé depuis 2000, et l'important déclin mondial n'a pas eu lieu avant 200955.

Le sondage 2010 Global Venture Capital Survey de Deloitte révèle que la moitié des sociétés de C-R s'attendent à ce que la somme destinée à des investissements pour les cinq prochaines années augmente quelque peu (de 1 % à 30 %),alors que l'autre moitié s'attend à ce qu'elle baisse ou demeureidentique56. Ces résultats sont plus favorables que ceux de sondages menés en France, en Israël, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Prix de sortie et taux de rendement

Les prix de sortie et les taux de rendement sont des mesures importantes de la richesse générée par le C-R et jouent un rôle important pour attirer des investissements en C-R. On entend par prix de sortie le prix reçu pour la liquidation d'un intérêt dans une entreprise par des fusions et des acquisitions ou par un premier appel public à l'épargne, entre autres. Compte tenu des différences de définition pour le terme « capital-risque »entre les pays et du manque de données compilées, il est difficile de comparer la performance du Canada avec celle des autres pays en ce qui concerne les prix de sortie. Le nombre de sorties par des fusions et des acquisitions profitant de C-R et par le premier appel public à l'épargne a chuté partout au Canada, aux États-Unis et en Europe pendant la récession. Au Canada, les 21 sorties par fusions et acquisitions de 2008 étaient le plus petit nombre de sorties enregistrées depuis 200357. Le nombre de sorties par le premier appel public à l'épargne a chuté de façon encore plus spectaculaire. En effet, on n'en comptait qu'une seule en 2008 et en 2009, comparativement à 12 en 200758. Sur le plan de la valeur, la taille moyenne des transactions de fusions et d'acquisitions effectuées au Canada et aux États-Unis était relativement élevée en 2009, comparativement aux années précédentes, atteignant 120 millions de dollars au Canada et142,9 millions de dollars américains aux États-Unis59. Inversement, en 2009, la moyenne des offres de premier appel public à l'épargne du Canada était relativement basse60 (29 millions de dollars) et est dérisoire par rapport à celle des États-Unis (136,8 millions de dollars américains)61.

Les taux de rendement de fonds de C-R du Canada et des pays européens ont toujours été plus bas que ceux des États-Unis62,63. Cela peut s'expliquer par un financement plus important de la croissance aux États-Unis, ce qui peut mener à des sorties plus profitables. L'étape d'expansion récolte habituellement une plus grande part de l'investissement total en C-R aux États-Unis qu'au Canada. Des données récentes montrent cependant que la part du financement de l'expansion est en baisse aux États-Unis et affiche des niveaux similaires à ceux du Canada. En 2003, le financement de l'étape d'expansion représentait 47 % du financement total au Canada64 et 71 % du financement total aux États-Unis65. Par comparaison, en 2009, le financement à l'étape d'expansion représentait environ la moitié du financement total dans les deux pays66, 67.

Le fait que les taux de rendement soient plus faibles au Canada peut aussi être attribué à l'importance historique des fonds de détail(principalement des fonds de travailleurs), qui représentaient près du quart des investissements de C-R en 200968. Comparativement aux fonds privés indépendants, dont le capital provient généralement d'investisseurs institutionnels, les fonds de travailleurs reçoivent leur capital d'investisseurs particuliers, à qui l'on accorde des crédits d'impôt en retour de leur contribution69. Le rendement des fonds de travailleurs a été décevant. Certains estiment que ce faible rendement est dû au manque de surveillance parles gestionnaires de fonds de détail, qui doivent s'occuper d'environ trois fois plus de sociétés que les gestionnaires de fonds privés70.

