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L'état des lieux 2010

L'état des lieux en 2010 - Le système des sciences, de la technologie et de l'innovation au Canada

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Table des matières

  1. Introduction
  2. Mesurer les progrès de la performance du Canada en matière d'innovation – De 2008 à 2010
  3. Vers l'avant – Un ensemble d'indicateurs pour mesurer l'innovation
  4. Évolution récente de la mesure de l'innovation
  5. Ressources pour la recherche-développement
  6. Revue des indicateurs
  7. Conclusion


Page de droit d'auteur

Pour obtenir une version imprimée de ce rapport, veuillez vous adresser au :

Secrétariat du Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation
9e étage
235, rue Queen 
Ottawa (Ontario)  K1A 0H5

Téléphone : 613-952-0998
Télécopieur : 613-952-0459
Site Web : www.csti-stic.ca
Courriel : info@csti-stic.ca

60872


Rôle du rapport

Le rapport L'état des lieux en 2008 du Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation sur le système des sciences, de la technologie et de l'innovation au Canada a établi un point de référence qui permet de mesurer le rendement en matière d'innovation du Canada. Le rapport de 2010 nous permet de mesurer les progrès et de poursuivre les efforts pour comprendre comment se réalise l'innovation au Canada.

La comparaison permet d'établir une base à l'appui des actions, d'éviter la complaisance et de stimuler la réflexion. Le rapport L'état des lieux en 2010 met l'accent sur l'innovation d'entreprise ainsi que sur les partenariats entre les participants du système d'innovation et les entreprises. Le rapport évalue aussi de façon approfondie la recherche-développement dans le secteur industriel par rapport aux normes internationales. Il porte sur l'innovation en ce qui concerne les produits et les procédés, sur l'innovation organisationnelle ainsi que sur l'investissement dans les biens et services de technologies de l'information et des communications. Les Canadiens sont confrontés à des choix en matière d'innovation qui enrichiront notre pays et amélioreront notre qualité de vie. Sur quoi devrions-nous nous concentrer pour parvenir à des gains d'innovation? En quoi le système des sciences, de la technologie et de l'innovation du Canada soutient-il ces efforts? Comment les actions individuelles peuvent-elles renforcer la capacité du pays à innover et à être concurrentiel? Le présent rapport vise à éclairer ces réflexions et la prise de décisions.

Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation, 2010

M. Howard Alper
Président, Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation
M. Francesco Bellini
Président, Picchio International Inc.
M. Éric Bergeron
Président et directeur général, Optosecurity Inc.
M. Richard Dicerni
Sous-ministre, Industrie Canada
M. David Fissel
Président et directeur général, ASL Environmental Sciences Inc.
M. Peter MacKinnon
Président et recteur, Université de la Saskatchewan
M. Terence Matthews
Président, Mitel Corporation et président, Wesley Clover Corporation
Mme Heather Munroe-Blum
Principale et vice-chancelière, Université McGill
M. David O'Brien
Président, Encana Corporation et président, Banque Royale du Canada
M. J. Robert S. Prichard
Vice-président, Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation; président, Torys LLP et président, Conseil d'administration, Metrolinx
Dr Guy Rouleau
M.D., Ph. D.; Chaire de recherche du Canada en génétique du système nerveux et professeur, département de médecine, Université de Montréal; directeur, Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine
M. W. A. (Sam) Shaw
Président et directeur général, Northern Alberta Institute of Technology (jusqu'en octobre 2010)
Mme Molly Shoichet
Chaire de recherche du Canada en génie tissulaire et professeure, Université de Toronto
Mme Mihaela Ulieru
Chaire de recherche du Canada en infrastructures d'information adaptatives pour la cybersociété; directrice, Adaptive Risk Management Lab et professeure, faculté d'informatique, Université du Nouveau-Brunswick
M. Harvey P. Weingarten
Président et directeur général, Conseil ontarien de la qualité de l'enseignement supérieur et président émérite, Université de Calgary
M. Rob Wildeboer
Président exécutif, Martinrea International Inc.


Parcours vers l'innovation - Recherche fondamentale et création de valeur

Parcours vers l'innovation
Recherche fondamentale et création de valeur

L'innovation se produit là où les gens, le savoir et l'entrepreneuriat se rejoignent.

Comme des synapses entre les neurones du cerveau, les connexions sont complexes, non linéaires.

Voici comment Boreal Genomics a établi des liens pour transférer la recherche au marché.

Recherche (découvertes et inventions)
Recherche fondamentale et appliquée

Collèges
Universités
Laboratoires gouvernementaux
Entreprises

Andre Marziali et Lorne Whitehead de l'Université de la Colombie-Britannique découvrent une nouvelle façon d'extraire des molécules d'ADN à partir d'échantillons légèrement ou gravement contaminés, en exploitant une propriété unique de ces molécules. Ils développent une technologie appelée SCODA (Synchronous Coefficient of Drag Alteration – Altération synchrone de coefficient de frottement).

Talent (sciences et affaires)

Étudiants
Chercheurs
Entrepreneurs

Développement et commercialisation

Présentation du produit
Création d'entreprises
Transfert de technologies
Validation de principe
Développement et essai de produits ou de procédés
Expansion de l'entreprise

2007 voit la création de Boreal Genomics, entreprise dérivée du laboratoire de M. Marziali à l'Université de la Colombie-Britannique. L'entreprise reçoit une licence exclusive de l'Université pour commercialiser la technologie.

Grâce à d'étroites relations avec l'Université de la Colombie-Britannique, avec Genome BC et d'autres intervenants de la région de la baie de San Francisco, Boreal Genomics met sur pied une équipe composée de jeunes scientifiques ainsi que d'entrepreneurs et de conseillers chevronnés.

En 2007 et en 2008, Boreal Genomics produit et met à l'essai, sur le terrain, des prototypes d'instruments destinés à la SCODA.

En 2010, Boreal applique cette technologie à l'extraction de fragments précis d'ADN et d'ARN d'un échantillon clinique, permettant aux techniciens de trouver plus rapidement un type particulier d'ADN dans un échantillon et non tout l'ADN de celui-ci. Cela pourrait aider à mettre au point un instrument apportant une information immédiate aux médecins en quête d'un diagnostic.

Soutien public

Programmes d'aide à la commercialisation (financement, conseils)
Politiques d'encadrement
Aide à la R-D universitaire
Infrastructures communes (laboratoires, matériel)

La SCODA se développe grâce à l'aide financière et au soutien à l'infrastructure offerts par de nombreux organismes, notamment le Programme d'aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches Canada, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, Genome BC, les Instituts de recherche en santé du Canada et les National Institutes of Health des États-Unis.

Boreal occupe les installations de l'incubateur d'entreprises de Discovery Parks, qui sont disponibles à l'Université de la Colombie-Britannique.

Marketing et ventes

Soutien du produit
Étude de marché
Développement de circuits de vente (recettes)
Stratégies de marketing sur le marché mondial

La technologie peut être utilisée dans d'autres domaines scientifiques comme l'archéologie, la médecine légale, la défense biologique et les sciences de la vie, où les chercheurs doivent travailler avec des échantillons souvent insuffisants ou trop contaminés qui ne permettent pas d'extraire de l'ADN de qualité. La technologie sert à identifier les microbes qui vivent dans les sables bitumineux. Les chercheurs espèrent trouver un moyen biologique plutôt que mécanique de séparer le sable du pétrole.

En 2009, le premier appareil SCODA « alpha » est vendu aux chercheurs. En 2010, l'appareil de deuxième génération « Aurora » est offert sur le marché. La technologie de Boreal Genomics est maintenant utilisée par des scientifiques au Canada, aux États-Unis et en Norvège.

Financement

Préamorçage, amorçage et démarrage
Premier appel public à l'épargne 
Fonds de roulement et expansion
Étape ultérieure

Pendant ses premières années, Boreal Genomics connaît un essor considérable grâce à des subventions provenant d'organismes gouvernementaux et à la participation d'un petit groupe d'investisseurs providentiels.

En décembre 2010, Boreal Genomics obtient son premier financement institutionnel, pour un total de 6,9 millions de dollars. ARCH Venture Partners, Kearny Venture Partners et GrowthWorks Capital Ltd. assurent ce financement, avec la participation d'InQTel. Ces fonds servent à la commercialisation d'une technologie de deuxième génération appliquée à des diagnostics et à des enrichissements très sélectifs.


Située à Vancouver (Colombie-Britannique), Boreal Genomics est une petite société en expansion qui développe et commercialise des méthodes et des instruments de purification, de détection et d'enrichissement d'ADN.


Définitions : la recherche-développement et l'innovation

Le Manuel de Frascati (2002) est le fondement de la définition de recherche-développement selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), définition qui engloberait trois activités. « La "recherche fondamentale" consiste en des travaux expérimentaux ou théoriques entrepris principalement en vue d'acquérir de nouvelles connaissances sur les fondements des phénomènes et des faits observables, sans envisager une application ou une utilisation particulière. La "recherche appliquée" consiste également en des travaux originaux entrepris en vue d'acquérir des connaissances nouvelles. Cependant, elle est surtout dirigée vers un but ou un objectif pratique déterminé. Le "développement expérimental" consiste en des travaux systématiques basés sur des connaissances existantes obtenues par la recherche et (ou) l'expérience pratique, en vue de lancer la fabrication de nouveaux matériaux, produits ou dispositifs, d'établir de nouveaux procédés, systèmes et services ou d'améliorer considérablement ceux qui existent déjà. »

Le Manuel d'Oslo (2005) est le fondement de la définition de l'innovation selon l'OCDE : « la mise en œuvre d'un produit (bien ou service) ou d'un procédé nouveau ou sensiblement amélioré, d'une nouvelle méthode de commercialisation ou d'une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques de l'entreprise, l'organisation du lieu de travail ou les relations extérieures ».

Dans le rapport L'état des lieux en 2008, le Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation définit l'innovation comme « le processus par lequel les particuliers, les entreprises et les organismes mettent au point, maîtrisent et utilisent de nouveaux produits, concepts, procédés et méthodes, lesquels peuvent être nouveaux pour eux, même s'ils ne le sont pas pour leur secteur, leur pays ou le monde. Les composantes de l'innovation sont la recherche-développement, l'invention, l'investissement de capital, la formation et le développement professionnel ».


Sommaire

Le Canada cherche à devenir un leader mondial dans le domaine de l'innovation. Pour y arriver, nous devons comprendre les éléments du système des sciences, de la technologie et de l'innovation (STI), ainsi que les liens entre eux. Un système STI efficace est conçu sur les bases d'un bassin de talents solide, de recherches de première qualité, d'institutions publiques et privées qui tirent une valeur de la recherche-développement (R-D), de mécanismes systémiques efficaces de transfert et d'application des connaissances ainsi que d'une commercialisation fructueuse de l'innovation au sein du secteur privé. Un système intégré performant est nécessaire pour que les idées puissent passer de l'imagination aux innovations, et ensuite aux marchés.

L'innovation, c'est bien plus que la R-D : il s'agit de transformer les connaissances en produits et services dont les Canadiens et les autres consommateurs sur le marché mondial actuel ont besoin, produits et services qu'ils veulent et pour lesquels ils sont prêts à payer. Afin de transformer le savoir en résultats concrets dans le domaine de la santé et de permettre une croissance forte et durable ainsi que la création d'emplois, nous devons préparer le terrain pour la prospérité.

Le système STI du Canada parvient-il à produire les résultats voulus?

Notre bassin de talents est solide, et le nombre de Canadiens détenant un diplôme universitaire est à la hausse; le nombre de titulaires de doctorat en sciences, notamment, connaît une croissance particulièrement rapide. Le taux d'obtention de maîtrises et de doctorats dans les domaines des sciences et du génie a augmenté de façon importante, plus que dans les autres économies avancées, et plus rapidement que le taux d'obtention de diplômes d'études supérieures dans tous les domaines d'étude. Les jeunes Canadiens de 15 ans continuent d'obtenir de meilleurs résultats que ceux de la plupart des autres pays en lecture, en mathématiques et en sciences. De plus, le Canada se classe toujours au premier rang des pays du G7 pour ce qui est de la part d'habitants qui détiennent un diplôme plus élevé que celui d'études secondaires.

Des indicateurs plus généraux axés sur les résultats pour évaluer l'excellence dans les universités et les collèges n'ont toujours pas été définis ni appliqués à l'échelle internationale. Les entreprises canadiennes ont nettement augmenté le financement de la R-D dans les universités, bien qu'il demeure faible (moins que le dixième des dépenses totales en R-D des entreprises). Le transfert des connaissances sur le marché, à partir d'instituts de recherche universitaires et gouvernementaux, et l'établissement d'une culture axée sur l'innovation dans les entreprises demeurent des priorités. La création de richesses à partir de la commercialisation est un résultat important de notre engagement envers la science, la technologie et l'innovation (STI) : un résultat avantageux pour la société, aussi bien sur le plan économique que social. Si nous ne parvenons pas à tirer profit de tous nos progrès en matière de STI, nous devons chercher à savoir pourquoi et pallier ces faiblesses.

Le taux de R-D effectuée par les entreprises au Canada est faible selon les normes internationales. De plus, de 2007 à 2009, les dépenses en R-D de l'industrie canadienne ont encore diminué, tant en dollars courants qu'en dollars réels. Un examen de l'intensité de la R-D menée dans l'industrie, en comparaison avec les mêmes industries dans d'autres pays, indique que dans le cas de 8 industries canadiennes sur 16, l'intensité de la R-D était moins élevée que la moyenne de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour les mêmes industries en 2005. On a cependant relevé quelques exceptions notables au Canada sur le plan du rendement de la R-D. L'intensité de la R-D dans les entreprises était plus élevée que la moyenne de l'OCDE dans les industries du papier et du bois et les industries connexes, dans l'industrie de la fabrication de technologies de l'information et des communications (TIC), dans les industries du commerce de gros et de détail, dans les industries de services financiers et de services de communication, dans les industries du transport et de l'entreposage, dans les services publics, dans les industries de l'immobilier et des services d'entreprise (y compris la R-D et les services de technologies de l'information).

Élargir la mesure de l'innovation pour y inclure deux facteurs importants de la croissance de la productivité, à savoir l'investissement dans les machines et le matériel (MM) et l'investissement dans les TIC, s'est avéré plus complexe. De 2000 à 2007, l'intensité des investissements dans les MM et dans les TIC au Canada correspondait respectivement à moins des trois quarts et à moins de la moitié des niveaux américains. Cependant, les industries canadiennes de l'extraction pétrolière et gazière ainsi que des finances, des assurances, de l'immobilier et de la gestion d'entreprises ont enregistré de plus fortes intensités dans les MM que celles des États-Unis. Les données présentées dans L'état des lieux en 2010 : De l'imagination à l'innovation montrent aussi qu'il est important de tenir compte des tendances des dépenses canadiennes en services de technologies de l'information (TI) plutôt que seulement en achats de TI, compte tenu de leur contribution potentielle à l'amélioration de l'innovation et de la productivité.

L'innovation ne provient pas toujours de la R-D. L'innovation dans les procédés et l'innovation progressive peuvent aussi contribuer grandement à l'amélioration de la productivité. Le succès de l'innovation résulte en fin de compte de l'ambition des équipes de gestion et de leur attention aux détails.

Au-delà de la comparaison, quels principes doivent guider les efforts visant à renforcer le rendement du Canada en matière d'innovation?

Nous devons éviter la complaisance et continuer de cultiver notre talent à tous les niveaux. Bien que les résultats globaux des jeunes Canadiens de 15 ans soient demeurés assez stables, le rang du Canada a baissé en lecture, en sciences et en mathématiques, car ses concurrents s'améliorent plus rapidement. Nous devons aider nos élèves à mieux apprendre et à mieux appliquer leurs connaissances.

Les sous-priorités en matière de R-D définies en 2008 par le Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation (CSTI) peuvent aider les secteurs de l'innovation à tirer profit des forces du Canada en matière de recherche et d'économie. Même si le tiers des ressources était concentré dans ces secteurs, elles permettraient de renforcer l'excellence du Canada à l'échelle mondiale.

La concurrence et l'examen par les pairs ont permis d'améliorer la R-D canadienne, qui atteint maintenant des niveaux d'excellence internationaux. L'exemple le plus récent est la qualité et la portée des Chaires d'excellence en recherche du Canada, dont les activités englobent la recherche fondamentale et la recherche appliquée. La concurrence a révélé que non seulement les grandes universités canadiennes, mais aussi les plus petites, pouvaient exploiter des créneaux d'expertise et conclure des alliances afin d'établir leur réputation dans le monde.

La collaboration doit être envisagée dans le contexte des grappes, notamment entre les universités et les collèges, et entre les petites et les grandes entreprises. Soutenir les grappes est une façon de constituer une masse critique dans la recherche à court et à long termes, dans l'intérêt commun des entreprises et des organismes de recherche. De telles collaborations améliorent aussi la capacité des entreprises à recruter des diplômés canadiens hautement qualifiés. La participation des entreprises axées sur l'innovation à de telles grappes et la collaboration active des secteurs de la recherche et des affaires permettront d'assurer que la recherche canadienne de classe internationale est commercialisée avec succès dans l'intérêt du pays.

Le groupe d'experts sur la recherche-développement, qui doit présenter son rapport à l'automne 2011, se penchera sur les moyens de mieux tirer parti des fonds publics afin d'améliorer les résultats de la commercialisation de l'innovation dans l'industrie. Ses recommandations seront importantes pour l'avenir du système STI du Canada et peuvent engendrer la réorganisation des programmes gouvernementaux pour augmenter la participation du secteur privé et soutenir l'entrepreneuriat, grâce à un appui simplifié et mieux ciblé.

Entre L'état des lieux en 2008 et L'état des lieux en 2010, l'industrie canadienne a été frappée par une grave crise financière. À mesure que le Canada se remet de cette crise, la collaboration est importante pour atteindre nos objectifs en matière d'innovation et établir un parcours vers la prospérité.

Le rapport L'état des lieux en 2010 nous permet de mieux comprendre la façon dont les entreprises canadiennes innovent. Des données montrent que certaines industries canadiennes sont des chefs de file mondiaux. Nous avons également la chance d'avoir de grands talents qui peuvent réaliser de grandes ambitions. Le défi est de bien utiliser ces talents, d'investir dans des technologies de pointe, d'intégrer l'innovation aux stratégies des sociétés et du pays ainsi que de mobiliser nos efforts pour offrir la prospérité à tous les Canadiens. Cette orientation nous permettra d'améliorer la croissance de la productivité. L'année 2010 a commencé par des athlètes canadiens qui ont inspiré le pays grâce à leur détermination et à leur grande ambition. Les rapports L'état des lieux du CSTI sont un point de départ pour comparer les efforts des entreprises, des universités, des collèges et des gouvernements à l'échelle du pays. En tenant compte des données de ces rapports, nous pouvons fixer des objectifs ambitieux qui permettront à plus de citoyens et d'entreprises canadiennes de monter sur les podiums internationaux.


1. Introduction

Le Canada s'est assez bien sorti de la crise financière. Cependant, avant de pousser un soupir de soulagement, la population canadienne doit se préparer à s'attaquer aux défis structurels à long terme en ce qui concerne l'économie. La force relative de notre dollar canadien présente des défis pour les exportateurs, mais réduit le coût de l'importation de biens avancés pour les entreprises canadiennes. La croissance de la productivité est essentielle pour que la population active vieillissante et réduite puisse réussir dans l'économie mondiale hautement intégrée et concurrentielle. L'innovation est toujours importante puisqu'elle peut aider à relever ces défis.

