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L'état des lieux 2010


7. Conclusion

Même un grand bassin de talents et les efforts accrus du gouvernement, du secteur de l'enseignement supérieur et de certaines industries ne parviennent pas à empêcher la stagnation du rendement général du Canada en matière d'innovation. Cette conclusion est basée sur une évaluation des indicateurs qui mesurent non seulement les dépenses en R-D, mais aussi d'autres facteurs, et se reflète dans le ralentissement de la croissance de la productivité dans bon nombre d'industries.

Malgré une performance économique globale qui a dépassé celle de ses principaux partenaires commerciaux au cours des deux dernières années, le niveau d'effort actuel des secteurs d'exécution du Canada ne suffit pas à élever ses dépenses en R-D à la moyenne du G7. Le Canada a vu chuter ses dépenses en R-D en pourcentage du PIB. Les dépenses en R-D de la Chine et de la Corée ont dépassé la forte croissance de leurs PIB respectifs (figure 2).

En chiffres absolus, les dépenses en R-D du secteur de l'enseignement supérieur augmentent. Le financement de l'enseignement supérieur est le volet le plus important des dépenses fédérales en R-D, et il ne cesse d'augmenter en chiffres absolus (figure 7).

La faible participation du secteur privé du Canada à la R-D limite le rendement général de l'innovation. Bien que la R-D dans l'enseignement supérieur continue d'augmenter, les dépenses en R-D des entreprises baissent depuis 2006 en chiffres absolus (figure 4). De plus, les dépenses en R-D des entreprises canadiennes dans de nombreuses industries sont faibles selon les normes internationales. Des données de l'OCDE pour 2005 montrent que, dans le cas de 8 industries canadiennes sur les 16 qui ont fait l'objet d'un suivi, les dépenses en R-D des entreprises sont moins élevées que la moyenne de l'OCDE pour les mêmes industries. Le retard du Canada en matière de R-D dans les entreprises résulte à la fois de sa structure industrielle, dans laquelle les industries axées sur la recherche représentent une partie relativement petite de l'économie, et des dépenses particulièrement faibles en R-D des autres industries.

L'industrie canadienne investit beaucoup moins dans le matériel des TIC que l'industrie de certains pays comparables, à l'exception des services publics, de la poste et des télécommunications, du secteur de la fabrication de produits du bois, et de l'administration publique et de la défense. La R-D et l'investissement dans les TIC contribuent à l'innovation et améliorent la productivité.

Bien que les industries canadiennes traînent généralement derrière d'autres pays quant aux investissements dans les TIC, certains secteurs canadiens, comme le secteur des finances et de l'assurance ainsi que le secteur des mines et de l'exploitation de carrières, semblent acheter plus de services de TI que les mêmes secteurs dans d'autres pays. Certaines entreprises peuvent tirer profit des TIC grâce à l'achat de services de TI et au capital investi dans les TIC. Il est donc justifié de surveiller cet indicateur.

Les grappes industrielles sont un phénomène prometteur pour le transfert des connaissances et le développement de produits. Comparativement aux autres pays les plus innovateurs, les grandes entreprises canadiennes jouent un plus petit rôle dans le financement de la R-D. Cela peut être le signe d'une capacité réceptrice limitée de repérage et d'utilisation de la R-D, ou d'une prise en compte insuffisante des occasions d'innovation dans les stratégies d'entreprise. Les petites entreprises à forte intensité technologique ont une grande capacité réceptrice, et pourraient tirer profit du savoir-faire des grandes entreprises en marketing et en financement. Les grandes et les petites entreprises peuvent trouver des gens de talent et des idées en établissant des relations stratégiques avec les établissements d'enseignement supérieur, et entre elles.

En dépit d'efforts considérables, nous n'atteignons pas nos objectifs. Compte tenu d'une période de restrictions gouvernementales à venir à l'échelle mondiale, le Canada a l'occasion de progresser, pourvu que l'industrie lance le mouvement. Les partenaires de l'industrie (dont les gouvernements, le secteur de l'enseignement supérieur et les institutions de recherche) devront favoriser une hausse de rendement en adaptant, en consolidant et en simplifiant les instruments et les mécanismes stratégiques, afin de permettre la collaboration avec le secteur privé en matière d'innovation. L'état des lieux en 2012 mesurera les résultats de ces efforts.