La collaboration à l'œuvre

Nexterra Systems Corporation

Nexterra Systems Corporation est une petite entreprise dont le siège social est à Vancouver, en Colombie-Britannique. Elle élabore et fabrique des systèmes de gazéification de la biomasse à partir de carburants renouvelables comme des déchets ligneux. Nexterra compte parmi ses clients l'Oak Ridge National Laboratory du département de l'Énergie des États-Unis, Johnson Controls Inc. et les Produits Kruger. En 2010, Deloitte a classé Nexterra Systems Corporation parmi les 50 entreprises de technologie du Canada ayant la croissance la plus rapide. Plusieurs partenaires gouvernementaux, universitaires et industriels ont aidé Nexterra à prendre de l'expansion. La technologie de Nexterra a d'abord été commercialisée grâce au soutien financier du Programme d'aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada, de Ressources naturelles Canada et de Technologies du développement durable Canada. La société a également reçu des fonds de l'Innovative Clean Energy Fund et de BC Bioenergy Network à l'appui des nouvelles applications de sa technologie. Elle collabore avec GE Jenbacher, FPInnovations et l'Université de la Colombie-Britannique pour faire connaître une nouvelle application de cogénération (chaleur et électricité). Le projet Bioenergy Research and Demonstration de l'Université est le premier système en son genre de cogénération alimenté par la biomasse, qui fournira au campus une énergie thermique et électrique propre et renouvelable, tout en offrant une plateforme pour la recherche en bioénergie. En mars 2011, Nexterra a obtenu son cinquième cycle de financement, soit 15 millions de dollars en financement par actions de Tandem Expansion Fund et d'ARC Financial. Tandem Expansion Fund résulte lui-même d'une collaboration entre Exportation et développement Canada, la Banque de développement du Canada et Teralys Capital, un fonds de fonds privé axé sur la technologie. Tandem Expansion Fund fournit un capital de développement aux entrepreneurs dans le secteur de la technologie et a annoncé la clôture d'un premier fonds de 300 millions de dollars en décembre 2009.

Importance de l'élément étranger dans l'industrie canadienne du C-R

L'importance des fonds étrangers est aussi un élément principal de l'industrie canadienne du C-R. Le Canada, la Chine, la Suède, le Royaume-Uni, la France et l'Inde sont de grands importateurs nets de C-R71. Les investissements étrangers représentaient au moins 20 % du total des investissements de C-R au Canada depuis 199972. Même si en 2009 les investissements de C-R étrangers représentaient près de 30 % du total des investissements de C-R, seulement 16 % des transactions réalisées au Canada l'ont été avec une participation étrangère73. Toujours en 2009, la valeur moyenne des transactions avec participation étrangère était de 5,3 millions de dollars, comparativement à2,3 millions de dollars pour les transactions entièrementintérieures74. En moyenne, les investisseurs étrangers ont investi trois fois plus que les investisseurs nationaux75.

Une autre caractéristique constante de l'industrie canadienne du C-R est la domination du secteur des TI, qui a reçu en moyenne presque 50 % des investissements en C-R totaux des dix dernières années76. En 2009, 48 % de tout le C-R du Canada était investi dans les TI (comparativement à 45 % aux États-Unis77), 21 % était investi dans les sciences de la vie et 10 % était investi dans l'énergie et les technologies environnementales78. L'industrie canadienne des sciences de la vie a été particulièrement touchée par la récession. En effet, sa part d'investissements totaux abaissé de 30 % depuis 200779. Les gains les plus importants ont été enregistrés dans les secteurs traditionnels, principalement les services aux consommateurs et aux entreprises, dont la part est passée de 9 % en 2007 à 19 % en200980.

Saisir les occasions

Bien qu'en 2010 on ait pu observer la première augmentation annuelle du niveau d'investissement depuis 2007, les investissements demeurent faibles et les activités de financement sont au plus bas depuis16 ans81. Par conséquent, il est plus impératif que jamais de profiter des possibilités. Même si le Canada a comme voisin les États-Unis, qui ont la plus grande industrie de C-R du monde, il se classe au 8e rang des pays où les États-Unis ont injecté des fonds82. Un sondage réalisé en 2007 par Deloitte & Touche montre que40 % des investisseurs américains croient que, de tous les pays avec lesquels ils font affaire, le Canada est celui dans lequel les investisseurs reçoivent le pire traitement83. Le sondage faisait aussi état du très faible rendement des investissements de C-R canadiens. Surmonter les obstacles réglementaires, comme l'élimination des exigences en matière de production de rapports conformément à l'article 116 de la Loi de l'impôt sur le revenu (telle qu'annoncée dans le budget fédéral de 2010), et améliorer le rendement des investissements canadiens (par la promotion des investissements à l'étape d'expansion84) pourrait permettre d'améliorer la position du Canada dans ce domaine.