La croissance annuelle de la productivité de la main-d'œuvre au Canada (production par heure travaillée) a ralenti et est demeurée inférieure à 1 % pendant la plus grande partie de la dernière décennie. Selon l'Institut européen d'administration des affaires (INSEAD), le Canada se classe au 95e rang sur 132 pays pour ce qui est de la croissance de la productivité de la main-d'œuvre. Selon l'International Institute for Management Development (IMD) à Lausanne, en Suisse, le Canada arrive 45e sur 58 pays. La mauvaise position du Canada aux classements internationaux de la croissance de la productivité est en partie attribuable au fait que les pays en développement ont un beaucoup plus grand potentiel de croissance rapide de la productivité en raison de la convergence technologique et de leur faible productivité de départ. Parmi les 33 économies avancées du classement de l'IMD, la croissance de la productivité au Canada se place au 24e rang. La productivité du Canada continue d'accuser un retard malgré les réformes macroéconomiques censées améliorer la performance économique, et les économistes disent de plus en plus que le manque d'innovation au Canada contribue aux mauvais résultats sur le plan de la productivité.

Certains pays ont déployé des efforts pour mieux comprendre comment se produit l'innovation. Au Canada, les conclusions de l'étude pilote Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise (EISE) effectuée en 2009 font actuellement l'objet d'une analyse, et certains des résultats figurent dans ce rapport. Les premières statistiques détaillées et officielles des États-Unis sur l'innovation ont été publiées à la fin de 2010. Le groupe d'experts sur la mesure de l'innovation convoqué par la commissaire européenne chargée de la recherche, de l'innovation et de la science a publié un rapport en septembre 2010. Le Groupe d'experts a présenté deux options. La première était une liste de trois indicateurs de l'innovation : les demandes de brevets pondérées en fonction du produit intérieur brut (PIB), le pourcentage d'emploi pour les activités à forte intensité de savoir, ainsi que le pourcentage de la valeur des biens de moyenne et de haute technologie par rapport aux exportations et aux importations. La seconde était la part des entreprises innovatrices à croissance rapide dans l'économie.

Le rapport L'état des lieux en 2010 du CSTI débute par des commentaires sur les progrès accomplis depuis le rapport L'état des lieux en 2008, suivi d'un résumé des progrès pour les indicateurs clés présentés dans le rapport. La troisième section propose une liste de 20 indicateurs qui serviront à mesurer le rendement en matière d'innovation à l'avenir. Ces mesures permettraient d'évaluer les facteurs de production de l'innovation, y compris le talent et la R-D, ainsi que les variables de substitution pour les produits de l'innovation, comme les marques de commerce et les licences. Idéalement, ces indicateurs permettraient aussi d'évaluer le degré de collaboration entre les différents éléments du système d'innovation. À des fins de comparaison future, un indicateur pourrait être fondé sur les composantes de la balance des paiements à forte intensité technologique du Canada, et comprendrait les transactions internationales pour l'utilisation de brevets, de licences, de marques de commerce, de concepts, de services techniques et de R-D industrielle à l'étranger. Dans l'ensemble, cette courte liste d'indicateurs pourrait servir de point de référence commun pour les différentes parties du système d'innovation.

La quatrième section présente un examen des progrès accomplis au chapitre de la mesure de l'innovation, et la cinquième section illustre les mouvements de fonds entre les sources et les acteurs de la R-D. La sixième section contient des précisions sur une liste plus longue d'indicateurs de l'innovation d'entreprise, du développement et du transfert des connaissances, ainsi que du talent.


2. Mesurer les progrès de la performance du Canada en matière d'innovation – De 2008 à 2010

Le rapport L'état des lieux en 2008 soulignait que tous les participants du système d'innovation ont un rôle à jouer dans la consolidation du système. Ces deux dernières années, les questions de productivité et d'innovation ont pris une grande importance dans les discussions publiques. Les médias ont accordé une attention soutenue aux questions liées à l'innovation. D'importantes organisations de l'industrie, comme la Chambre de commerce du Canada1, Manufacturiers et Exportateurs du Canada2 et le Conseil canadien des chefs d'entreprise, ainsi que des initiatives comme la Coalition pour l'action en matière d'innovation au Canada3, ont sensibilisé les entreprises à l'importance de l'innovation. Des organisations, comme le Forum des politiques publiques, le Conference Board du Canada, le Centre canadien de la politique scientifique, l'Institute for Competitiveness and Prosperity et les Partenaires fédéraux en transfert de technologie, ont fait entrer d'autres acteurs dans le système d'innovation. Les intervenants du système d'innovation se mobilisent et établissent de nouveaux parcours vers l'innovation et la prospérité.

Il y a eu des développements considérables dans les domaines clés énoncés dans le rapport L'état des lieux en 2008 du Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation.

Talents – Former une main-d'œuvre hautement qualifiée et sensible aux possibilités d'innovation

Les jeunes Canadiens continuent d'obtenir de bons résultats aux classements internationaux des compétences en lecture, en mathématiques et en sciences. D'après les derniers résultats du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l'OCDE, les scores bruts se maintiennent ou baissent légèrement, mais le Canada demeure dans le premier tiers (section 6.3.1). De plus en plus d'élèves canadiens s'inscrivent à des programmes de premier cycle en sciences, en génie et en mathématiques (section 6.3.5). De plus en plus de Canadiens s'inscrivent à des programmes de doctorat en sciences et obtiennent leur diplôme, mais le nombre de titulaires d'un doctorat par million d'habitants est tout de même plus élevé dans d'autres pays (section 6.3.8). En outre, au Canada, le taux de chômage des titulaires d'un doctorat en sciences est plus élevé que dans d'autres pays de l'OCDE (section 6.3.10).

Développement et transfert des connaissances

Depuis 2008, des efforts supplémentaires sont déployés pour mettre l'accent sur les priorités en matière de recherche et effectuer de la recherche à des niveaux d'excellence internationaux. Les premiers titulaires des Chaires d'excellence en recherche du Canada ont été annoncés. Les Chaires reflètent les sous-priorités de R-D publiées par le CSTI en 2008. Les premiers étudiants de doctorat du Programme de bourses d'études supérieures du Canada Vanier ont été nommés, et le nouveau Programme de bourses postdoctorales Banting a été lancé (section 6.3.13). Les conseils subventionnaires du Canada — les Instituts de recherche en santé du Canada, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada ainsi que le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada — ont utilisé les sous-priorités pour élaborer certains de leurs programmes. Les concours des Réseaux de centres d'excellence ont fait des sous-priorités des exigences clés.

Le transfert des connaissances dans les entreprises a augmenté depuis 2008 grâce au renforcement des programmes de stages (section 6.2.2.1). La mise sur pied, en octobre 2010, du groupe d'experts sur la recherche-développement du gouvernement du Canada constitue un jalon vers un examen plus détaillé des questions relatives au transfert des connaissances. Le groupe d'experts présentera son rapport à l'automne 2011.

Innovation des entreprises

Les ressources financières totales pour la R-D au Canada, en pourcentage du PIB, ont baissé de 2006 à 2008. La plupart des pays innovateurs ont augmenté la quantité de ressources consacrées à la R-D. L'examen plus minutieux des exécutants de R-D révèle que les dépenses en R-D du gouvernement et du secteur de l'enseignement supérieur ont augmenté de 2006 à 2009. Au cours de cette même période, les dépenses en R-D des entreprises ont diminué (section 5).

Dans L'état des lieux en 2008, on mentionnait que la quantité de R-D dans les entreprises au Canada était faible depuis 40 ans. Au Canada, l'intensité de la R-D dans les entreprises reste inférieure à la moyenne de l'OCDE et à l'intensité observée en Chine. Les dépenses en R-D diffèrent d'un secteur industriel à l'autre au fil des années. Le rapport L'état des lieux en 2010 constitue un point de référence pour l'examen de la R-D par secteur industriel (section 6.1.4.4).

Les gouvernements mettent les fonds publics et privés en commun pour augmenter le capital-risque (C-R) disponible. Le gouvernement du Canada a permis aux entreprises canadiennes d'attirer davantage de C-R étranger en restreignant la définition des biens canadiens imposables, libérant ainsi de nombreux investisseurs étrangers des exigences en matière de déclaration de revenus énoncées à l'article 116 de la Loi de l'impôt sur le revenu.

Mesure du rendement en matière d'innovation

Les résultats de l'Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise (EISE) du Canada effectuée en 2009 ont été publiés en novembre 2010. À l'avenir, il faudra prendre soin d'harmoniser les questions de cette enquête avec les données internationales sur la collaboration du secteur privé avec les universités et les entreprises, contenues dans les enquêtes des États-Unis et de l'Union européenne (UE).

Un grand nombre de facteurs propres à l'industrie auront des répercussions sur la façon dont les industries canadiennes innovent ainsi que sur la façon de mesurer cette innovation. La recherche sur l'innovation, y compris la recherche du National Endowment for Science, Technology and the Arts (NESTA) au Royaume-Uni, suggère qu'il y a probablement beaucoup d'innovation cachée, et que son ampleur peut varier d'une industrie à l'autre. L'innovation, telle que définie dans le Manuel d'Oslo de l'OCDE (2005), peut être une nouveauté pour une entreprise, même si elle ne l'est pas pour l'industrie ou le monde. L'innovation peut être axée sur l'utilisateur et nécessiter des essais à grande échelle sur le terrain qui n'entrent pas dans la définition de la R-D ni ne font l'objet de suivi en tant que tel. L'innovation peut aussi nécessiter de copier les meilleures pratiques qui sont appliquées ailleurs. Jusqu'à ce que ces investissements fassent l'objet d'un suivi distinct, ils resteront empiriques et impossibles à quantifier. Les données présentées dans ce rapport améliorent la comparaison en mettant l'accent sur les différences au sein de l'industrie. Cependant, les données ne sont que des outils nous permettant d'améliorer notre compréhension de l'innovation, et non une conclusion sur les pratiques de l'industrie canadienne.

Depuis 2008, des approches progressives et transformatrices ont été adoptées. Elles n'ont pas encore amélioré le rendement du Canada pour ce qui est des indicateurs clés de la R-D au pays. Le tableau qui suit présente les changements survenus pour une courte liste d'indicateurs qui font l'objet d'un suivi depuis la parution du rapport L'état des lieux en 2008.

État des lieux : Récapitulatif de la comparaison des indicateurs choisis, rapports de 2008 et de 2010

Section du rapport et indicateur

Rapport de 2008 Rapport de 2010

Changement basé sur la dernière année des données, de 2008 à 2010*

* Remarque : Le sens des flèches indique le changement au cours des années mentionnées. Retour au texte

Ressources pour la recherche-développement

1. Dépenses intérieures brutes en R-D (DIRD), en pourcentage du PIB

2006
1,97 %

2008
1,84 %

de 2006 à 2008

2. DIRD par secteur d'exécution, en dollars constants de 2002

2007
0,28 G$
14,19 G$
8,53 G$
2,21 G$

2008
0,30 G$
13,22 G$
8,53 G$
2,15 G$

de 2007 à 2008
↑ gouvernements provinciaux
↓ entreprises
− établissements d'enseignement supérieur
↓ gouvernement fédéral

Indicateurs de l'innovation d'entreprise

3. Dépenses en R-D des entreprises (DIRDE), en pourcentage du PIB

2006
1,10 %
15e rang

2008
1,00 %
18e rang

de 2006 à 2008
↓ en pourcentage du PIB
↓ rang par rapport aux pays de l'OCDE pour lesquels des données sont disponibles

4. Financement public direct et indirect de la R-D des entreprises, en pourcentage du PIB

2005
0,21 %
0,023 %

2008
0,22 %
0,022 %

de 2005 à 2008
↑ financement
public indirect
↓ financement
public direct

5. Investissement dans les machines et le matériel, en pourcentage du PIB

2004
6,2 %

2007
6,3 %

de 2004 à 2007

6. Capital-risque en proportion du PIB

2007
0,12 %

2008
0,08 %

de 2007 à 2008

Indicateurs de développement et de transfert des connaissances

7. R-D exécutée dans les établissements d'enseignement supérieur, en pourcentage du PIB

2006
0,66 %

2008
0,64 %

de 2006 à 2008

8. Part de toute la R-D financée par les entreprises qui est exécutée par le
secteur de l'enseignement supérieur

2006
5,7 %

2009
6,3 %

de 2006 à 2009

9. R-D gouvernementale intra-muros
en proportion du PIB, au Canada

2006
0,20 %

2008
0,19 %

de 2006 à 2008

Indicateurs du talent

10. Programme international pour le suivi des acquis des élèves : jeunes de 15 ans

2006
Sciences : 534
3e rang
Maths :
527
7e rang
Lecture : 527
4e rang

2009
Sciences : 529
8e rang
Maths :
527
10e rang
Lecture : 524
6e rang

de 2006 à 2009
↓ résultats en sciences
↓ classement en sciences
− résultats en maths
↓ classement en maths
↓ résultats en lecture
↓ classement en lecture

11. Pourcentage de la population ayant une éducation tertiaire, 10 pays de l'OCDE en tête de classement

2006
47 %
1er rang

2008
49 %
1er rang

de 2006 à 2008
↑ pourcentage de la population ayant une éducation tertiaire

− classement parmi les 10 pays de l'OCDE en tête de classement

12. Nombre de détenteurs de doctorat par million d'habitants : pays de l'OCDE

2002
129,6
20e rang

2008
145,9
23e rang

de 2002 à 2008
↑ détenteurs de doctorat par million d'habitants

↓ classement parmi les pays de l'OCDE


1 – Chambre de commerce du Canada, Les entreprises canadiennes partent à la conquête des marchés mondiaux pour assurer leur croissance, août 2010. Retour au texte

2 – Manufacturiers et Exportateurs du Canada, Investir pour croître : Technologie, innovation, et le défi de productivité du Canada, octobre 2010. Retour au texte

3 – Coalition pour l'action en matière d'innovation au Canada, Un plan d'action pour favoriser la prospérité, octobre 2010. Retour au texte


3. Vers l'avant – Un ensemble d'indicateurs pour mesurer l'innovation

La mesure de l'innovation est un travail en cours à l'échelle mondiale. Aux mesures de la R-D et du talent se sont ajoutées les mesures des machines et du matériel, des biens incorporels, comme les logiciels et les bases de données, ainsi que du capital humain et organisationnel intra-muros. La section suivante décrit l'évolution récente de la mesure de l'innovation, alors que la présente section propose un ensemble d'indicateurs qui accordent une grande importance à la comparaison normalisée des pays. Certains des indicateurs ne sont disponibles que pour le Canada. Les indicateurs sont utiles parce qu'ils sont plus récents, qu'ils offrent souvent des précisions au niveau de l'industrie et qu'ils permettent une analyse fondée sur des périodes dans le temps. Des organisations internationales, comme l'OCDE, le Forum économique mondial (FEM) et l'INSEAD, compilent d'autres mesures de l'innovation. Souvent, les sources internationales, bien qu'elles permettent de comparer les pays, n'offrent pas un niveau de détail suffisant pour aider les pays à comparer leur rendement en innovation par industrie ou par secteur industriel.

La recherche effectuée pour le rapport L'état des lieux en 2010, l'évolution des mesures de l'innovation et les consultations tenues auprès des acteurs du système d'innovation au cours des trois dernières années ont permis au CSTI de recommander une courte liste d'indicateurs pour aller de l'avant. Afin de mieux tenir compte de l'innovation qui dépasse la R-D et de pouvoir mieux comparer les acteurs du système d'innovation, les indicateurs suivants doivent être surveillés.

Indicateurs de rendement pour le système d'innovation du Canada

Indicateur

Année

Justification

Talent

1. PISA de l'OCDE : jeunes de 15 ans

2009

Évalue le Canada par rapport à un échantillon international en comparant le talent au niveau secondaire. Évalue la lecture, les mathématiques et les sciences.

2. Pourcentage de la population ayant une éducation tertiaire

2008

Évalue les ressources en compétences de pointe, qui peuvent contribuer aux gains de productivité.

3. Nombre de titulaires d'un baccalauréat universitaire dans des disciplines liées aux sciences et au génie

2008

Évalue le nombre de diplômés possédant un bagage de compétences et de connaissances qui sont utiles sur le marché du travail et qui peuvent contribuer à la croissance économique.

4. Nombre de titulaires d'un doctorat en sciences, en mathématiques ou en génie

2008

Évalue le talent en matière de technologie.

5. Nombre d'employés en R-D dans les entreprises

2007

Évalue l'utilisation par l'industrie de chercheurs hautement qualifiés.

R-D

6. DIRD, en pourcentage du PIB

2008

Compare les ressources canadiennes affectées à la R-D à celles des autres pays.

7. DIRD par secteur d'exécution, en dollars constants

2008

Représente les dépenses en R-D des entreprises, du gouvernement et de l'enseignement supérieur et souligne les tendances pour chacun de ces secteurs.

8. Principaux flux du financement de la R-D au Canada

2009

Représente les liens entre les sources de financement et les exécutants de la R-D.

9. Intensité des DIRDE par pays

2008

Compare la R-D des entreprises au Canada à la R-D des entreprises dans les autres pays. Les données peuvent être présentées par secteur industriel.

10. Soutien public direct et indirect pour les entreprises en matière de R-D

2008

Évalue le type de mécanismes utilisés par le gouvernement pour encourager l'investissement du secteur privé dans la R-D. La comparaison avec les autres pays aide à analyser l'efficacité des politiques.

11. R-D exécutée dans les établissements d'enseignement supérieur, en pourcentage du PIB

2008

Compare la R-D des universités au Canada à la R-D des universités dans les autres pays.

12. Part de toute la R-D financée par les entreprises qui est exécutée, entre autres, par le secteur de l'enseignement supérieur

2009

Représente les tendances pour ce qui est des stratégies et de la propension des entreprises à exécuter de la R-D, à l'interne ou grâce à la sous-traitance.

13. R-D gouvernementale intra-muros, en pourcentage du PIB, au Canada et dans le G7

2008

Compare la R-D des laboratoires et instituts gouvernementaux au Canada à la R-D gouvernementale dans les autres pays. Évalue la R-D essentielle pour atteindre des objectifs de société qui ne serait pas exécutée par d'autres parties du système d'innovation.

Innovation (autre que la R-D)

14. Investissement dans les MM, y compris les TIC, en pourcentage du PIB

2007

Évalue les facteurs de production de l'innovation autre que la R-D. De nouvelles idées sont intégrées dans les technologies de pointe et permettent aux travailleurs de produire davantage de biens et de services de qualité supérieure grâce à des procédés opérationnels plus efficaces.

15. Utilisation de services de TI

2005

Évalue les facteurs de production de l'innovation autre que la R-D. Les changements technologiques entraînent des changements des procédés opérationnels. Par conséquent, l'infrastructure, les biens incorporels, comme les logiciels, et le service à la clientèle sont intégrés comme un service.

16. Capital-risque en
proportion du PIB

2008

Évalue le bassin de capital important pour le démarrage d'entreprises dans les industries à forte intensité de savoir des TIC et des sciences de la vie. Évalue la capacité à engager des investissements à haut risque.

17. Entreprises collaborant à des activités innovatrices avec des partenaires publics ou privés, le gouvernement et l'enseignement supérieur, selon la taille de l'entreprise

2002-2004, aucune mise à jour pour le Canada

La collaboration est devenue une source importante d'avantage concurrentiel. Les innovations sont de plus en plus souvent mises sur le marché par des réseaux de partenaires commerciaux, universitaires et gouvernementaux. Les associations régionales peuvent, en partenariat, faire le suivi de la collaboration au sein de grappes géographiques.

18. Nombre de licences des universités aux entreprises

2008

Évalue le transfert de technologie et le transfert de connaissances potentiellement précieuses sur le plan commercial au secteur privé. Représente la mise à profit des investissements publics dans l'enseignement supérieur.

19. Marques de commerce

2008

Les marques de commerce peuvent être appliquées à l'innovation dans les biens et les services et englober l'innovation en marketing. L'OCDE a établi une forte corrélation entre les demandes de marques de commerce et les autres indicateurs de l'innovation.

20. Flux commerciaux à forte intensité technologique (biens et services)

2010

Évalue la capacité des entreprises canadiennes à exporter des biens et services ainsi que les tendances en ce qui a trait à l'utilisation des biens et services par les entreprises canadiennes. Évalue la réussite du Canada à l'échelle mondiale (c'est-à-dire la demande mondiale d'idées et d'expertise canadiennes). Les paiements reflètent la demande canadienne et la connaissance des possibilités à l'échelle mondiale.


4. Évolution récente de la mesure de l'innovation

De nouvelles enquêtes sont en élaboration et d'autres sont en cours. Un certain nombre de pays et d'organisations internationales tentent aussi de mesurer l'innovation qui provient des changements de procédés, d'organisation ou de marketing des entreprises ou encore d'investissements dans des biens incorporels. L'Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise (EISE) effectuée au Canada en 2009 et la Business R&D and Innovation Survey (BRDIS) effectuée aux États-Unis en 2009 sont de nouvelles enquêtes qui ont permis de recueillir des données en vue de leur analyse en 2010. Les analyses futures pourront utiliser ces données pour les comparer à celles de l'Enquêtecommunautaire sur l'innovation (ECI) effectuée en Europe. L'indice d'innovation du NESTA, au Royaume-Uni, et l'ouvrage Mesurer l'innovation : Un nouveau regard de l'OCDE (2010) explorent les futurs indicateurs possibles. Cependant, l'analyse comparative ne se fera pas tout de suite, puisqu'il faut élaborer des protocoles pour la normalisation des données.

4.1 Canada : Enquête sur l'innovation et les stratégies d'entreprise

L'EISE de 2009 portait sur un échantillon de plus de 6 000 entreprises. Les questions de l'enquête concernaient la motivation pour l'innovation, les dépenses en activités d'innovation, la collaboration et les résultats attendus en ce qui a trait à l'innovation. La section 6.1.3 contient plus de détails sur cette enquête.

4.2 États-Unis : Business R&D and Innovation Survey

Après des années d'absence de la mesure de l'innovation, la Division of Science Resources Statistics de la Fondation nationale des sciences, aux États-Unis, en collaboration avec la Direction des programmes économiques du Bureau of the Census, a effectué une nouvelle enquête, la Business R&D and Innovation Survey (BRDIS). L'échantillon stratifié de 40 000 entreprises comptant cinq employés ou plus comprend un recensement des grands exécutants de R-D, les 50 plus grandes entreprises selon la paie, dans chaque État, ainsi qu'un échantillon constitué d'autres entreprises provenant du registre des entreprises du Bureau of the Census des États-Unis. L'enquête pilote a été effectuée en janvier 2009, et les estimations de la R-D ont été publiées en 2010.

L'enquête étudie notamment la propension des entreprises à innover ainsi que des variables connexes, par industrie. Elle mentionne aussi le nombre d'entreprises qui exécutent de la R-D, ce qui permet de comprendre la place qu'occupe la R-D dans les stratégies des petites, moyennes et grandes entreprises. Les résultats de la nouvelle enquête permettent d'évaluer l'incidence des nouveaux programmes sur la répartition de l'innovation au sein de l'industrie.

L'Enquête communautaire sur l'innovation, en Europe, est effectuée régulièrement depuis 1992 et a servi de modèle à l'enquête de 2005 sur l'innovation au Canada ainsi qu'aux questions sur l'innovation utilisées dans le BRDIS des États-Unis. Les données de l'ECI ont été fournies par l'Office statistique des Communautés européennes (EUROSTAT). Les données agrégées pour les 27 États membres de l'UE ainsi que quelques autres pays proviennent du Tableau de bord européen de l'innovation, qui est récemment devenu le Tableau de bord de l'Union de l'innovation.

4.3 Royaume-Uni : L'indice d'innovation pilote du National Endowment for Science, Technology and the Arts

L'indice d'innovation du NESTA cherche à améliorer la compréhension de l'innovation dans les entreprises en tenant compte de l'« innovation cachée » et en enquêtant sur les différentes façons dont l'innovation se produit dans neuf industries. Le NESTA a élaboré une enquête sur l'innovation dans les entreprises qui est adaptée aux modes dominants de l'innovation dans chacune de ces industries. Ces industries sont la production d'énergie, les services de comptabilité, le design spécialisé, les services de conseil, la construction, les services d'architecture, les logiciels et services de TI, les services juridiques, et l'automobile. Les résultats ont été publiés en novembre 2009.

Dans l'enquête, on demandait aux entreprises comment elles procédaient pour obtenir de nouvelles idées venant d'ailleurs, transformer les idées en produits et commercialiser l'innovation (c'est-à-dire utiliser les biens et les services innovateurs afin de faire de l'argent).

L'enquête a révélé des niveaux considérables d'innovation cachée dans plusieurs industries où l'investissement dans la R-D classique était faible et a conclu que l'innovation cachée était également importante dans les industries où la R-D était déjà élevée. Dans tous les secteurs, sauf celui de la production d'énergie où l'effet observé était limité, les entreprises innovatrices enregistrent une croissance des ventes plus élevée que celles qui n'innovent pas. Cette méthode est expérimentale et n'a pas été utilisée pour la collecte de données à l'échelle nationale.

4.4 Organisation de coopération et de développement économiques : Mesurer l'innovation : Un nouveau regard

Dans son rapport intitulé Mesurer l'innovation : Un nouveau regard (2010), l'OCDE a présenté de nouveaux indicateurs ainsi que de nouvelles façons d'étudier les indicateurs existants. Le rapport comprend des mesures des dépenses en « innovation » plutôt qu'en « R-D », par taille d'entreprise. Les dépenses en innovation incluent : les dépenses totales des entreprises pour la R-D réalisée intra-muros ou à l'externe, l'acquisition d'autres connaissances externes (p. ex., les brevets, les licences et les marques de commerce) ainsi que l'acquisition de machines et de matériel et de logiciels. Les données canadiennes pour cet indicateur portent sur l'année 2005 et seulement sur la fabrication.

À l'aide des données concernant 21 pays, le rapport arrive à la conclusion que les entreprises qui bénéficient d'une aide publique à l'innovation font des investissements de 40 % à 70 % plus élevés que les autres. On suggère aussi que l'augmentation de l'investissement des entreprises dans l'innovation engendre un accroissement de la productivité et des ventes de produits nouveaux pour le marché4.

Pour la première fois, des efforts ont été déployés en vue de saisir l'investissement dans les biens incorporels. L'OCDE a réparti ces biens dans trois catégories : les données informatisées, c'est-à-dire les logiciels et les bases de données, le patrimoine d'innovation, c'est-à-dire la R-D scientifique, la prospection minière, les droits d'auteur et les droits de licence ainsi que d'autres activités de recherche, de conception et de développement de produits, et les compétences économiques, c'est-à-dire les marques, le capital humain propre à l'entreprise et le capital organisationnel. Le travail effectué dans ce domaine ne comprend pas encore de méthodes ni de définitions normalisées. On constate qu'aux États-Unis et en Suède, l'investissement dans les biens incorporels est plus grand que l'investissement dans les MM. Les estimations de la contribution des biens incorporels à la productivité de la main-d'œuvre montrent que ces biens expliquent une bonne partie de la croissance de la productivité totale des facteurs (PTF) dans certains pays de l'OCDE.

Un autre indicateur digne de mention sert à mesurer, parmi les entreprises innovantes, celles qui mettent de nouveaux produits sur le marché après avoir effectué des travaux de R-D et celles qui le font sans avoir mené de travaux de R-D. Cet indicateur révèle que la proportion d'entreprises qui innovent sans mener d'activités de R-D est élevée.

4OCDE, Mesurer l'innovation : Un nouveau regard, 2010, p. 78. Retour au texte


5. Ressources pour la recherche-développement

Les dépenses intérieures brutes en recherche-développement (DIRD) sont les dépenses totales en R-D réalisées dans le pays au cours d'une période donnée. Les exécutants intérieurs de R-D sont le gouvernement (les gouvernements fédéral et provinciaux ainsi que les organisations de recherche provinciales), les entreprises, les organisations privées sans but lucratif et le secteur de l'enseignement supérieur. Le financement des DIRD provient de sources intérieures et étrangères.

Les DIRD en proportion du PIB d'un pays constituent un indicateur couramment utilisé du rendement en innovation. Cette mesure permet de comparer le rendement d'un pays par rapport à un autre et elle est utilisée dans les stratégies en sciences, en technologie et en innovation de divers pays.

Les dépenses en pourcentage du PIB que le Canada consacre à la R-D sont inférieures à la moyenne des pays du G7 (figure 1). De 2006 à 2008, les DIRD en proportion du PIB ont diminué, passant de 2,0 % à un peu plus de 1,8 %. Ce changement est dû en partie à une croissance rapide du PIB, quoique la croissance des DIRD canadiennes soit restée inférieure à celle du G7 pendant cette période.

Figure 1 : Dépenses intérieures brutes en recherche-développement, en pourcentage du produit intérieur brut, en 2006 et en 2008

La figure 2 montre que pour certains des pays qui font le plus de R-D, dont le Canada, les tendances du ratio DIRD/PIB pour les 10 dernières années varient. Au cours de cette période, les ratios ont considérablement augmenté au Japon, en Chine et en Corée du Sud. Le Canada a enregistré une augmentation modeste.

Figure 2 : Dépenses intérieures brutes en recherche-développement de certains pays, en pourcentage de leur produit intérieur brut, de 1981 à 2008

L'intensification de la recherche au Canada et la stimulation de l'innovation nécessitent des efforts concertés des trois grands secteurs qui font de la R-D au Canada, à savoir le secteur privé, le secteur de l'enseignement supérieur et les gouvernements. La figure 3 montre le financement et l'exécution de la R-D qui sont assumés par ces trois grands secteurs d'exécution ainsi que par d'autres organismes de soutien, comme des organisations privées sans but lucratif5.

Figure 3 : Principaux flux du financement de la recherche-développement au Canada en 2009

De 2006 à 2009, les gouvernements, le secteur de l'enseignement supérieur, les sources étrangères et les organisations privées sans but lucratif ont tous augmenté le financement consacré à la R-D. Fait intéressant, les organisations privées sans but lucratif ont augmenté le financement de la R-D d'un peu plus de 16 % (en dollars courants), ce qui constitue la plus grande augmentation, tous secteurs confondus, pour la période de 2006 à 2009. Pendant la même période, les dépenses en R-D des entreprises (DIRDE) en dollars constants ont baissé au Canada. En 2009, les fonds accordés directement par le gouvernement du Canada à la R-D exécutée au Canada totalisaient près de 6 milliards de dollars (en dollars courants), une augmentation d'un peu moins de 500 millions de dollars (8,6 %) par rapport à 2006. Près de la moitié de ces 6 milliards de dollars ont été versés aux établissements et aux laboratoires du gouvernement du Canada. Les quelque 3 milliards de dollars restants pour la R-D (en dollars courants) ont été distribués au secteur de l'enseignement supérieur, aux entreprises et aux organisations privées sans but lucratif. La R-D gouvernementale intra-muros, en pourcentage du PIB, a légèrement baissé, passant de 0,195 % en 2006 à 0,188 % en 2008 (selon L'état des lieux en 2008), et l'écart entre le Canada et les pays du G7 (sauf le Japon, pour lequel aucune donnée n'est fournie) a continué de se creuser6.

La figure 4 illustre la tendance de la R-D exécutée par les gouvernements fédéral et provinciaux, les entreprises ainsi que le secteur de l'enseignement supérieur de 1998 à 2008, en dollars constants. D'après cette figure, au Canada, l'augmentation de la R-D exécutée par le secteur de l'enseignement supérieur constituait un peu plus de la moitié de l'augmentation totale de la R-D pour la période allant de 1998 à 2008 : la R-D exécutée par le secteur de l'enseignement supérieur est passée de près de 5 milliards de dollars en 1998 à un peu plus de 8,5 milliards en 2008 (en dollars constants).

Figure 4 : Dépenses intérieures brutes en recherche-développement par secteur d'exécution, de 1998 à 2008 (en dollars constants de 2002)

La figure 5 montre que la R-D financée par les entreprises qui est réalisée par les universités a considérablement augmenté au Canada, surtout depuis le début des années 1990. En 2009, la R-D réalisée par les universités comptait pour 6,3 % de toute la R-D financée par les entreprises (ce qui comprend la R-D financée et réalisée par les entreprises ainsi que la R-D financée par les entreprises, mais réalisée par d'autres secteurs). Ce pourcentage représente une diminution par rapport aux 6,6 % enregistrés en 1992, mais une hausse par rapport au niveau élevé de 2000 (avant l'éclatement de la bulle technologique en 2001). Bien que ce pourcentage ait augmenté moins rapidement au cours des dernières années, la tendance générale pour les 20 dernières années est à la hausse.

Figure 5 : Recherche-développement financée par les entreprises et exécutée par le secteur de l'enseignement supérieur, de 1971 à 2009

La figure 6 montre que le Canada se classe parmi les premiers pays de l'OCDE et en tête de ceux du G7 pour ce qui est des dépenses en R-D réalisée dans les établissements d'enseignement supérieur (DIRDES) en pourcentage du PIB. En 2008, les DIRDES constituaient 0,644 % du PIB, une baisse légère par rapport au niveau de 0,664 % de 20067. Les DIRDES incluent toute la recherche menée par les établissements d'enseignement supérieur, comme les universités et les hôpitaux d'enseignement qui y sont affiliés. L'avance du Canada a augmenté de 1997 à 2001 en raison de son investissement dans l'infrastructure de recherche (comme les laboratoires) et de 2001 à 2007 en raison des investissements dans la recherche. La part des dépenses et des fonds consacrés à l'infrastructure et à la recherche est restée stable au cours des 10 dernières années. La figure 7 montre que les dépenses fédérales en DIRDES n'ont cessé d'augmenter de 1997-1998 à 2008-2009. Les dépenses en infrastructure ont augmenté de 1997-1998 à 2001-2002, puis sont restées relativement stables de 2001-2002 à 2008-2009. Le Programme d'infrastructure du savoir, annoncé le 27 janvier 2009 par le gouvernement fédéral dans le cadre du Plan d'action économique du Canada, prévoit 2 milliards de dollars sur deux ans pour soutenir le renforcement de l'infrastructure des collèges et des universités.

Figure 6 : Recherche-développement exécutée dans les établissements d'enseignement supérieur en 2006 et en 2008

Figure 7 : Dépenses fédérales pour la recherche-développement du secteur de l'enseignement supérieur, en millions de dollars constants de 2002, de 1997-1998 à 2008-20098

Financement public direct et indirect de la recherche-développement des entreprises

Les gouvernements se servent de différents outils pour encourager le secteur privé à investir dans la R-D. Ces outils peuvent se diviser en financement direct et en financement indirect. Le financement direct regroupe les subventions, les prêts et les approvisionnements, alors que le financement indirect comprend les crédits d'impôt pour la R-D, les allocations pour la R-D et les réductions de l'impôt sur les traitements et salaires pour les travailleurs en R-D. Les bonnes combinaisons d'outils varient d'un pays à l'autre et dépendent des correctifs apportés à une défaillance du marché ou du système et du type de R-D que le gouvernement veut encourager9. Une défaillance est définie comme un manque de cohérence entre les institutions dans un système d'innovation et dans les mesures d'incitation10.

Le financement indirect réduit le coût marginal des activités de R-D11. Le Canada utilise davantage le financement indirect que le financement direct (figure 8a). En 2009, plus de 3 milliards de dollars d'aide fiscale ont été accordés dans le cadre du programme d'encouragements fiscaux Recherche scientifique et développement expérimental (RS&DE) du Canada12. Selon une évaluation du programme RS&DE réalisée en 2007 par le ministère des Finances et basée sur un examen des études antérieures, cette mesure a engendré, en moyenne, des dépenses en R-D de 0,91 $ par dollar des recettes cédées13. L'évaluation révèle que, même si des données portent à croire que l'aide directe pourrait avoir une incidence légèrement plus grande sur les dépenses en R-D des entreprises, il semble que l'aide indirecte pourrait avoir des retombées un peu plus importantes14. Dans le rapport, on conclut que les preuves empiriques sont encore trop ambiguës pour décider du type d'aide à privilégier15.

Figure 8a : Financement public indirect par des incitatifs fiscaux en recherche-développement en 2008

Les programmes canadiens de crédits d'impôt pour la R-D sont parmi les plus généreux du monde, mais le Canada est tout de même en dessous de la moyenne de l'OCDE pour ce qui est des dépenses en R-D par les entreprises. Un certain nombre de pays dont les entreprises dépensent plus en R-D offrent davantage d'aide à la R-D grâce au financement direct. La figure 8b montre le financement public direct de la R-D des entreprises dans un groupe de pays de l'OCDE.

Figure 8b : Financement public direct de la recherche-développement des entreprises en 2008

Le financement direct peut attirer le financement privé. Les fonds publics peuvent, par exemple, compléter les fonds privés afin d'appuyer des initiatives d'entreprises qui s'harmonisent aux priorités du gouvernement. Le financement direct peut efficacement appuyer les priorités de R-D. Les récents budgets du gouvernement fédéral ont annoncé de nouvelles initiatives au Canada afin d'augmenter le financement direct. En effet, le budget de 2009 offrait 200 millions de dollars supplémentaires sur deux ans au Programme d'aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada (PARI-CNRC). Il s'agit du principal programme grâce auquel le financement direct est accordé aux petites et moyennes entreprises (PME). Pour l'exercice de 2009-2010, le budget du PARI-CNRC comprenait environ 187 millions de dollars en financement direct aux entreprises16. Le Programme canadien pour la commercialisation des innovations destiné aux PME a été lancé en septembre 2010. Il s'agit d'une initiative pilote de deux ans évaluée à 40 millions de dollars, qui appuiera jusqu'à 20 projets pilotes en innovation.

Le financement direct au moyen de subventions et de prêts est la forme la plus courante de soutien à la R-D des entreprises dans les pays de l'OCDE17. La Finlande a récemment révisé son modèle de financement, après avoir admis que les incitatifs fiscaux pouvaient compléter un système traditionnellement fondé sur le soutien direct seulement18. Dans le cadre de son examen, la Finlande a établi que la Norvège était un pays dont le modèle, qui comprend du soutien direct et indirect, fonctionnait bien. En 2008, le taux du financement direct par rapport au financement indirect était d'environ deux pour un en Norvège.