6.1.7.1 Financement par emprunt des petites et moyennes entreprises

Bien que le C-R joue un rôle important dans le financement de l'innovation, plus de 180 000 PME canadiennes ont reçu du financement par emprunt en 2007 (une moyenne d'environ 0,26 million de dollars par entreprise), alors que seulement 404 entreprises ont reçu du financement par C-R la même année (une moyenne de 5,1 millions de dollars par entreprise)85. Environ 13 % des PME ont fait une demande de financement auprès d'une institution en 2007, et près de 51 milliards de dollars ont été accordés86. Les banques à charte sont la principale source de financement par emprunt et elles ont reçu 68 % des demandes de financement de PME en 200787. Outre les méthodes traditionnelles de financement, les PME ont recours à des sources de financement informelles, comme l'épargne personnelle (73 % des entreprises en démarrage et 54 % de toutes les PME) et les emprunts auprès d'amis et de membres de la famille (9 % des PME)88.

La Banque de développement du Canada (BDC) a aussi joué un rôle important dans le financement des PME. Pendant l'exercice s'étant terminé le 31 mars 2010, la BDC a consenti des prêts pour une valeur de 4,4 milliards de dollars,le plus haut montant jamais versé dans une année par la société d'État89.

Près de la moitié des PME ayant présenté une demande de prêt l'ont fait dans le but d'augmenter leur fonds de roulement90. Par contre, les PME ont peu utilisé le financement par emprunt pour financer des investissements en technologie, comme du matériel informatique et des logiciels (11 %) ou des travaux de R-D (5 %)91. Les exceptions évidentes sont les industries fondées sur les connaissances (c'est-à-dire les producteurs de connaissances, comme les entreprises de science et de technologie, et les entreprises de haut savoir, comme les innovateurs et les grands utilisateurs de connaissances), qui consacrent environ 22 % de leur financement par emprunt à la R-D92. La fabrication se situait aussi au-dessus de la moyenne avec 10 %93.


19 – Banque du Canada, La productivité (PDF), Documents d'information, 2010. Retour au texte

20Barry P. Bosworth et Jack E. Triplett, Is the 21st Century Productivity Expansion Still in Services? And What Should Be Done About It?, Brookings Institution, Washington D.C., janvier 2007. Retour au texte

21 – Banque du Canada, The Virtue of Productivity in a Wicked World, observations présentées par Mark Carney à l'Ottawa Economics Association, Ottawa (Ontario), le 24 mars 2010. Retour au texte

22 – Commission européenne, Fonds monétaire international, Organisation de coopération et de développement économiques, Organisation des Nations-Unies, Banque mondiale, Système de comptabilité nationale 2008, New York, 2009. Retour au texte

23Peter Nicholson, « Innovation and Business Strategy: Why Canada Falls Short », International Productivity Monitor, Centre d'étude des niveaux de vie, n° 18, printemps 2009. Retour au texte

24OCDE, Panorama des statistiques de l'OCDE 2009 – Économie, environnement et société, 2009. Retour au texte

25R&D Magazine, « Thomson Reuters: IP at your fingertips », R&D 100 Awards, 2008. Retour au texte

26CPA Technology Advisor, Honoring Innovation: Maximizing Workflow Efficiency is Latest Quest, 2008. Retour au texte

27RESEARCH Infosource, Canada's Top 100 Corporate R&D Spenders 2010 (anglais seulement, PDF). Retour au texte

28 – CGI, CGI et Bell tirent parti de leur étroite collaboration pour créer un centre novateur et accélérer l'élaboration de solutions de fine pointe, Études de cas. Retour au texte

29Virginia Commonwealth University, « Innovation in Government Award », L. Douglas Wilder School of Government and Public Affairs, 2007. Retour au texte

30Canadian Healthcare Technology, « St. Michael's to integrate paper records with EHR », News, 2007. Retour au texte

31 – Statistique Canada, Recherche et développement industriels : perspective 2009, n° 88-202-X au catalogue, 2010. Retour au texte

32Congressional Budget Office, R&D and Productivity Growth: A Background Paper, Congrès américain, juin 2005, p. 1, p. 32. Retour au texte