5 – Le financement fédéral de la R-D correspond aux subventions directes et aux marchés attribués par le gouvernement fédéral pour la R-D effectuée par les entreprises canadiennes. Cette figure n'inclut pas les crédits d'impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE), ni les prêts remboursables octroyés dans le cadre de certains programmes fédéraux. Le financement étranger de la R-D correspond au financement de la R-D effectuée au Canada provenant d'une source étrangère, si ce financement sous-entend un transfert international de fonds d'un pays étranger au Canada. Cela inclut, par exemple, les transferts de fonds entre les sociétés mères étrangères et leurs sociétés affiliées au Canda pour les projets de R-D exécutés au Canada. Retour au texte

6OCDE, Principaux indicateurs de la science et de la technologie, 2010. Retour au texte

7OCDE, Principaux indicateurs de la science et de la technologie, 2010. Retour au texte

8 – Les dépenses fédérales pour la R-D du secteur de l'enseignement supérieur sont celles encourues par les trois conseils subventionnaires et la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) pour la R-D exécutée dans le secteur de l'enseignement supérieur. Les dépenses en infrastructure correspondent aux dépenses associées à tous les programmes de la FCI, sauf le Fonds d'exploitation des infrastructures (FEI), ainsi qu'aux programmes de matériel et d'outils du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et des IRSC. La recherche inclut toutes les autres subventions de recherche des conseils subventionnaires ainsi que le FEI du FCI. Retour au texte

9OCDE, « L'investissement des entreprises dans la R-D (PDF) », Mesurer l'innovation : Un nouveau regard, 2010. Retour au texte

10 – Johan Hauknes et Lennart Nordgren, Economic Rationales of Government Involvement in Innovation and the Supply of Innovation-Related Services, The STEP Group, 1999. Retour au texte

11OCDE, « L'investissement des entreprises dans la R-D (PDF) », Mesurer l'innovation : Un nouveau regard, 2010. Retour au texte

12 – Ministère des Finances, Le budget de 2010 : Tracer la voie de la croissance et de l'emploi, 2010, p. 95. Retour au texte

13 – Mark Parsons et Nicholas Philips, An Evaluation of the Federal Tax Credit for Scientific Research and Experimental Development (PDF), ministère des Finances, 2007, p. 8. Retour au texte

14, 15 – Mark Parsons et Nicholas Philips, An Evaluation of the Federal Tax Credit for Scientific Research and Experimental Development (PDF), ministère des Finances, 2007, p. 54. Retour au texte (14), Retour au texte (15)

16 – Conseil national de recherches Canada, Programme d'aide à la recherche industrielle du CNRC. Retour au texte

17OCDE, Science, technologie et industrie : Perspectives de l'OCDE, édition 2010, p. 112. Retour au texte

18 – Anne Palkamo, Finland Plans Tax Incentives for Companies' R&D Activities, Tekes, 2009. Retour au texte


6. Revue des indicateurs

6.1 Indicateurs de l'innovation d'entreprise

L'innovation dans le secteur privé est une source de création de richesses. Pour les entreprises, concevoir et améliorer des produits peut aider à conserver ou à acquérir une part du marché, ce qui fait augmenter les revenus et les profits. Si ces innovations transfèrent simplement une part du marché d'une entreprise à une autre, les consommateurs profitent d'un plus grand choix, mais aucune richesse n'est créée. Cependant, si l'innovation incite d'autres entreprises à améliorer leurs produits pour rivaliser, les consommateurs profitent de biens de qualité supérieure, ce qui augmente la richesse nette des consommateurs. Les entreprises peuvent aussi mettre en place des procédés innovateurs pour réduire les coûts, ce qui a pour effet d'augmenter la marge de profit, de réduire les prix pour les consommateurs, ou les deux.

6.1.1 Aller au-delà des indicateurs de recherche-développement pour mesurer l'innovation

Le rapport L'état des lieux en 2008 mentionnait les liens entre l'innovation, la productivité et notre niveau de vie. On y soulignait que les industries canadiennes investissent moins dans la R-D et les machines et le matériel que les industries comparables dans le reste du monde. Les dépenses en R-D ne sont qu'un des indicateurs de l'innovation, mais il s'agit d'un indicateur important qui a une grande corrélation avec les autres contributions à l'innovation.

Les données nationales très générales permettent d'évaluer le rendement en innovation d'une économie, mais elles peuvent aussi dissimuler des différences considérables en ce qui a trait à la composition de l'industrie ainsi qu'au rendement des industries et des entreprises individuelles. Certaines industries sont par nature plus intensives sur le plan de la R-D ou des TIC que d'autres, et la relation entre ces variables et la productivité(comme pour toute mesure de l'innovation) varie aussi selon l'industrie.

Dans L'état des lieux en 2010, le CSTI examine l'innovation dans les entreprises par industrie et par secteur. Dans cette section, des données sur les niveaux de productivité et de croissance au Canada, par industrie et par secteur, sont d'abord présentées, puis l'on compare les niveaux de productivité de la main-d'œuvre et leurs déterminants à ceux des États-Unis. Les quatre déterminants étudiés sont la PTF, l'investissement dans les MM, les TIC (matériel et services) et la R-D.

Ce rapport présente aussi les nouvelles conclusions de l'enquête sur l'innovation en ce qui concerne les façons dont les entreprises canadiennes innovent, la place de l'innovation dans leurs stratégies d'entreprise ainsi que leurs dépenses en innovation pour les produits et les procédés. La croissance des services commerciaux à forte intensité technologique y est également décrite et analysée. Enfin, le rapport souligne les différences sectorielles quant à la façon dont les petites, moyennes et grandes entreprises investissent dans la R-D ainsi que l'offre de capital-risque aux entreprises canadiennes.

6.1.2 Croissance de la productivité pour un meilleur niveau de vie

« Il y a certes d'autres facteurs que la croissance de la productivité qui influent sur notre niveau de vie, par exemple l'évolution des termes de l'échange du Canada (les prix que nous obtenons pour nos ventes à l'étranger par rapport aux prix que nous payons pour nos importations) et celle des taux d'emploi (la proportion de la population qui travaille effectivement). Il reste que la croissance de la productivité est la principale source d'amélioration de notre bien-être économique à long terme. Les gains de productivité permettent aux entreprises d'accorder des salaires réels (corrigés de l'inflation) plus élevés, tout en maîtrisant leurs coûts et en demeurant rentables et concurrentielles. La hausse de la productivité est donc essentielle à la progression soutenue des revenus réels et du niveau de vie au fil du temps. » [traduction]

— Banque du Canada19

Sous-priorité de recherche-développement : production d'énergie dans les sables bitumineux

Josephine Hill, Zandmer – Chaire de recherche du Canada sur l'hydrogène et la catalyse, Université de Calgary et récipiendaire du Minerva Mentoring Award de 2008 pour l'encouragement aux femmes dans les domaines du génie, des sciences et de la technologie de l'information.

Josephine Hill, Zandmer – Chaire de recherche du Canada sur l'hydrogène et la catalyse, Université de Calgary et récipiendaire du Minerva Mentoring Award de 2008 pour l'encouragement aux femmes dans les domaines du génie, des sciences et de la technologie de l'information.

Recherche-développement en matière de sables bitumineux et de pétrole lourd

La technologie de drainage par gravité au moyen de vapeur (DGMV) est un exemple d'innovation dans l'industrie pétrolière et gazière qui a évolué grâce à de nombreux essais sur le terrain. Deux puits horizontaux sont forés dans des formations de sables bitumineux pour produire du bitume, qui consiste en un mélange de sable, d'argile, d'eau ainsi que d'une forme de pétrole dense et visqueuse. Le puits supérieur injecte de la vapeur dans la formation, tandis que le puits inférieur recueille le pétrole brut chauffé ou le bitume qui s'écoule de la formation, ainsi que l'eau provenant de la condensation de la vapeur injectée. La chaleur de la vapeur réduit la viscosité du pétrole brut lourd ou du bitume. Cette technologie améliorée de récupération du pétrole est considérée comme deux fois plus efficace que l'ancien procédé de stimulation cyclique à la vapeur.

La technologie DGMV a subi plusieurs transformations depuis sa conception, à la fin des années 1960, par Roger Butler. Alberta Innovates Technology Futures appuie l'élaboration d'autres technologies de traitement de l'eau produite par la DGMV (p. ex., les membranes céramiques). Le Long Lake Project de Nexen dans les sables pétrolifères de l'Athabasca est le premier projet à combiner la DGMV avec une usine de traitement qui produit du super pétrole synthétique par une utilisation plus efficace du gaz naturel.

Recherche en matière de catalyse

Les sous-priorités de R-D englobent la recherche fondamentale et la recherche appliquée. Par exemple, la recherche de Josephine Hill, Zandmer – Chaire de recherche du Canada sur l'hydrogène et la catalyse, à l'Université de Calgary, examine et améliore le rendement des processus chimiques et électrochimiques qui peuvent s'appliquer à la production d'énergie. Les travaux dans le domaine de la catalyse ont des répercussions sur l'environnement, la conception de piles à combustible, l'hydrotraitement du pétrole lourd et la gazéification. Il y a également des répercussions sur la conversion des déchets solides, comme la conversion du coke de pétrole et de la biomasse en charbon actif, qui peut être utilisé pour nettoyer les vapeurs d'échappement de gaz et de liquide. Le charbon actif utilisé peut ensuite être gazéifié pour produire des produits gazeux, comme le méthane et le gaz de synthèse.

La productivité correspond à la quantité totale de biens et de services produite dans un pays pour chaque facteur de production, comme la main-d'œuvre, le capital ou les terrains. La mesure la plus courante de la productivité est la productivité de la main-d'œuvre, qui évalue la quantité de biens et de services produite en une heure de travail.

Au Canada, les niveaux de productivité de la main-d'œuvre et leur croissance varient énormément d'une industrie à l'autre. Par exemple, la figure 9 révèle que les niveaux de productivité de la main-d'œuvre du secteur privé dans les industries de services ne correspondaient qu'à 89 % de la moyenne pour l'économie entière. Les niveaux de productivité de la main-d'œuvre des secteurs de l'extraction minière, pétrolière et gazière ainsi que des services publics correspondaient au moins au triple de ceux du secteur privé pour l'ensemble de l'économie. De 2003 à 2008, la productivité dans ces deux secteurs a baissé respectivement de -4,5 % et de -1,7 %. De plus, le secteur de la construction a aussi enregistré une baisse de-2,3 % de la productivité de la main-d'œuvre. Par contre, de 2003 à 2008, on a observé une croissance de la productivité de la main-d'œuvre supérieure à la moyenne dans la plupart des industries de services,dans le secteur de l'agriculture, de l'exploitation forestière, de la pêche et de la chasse ainsi que dans le secteur de la fabrication. Les secteurs du commerce de gros et de détail ont aussi connu une augmentation considérable de la productivité de la main-d'œuvre, soit3,4 % par année de 2003 à 2008.

Figure 9 : Productivité de la main-d'œuvre dans le secteur privé (2008) et croissance de la productivité de la main-d'œuvre dans le secteur privé (de 2003 à 2008), par industrie

SECTEUR ou industrie

Productivité de la main-d'œuvre*, 2008

Croissance de la productivité de la
main-d'œuvre (croissance annuelle moyenne [%]), de
2003 à 2008

* – La productivité de la main-d'œuvre dans le secteur privé est égale au produit intérieur brut réel (en $CA) divisé par le nombre total d'heures travaillées.
Remarque : Les secteurs comprennent plusieurs industries.
Source : Données compilées par le Secrétariat du CSTI, d'après des données de
Statistique Canada. Retour au texte

SECTEUR DES BIENS

AGRICULTURE, FORESTERIE, CHASSE ET PÊCHE

35,2

4,7

EXPLOITATION MINIÈRE ET EXTRACTION DE PÉTROLE ET
DE GAZ

117,7

-4,5

SERVICES PUBLICS

135,5

-1,7

CONSTRUCTION

28,7

-2,3

FABRICATION

48,7

0,8

MOYENNE POUR LE SECTEUR DES BIENS

47,3

-0,6

SECTEUR DES SERVICES

Commerce de gros

41,1

3,4

Commerce de détail

24,1

3,4

Transport et entreposage

33,9

0,5

Industrie de l'information et industrie culturelle

64,1

2,9

Finance, assurances, immobilier et location à bail

72,4

0,8

Services professionnels, scientifiques et techniques

30,9

0,1

Services administratifs et services de soutien, services de gestion des déchets et services d'assainissement

22,1

0,6

Éducation

24,2

3,2

Soins de santé et aide sociale

31,7

0,7

Arts, spectacles et loisirs

20,0

1,0

Hébergement et services de restauration

15,5

1,7

Autres services, sauf les administrations publiques

17,4

1,1

MOYENNE POUR LE SECTEUR
DES SERVICES

33,6

1,7

     

Moyenne pour tous les secteurs
et industries

37,8

0,7

La recherche économique sur la croissance miraculeuse de la productivité aux États-Unis suggère que la croissance de la productivité de la main-d'œuvre des industries de services est passée de 1,0 % par année avant 1995 à2,3 % par année par la suite20. La fameuse reprise de la croissance de la productivité aux États-Unis est en grande partie attribuable à la productivité des services. La croissance de la productivité de la main-d'œuvre aux États-Unis n'est pas vraiment miraculeuse. Il s'agit plutôt du résultat de l'action des entreprises. La forte croissance de la productivité de la main-d'œuvre dans les industries de services aux États-Unis est attribuable aux niveaux élevés de dépenses en capital pour les TIC ainsi qu'à la croissance rapide de la PTF. La PTF mesure les influences conjointes sur la croissance économique, comme le changement technologique, l'amélioration de l'efficacité et les rendements d'échelle21.

Selon le Système de comptabilité nationale22, les produits sont des biens et services (y compris des produits basés sur la « capture des connaissances ») résultant d'un processus de production.

Les biens sont des objets physiques produits pour lesquels il existe une demande, sur lesquels des droits de propriété peuvent être établis et dont la propriété peut être transférée d'une unité institutionnelle à une autre par le biais d'une opération sur le marché.

Les services résultent d'une activité de production qui modifie l'état de l'unité consommatrice ou qui facilite l'échange de produits ou d'actifs financiers.

La comparaison des industries canadiennes est importante pour comprendre où les niveaux de productivité augmentent, mais la comparaison avec les industries d'autres pays permet d'évaluer le caractère concurrentiel du Canada à l'échelle mondiale. Comme au Canada, les niveaux de productivité des services aux États-Unis ont du retard dans le secteur de la fabrication, mais ils augmentent rapidement. La croissance de la productivité de la main-d'œuvre est essentielle pour l'augmentation des salaires et de la rentabilité pour les employés et les investisseurs.

La figure 10 présente une comparaison entre les industries canadiennes et les industries des États-Unis en ce qui a trait aux niveaux de productivité de la main-d'œuvre et à ses principaux déterminants : l'intensité de la productivité totale des facteurs et du capital pour l'investissement dans les MM et l'investissement dans les TIC. On constate que l'écart entre la productivité de la main-d'œuvre canadienne et celle des États-Unis s'est élargi de 2002 à 2007. Au cours de cette période, les niveaux de productivité au Canada ont chuté de 77,3 % à 72,1 %comparativement aux niveaux de productivité de la main-d'œuvre aux États-Unis. Les secteurs canadiens de l'extraction minière, pétrolière et gazière,des services publics ainsi que de la fabrication ont tous enregistré des baisses de productivité de la main-d'œuvre par rapport aux États-Unis, et 9 des 11 industries de services ont également connu des baisses de productivité par rapport aux États-Unis. Seules l'agriculture, l'exploitation forestière, la pêche et la chasse ainsi que quelques industries de services (comme le commerce de gros, la finance, les assurances, l'immobilier et la gestion d'entreprises) ont vu leur productivité s'améliorer par rapport à leurs homologues américains.

Figure 10 : Comparaison entre le Canada et les États-Unis sur le plan de la productivité de la main-d'œuvre, de la productivité totale des facteurs et de l'intensité du capital (États-Unis = 100)

SECTEUR ou industrie

Productivité de la main-d'œuvre

Productivité totale des facteurs

Machines et matériel*

TIC

2002

2007

2002

2007

Moyenne pour 2000
à 2007

Moyenne pour 2000 à 2007

* Les machines et le matériel comprennent les TIC.

Remarque : Les secteurs comprennent plusieurs industries.

Source : Jianmin Tang, Someshwar Rao et Min Li, « Sensitivity of Capital Stock and Multifactor Productivity Estimates to Depreciation Assumptions: A Canada-U.S. Comparison », International Productivity Monitor, Ottawa, Centre d'étude des niveaux de vie, no 20, automne 2010. Retour au texte

SECTEUR DES BIENS

AGRICULTURE, FORESTERIE, CHASSE ET PÊCHE

85,5

86,4

82,8

86,2

70,5

79,1

ACTIVITÉS EXTRACTIVES

88,9

88,0

79,3

72,5

80,0

31,2

Extraction minière (sauf l'extraction de pétrole et
de gaz)

58,1

47,3

52,2

39,4

57,0

35,1

Extraction de pétrole et de gaz

87,9

81,6

94,9

100,3

100,5

25,6

SERVICES PUBLICS

76,5

62,7

53,9

49,0

51,0

73,6

CONSTRUCTION

149,5

192,5

151,8

196,9

79,2

14,7

FABRICATION

84,4

73,2

91,1

77,2

91,1

36,6

SECTEUR DES SERVICES

Commerce de gros

73,7

90,0

97,8

120,3

29,9

45,6

Commerce de détail

81,3

75,6

95,3

85,5

70,4

72,1

Transport et entreposage

123,8

108,1

112,5

96,7

86,8

19,7

Industrie de l'information et industrie culturelle

64,5

46,6

69,9

52,3

82,8

98,5

FAIL et gestion d'entreprises

70,0

72,1

75,7

74,9

105,4

72,2

Services professionnels, scientifiques
et techniques

45,4

38,6

54,0

47,6

45,7

42,3

Services administratifs et de gestion des déchets

113,5

107,6

144,1

126,2

39,9

49,9

Éducation, soins de santé et aide sociale

99,4

95,9

102,0

98,0

34,2

17,8

Arts, spectacles et loisirs

39,6

39,0

49,4

47,9

39,3

128,7

Hébergement et services de restauration

74,1

72,2

85,2

78,8

28,3

47,1

Autres services, sauf les
administrations publiques

145,3

143,8

181,6

178,3

61,1

102,1

             

Moyenne pour tous les secteurs et industries

77,3

72,1

75,4

68,5

74,5

47,9

L'analyse des facteurs de la productivité de la main-d'œuvre est une partie importante de la compréhension de la croissance de la productivité relative du Canada. La productivité totale des facteurs (PTF) et l'investissement dans les MM, en particulier le capital investi dans les TIC, sont des facteurs importants de la croissance de la productivité de la main-d'œuvre. L'investissement de capital dans les MM et les TIC influence souvent la PTF, qui influence à son tour la productivité de la main-d'œuvre. Le Comité d'experts sur l'innovation dans les entreprises du Conseil des académies canadiennes a conclu que le taux de croissance de la PTF sur des périodes suffisamment longues est principalement attribuable à l'innovation des entreprises, si on inclut dans cette notion, l'amélioration de l'organisation du travail, l'amélioration des modèles d'affaires, l'intégration efficace des nouvelles technologies, les retombées positives de la R-D ainsi que les apports des entrepreneurs23.

Par rapport aux États-Unis, la PTF a baissé dans toutes les industries de l'économie canadienne, sauf dans le secteur de l'agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse, dans celui de l'extraction pétrolière et gazière, et dans ceux de la construction et du commerce de gros. Par conséquent, la PTF du Canada est tombée à 68,5 % par rapport à celle des États-Unis. Malgré cette baisse, la construction, l'extraction pétrolière et gazière, le commerce de gros, les services administratifs et la gestion des déchets, ainsi que les autres industries de services (sauf les administrations publiques) ont continué d'afficher des niveaux de PTF supérieurs à ceux de leurs homologues aux États-Unis.

De 2000 à 2007, les investissements canadiens dans les MM et leurs TIC étaient inférieurs à ceux observés dans l'ensemble des États-Unis. L'investissement dans les TIC se chiffrait à moins de la moitié de celui des États-Unis, tandis que l'investissement dans les MM totalisait un peu moins des trois quarts de celui des États-Unis. L'intensité de l'investissement dans les MM au Canada était supérieure à celle des États-Unis dans l'industrie de l'extraction pétrolière et gazière, dans la finance, les assurances et l'immobilier ainsi que dans l'industrie de la gestion d'entreprises. Au cours de la période allant de 2000 à 2007, l'intensité du capital investi dans les TIC par le Canada était supérieure à celle des États-Unis dans l'industrie des arts, des spectacles et des loisirs ainsi que dans les autres industries de services (sauf les administrations publiques). La formation brute de capital fixe en MM constituait 6,3 % du PIB du Canada en 2007, une hausse légère par rapport aux 6,2 % enregistrés en 2004 (selon L'état des lieux en 2008)24.

6.1.3 Place de l'innovation dans les stratégies d'entreprise

Le projet pilote de l'EISE de 2009 a été mené conjointement par Industrie Canada, Affaires étrangères et Commerce international Canada et Statistique Canada. L'enquête portait sur 6 233 entreprises canadiennes et couvrait 67 secteurs. L'échantillon choisi se limitait aux entreprises de 20 employés ou plus, dont le revenu était de 250 000 $ ou plus. Les comparaisons par industrie des résultats de l'EISE aux données des États-Unis doivent être modifiées afin de refléter le découpage différent du BRDIS des États-Unis. Toutes choses étant égales par ailleurs, puisque le potentiel d'innovation des entreprises dépend de leur taille, les résultats concernant la propension à innover du Canada devraient être meilleurs que ceux des États-Unis. Des questionnaires comprenant des caractéristiques d'enquêtes d'entreprise d'autres pays ont été envoyés aux présidents ou aux cadres supérieurs d'entreprises. Le taux de réponse à l'EISE de 2009 était de 70 %. Les données de l'EISE donnent un aperçu des objectifs stratégiques à long terme, des stratégies, des activités et des résultats en matière d'innovation des entreprises canadiennes.

L'enquête reprend les quatre catégories d'innovation définies dans le Manuel d'Oslo : l'innovation de produit, l'innovation de procédé, l'innovation de marketing ainsi que l'innovation organisationnelle.

L'innovation de produit se rapporte aux biens et aux services nouveaux ou sensiblement améliorés, ce qui inclut les améliorations notables des spécifications techniques, des composantes et des matériaux, des logiciels intégrés, de la convivialité ou d'autres caractéristiques fonctionnelles.

L'innovation de procédé se rapporte aux méthodes de production ou de prestation nouvelles ou sensiblement améliorées, ce qui inclut les modifications notables apportées aux techniques, à l'équipement et aux logiciels.

L'innovation de marketing se rapporte aux nouvelles méthodes de marketing qui modifient sensiblement la conception ou l'emballage de produits, le placement de produits, la promotion de produits ou les prix.

L'innovation organisationnelle se rapporte à la mise en place de nouvelles méthodes organisationnelles dans les pratiques de l'entreprise, l'organisation du lieu de travail ou les relations extérieures.

Ces innovations peuvent être nouvelles pour l'entreprise, pour le marché ou le secteur ou pour le monde.

Les données de l'EISE révèlent que la grande majorité des entreprises canadiennes dépendent des produits, des procédés, du marketing et des pratiques d'innovation organisationnelle existants. Dans toutes les industries recensées,seulement 19 % des entreprises ont dit qu'elles mettaient un accent stratégique sur l'introduction régulière de biens ou de services nouveaux ou sensiblement améliorés, et seulement 34 % avaient comme objectif stratégique à long terme d'intégrer des activités ou des procédés d'affaires nouveaux ou sensiblement améliorés dans leurs opérations. De plus, 31 % des entreprises visaient, à long terme,l'introduction de pratiques ou de méthodes de marketing sensiblement améliorées, tandis que 33 % des entreprises avaient comme but stratégique à long terme d'introduire des pratiques de gestion nouvelles ou sensiblement améliorées ou d'apporter des modifications à leur structure organisationnelle.

Il est essentiel de surveiller les résultats des activités d'innovation pour garantir que les stratégies d'innovation à long terme sont appliquées avec succès. L'enquête portait notamment sur les pratiques de surveillance que les entreprises canadiennes utilisent pour atteindre leurs objectifs. Les objectifs financiers occupaient la place la plus importante dans la mesure des objectifs stratégiques à long terme de toutes les entreprises. En effet, 65 % des entreprises disaient surveiller leur marge brute ou d'exploitation, et 76 % des entreprises, l'accroissement de leurs ventes ou de leur revenu. Les indicateurs de l'approche client étaient les mesures les plus mentionnées après les objectifs financiers. L'approche client inclut les objectifs relatifs aux procédés et à l'organisation, comme l'augmentation de la satisfaction de la clientèle (50 % des entreprises). Les ventes accrues de nouveaux produits et l'innovation de procédé se sont classées en troisième place en ce qui a trait à ce que les entreprises évaluent dans le cadre de leurs objectifs à long terme.

6.1.3.1 Dépenses en activités d'innovation

Parmi toutes les entreprises canadiennes qui déclarent mener des activités innovatrices, ce sont les entreprises de services publics qui ont le plus tendance à dépenser des sommes importantes en innovation de produit et de procédé, comme l'illustre les figures 11 et 12. Pour ce qui est de l'innovation de biens et de services, 41 % des entreprises de cette industrie y consacrent 1 000 000 $ou plus, 26,4 %, de 200 000 $ à 999 999 $,25,6 %, de 50 000 $ à 199 999 $, et 7,4 %, de 1 $ à 49 999 $. Toutes les entreprises de services publics avaient des dépenses en innovation de produit. Par contre, dans les industries du transport et de l'entreposage, environ 20,7 % des entreprises ne dépensent rien pour l'innovation de produit. L'industrie de la fabrication, ainsi que les services professionnels, scientifiques et techniques ont fort tendance à dépenser des sommes importantes en innovation de produit.

Figure 11 : Dépenses totales pour les innovations de biens ou de services en 2009

La figure 12 montre que de grandes dépenses (c'est-à-dire de 500 000 $ ou plus) en innovation de procédé sont observées dans les services publics (54,3 % des entreprises innovatrices), dans la finance et les assurances(44,6 % des entreprises) ainsi que dans l'industrie minière,l'exploitation des carrières et l'extraction de pétrole et de gaz(24,8 % des entreprises innovatrices).

Figure 12 : Dépenses totales pour les innovations de procédé en 2009

Les industries de services

Les services englobent une panoplie d'industries qui sont souvent au service d'autres parties de l'économie. En 2008, les services comptaient pour 61,5 % du PIB du secteur privé et pour 72,6 % des emplois dans le secteur privé de l'économie canadienne. Les trois premières industries de services sur le plan des emplois étaient l'industrie du commerce de détail, l'industrie de la finance, des assurances, de l'immobilier et de la location à bail ainsi que l'industrie de l'hébergement et de la restauration.

Les plus grandes sociétés au Canada en 2009, selon la liste des 500 premières entreprises canadiennes présentée par le Financial Post, sont souvent des entreprises de services ou des entreprises de fabrication ayant beaucoup d'activités de services. Parmi les 30 entreprises canadiennes ayant enregistré les revenus les plus élevés en 2008, 16 réalisaient des activités de services considérables : la Banque Royale du Canada, Power Corporation du Canada, la Financière Manuvie, George Weston, la Banque Scotia, la Banque Toronto-Dominion, la Banque de Montréal, les Entreprises Bell Canada, Walmart Canada, Alimentation Couche-Tard, la Financière Sun Life, Empire Company, Brookfield Asset Management, la Banque Canadienne Impériale de Commerce, Thomson Reuters et Research In Motion.

La liste des 250 premières entreprises de technologie canadiennes publiée par le Branham Group en 2010 comprenait également beaucoup d'entreprises ayant des activités de services considérables.

Exemples d'entreprises de services

Thomson Reuters utilise des technologies innovatrices pour communiquer de l'information aux décideurs sur les marchés financier, juridique, fiscal, comptable et scientifique ainsi que sur les marchés des soins de santé et des médias. En 2008, l'entreprise a reçu le Prix R&D 100 de la revue R&D Magazine pour sa plateforme de recherche et d'analyse de la propriété intellectuelle25. L'entreprise a aussi remporté six fois les Technology Innovation Awards de la revue The CPA Technology Advisor, dont une fois en 2010 pour son outil de gestion du personnel26.

Le groupe CGI offre des services de gestion des TI et de procédés opérationnels dans des domaines comme l'intégration de systèmes et les conseils connexes, la gestion d'applications ainsi que la gestion de la technologie. Le groupe CGI, qui a consacré76 millions de dollars à la R-D en 2009, est l'une des entreprises de TIC qui exécute le plus de R-D au Canada27. L'entreprise a collaboré avec Bell Canada pour créer un centre d'excellence en innovation et en technologie28, et elle est renommée pour sa grande innovation en approvisionnement électronique29 et en gestion électronique des informations sur la santé30.

6.1.4 Innovation par la recherche-développement

6.1.4.1 Rendement des entreprises en recherche-développement

L'intensité des dépenses en recherche et développement des entreprises (DIRDE) est le ratio entre la R-D des entreprises et une mesure de la production. La figure 13 présente une comparaison du ratio entre les DIRDE et le PIB pour certains pays en 1998, en 2003 et en 2008. Dans la plupart des pays, on observe une augmentation de l'intensité des DIRDE au cours de ces années, tandis que l'intensité au Canada a diminué. Il ne s'agit pas seulement du résultat d'une croissance plus rapide du PIB, mais également de la diminution du rendement global des entreprises en R-D (figure 14).

Figure 13 : Intensité des dépenses en recherche-développement des entreprises, par pays, pour 1998, 2003 et 2008

Figure 14 : Dépenses en recherche-développement des entreprises au Canada, de 1991 à 2010

De 2006 à 2009, les fonds consacrés à la R-D par les gouvernements fédéral et provinciaux, l'enseignement supérieur, les organisations privées sans but lucratif et les sources étrangère sont augmenté. Le secteur privé a également attribué plus de ressources à la R-D dans le secteur de l'enseignement supérieur, quoique cela n'ait pas compensé la diminution de la R-D effectuée par les entreprises.

La valeur ajoutée des entreprises, qui est principalement constituée des profits et des salaires, est essentiellement la contribution des entreprises au PIB. La mesure des DIRDE par rapport à la valeur ajoutée d'une entreprise permet de déterminer quelle part de ses ressources l'entreprise consacre à la R-D. En comparaison aux autres pays, les DIRDE par rapport à la valeur ajoutée des entreprises au Canada étaient assez basses en 2008 (figure 15). On estime que les 25 premières entreprises canadiennes comptaient pour 33 % de toute la R-D exécutée intra-muros dans les entreprises en 2009. Ce pourcentage a été assez stable au cours des dernières années, mais il est beaucoup plus bas qu'à la fin des années 1980, où il s'élevait à presque50 %. Le pourcentage des 100 premières entreprises a aussi baissé, soit de près de 70 % du total à la fin des années 1980 à une estimation de 53 % en 2009. Bien que la R-D des entreprises soit toujours très concentrée dans quelques dizaines d'entreprises, elle est de plus en plus répartie31.

Figure 15 : Pourcentage de la valeur ajoutée de l'industrie attribué aux dépenses en recherche-développement des entreprises, en 2008

Les estimations économétriques du lien entre la R-D et la productivité varient beaucoup. Les études à l'échelle des entreprises suggèrent généralement un lien plutôt étroit entre la R-D et la productivité, tandis que les données plus agrégées à l'échelle de l'industrie montrent parfois un lien plus faible. Généralement parlant, toutefois, les publications économiques révèlent un lien positif entre la R-D et la productivité, ce qui fait de la R-D exécutée par l'industrie canadienne un indicateur de l'innovation dans les entreprises digne de mention32.

6.1.4.2 Structure industrielle du Canada et R-D effectuée par les entreprises

Certains affirment que le peu de DIRDE du Canada est un reflet de la structure industrielle du Canada. La structure industrielle du Canada explique-t-elle le peu de DIRDE par rapport aux pays les plus innovateurs?

Dans l'ensemble, le peu de R-D des entreprises s'explique en partie par l'importance relative au Canada des industries qui ont tendance à moins investir dans la R-D. Par exemple, le secteur de l'extraction de matériaux énergétiques est relativement important au Canada. Dans ce secteur, l'investissement dans l'innovation de produit et de procédé a toujours nécessité plus de dépenses en capital que dans la R-D, et il n'a pas toujours été pris en compte séparément comme de la R-D. Le secteur canadien de la fabrication des TIC est relativement petit par rapport aux pays exécutant beaucoup de R-D, comme la Suède, la Finlande et l'Allemagne. La figure 16, qui est fondée sur la base de données STAN pour l'analyse structurelle de l'OCDE, illustre la composition par secteur industriel de l'économie canadienne ainsi que de l'économie des États-Unis, de la Suède, de l'Allemagne, de la Finlande et de l'Australie.

Figure 16 : Comparaison et composition des économies du Canada, des États-Unis, de la Suède, de l'Allemagne, de la Finlande et de l'Australie (en pourcentage du produit intérieur brut) en 2005

6.1.4.3 Changements en R-D exécutée par les industries au Canada

Comme le montre la figure 17, en 2007, la R-D au Canada a été exécutée principalement par les industries suivantes : fabrication de TIC (18 %), services de R-D (8 %), services informatiques (8 %), fabrication de produits pharmaceutiques (7 %), fabrication de produits et de pièces en aérospatiale (6 %), logiciels (5 %), services de télécommunications (4 %), véhicules automobiles et pièces connexes(3 %), extraction de pétrole et de gaz (3 %) ainsi que finance et assurances (2 %). Les 36 % restants correspondaient aux autres industries.

Figure 17 : Contribution des dépenses des entreprises en recherche-développement par industrie, en 2000 et en 2007

Il y a eu des changements considérables en ce qui a trait aux industries qui exécutent de la R-D au Canada. La diminution de la R-D dans le secteur de la fabrication des TIC a été en partie compensée par l'augmentation de la R-D dans les services informatiques, les logiciels et les services de télécommunications. Parallèlement, l'industrie des services de R-D (constituée des entreprises dont l'activité principale au Canada est la recherche) continue de prendre de l'importance dans le système canadien de la R-D. Les dépenses en R-D ont aussi augmenté considérablement dans le secteur des services bancaires et de la finance ainsi que dans l'industrie pétrolière et gazière.

6.1.4.4 Comparaison internationale de l'intensité de la R-D par secteur de l'industrie

La comparaison des dépenses en R-D par industrie à l'échelle internationale présente des difficultés. Les données internationales pouvant être comparées ne sont pas toujours récentes, et les méthodes de collecte des statistiques sont différentes. Le Canada décide des valeurs de la R-D en fonction de l'activité commerciale principale de l'entreprise recensée. D'autres pays attribuent les valeurs de la R-D selon le type de recherche exécutée (secteur de production). Les pays qui appliquent la méthode du secteur de production sont la Finlande, la Suède, la France et le Royaume-Uni. Cette différence de méthode fait que certaines activités de R-D sont associées à des industries différentes d'un pays à l'autre. Par exemple, une entreprise qui conçoit des antennes de radiodiffusion, mais impartit la fabrication à une entreprise dans un autre pays serait désignée comme une entreprise de matériel de télécommunications selon la méthode de collecte de données fondée sur le secteur de production,mais comme une entreprise de services de R-D selon la méthode de l'activité commerciale principale. Cette différence de méthodes doit être prise en compte dans la comparaison internationale des activités de R-D dans le secteur privé.

Un producteur examinant une récolte de pois

Un producteur examinant une récolte de pois

L'industrie porteuse d'innovation : Saskatchewan Pulse Growers

Les pois, les lentilles et les fèves, soit les légumineuses, sont les aliments de base de marchés émergents à croissance rapide, et sont également utilisés pour fabriquer des produits non alimentaires, comme le carburant, les lubrifiants et les produits pharmaceutiques. Ces plantes trouvent des conditions idéales dans le sol sec et fertile des Prairies canadiennes. Le Canada est maintenant un des principaux producteurs et exportateurs mondiaux de pois et de lentilles.

Vu l'augmentation rapide de la surface en légumineuses au Canada ainsi que les rotations plus intenses, les plantes doivent être adaptées à diverses conditions. L'expansion augmente le risque de maladies des feuilles et des sols, ce qui menace la viabilité des cultures agricoles. Cependant, les cultivateurs doivent maintenir un rendement élevé, des produits variés et une qualité supérieure. Dans cette industrie, l'innovation peut provenir de la recherche en matière d'amélioration génétique, de résistance aux maladies et d'avantages alimentaires et thérapeutiques, ainsi que de la gestion et des pratiques agronomiques pour le contrôle de la qualité et la durabilité.

Saskatchewan Pulse Growers, qui représente plus de 18 000 cultivateurs de légumineuses en Saskatchewan, a augmenté en 2009-2010 ses dépenses en R-D, qui ont atteint un taux de 60 % du total des investissements. Ces investissements dans l'innovation ont assuré la compétitivité des producteurs de la Saskatchewan et la rentabilité de l'industrie des légumineuses.

Les plus grands succès sont les programmes Pulse Breeding Program et Variety Release Program, qui sont le fruit d'une collaboration entre Saskatchewan Pulse Growers et le Crop Development Centre de l'Université de la Saskatchewan. Dans le cadre de ces programmes, Saskatchewan Pulse Growers donne accès à de nouvelles variétés de légumineuses élaborées par le Crop Development Centre en offrant des semences de sélectionneurs sans redevances à des producteurs de semences privilégiés en Saskatchewan et en Alberta. En échange d'un engagement financier pour effectuer des recherches en Saskatchewan, Saskatchewan Pulse Growers a obtenu les droits de distribution de toutes les variétés de légumineuses élaborées par le Crop Development Centre. Par conséquent, les producteurs de légumineuses en Saskatchewan et en Alberta bénéficient d'un approvisionnement rapide et régulier de variétés nouvelles et améliorées de légumineuses.

La figure 18 compare l'intensité de la R-D des entreprises canadiennes à l'intensité moyenne de la R-D des entreprises de certains pays de l'OCDE ainsi qu'à la moyenne des cinq pays ayant la plus grande intensité des DIRDE par industrie. L'investissement canadien dans la R-D des entreprises, en pourcentage de la valeur ajoutée, est généralement inférieur à celui des autres pays dans plusieurs industries. Il s'agit notamment des industries qui emploient beaucoup de gens, comme la construction et la fabrication de produits alimentaires. L'intensité de la R-D canadienne est également plus faible dans des industries qui ont généralement tendance à présenter un taux élevé de R-D, comme celles de la fabrication de véhicules automobiles et de la fabrication de produits chimiques.

Figure 18 : Intensité de la recherche-développement des entreprises par industrie, en 2005 (ratio entre les dépenses en recherche-développement des entreprises et la valeur ajoutée)

La part de la valeur ajoutée consacrée à la R-D des entreprises est plus grande au Canada que dans les pays comparables pour les industries de la fabrication des TIC, du commerce de gros et de détail33, du transport, de l'entreposage et des communications, y compris les télécommunications. Dans le cas des industries de l'exploitation forestière, du papier et du bois (qui investissent peu dans la R-D de façon générale), l'investissement canadien correspond à plus du double de l'investissement moyen dans ces industries. Il faut toutefois noter qu'en termes absolus, cela représente peut-être des différences minimes.

6.1.4.5 R-D par secteur et taille des entreprises

Dans la présente analyse, les revenus (ou les ventes nettes) sont la mesure de la production qui est utilisée pour comparer les activités de R-D d'entreprises de tailles différentes. Il s'agit d'un indicateur de l'intensité de la R-D des entreprises par rapport à d'autres activités. La plus grande partie de la R-D au Canada est effectuée par les grandes entreprises. Cependant, dans certains secteurs industriels canadiens, les petites et moyennes entreprises (ayant moins de 50 millions de dollars de revenus) ont fait d'importantes contributions aux dépenses totales en R-D.