33 – Les valeurs contenues dans la base de données ANBERD pour les États-Unis révèlent une baisse rapide des DIRDE des États-Unis dans l'industrie du commerce de gros et de détail, du milieu à la fin des années 2000. En effet, une grande partie de la R-D désignée jusque-là comme du « commerce de gros » a été transférée aux secteurs des produits pharmaceutiques et des TIC aux États-Unis (OCDE, Les dépenses en recherche et développement dans l'industrie : ANBERD 1990-2007, 2009). Aucune reclassification de la sorte n'a eu lieu au Canada, mais des données publiées récemment par Statistique Canada suggèrent que cela pourrait avoir le même effet sur l'intensité de la R-D dans l'industrie du commerce de gros au Canada (Statistique Canada, Statistique des sciences, Recherche et développement industriels, 2005 à 2009, n° 88-001 au catalogue, juillet 2009, p. 12). Autrement dit, une grande partie de la R-D du commerce de gros est fort probablement attribuable aux entreprises des industries qui effectuent beaucoup de R-D (comme les produits pharmaceutiques ou les TIC) et dont l'activité principale au Canada est le commerce de gros. Retour au texte

34OCDE, D. Pilat, « Le paradoxe de la productivité », Revue économique de l'OCDE, n° 38, 2004. Retour au texte

35M. Draca, R. Sadun et J. Van Reenend, Productivity and ICT: A Review of the Evidence, Centre for Economic Performance, document de discussion n° 749, London School of Economics and Political Science, août 2006. OCDE, D. Pilat, « Le paradoxe de la productivité », Revue économique de l'OCDE, n° 38, 2004, p. 56. Retour au texte

36OCDE, D. Pilat, « Le paradoxe de la productivité », Revue économique de l'OCDE, n° 38, 2004, p. 60. Retour au texte

37 – Bien que les données sur les instruments ne soient pas comprises dans la comparaison internationale des taux d'adoption des TIC de la figure 20, les instruments sont inclus dans la définition des technologies de pointe utilisée dans la comparaison des industries canadiennes. Les instruments modernes de surveillance et de contrôle renferment souvent des technologies de pointe importantes; en effet, l'industrie de la fabrication d'instruments est incluse dans la définition du secteur de la fabrication de TIC. En fin de compte, la surveillance et le contrôle comprennent la collecte, la transmission et l'utilisation d'information. Les données sur les instruments étaient disponibles au Canada. Si les données sur les instruments, ainsi que d'autres investissements dans les TIC, avaient été disponibles pour d'autres pays, elles auraient été utilisées pour effectuer des comparaisons internationales. Retour au texte

38 – Il faut souligner que ce rapport portait sur l'incidence de l'adoption de TI et de matériel de communication sur la productivité, mais qu'il n'examinait pas en détail l'adoption d'instruments, qui est incluse dans ce rapport sur l'état des lieux en tant qu'élément du « capital de technologie de pointe ». A. Sharpe, The Relationship between ICT Investment and Productivity in the Canadian Economy: A Review of the Evidence, Centre d'étude des niveaux de vie, 2006. Retour au texte

39 – Tiff Macklem, L'impératif de compétitivité du Canada : investir dans les gains de productivité (discours), Ottawa, février 2011. Retour au texte

40 – Afin d'estimer la variation mondiale pour la sous-traitance des TI, le présent rapport prend les données entrées-sorties de l'OCDE (base de données STAN E-S) et calcule le ratio des entrées de services de TI (CITI 72) en proportion du total des entrées de production de diverses industries. En faisant ces calculs, le CSTI s'est rendu compte de certains écarts entre les données STAN et les données E-S de Statistique Canada. Ces écarts sont dus à l'utilisation de tableaux de niveau L hautement regroupés pour établir la concordance entre la CITI et le SCIAN pour les diverses industries. Par conséquent, le CSTI a remplacé les chiffres canadiens qu'on obtiendrait en utilisant les données STAN par des données tirées des tableaux sur les entrées-sorties de niveau W de Statistique Canada. Retour au texte

41 – Kunsoo Han et Robert J. Kauffman, Does IT Outsourcing Pay Off? Evidence from Industry-Level Data, 2005. Retour au texte