La figure 19 illustre la contribution à la R-D totale, dans un secteur donné, des petites entreprises (ayant moins de1 million de dollars de revenus), des moyennes entreprises (ayant de 1 à 50 millions de dollars de revenus) et des grandes entreprises (ayant plus de 50 millions de dollars de revenus). Par exemple, environ 75 % de la R-D des entreprises dans le secteur de la fabrication a été exécutée par de grandes entreprises, les petites entreprises ayant contribué pour moins de 5 % et le reste étant associé aux moyennes entreprises.

Figure 19 : Répartition de la recherche-développement des entreprises en fonction de leurs revenus, pour diverses années

Une part importante des dépenses totales en R-D était associée aux grandes entreprises (ayant des revenus de50 millions de dollars ou plus) dans les secteurs de la fabrication, des services publics ainsi que de la finance et des assurances. Dans les secteurs du commerce de détail, de la construction, de l'immobilier ainsi que des services professionnels, scientifiques et techniques, les petites et moyennes entreprises (ayant moins de50 millions de dollars de revenus) comptaient pour la majorité des DIRDE.

6.1.5 Innovation par l'investissement dans les machines et le matériel

L'investissement dans les technologies de pointe est l'une des façons de transférer les connaissances entre entreprises, c'est-à-dire un moyen de diffusion des technologies et des pratiques. Ce procédé,parfois appelé « innovation incorporée », contribue aux gains de productivité, en particulier dans le cas de l'adoption de TIC. L'intégration de nouvelles technologies dans les chaînes d'approvisionnement et la production donne aussi lieu à de l'innovation de procédé.

La relation entre les TIC et la productivité a fait l'objet de nombreuses études. Les conclusions suggèrent que l'effet de l'adoption de TIC sur la productivité varie d'un pays à l'autre et d'une industrie à l'autre34. Même si l'investissement dans les TIC mène souvent à des gains de productivité et de compétitivité, l'adoption de TIC nécessite souvent des changements organisationnels et une main-d'œuvre ayant les compétences requises pour tirer profit des nouvellestechnologies35. En plus de catalyser l'innovation, l'adoption de TIC est peut-être ce qui augmente le plus la productivité des entreprises qui sont déjà innovatrices36.

L'industrie canadienne semble investir moins dans le matériel des TIC par travailleur que les autres pays. La figure 20 montre que dans certains domaines, le Canada investit plus dans les TIC que les autres pays. Par exemple, au Canada, l'industrie de la fabrication de produits du bois semble être plus intensive sur le plan des TIC que dans beaucoup d'autres pays, ce qui reflète l'augmentation assez prononcée de l'investissement dans les TIC observée de 2000 à 2004 (année des données de la figure). Les industries canadiennes de la poste et des télécommunications, qui incluent les industries de services de télécommunications et qui effectuent généralement d'assez grands investissements dans les TIC, sont aussi plus intensives sur le plan du capital investi dans les TIC que la moyenne, tout comme les services publics et certaines industries du commerce.

Figure 20 : Intensité de capital pour les technologies de l'information et des communications(investissement par travailleur) en 2004

L'EISE indique que 83 % des entreprises qui ont adopté des technologies de pointe ont acheté celles qui étaient disponibles sur le marché,10 % ont loué des technologies de pointe disponibles sur le marché, et 13 % ont utilisé des technologies de pointe sous licence. Beaucoup de ces entreprises ont aussi personnalisé, sensiblement amélioré ou conçu leurs propres technologies de pointe (ou en collaboration avec d'autres).

La figure 21 présente les taux d'adoption, dans l'industrie, des « technologies de pointe », soit les TI, le matériel de communication ainsi que les instruments de surveillance et de contrôle. Les deux premiers éléments, c'est-à-dire les TI (ordinateurs et logiciels) et le matériel de communication, constituent le capital des TIC37.

Figure 21 : Pourcentage du stock de capital des technologies de pointe dans le stock de capital de machines et de matériel (moyenne pour la période de 2004 à 2008)

Il existe des différences inhérentes quant aux taux d'adoption des technologies de pointe d'une industrie à l'autre. En effet, certaines industries doivent investir plus que d'autres dans les technologies pour être concurrentielles. Les données canadiennes révèlent des différences prononcées entre les industries pour ce qui est de la part du capital de MM qui correspond aux technologies de pointe. Les types de technologies de pointe adoptées varient aussi considérablement d'une industrie à l'autre (figure 22). Par exemple, l'Enquête sur les technologies de pointe récemment effectuée par Statistique Canada indique que plus de53 % des fabricants de composants électroniques et à semi-conducteurs ont dit avoir adopté une forme quelconque de technologie d'inspection et de vérification, par rapport à seulement23 % pour l'ensemble des fabricants.

Figure 22 : Stock de capital de technologies de pointe par type d'actif (moyenne pour la période de 2004 à 2008)

Même si les TI sont généralement les technologies de pointe les plus adoptées dans l'industrie, d'autres technologies de pointe sont importantes dans certains secteurs. Par exemple, les TI comptent pour plus de 90 % du capital de technologie de pointe dans certaines industries financières, mais pour moins de 40 % dans l'industrie des services de R-D. Des recherches sur l'incidence de l'adoption de matériel de TI, de logiciels et de matériel de communication sur la productivité ont révélé que les trois éléments peuvent jouer un rôle important dans l'augmentation de la productivité38. Les mesures stratégiques récemment mises en place au Canada pour encourager l'adoption de technologies de pointe et stimuler la croissance de la productivité mettent généralement l'accent sur les TI (c'est-à-dire les ordinateurs et les logiciels) et non sur les autres éléments du capital de technologie de pointe mentionnés ici, comme le matériel de communications et les instruments.

L'avant-garde en technologie — L'avant-garde dans la lutte contre le crime financier

Verafin inc.

Verafin inc., une entreprise de St. John's (Terre-Neuve), a été fondée en 2003 par une équipe d'ingénieurs électriciens ayant de l'expérience dans les domaines de l'intelligence artificielle et de la reconnaissance des formes. Sa solution logicielle aide les banques et les coopératives de crédit à détecter les fraudes, le blanchiment d'argent et les autres activités suspectes sur leurs réseaux informatiques. Verafin, qui compte 90 employés et 650 clients, représente aujourd'hui l'un des chefs de file en Amérique du Nord pour l'offre de logiciels de conformité, de lutte contre le blanchiment d'argent et de détection de fraudes. L'entreprise a réussi à appliquer au secteur financier son expertise et sa technologie en TIC, développées à l'origine pour les activités de génie dans des environnements hostiles.  

6.1.6 Innovation et montée des industries de services

En 2008, les industries de services comptaient pour 61,5 % du PIB réel issu du secteur privé et pour 72,6 % des emplois dans le secteur privé de l'économie canadienne. La montée des industries de services est une tendance à long terme que l'on peut observer dans toutes les économies industrielles avancées. Ces services couvrent une variété grande et complexe de transactions de produits, qui sont généralement de nature incorporelle.

6.1.6.1 Innovation par l'utilisation des services de technologies de l'information

Des taux d'investissement plus élevés dans le matériel des TIC améliorent la productivité des entreprises39. Certaines industries canadiennes qui, selon les normes internationales, sous-investissent dans le matériel des TIC semblent utiliser de façon plus intensive les services de TI; citons par exemple le secteur de l'extraction des mines et des carrières ainsi que le secteur de la finance et des assurances du Canada, comme le montrent les figures 23a et 23b. Dans d'autres secteurs de l'industrie, comme la fabrication et la construction, l'intensité de l'utilisation des services de TI est faible par rapport aux normes internationales.

Figure 23a : Intensité desservies de technologies de l'information dans l'industrie dl'extraction des mines et des carrières (milieu des années 2000)

Figure 23b : Intensité des services de technologies de l'information dans l'industrie de la finance et des assurances (milieu des années 2000)

Bien que le lien entre l'investissement dans le matériel des TIC et la productivité ait été étudié en profondeur, moins d'attention a été portée, dans les publications sur la productivité, à l'achat de services de TI ou à la sous-traitance des TI. Certaines recherches (basées sur une méthode semblable à celle utilisée ici)40 ont établi un lien entre la sous-traitance des TI et la productivité de l'industrie. La recherche a également montré une complémentarité entre la sous-traitance des TI et les investissements en capital dans les TIC41. Le développement de modèles technologiques et d'affaires, comme l'hébergement à distance de données et de sites Web, les logiciels de service et l'informatique en nuage, risque d'obscurcir davantage la distinction entre l'achat d'un service de TI et l'investissement de capitaux. De la recherche sur la productivité et l'interaction entre la sous-traitance de services de TI et les investissements en capitaux dans les TIC, notamment pour savoir s'ils sont complémentaires ou substituables, permettrait d'approfondir nos connaissances de ce domaine.

6.1.6.2 Flux commerciaux à forte intensité technologique (biens et services)

Avec la montée des industries de services, on pourrait s'attendre à une hausse des échanges de services commerciaux entre les pays. Les transactions internationales de services commerciaux sont compilées en tant qu'exportations (ou recettes, c'est-à-dire des revenus découlant de services vendus à l'étranger) ou en tant qu'importations (ou paiements, c'est-à-dire des dépenses découlant de services achetés à l'étranger),et comprennent les types de services suivants :

  • services de communication;
  • services de construction;
  • services d'assurance;
  • autres services financiers;
  • services informatiques et d'information;
  • redevances et droits de licence;
  • services de gestion;
  • services de R-D;
  • services d'architecture, de génie et autres services techniques;
  • autres services divers offerts aux entreprises;
  • services audiovisuels.

Les autres grandes catégories de transactions de services, en plus des services commerciaux, sont les services de voyage, de transport et gouvernementaux.

Afin de bien mesurer les aspects à plus forte intensité technologique de l'échange de services commerciaux, la figure 24 présente les transactions liées aux services informatiques et d'information, les redevances et droits de licence, les services de R-D, et les services d'architecture, de génie et autres services techniques, de 1990 au troisième trimestre de 2010. Bien qu'un bon nombre d'autres aspects de l'échange de services puisse inclure des activités de R-D, ces quatre catégories42 ont été choisies car elles reflètent les paiements ou les recettes explicites des transferts technologiques ainsi que le commerce transfrontalier des activités à forte intensité de R-D.

Figure 24 : Échange de services à forte intensité technologique (recettes et paiements) en pourcentage des services commerciaux totaux (de 1990 aux trois premiers trimestres de 2010)

Sous-priorité de recherche-développement : génie biomédical et technologies médicales

Carl-Éric Aubin et ses équipes d'ingénieurs et de chercheurs sont en train de créer la prochaine génération des technologies pour le traitement avancé de jeunes patients souffrant de scoliose.

Carl-Éric Aubin et ses équipes d'ingénieurs et de chercheurs sont en train de créer la prochaine génération des technologies pour le traitement avancé de jeunes patients souffrant de scoliose.

Le génie au service de la colonne vertébrale

Les ingénieurs de l'École polytechnique et les chercheurs du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine travaillent ensemble à élaborer les technologies de la prochaine génération pour le traitement des pathologies de la colonne vertébrale. Différents simulateurs rendent possible la conception et l'optimisation d'appareils orthopédiques pour la colonne vertébrale et d'instruments chirurgicaux personnalisés et optimisés. Une « salle d'opération de l'avenir » intégrée combinant des applications d'imagerie, des technologies de navigation et un simulateur chirurgical seront à la disposition des chirurgiens pendant l'opération. Une équipe transdisciplinaire composée d'ingénieurs, d'orthopédistes et de biologistes conçoit actuellement des implants sans fusion intelligents et peu invasifs pour le traitement avancé des jeunes patients souffrant de scoliose.

La figure 24 souligne qu'avec le temps,les transactions de services à forte intensité technologique (recettes et paiements) représentent une portion croissante du total des transactions de services commerciaux. Cette croissance de la portion à forte intensité technologique est considérable compte tenu du fait que de 1990 à 2009, le total des recettes des transactions de services commerciaux est passé de 9 à presque 40 milliards de dollars et que le total des paiements est passé de 13 à 41 milliards de dollars. Autrement dit, les services commerciaux à forte intensité technologique(importations et exportations) constituent une part croissante d'un marché en pleine expansion. Malgré la dernière récession, qui a réduit la valeur totale d'échanges de services commerciaux (de 4,8 % pour les recettes et de 2,7 % pour les paiements), la portion de transactions de services à forte intensité technologique a su, en grande partie, maintenir sa contribution.

Au troisième trimestre de 2010, l'élément le plus important des exportations de services commerciaux à forte intensité technologique était celui des services informatiques et d'information (12,7 %),suivi de près par les services d'architecture, de génie et autres services techniques (12,5 %); les exportations de services de R-D comptaient pour 9,4 % du total alors que celles des redevances et droits de licence comptaient pour 8,4 %; et dans le cas des importations de services commerciaux à forte intensité technologique, ce sont les redevances et droits de licence (21,9 %) qui ont dominé,suivis par les services d'architecture, de génie et autres services techniques (9,5 %).

La figure 24 ne fait pas de distinction entre les transactions à l'intérieur des multinationales (c'est-à-dire les transactions entre les sociétés mères et leurs sociétés affiliées)et les transactions entre parties indépendantes. Les données indiquent que les transactions à l'intérieur des multinationales représentent la majorité des paiements de services.

Les quatre catégories de transactions de services à forte intensité technologique (services informatiques et d'information, redevances et droits de licence, services de R-D et services d'architecture, de génie et autres services techniques)pour les exportations et les importations ont été ajoutées à L'état des lieux en 2010 en tant que nouveaux moyens de mesurer l'échange de services à forte intensité technologique à l'échelle mondiale. Elles reflètent la capacité et le désir des entreprises canadiennes d'exporter leurs services locaux à forte intensité technologique, mais également leur désir de profiter des services étrangers à forte intensité technologique. Compte tenu du rôle accru des services dans les économies avancées, de la complémentarité croissante des marchandises et desservies ainsi que de l'internationalisation accrue de la stratégie d'entreprise canadienne, il s'agit de mesures de l'innovation qui vaudront la peine d'être surveillées à l'avenir.

Comme l'échange de services à forte intensité technologique, les importations et les exportations de produits de haute technologie devront aussi être suivies de près à l'avenir. Les produits de haute technologie sont des produits, ou des groupes de produits, dont la portion des dépenses en R-D par rapport aux ventes est élevée. Il est avantageux d'utiliser à la fois la définition de « produit de haute technologie » et celle d'« industrie de haute technologie ». Cela permet en effet aux pays de déterminer la véritable part de leur économie occupée par ces produits et de cerner s'ils proviennent de l'industrie de haute, de moyenne ou de faible technologie. Cela sert aussi à faire des comparaisons avec les résultats d'autres pays et à obtenir ainsi une analyse détaillée du commerce et de la compétitivité.

6.1.7 Financer l'innovation au moyen du capital-risque

Les entreprises de C-R jouent un rôle important dans le financement de l'innovation. Les entreprises de nouvelles technologies dépendent du C-R pour financer leur R-D et leur croissance, puisqu'elles sont souvent considérées comme trop risquées pour le financement institutionnel classique43. Une étude publiée en 2009, basée sur des données de 2004, montre qu'au Canada le financement par actions comptait pour 44,3 % du total du financement reçu par les PME innovatrices44, comparativement à 8,7 % pour les PME non innovatrices45. De tout le financement par actions reçu par les PME innovatrices, 90 % provenaient d'investisseurs providentiels et d'entreprises de C-R, comparativement à 42,3 % pour les PME non innovatrices46.

Les répercussions du ralentissement économique

Le ralentissement économique a été le principal sujet dans l'industrie du C-R depuis la publication du rapport L'état des lieux en 2008. Les données de 2008 et 2009 montrent une baisse spectaculaire du financement total ainsi qu'une diminution du nombre d'entreprises financées et du montant des investissements par entreprise. Le total des investissements de C-R en 2009 était le plus bas depuis 1996, soit 1,035 milliard de dollars (près de la moitié de la valeur de 2007)47. En 2008, le Canada venait au septième rang des pays membres de l'OCDE en ce qui a trait à la valeur absolue des investissements de C-R (classement le plus récent disponible)48. Les plus importants investissements de C-R ont eu lieu aux États-Unis (près de la moitié du total de l'OCDE)49. Cela dit, on a observé aux États-Unis un déclin des investissements de C-R semblable à celui du Canada (figure 25). Dans les pays européens, le volume des investissements a également diminué de façon spectaculaire, de 20 % à 83 % en 2009,comparativement à la moyenne quinquennale50. En 2009, le Canada se classait au deuxième rang mondial (derrière les États-Unis) pour le nombre total de transactions, mais seulement au 21e rang en ce qui a trait à l'importance moyenne des transactions51.

Figure 25 : Tendance des investissements en capital-risque (États-Unis et Canada) de 1996 à 2009

Bien que l'investissement en C-R ait diminué partout dans le monde, l'industrie canadienne du C-R a été particulièrement affectée par la récession. En 2008, le Canada se classait au 17e rang des membres de l'OCDE en ce qui a trait au C-R en pourcentage du PIB52. Il s'agit d'une chute par rapport à 2003 et à 2005, alors que le Canada faisait partie des dix pays avec les meilleurs taux53. La part de C-R en pourcentage du PIB du Canada a également chuté entre 2007 et 2008, passant de 0,12 % à 0,08 %54. À l'inverse, l'investissement mondial en C-R en 2008 était le plus élevé depuis 2000, et l'important déclin mondial n'a pas eu lieu avant 200955.

Le sondage 2010 Global Venture Capital Survey de Deloitte révèle que la moitié des sociétés de C-R s'attendent à ce que la somme destinée à des investissements pour les cinq prochaines années augmente quelque peu (de 1 % à 30 %),alors que l'autre moitié s'attend à ce qu'elle baisse ou demeureidentique56. Ces résultats sont plus favorables que ceux de sondages menés en France, en Israël, au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Prix de sortie et taux de rendement

Les prix de sortie et les taux de rendement sont des mesures importantes de la richesse générée par le C-R et jouent un rôle important pour attirer des investissements en C-R. On entend par prix de sortie le prix reçu pour la liquidation d'un intérêt dans une entreprise par des fusions et des acquisitions ou par un premier appel public à l'épargne, entre autres. Compte tenu des différences de définition pour le terme « capital-risque »entre les pays et du manque de données compilées, il est difficile de comparer la performance du Canada avec celle des autres pays en ce qui concerne les prix de sortie. Le nombre de sorties par des fusions et des acquisitions profitant de C-R et par le premier appel public à l'épargne a chuté partout au Canada, aux États-Unis et en Europe pendant la récession. Au Canada, les 21 sorties par fusions et acquisitions de 2008 étaient le plus petit nombre de sorties enregistrées depuis 200357. Le nombre de sorties par le premier appel public à l'épargne a chuté de façon encore plus spectaculaire. En effet, on n'en comptait qu'une seule en 2008 et en 2009, comparativement à 12 en 200758. Sur le plan de la valeur, la taille moyenne des transactions de fusions et d'acquisitions effectuées au Canada et aux États-Unis était relativement élevée en 2009, comparativement aux années précédentes, atteignant 120 millions de dollars au Canada et142,9 millions de dollars américains aux États-Unis59. Inversement, en 2009, la moyenne des offres de premier appel public à l'épargne du Canada était relativement basse60 (29 millions de dollars) et est dérisoire par rapport à celle des États-Unis (136,8 millions de dollars américains)61.

Les taux de rendement de fonds de C-R du Canada et des pays européens ont toujours été plus bas que ceux des États-Unis62,63. Cela peut s'expliquer par un financement plus important de la croissance aux États-Unis, ce qui peut mener à des sorties plus profitables. L'étape d'expansion récolte habituellement une plus grande part de l'investissement total en C-R aux États-Unis qu'au Canada. Des données récentes montrent cependant que la part du financement de l'expansion est en baisse aux États-Unis et affiche des niveaux similaires à ceux du Canada. En 2003, le financement de l'étape d'expansion représentait 47 % du financement total au Canada64 et 71 % du financement total aux États-Unis65. Par comparaison, en 2009, le financement à l'étape d'expansion représentait environ la moitié du financement total dans les deux pays66, 67.

Le fait que les taux de rendement soient plus faibles au Canada peut aussi être attribué à l'importance historique des fonds de détail(principalement des fonds de travailleurs), qui représentaient près du quart des investissements de C-R en 200968. Comparativement aux fonds privés indépendants, dont le capital provient généralement d'investisseurs institutionnels, les fonds de travailleurs reçoivent leur capital d'investisseurs particuliers, à qui l'on accorde des crédits d'impôt en retour de leur contribution69. Le rendement des fonds de travailleurs a été décevant. Certains estiment que ce faible rendement est dû au manque de surveillance parles gestionnaires de fonds de détail, qui doivent s'occuper d'environ trois fois plus de sociétés que les gestionnaires de fonds privés70.

La collaboration à l'œuvre

Nexterra Systems Corporation

Nexterra Systems Corporation est une petite entreprise dont le siège social est à Vancouver, en Colombie-Britannique. Elle élabore et fabrique des systèmes de gazéification de la biomasse à partir de carburants renouvelables comme des déchets ligneux. Nexterra compte parmi ses clients l'Oak Ridge National Laboratory du département de l'Énergie des États-Unis, Johnson Controls Inc. et les Produits Kruger. En 2010, Deloitte a classé Nexterra Systems Corporation parmi les 50 entreprises de technologie du Canada ayant la croissance la plus rapide. Plusieurs partenaires gouvernementaux, universitaires et industriels ont aidé Nexterra à prendre de l'expansion. La technologie de Nexterra a d'abord été commercialisée grâce au soutien financier du Programme d'aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada, de Ressources naturelles Canada et de Technologies du développement durable Canada. La société a également reçu des fonds de l'Innovative Clean Energy Fund et de BC Bioenergy Network à l'appui des nouvelles applications de sa technologie. Elle collabore avec GE Jenbacher, FPInnovations et l'Université de la Colombie-Britannique pour faire connaître une nouvelle application de cogénération (chaleur et électricité). Le projet Bioenergy Research and Demonstration de l'Université est le premier système en son genre de cogénération alimenté par la biomasse, qui fournira au campus une énergie thermique et électrique propre et renouvelable, tout en offrant une plateforme pour la recherche en bioénergie. En mars 2011, Nexterra a obtenu son cinquième cycle de financement, soit 15 millions de dollars en financement par actions de Tandem Expansion Fund et d'ARC Financial. Tandem Expansion Fund résulte lui-même d'une collaboration entre Exportation et développement Canada, la Banque de développement du Canada et Teralys Capital, un fonds de fonds privé axé sur la technologie. Tandem Expansion Fund fournit un capital de développement aux entrepreneurs dans le secteur de la technologie et a annoncé la clôture d'un premier fonds de 300 millions de dollars en décembre 2009.

Importance de l'élément étranger dans l'industrie canadienne du C-R

L'importance des fonds étrangers est aussi un élément principal de l'industrie canadienne du C-R. Le Canada, la Chine, la Suède, le Royaume-Uni, la France et l'Inde sont de grands importateurs nets de C-R71. Les investissements étrangers représentaient au moins 20 % du total des investissements de C-R au Canada depuis 199972. Même si en 2009 les investissements de C-R étrangers représentaient près de 30 % du total des investissements de C-R, seulement 16 % des transactions réalisées au Canada l'ont été avec une participation étrangère73. Toujours en 2009, la valeur moyenne des transactions avec participation étrangère était de 5,3 millions de dollars, comparativement à2,3 millions de dollars pour les transactions entièrementintérieures74. En moyenne, les investisseurs étrangers ont investi trois fois plus que les investisseurs nationaux75.

Une autre caractéristique constante de l'industrie canadienne du C-R est la domination du secteur des TI, qui a reçu en moyenne presque 50 % des investissements en C-R totaux des dix dernières années76. En 2009, 48 % de tout le C-R du Canada était investi dans les TI (comparativement à 45 % aux États-Unis77), 21 % était investi dans les sciences de la vie et 10 % était investi dans l'énergie et les technologies environnementales78. L'industrie canadienne des sciences de la vie a été particulièrement touchée par la récession. En effet, sa part d'investissements totaux abaissé de 30 % depuis 200779. Les gains les plus importants ont été enregistrés dans les secteurs traditionnels, principalement les services aux consommateurs et aux entreprises, dont la part est passée de 9 % en 2007 à 19 % en200980.

Saisir les occasions

Bien qu'en 2010 on ait pu observer la première augmentation annuelle du niveau d'investissement depuis 2007, les investissements demeurent faibles et les activités de financement sont au plus bas depuis16 ans81. Par conséquent, il est plus impératif que jamais de profiter des possibilités. Même si le Canada a comme voisin les États-Unis, qui ont la plus grande industrie de C-R du monde, il se classe au 8e rang des pays où les États-Unis ont injecté des fonds82. Un sondage réalisé en 2007 par Deloitte & Touche montre que40 % des investisseurs américains croient que, de tous les pays avec lesquels ils font affaire, le Canada est celui dans lequel les investisseurs reçoivent le pire traitement83. Le sondage faisait aussi état du très faible rendement des investissements de C-R canadiens. Surmonter les obstacles réglementaires, comme l'élimination des exigences en matière de production de rapports conformément à l'article 116 de la Loi de l'impôt sur le revenu (telle qu'annoncée dans le budget fédéral de 2010), et améliorer le rendement des investissements canadiens (par la promotion des investissements à l'étape d'expansion84) pourrait permettre d'améliorer la position du Canada dans ce domaine.

6.1.7.1 Financement par emprunt des petites et moyennes entreprises

Bien que le C-R joue un rôle important dans le financement de l'innovation, plus de 180 000 PME canadiennes ont reçu du financement par emprunt en 2007 (une moyenne d'environ 0,26 million de dollars par entreprise), alors que seulement 404 entreprises ont reçu du financement par C-R la même année (une moyenne de 5,1 millions de dollars par entreprise)85. Environ 13 % des PME ont fait une demande de financement auprès d'une institution en 2007, et près de 51 milliards de dollars ont été accordés86. Les banques à charte sont la principale source de financement par emprunt et elles ont reçu 68 % des demandes de financement de PME en 200787. Outre les méthodes traditionnelles de financement, les PME ont recours à des sources de financement informelles, comme l'épargne personnelle (73 % des entreprises en démarrage et 54 % de toutes les PME) et les emprunts auprès d'amis et de membres de la famille (9 % des PME)88.

La Banque de développement du Canada (BDC) a aussi joué un rôle important dans le financement des PME. Pendant l'exercice s'étant terminé le 31 mars 2010, la BDC a consenti des prêts pour une valeur de 4,4 milliards de dollars,le plus haut montant jamais versé dans une année par la société d'État89.

Près de la moitié des PME ayant présenté une demande de prêt l'ont fait dans le but d'augmenter leur fonds de roulement90. Par contre, les PME ont peu utilisé le financement par emprunt pour financer des investissements en technologie, comme du matériel informatique et des logiciels (11 %) ou des travaux de R-D (5 %)91. Les exceptions évidentes sont les industries fondées sur les connaissances (c'est-à-dire les producteurs de connaissances, comme les entreprises de science et de technologie, et les entreprises de haut savoir, comme les innovateurs et les grands utilisateurs de connaissances), qui consacrent environ 22 % de leur financement par emprunt à la R-D92. La fabrication se situait aussi au-dessus de la moyenne avec 10 %93.


19 – Banque du Canada, La productivité (PDF), Documents d'information, 2010. Retour au texte

20Barry P. Bosworth et Jack E. Triplett, Is the 21st Century Productivity Expansion Still in Services? And What Should Be Done About It?, Brookings Institution, Washington D.C., janvier 2007. Retour au texte

21 – Banque du Canada, The Virtue of Productivity in a Wicked World, observations présentées par Mark Carney à l'Ottawa Economics Association, Ottawa (Ontario), le 24 mars 2010. Retour au texte

22 – Commission européenne, Fonds monétaire international, Organisation de coopération et de développement économiques, Organisation des Nations-Unies, Banque mondiale, Système de comptabilité nationale 2008, New York, 2009. Retour au texte

23Peter Nicholson, « Innovation and Business Strategy: Why Canada Falls Short », International Productivity Monitor, Centre d'étude des niveaux de vie, n° 18, printemps 2009. Retour au texte

24OCDE, Panorama des statistiques de l'OCDE 2009 – Économie, environnement et société, 2009. Retour au texte

25R&D Magazine, « Thomson Reuters: IP at your fingertips », R&D 100 Awards, 2008. Retour au texte

26CPA Technology Advisor, Honoring Innovation: Maximizing Workflow Efficiency is Latest Quest, 2008. Retour au texte

27RESEARCH Infosource, Canada's Top 100 Corporate R&D Spenders 2010 (anglais seulement, PDF). Retour au texte

28 – CGI, CGI et Bell tirent parti de leur étroite collaboration pour créer un centre novateur et accélérer l'élaboration de solutions de fine pointe, Études de cas. Retour au texte

29Virginia Commonwealth University, « Innovation in Government Award », L. Douglas Wilder School of Government and Public Affairs, 2007. Retour au texte

30Canadian Healthcare Technology, « St. Michael's to integrate paper records with EHR », News, 2007. Retour au texte

31 – Statistique Canada, Recherche et développement industriels : perspective 2009, n° 88-202-X au catalogue, 2010. Retour au texte

32Congressional Budget Office, R&D and Productivity Growth: A Background Paper, Congrès américain, juin 2005, p. 1, p. 32. Retour au texte

33 – Les valeurs contenues dans la base de données ANBERD pour les États-Unis révèlent une baisse rapide des DIRDE des États-Unis dans l'industrie du commerce de gros et de détail, du milieu à la fin des années 2000. En effet, une grande partie de la R-D désignée jusque-là comme du « commerce de gros » a été transférée aux secteurs des produits pharmaceutiques et des TIC aux États-Unis (OCDE, Les dépenses en recherche et développement dans l'industrie : ANBERD 1990-2007, 2009). Aucune reclassification de la sorte n'a eu lieu au Canada, mais des données publiées récemment par Statistique Canada suggèrent que cela pourrait avoir le même effet sur l'intensité de la R-D dans l'industrie du commerce de gros au Canada (Statistique Canada, Statistique des sciences, Recherche et développement industriels, 2005 à 2009, n° 88-001 au catalogue, juillet 2009, p. 12). Autrement dit, une grande partie de la R-D du commerce de gros est fort probablement attribuable aux entreprises des industries qui effectuent beaucoup de R-D (comme les produits pharmaceutiques ou les TIC) et dont l'activité principale au Canada est le commerce de gros. Retour au texte

34OCDE, D. Pilat, « Le paradoxe de la productivité », Revue économique de l'OCDE, n° 38, 2004. Retour au texte

35M. Draca, R. Sadun et J. Van Reenend, Productivity and ICT: A Review of the Evidence, Centre for Economic Performance, document de discussion n° 749, London School of Economics and Political Science, août 2006. OCDE, D. Pilat, « Le paradoxe de la productivité », Revue économique de l'OCDE, n° 38, 2004, p. 56. Retour au texte

36OCDE, D. Pilat, « Le paradoxe de la productivité », Revue économique de l'OCDE, n° 38, 2004, p. 60. Retour au texte

37 – Bien que les données sur les instruments ne soient pas comprises dans la comparaison internationale des taux d'adoption des TIC de la figure 20, les instruments sont inclus dans la définition des technologies de pointe utilisée dans la comparaison des industries canadiennes. Les instruments modernes de surveillance et de contrôle renferment souvent des technologies de pointe importantes; en effet, l'industrie de la fabrication d'instruments est incluse dans la définition du secteur de la fabrication de TIC. En fin de compte, la surveillance et le contrôle comprennent la collecte, la transmission et l'utilisation d'information. Les données sur les instruments étaient disponibles au Canada. Si les données sur les instruments, ainsi que d'autres investissements dans les TIC, avaient été disponibles pour d'autres pays, elles auraient été utilisées pour effectuer des comparaisons internationales. Retour au texte

38 – Il faut souligner que ce rapport portait sur l'incidence de l'adoption de TI et de matériel de communication sur la productivité, mais qu'il n'examinait pas en détail l'adoption d'instruments, qui est incluse dans ce rapport sur l'état des lieux en tant qu'élément du « capital de technologie de pointe ». A. Sharpe, The Relationship between ICT Investment and Productivity in the Canadian Economy: A Review of the Evidence, Centre d'étude des niveaux de vie, 2006. Retour au texte

39 – Tiff Macklem, L'impératif de compétitivité du Canada : investir dans les gains de productivité (discours), Ottawa, février 2011. Retour au texte

40 – Afin d'estimer la variation mondiale pour la sous-traitance des TI, le présent rapport prend les données entrées-sorties de l'OCDE (base de données STAN E-S) et calcule le ratio des entrées de services de TI (CITI 72) en proportion du total des entrées de production de diverses industries. En faisant ces calculs, le CSTI s'est rendu compte de certains écarts entre les données STAN et les données E-S de Statistique Canada. Ces écarts sont dus à l'utilisation de tableaux de niveau L hautement regroupés pour établir la concordance entre la CITI et le SCIAN pour les diverses industries. Par conséquent, le CSTI a remplacé les chiffres canadiens qu'on obtiendrait en utilisant les données STAN par des données tirées des tableaux sur les entrées-sorties de niveau W de Statistique Canada. Retour au texte

41 – Kunsoo Han et Robert J. Kauffman, Does IT Outsourcing Pay Off? Evidence from Industry-Level Data, 2005. Retour au texte

42 – Services informatiques et d'information : Selon Statistique Canada, les services informatiques comprennent la conception, l'ingénierie et la gestion de systèmes informatiques (à l'exclusion de la valeur du matériel). Le développement et la production de logiciels originaux (y compris les logiciels de base), tout comme les services de traitement par ordinateur ainsi que de réparation et d'entretien du matériel, sont également compris. Cette catégorie comprend aussi les conseils et la formation liés à l'offre de services informatiques. Les services d'information comprennent la recherche documentaire en ligne, y compris les services de bases de données (de l'élaboration du sujet jusqu'au stockage et à la diffusion), les recherches documentaires assistées par ordinateur ainsi que les services d'agences de presse (comme les services de production de rapports souscrits au média). Retour au texte

Redevances et droits de licence : l'utilisation de droits de propriété intellectuelle dans les sous-catégories suivantes :

  • Brevets et dessins industriels : redevances ou droits de licence pour l'utilisation de brevets, de dessins industriels, de savoir-faire industriel ou de droits de fabrication ainsi que paiements visant les procédés industriels non brevetés.
  • Marques de commerce : redevances ou droits de licence pour l'utilisation de marques de commerce, c'est-à-dire les mots, les symboles, les dessins ou les combinaisons connexes qui distinguent les produits ou les services du détenteur de ceux d'un autre fournisseur.
  • Franchises : privilèges contractuels accordés par une personne ou une société à une autre et autorisant la vente d'un produit ou d'un service dans un secteur spécifique ou d'une manière spécifique.
  • Droits d'auteur et droits connexes : redevances ou droits de licence pour l'utilisation d'œuvres artistiques, littéraires, théâtrales ou musicales originales afin, par exemple, de monter une pièce, de présenter un spectacle, de faire des enregistrements ou de tourner un film.
  • Logiciels : redevances sur logiciels et autres redevances liées à l'informatique, notamment les droits de reproduire, de distribuer ou d'utiliser des logiciels personnalisés ou préemballés.

Services de R-D : coûts ayant trait à l'investigation systématique par l'expérimentation ou l'analyse afin de réaliser un progrès scientifique ou commercial, en vue ou au moyen de la création de produits ou de procédés nouveaux ou substantiellement améliorés. La R-D s'applique aux sciences sociales et aux sciences humaines, mais exclut les études de marché et les études techniques.

Services d'architecture, de génie et autres services techniques : une gamme d'activités d'architecture et de génie ainsi que divers groupes de services scientifiques et techniques et de services spécifiques ayant trait à l'extraction et à la transformation de minerais ainsi qu'à l'environnement.

43OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l'OCDE, 2009, p. 22. Retour au texte

44 – Les entreprises innovatrices sont celles dont les dépenses d'investissement consacrées à la R-D dépassent les 20 %. Retour au texte

45, 46 – Shunji Wang, Financing Innovative Small and Medium-Sized Enterprises in Canada Working Paper, Programme de recherche sur le financement des PME d'Industrie Canada, 2009, p. 24. Retour au texte(45), Retour au texte (46)

47ACCR et Thomson Reuters, L'industrie canadienne du capital-risque en 2009 (PDF), 2010. Retour au texte

48, 49OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l'OCDE, 2009, p. 25. Retour au texte (48), Retour au texte (49)

50Deutsche Bank Research, Venture Capital Adds Economic Spice (PDF), 2010. Retour au texte

51Thomson Financial, Canadian Venture Capital Overview (PDF), 2010. Retour au texte

52OCDE, Science, technologie et industrie : Perspectives de l'OCDE, édition 2010, p. 110. Retour au texte

53OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l'OCDE, 2007, p. 39. Il est important de mentionner que tous les pays ne s'entendent pas sur la définition du C-R. De plus, certains pays affirment que le Canada inclut dans sa définition des types de financement qui ne sont pas considérés comme ducapital-risque. Retour au texte

54OCDE, Science, technologie et industrie : Perspectives de l'OCDE, édition 2010, p. 39. Retour au texte

55Thomson Reuters, State of the Market: The Venture Capital and Private Equity Industries in the World Today (PDF) (présentation), 2009. Retour au texte

56 – Deloitte et NVCA, Results from the 2010 Global Venture Capital Survey, 2010. Retour au texte

57, 58, 59, 60ACCR et Thomson Reuters, L'industrie canadienne du capital-risque en 2009 (PDF), 2010. Retour au texte (57), Retour au texte (58), Retour au texte (59), Retour au texte (60)

61NVCA et Thompson Reuters, communiqué de presse (PDF), janvier 2010. Retour au texte

62Reuven Brenner, Venture Capital in Canada: Lessons for Building (or Restoring) National Wealth, Journal of Applied Corporate Finance, vol. 22, no 1, 2010, p. 90. Retour au texte

63Ulrich Hege et coll., Venture Capital Performance: The Disparity Between Europe and the United States (PDF), 2008. Retour au texte

64ACCR, Thomson Reuters et Macdonald & Associates Limited, de 2002 à 2010. Retour au texte

65MoneyTree Report (PDF) de PwC et de la NVCA (fondé sur des données de Thomson Reuters), 2010. Retour au texte

66ACCR, Thomson Reuters et Macdonald & Associates Limited, de 2002 à 2010. Retour au texte

67MoneyTree Report (PDF) de PwC et de la NVCA (fondé sur des données de Thomson Reuters), 2010. Retour au texte

68ACCR et Thomson Reuters, L'industrie canadienne du capital-risque en 2009 (PDF), 2010. Retour au texte

69Douglas Cumming et Jeffrey MacIntosh, Comparative Venture Capital Governance: Private versus Labour Sponsored Venture Capital Funds (PDF), Université de Toronto, juillet 2003. Retour au texte

70Reuven Brenner, Venture Capital in Canada: Lessons for Building (or Restoring) National Wealth, Journal of Applied Corporate Finance, vol. 22, no 1, 2010, p. 90. Retour au texte

71Joshua Aizenman et Jake Kendall, The Internationalization of Venture Capital and Private Equity, National Bureau of Economic Research, document de travail no 14344, septembre 2008, p. 3. Retour au texte