42 – Services informatiques et d'information : Selon Statistique Canada, les services informatiques comprennent la conception, l'ingénierie et la gestion de systèmes informatiques (à l'exclusion de la valeur du matériel). Le développement et la production de logiciels originaux (y compris les logiciels de base), tout comme les services de traitement par ordinateur ainsi que de réparation et d'entretien du matériel, sont également compris. Cette catégorie comprend aussi les conseils et la formation liés à l'offre de services informatiques. Les services d'information comprennent la recherche documentaire en ligne, y compris les services de bases de données (de l'élaboration du sujet jusqu'au stockage et à la diffusion), les recherches documentaires assistées par ordinateur ainsi que les services d'agences de presse (comme les services de production de rapports souscrits au média). Retour au texte

Redevances et droits de licence : l'utilisation de droits de propriété intellectuelle dans les sous-catégories suivantes :

  • Brevets et dessins industriels : redevances ou droits de licence pour l'utilisation de brevets, de dessins industriels, de savoir-faire industriel ou de droits de fabrication ainsi que paiements visant les procédés industriels non brevetés.
  • Marques de commerce : redevances ou droits de licence pour l'utilisation de marques de commerce, c'est-à-dire les mots, les symboles, les dessins ou les combinaisons connexes qui distinguent les produits ou les services du détenteur de ceux d'un autre fournisseur.
  • Franchises : privilèges contractuels accordés par une personne ou une société à une autre et autorisant la vente d'un produit ou d'un service dans un secteur spécifique ou d'une manière spécifique.
  • Droits d'auteur et droits connexes : redevances ou droits de licence pour l'utilisation d'œuvres artistiques, littéraires, théâtrales ou musicales originales afin, par exemple, de monter une pièce, de présenter un spectacle, de faire des enregistrements ou de tourner un film.
  • Logiciels : redevances sur logiciels et autres redevances liées à l'informatique, notamment les droits de reproduire, de distribuer ou d'utiliser des logiciels personnalisés ou préemballés.

Services de R-D : coûts ayant trait à l'investigation systématique par l'expérimentation ou l'analyse afin de réaliser un progrès scientifique ou commercial, en vue ou au moyen de la création de produits ou de procédés nouveaux ou substantiellement améliorés. La R-D s'applique aux sciences sociales et aux sciences humaines, mais exclut les études de marché et les études techniques.

Services d'architecture, de génie et autres services techniques : une gamme d'activités d'architecture et de génie ainsi que divers groupes de services scientifiques et techniques et de services spécifiques ayant trait à l'extraction et à la transformation de minerais ainsi qu'à l'environnement.

43OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l'OCDE, 2009, p. 22. Retour au texte

44 – Les entreprises innovatrices sont celles dont les dépenses d'investissement consacrées à la R-D dépassent les 20 %. Retour au texte

45, 46 – Shunji Wang, Financing Innovative Small and Medium-Sized Enterprises in Canada Working Paper, Programme de recherche sur le financement des PME d'Industrie Canada, 2009, p. 24. Retour au texte(45), Retour au texte (46)

47ACCR et Thomson Reuters, L'industrie canadienne du capital-risque en 2009 (PDF), 2010. Retour au texte

48, 49OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l'OCDE, 2009, p. 25. Retour au texte (48), Retour au texte (49)

50Deutsche Bank Research, Venture Capital Adds Economic Spice (PDF), 2010. Retour au texte

51Thomson Financial, Canadian Venture Capital Overview (PDF), 2010. Retour au texte

52OCDE, Science, technologie et industrie : Perspectives de l'OCDE, édition 2010, p. 110. Retour au texte

53OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l'OCDE, 2007, p. 39. Il est important de mentionner que tous les pays ne s'entendent pas sur la définition du C-R. De plus, certains pays affirment que le Canada inclut dans sa définition des types de financement qui ne sont pas considérés comme ducapital-risque. Retour au texte

54OCDE, Science, technologie et industrie : Perspectives de l'OCDE, édition 2010, p. 39. Retour au texte

55Thomson Reuters, State of the Market: The Venture Capital and Private Equity Industries in the World Today (PDF) (présentation), 2009. Retour au texte

56 – Deloitte et NVCA, Results from the 2010 Global Venture Capital Survey, 2010. Retour au texte

57, 58, 59, 60ACCR et Thomson Reuters, L'industrie canadienne du capital-risque en 2009 (PDF), 2010. Retour au texte (57), Retour au texte (58), Retour au texte (59), Retour au texte (60)

61NVCA et Thompson Reuters, communiqué de presse (PDF), janvier 2010. Retour au texte

62Reuven Brenner, Venture Capital in Canada: Lessons for Building (or Restoring) National Wealth, Journal of Applied Corporate Finance, vol. 22, no 1, 2010, p. 90. Retour au texte

63Ulrich Hege et coll., Venture Capital Performance: The Disparity Between Europe and the United States (PDF), 2008. Retour au texte

64ACCR, Thomson Reuters et Macdonald & Associates Limited, de 2002 à 2010. Retour au texte

65MoneyTree Report (PDF) de PwC et de la NVCA (fondé sur des données de Thomson Reuters), 2010. Retour au texte

66ACCR, Thomson Reuters et Macdonald & Associates Limited, de 2002 à 2010. Retour au texte

67MoneyTree Report (PDF) de PwC et de la NVCA (fondé sur des données de Thomson Reuters), 2010. Retour au texte

68ACCR et Thomson Reuters, L'industrie canadienne du capital-risque en 2009 (PDF), 2010. Retour au texte

69Douglas Cumming et Jeffrey MacIntosh, Comparative Venture Capital Governance: Private versus Labour Sponsored Venture Capital Funds (PDF), Université de Toronto, juillet 2003. Retour au texte

70Reuven Brenner, Venture Capital in Canada: Lessons for Building (or Restoring) National Wealth, Journal of Applied Corporate Finance, vol. 22, no 1, 2010, p. 90. Retour au texte

71Joshua Aizenman et Jake Kendall, The Internationalization of Venture Capital and Private Equity, National Bureau of Economic Research, document de travail no 14344, septembre 2008, p. 3. Retour au texte

72ACCR, La contribution du capital de risque à l'économie canadienne : des effets multiples et très importants (PDF), 2009, p. 16. Retour au texte

73Thomson Reuters, VC Reporter, 2010. Retour au texte

74, 75ACCR et Thomson Reuters, L'industrie canadienne du capital-risque en 2009 (PDF), 2010. Retour au texte (74), Retour au texte (75)

76ACCR, Thomson Reuters et Macdonald & Associates Limited, de 2002 à 2010. Retour au texte

77MoneyTree Report (PDF) de PwC et de la NVCA (fondé sur des données de Thomson Reuters), 2010. Retour au texte

78ACCR et Thomson Reuters, 2009 VC Investment Activity by Sector (PDF), 2010. Retour au texte

79, 80ACCR, Thomson Reuters et Macdonald & Associates Limited, de 2002 à 2010. Retour au texte (79), Retour au texte (80)

81ACCR et Thomson Reuters, Le marché canadien du capital-risque en 2010 (PDF), 2011. Retour au texte

82Thomson Financial, Canadian Venture Capital Overview (PDF), 2010. Retour au texte

83 – Deloitte & Touche, Global Trends in Venture Capital 2007 Survey (PDF), décembre 2007, p. 53. Retour au texte

84 – Un moyen d'y parvenir serait le Tandem Expansion Fund, un nouveau fonds privé de C-R comprenant des investissements importants de la Banque de développement du Canada, d'Exportation et développement Canada et de Teralys Capital. Retour au texte

85 – Calculs fondés sur des données provenant du Programme de recherche sur le financement des PME (2009) et de Thomson Reuters (2010). Retour au texte

86 – Statistique Canada, Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises 2007, 2009. Retour au texte

87 – Industrie Canada, Programme de recherche sur le financement des PME, Principales statistiques sur le financement des petites entreprises (PDF), 2009, p. 3. Retour au texte

88 – Industrie Canada, Programme de recherche sur le financement des PME, Principales statistiques sur le financement des petites entreprises (PDF), 2009, p. 4. Retour au texte

89 – Banque de développement du Canada, BDC a augmenté de 53 % son financement pour les entrepreneurs durant la crise financière, communiqués, 19 août 2010. Retour au texte

90 – Industrie Canada, Programme de recherche sur le financement des PME, Principales statistiques sur le financement des petites entreprises (PDF), 2009, p. 13. Retour au texte

91 – Industrie Canada, Programme de recherche sur le financement des PME, Principales statistiques sur le financement des petites entreprises (PDF), 2009, p. 4. Retour au texte

92, 93 – Statistique Canada, Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises 2007, 2009. Retour au texte, Retour au texte