72ACCR, La contribution du capital de risque à l'économie canadienne : des effets multiples et très importants (PDF), 2009, p. 16. Retour au texte

73Thomson Reuters, VC Reporter, 2010. Retour au texte

74, 75ACCR et Thomson Reuters, L'industrie canadienne du capital-risque en 2009 (PDF), 2010. Retour au texte (74), Retour au texte (75)

76ACCR, Thomson Reuters et Macdonald & Associates Limited, de 2002 à 2010. Retour au texte

77MoneyTree Report (PDF) de PwC et de la NVCA (fondé sur des données de Thomson Reuters), 2010. Retour au texte

78ACCR et Thomson Reuters, 2009 VC Investment Activity by Sector (PDF), 2010. Retour au texte

79, 80ACCR, Thomson Reuters et Macdonald & Associates Limited, de 2002 à 2010. Retour au texte (79), Retour au texte (80)

81ACCR et Thomson Reuters, Le marché canadien du capital-risque en 2010 (PDF), 2011. Retour au texte

82Thomson Financial, Canadian Venture Capital Overview (PDF), 2010. Retour au texte

83 – Deloitte & Touche, Global Trends in Venture Capital 2007 Survey (PDF), décembre 2007, p. 53. Retour au texte

84 – Un moyen d'y parvenir serait le Tandem Expansion Fund, un nouveau fonds privé de C-R comprenant des investissements importants de la Banque de développement du Canada, d'Exportation et développement Canada et de Teralys Capital. Retour au texte

85 – Calculs fondés sur des données provenant du Programme de recherche sur le financement des PME (2009) et de Thomson Reuters (2010). Retour au texte

86 – Statistique Canada, Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises 2007, 2009. Retour au texte

87 – Industrie Canada, Programme de recherche sur le financement des PME, Principales statistiques sur le financement des petites entreprises (PDF), 2009, p. 3. Retour au texte

88 – Industrie Canada, Programme de recherche sur le financement des PME, Principales statistiques sur le financement des petites entreprises (PDF), 2009, p. 4. Retour au texte

89 – Banque de développement du Canada, BDC a augmenté de 53 % son financement pour les entrepreneurs durant la crise financière, communiqués, 19 août 2010. Retour au texte

90 – Industrie Canada, Programme de recherche sur le financement des PME, Principales statistiques sur le financement des petites entreprises (PDF), 2009, p. 13. Retour au texte

91 – Industrie Canada, Programme de recherche sur le financement des PME, Principales statistiques sur le financement des petites entreprises (PDF), 2009, p. 4. Retour au texte

92, 93 – Statistique Canada, Enquête sur le financement des petites et moyennes entreprises 2007, 2009. Retour au texte, Retour au texte


6. Revue des indicateurs

6.2 Indicateurs de développement et de transfert des connaissances

6.2.1 Recul des frontières du savoir par les sciences et la technologie

Le développement des connaissances est la base de l'écosystème d'innovation d'un pays. La qualité et la quantité des connaissances générées sont difficilement mesurables, surtout qu'Internet a ouvert la porte à une collaboration libre et gratuite jamais vue auparavant. Le présent rapport se base sur des indicateurs bibliométriques et des classements universitaires pour évaluer le rendement du Canada en matière de développement de connaissances par la recherche.

6.2.1.1 Mesure des résultats de la recherche par les indicateurs bibliométriques

Les indicateurs bibliométriques sont les indicateurs les plus utilisés dans les études comparatives internationales portant sur les résultats de recherche. Ils se divisent en cinq grandes catégories : le nombre de publications, la spécialisation dans une discipline scientifique précise, le nombre de citations, l'influence relative, et le niveau de coopération internationale, selon le nombre de publications conjointes94.

Nombre de publications : Des données internationales publiées par l'Observatoire des Sciences et des Techniques de Paris montrent qu'en 2008, le Canada, qui représente seulement 0,5 % de la population mondiale, avait publié 3,3 % de toutes les publications scientifiques du monde. En termes absolus, le Canada se classe au 8e rang derrière les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l'Italie. Il est important de souligner que de 2003 à 2008, la Chine a vu sa part de publications grimper de 93 %. La Chine se classe maintenant au deuxième rang mondial pour le nombre de publications produites, derrière les États-Unis et devant le Japon95.

En 2006, 82,4 % des publications scientifiques canadiennes provenaient du secteur de l'enseignement supérieur (comparativement à 77,6 % en 1996). Les chercheurs qui travaillent dans les hôpitaux, les laboratoires des gouvernements fédéral et provinciaux ainsi que dans les entreprises privées ont aussi contribué à la production totale du Canada. Les provinces de l'Ontario (45,8 %) et du Québec (23,6 %) ont à elles seules produit environ 70 % des publications canadiennes96.

Spécialisation scientifique : Les données sur les publications permettent aussi de donner une idée approximative de la spécialisation scientifique d'un pays97. Dans l'ensemble, les pays européens ne sont pas hautement spécialisés, leur part de publications dans des domaines spécialisés n'étant pas très différente de leur part totale de publications. À l'inverse, les pays d'Asie et d'Amérique du Nord montrent une plus grande spécialisation en recherche scientifique. En règle générale, les pays d'Asie ont tendance à se spécialiser en sciences physiques, en chimie et en génie, mais à se sous-spécialiser en sciences de la vie. Inversement, les pays nord-américains semblent se spécialiser en recherche biologique et médicale, mais se sous-spécialiser en physique et en chimie. Les chercheurs canadiens ont publié 4 % des publications mondiales en biologie fondamentale, mais seulement 2 % et 2,1 % des publications dans les domaines de la physique et de la chimie, respectivement. Le niveau de spécialisation aux États-Unis est similaire. Le Canada se spécialise aussi dans des domaines qui ne reflètent pas nécessairement les tendances nord-américaines, ce qui peut être vu comme un avantage comparatif, surtout par rapport aux États-Unis. Plus précisément, les chercheurs canadiens ont publié 4,3 % des publications mondiales en biologie appliquée et en écologie, 4,2 % des publications en astronomie, en astrophysique et en cosmologie et 3,9 % des publications en génie98.

Citations : Les indicateurs basés sur le nombre de publications ne donnent qu'une image partielle de la réalité. Il est également utile de tenir compte du nombre de citations des articles scientifiques à titre de référence99. Un calcul effectué en 2007 par l'Observatoire des sciences et des technologies de l'Université du Québec à Montréal (fondé sur des données de Thomson Reuters) montre que le Canada se classe au 4e rang mondial, derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Allemagne, pour le nombre d'articles scientifiques cités en référence pendant les deux années suivant leur publication100. Puisque, comme nous l'avons vu, le Canada se classe au 8e rang pour le nombre de publications, on peut croire que les articles scientifiques canadiens sont cités plus souvent que la moyenne mondiale.

Impact relatif : Selon l'indice d'impact relatif publié en 2008 par l'Observatoire des Sciences et des Techniques101, l'indice d'impact relatif à deux ans du Canada est de 1,09, ce qui en fait un des neuf pays (parmi les 20 pays comptant pour au moins 1 % des publications mondiales) dont l'indice d'impact relatif est supérieur à 1. Le Canada est précédé des États-Unis (1,47), de la Suisse (1,44), des Pays-Bas (1,33), du Danemark (1,32), du Royaume-Uni (1,25), de l'Allemagne (1,20), de la Suède (1,17) et de la Belgique (1,10)102. Fait à souligner, bien que le Canada soit sous-spécialisé dans le domaine de la chimie pour ce qui est du nombre de publications, son indice d'impact relatif dans ce domaine est de 1,29, soit son plus haut indice toutes disciplines confondues. Cela peut laisser entendre que les publications canadiennes dans ce domaine sont de haute qualité, et que le fait que le Canada soit sous-spécialisé dans le domaine ne cache pas nécessairement une faiblesse scientifique.

Publication conjointe internationale : Ces dix dernières années, les communautés scientifiques de plusieurs pays industrialisés ont commencé à faire sentir leur présence. Par exemple, la Chine, la Corée du Sud, l'Inde et la Turquie contribuent désormais de manière significative à la quantité mondiale de communications scientifiques publiées. L'émergence de ces pays représente une belle occasion pour les chercheurs canadiens de collaborer avec les autres chercheurs, surtout grâce aux publications scientifiques conjointes. De 2001 à 2006, le taux de publications scientifiques internationales rédigées conjointement (c'est-à-dire auxquelles ont participé des chercheurs d'au moins deux pays) est passé de 16,3 % à 19,1 %. Il s'agit d'une hausse de 17 % du nombre total de publications conjointes. Au cours de la même période, le Canada a suivi le rythme de la croissance générale mondiale des publications conjointes, avec une hausse de 18 % du nombre de ses publications conjointes. En 2006, 42,1 % des publications canadiennes étaient rédigées conjointement, comparativement à 35,8 % en 2001. Cela place le Canada parmi les plus importants producteurs de publications conjointes, avec la Suisse (57,7 %), l'Afrique du Sud (46,6 %), le Mexique (43,8 %) et Israël (41,2 %)103.

6.2.1.2 Mesure du rendement des universités canadiennes

À l'instar des indicateurs bibliométriques, les classements universitaires mondiaux sont des mesures de plus en plus utilisées pour évaluer le rendement des pays en matière de recherche. Trois sources sont fréquemment citées en ce qui a trait à la mesure de la qualité des universités : le classement de Shanghai [Graduate School of Education, Shanghai Jiao Tong University (GSE-SJTU) Academic Ranking of World Universities]104, le classement universitaire mondial de Quacquarelli Symonds (QS) et le classement de l'enseignement supérieur THE (Times Higher Education ranking). Certains experts ont fortement critiqué la méthode de ces classements et leur validité105. Malgré de possibles lacunes méthodologiques, ces classements universitaires ont maintenant une grande influence sur la réputation mondiale de notre secteur de l'enseignement supérieur. La réputation d'un établissement l'aide à recruter et à conserver de meilleurs chercheurs, à multiplier ses occasions de collaboration et de réseautage, et à améliorer sa capacité à attirer du financement pour la recherche et les bourses.

Classement de Shanghai : En 2010, selon le classement de Shanghai, le Canada comptait quatre universités dans les 100 premières : l'Université de Toronto (27e), l'Université de la Colombie-Britannique (36e), l'Université McGill (61e) et l'Université McMaster (88e)106. Au total, 23 universités canadiennes figuraient parmi les 500 premières universités du classement de Shanghai. Ces résultats sont similaires à ceux de 2008. Bien qu'il soit décevant qu'aucune université canadienne ne se retrouve dans les 10 ou 20 premières positions, le Canada se classe tout de même au 5e rang (sur 39 pays) pour le nombre d'universités parmi les 100 premières et au 6e rang pour le nombre d'universités parmi les 500 premières. Seuls des pays beaucoup plus peuplés que le Canada le dépassent sur ces deux listes. Les universités canadiennes représentent 4 % des universités classées parmi les 100 premières et 4,6 % de celles figurant parmi les 500 premières. Nous réussissons à obtenir ces résultats malgré notre maigre part de la population mondiale, soit 0,5 %. Cela revient à dire que, avec un taux de 8,0 pour le pourcentage d'universités dans les 100 premières par rapport à notre part de la population mondiale, nous surpassons des pays comme l'Allemagne, le Japon et la France. Nos résultats sont encore meilleurs en ce qui a trait aux 500 premières universités. En effet, grâce à un taux de 9,2 (pourcentage d'universités parmi les 500 premières par rapport à notre part de la population mondiale), nous surpassons les États-Unis et le Royaume-Uni.

Une différente pondération des indicateurs du classement de Shanghai, qui mettrait l'accent sur des indicateurs de rendement actuels plutôt que passés, placerait les universités canadiennes à un meilleur rang. Les deux premiers indicateurs du classement de Shanghai (nombre d'anciens élèves et de professeurs ayant remporté des prix Nobel et des médailles Fields) comptent pour 30 % de la pondération. Ces indicateurs tiennent compte des prix Nobel et des médailles Fields gagnés ces dernières décennies. À l'inverse, l'indicateur du classement de Shanghai qui tient le plus compte du rendement actuel des universités en matière de recherche vaut seulement 20 % de la pondération. Il prend en considération le nombre d'articles répertoriés dans le Science Citation Index-Expanded et dans le Social Sciences Citation Index l'année précédente. Les universités canadiennes obtiennent des résultats considérablement plus élevés pour cet indicateur que pour la note globale. Par exemple, l'Université de Toronto se classe très bien, soit au 3e rang derrière l'Université Harvard et l'Université de Tokyo. L'Université de la Colombie-Britannique, qui vient au 18e rang, a un rendement similaire à celui de l'Université de Cambridge.

Sous-priorité de recherche-développement : médecine régénérative

 Mick Bhatia, directeur du Stem Cell and Cancer Research Institute (SCC-RI) à l'Université McMaster, et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en biologie des cellules souches humaines, et son équipe, ont trouvé un moyen de fabriquer du sang à partir de la peau même d'une personne.

Mick Bhatia, directeur du Stem Cell and Cancer Research Institute (SCC-RI) à l'Université McMaster, et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en biologie des cellules souches humaines, et son équipe, ont trouvé un moyen de fabriquer du sang à partir de la peau même d'une personne.

Transformer de la peau en sang — Un chercheur canadien crée de nouvelles possibilités de traitement du cancer

Mick Bhatia et son équipe ont publié les conclusions de leur recherche dans la prestigieuse revue scientifique Nature (7 novembre 2010), qui démontrent, pour la première fois, que les cellules de la peau humaine peuvent être directement transformées en cellules sanguines.

Cette recherche pourrait permettre aux patients qui ont besoin de sang pour des opérations, des traitements du cancer ou des traitements pour des maladies du sang de créer du sang à partir de leur propre peau. Cette découverte pourrait révolutionner les méthodes de traitement du cancer. Par exemple, pour les greffes de moelle osseuse, il ne serait plus nécessaire de chercher un donneur compatible, et le temps et le coût du traitement en seraient réduits.

Mick Bhatia est un chef de file reconnu dans le domaine des cellules souches hématopoïétiques humaines et des cellules souches pluripotentes. Il est également directeur du Stem Cell and Cancer Research Institute (SCC-RI) à l'Université McMaster, et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en biologie des cellules souches humaines. Sa découverte se fonde sur des recherches d'avant-garde réalisées par d'autres Canadiens, Jim Till et Ernest McCulloch, qui ont publié des preuves sur l'existence de cellules souches pour la première fois en 1963.

La recherche de M. Bhatia a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada, l'Institut de recherche de la Société canadienne du cancer, le Réseau de cellules souches ainsi que le ministère de la Recherche et de l'Innovation de l'Ontario.

Classements par domaines et par matières : Depuis 2007, le classement de Shanghai classe les universités selon cinq domaines différents (sciences naturelles et mathématiques, génie et technologie ainsi qu'informatique, sciences de la vie et sciences agricoles, médecine clinique et pharmacie, et sciences sociales) et depuis 2009, selon cinq matières différentes (mathématiques, physique, chimie, informatique, et économie ou affaires). La méthode liée à ces classements spécialisés est différente de celle utilisée pour le classement général. Elle accorde en effet moins d'importance aux indicateurs liés au nombre d'anciens élèves et de professeurs ayant obtenu des prix Nobel ou des médailles Fields (25 % au lieu de 30 %), et tient davantage compte des indicateurs bibliométriques (75 % au lieu de 60 %). Puisque les indicateurs bibliométriques reflètent mieux le rendement actuel des universités en matière de recherche, les universités canadiennes occupent de meilleurs rangs dans les classements spécialisés que dans le classement général. Des universités canadiennes figurent 23 fois parmi les 100 premières universités dans les cinq classements par domaine, ce qui place le Canada au 3e rang des pays les plus représentés dans les classements spécialisés, derrière les États-Unis (284 fois) et le Royaume-Uni (44 fois). Le Canada se classe également au 3e rang (à égalité avec la Chine) des pays comptant le plus grand nombre d'universités parmi les 100 premières dans les cinq classements par matière, avec 27. Une fois de plus, il arrive derrière les États-Unis (265 universités) et le Royaume-Uni (37 universités). Seule l'Université de Toronto réussit à se classer parmi les 20 premières dans une des cinq listes liées aux domaines (19e en génie et technologie ainsi qu'en informatique) et dans une des cinq listes liées aux matières (8e en informatique).

Classement universitaire mondial de Quacquarelli Symonds (QS) : Jusqu'à 2009, le classement universitaire mondial de QS était publié en collaboration avec Times Higher Education et se nommait le Times Higher Education-QS World University Rankings. En 2010, QS s'occupait seule de la publication du classement, selon la même méthode qu'en 2008107. En 2010, selon le classement de QS, le Canada comptait quatre universités dans les 100 premières : l'Université McGill (19e), l'Université de Toronto (29e), l'Université de la Colombie-Britannique (44e) et l'Université de l'Alberta (78e). C'est une de moins qu'en 2008, mais les importants écarts dans le rendement de nombreuses universités canadiennes et étrangères (entre les éditions de 2008, de 2009 et de 2010 du classement) soulèvent des doutes quant à la validité des conclusions.

Classement de l'enseignement supérieur THE : Après s'être séparé de QS, THE a développé sa propre méthode pour son classement de 2010. En 2010, selon le classement THE, le Canada comptait quatre universités dans les 100 premières : l'Université de Toronto (17e), l'Université de la Colombie-Britannique (30e), l'UniversitéMcGill (35e) et l'Université McMaster (93e). Au total, le Canada comptait 9 universités parmi les 200 premières du classement THE de 2010. Ce chiffre plaçait le Canada au 5e rang pour le nombre total d'universités classées par pays.

Classement mondial des écoles offrant le programme de MBA du Financial Times : Dans une économie axée sur les connaissances, les compétences en gestion sont des compléments essentiels aux compétences en science et en génie. Le nombre d'écoles de commerce canadiennes qui figurent parmi les 100 premières du classement Global MBA School Rankings du Financial Times n'a pas augmenté depuis 2004. La figure 26 montre que la majorité des écoles de commerce canadiennes, à l'exception de l'Université de l'Alberta, se classent toujours moins bien qu'en 2004, année de leur apogée. La maîtrise ès sciences de la gestion de l'École des hautes études commerciales occupe le 34e rang du classement Masters in Management 2010 du journal Financial Times.

Figure 26 : Classement mondial des meilleures écoles canadiennes de MBA

Écoles

2004

2007

2008

2009

2010

Source : Financial Times, Business School Rankings

Université de Toronto

21

27

40

47

45

Université de Western Ontario

29

41

53

47

49

Université York

22

49

48

49

54

Université de la Colombie-Britannique

67

77

92

71

82

Université de l'Alberta

97

-

88

77

86

Université McGill

39

90

96

-

95

6.2.2 Transfert des connaissances en innovation

Dans une économie axée sur les connaissances, la recherche ne se fait plus uniquement entre les murs de grandes institutions ou de sociétés. La collaboration est une source importante et nouvelle d'avantage concurrentiel. Les échanges entre les divers acteurs d'une vaste gamme d'activités de transfert des connaissances ont augmenté la probabilité d'obtenir des résultats de recherche qui sont plus pertinents pour les utilisateurs de ces connaissances. Selon ce scénario, les connaissances sont échangées entre les créateurs et les utilisateurs de connaissances, qui transforment celles-ci en produits, en services ou en innovations.

Le transfert des connaissances ainsi que sa réussite et ses répercussions sont difficiles à mesurer en raison de la complexité de la relation entre la recherche, le transfert des connaissances et le développement économique. Les revenus de licences et les démarrages d'entreprises sont les mesures normalisées qui permettent de calculer l'efficacité du transfert des connaissances. Unico, au Royaume-Uni, et le projet STAR METRICS, aux États-Unis, élaborent un plus vaste ensemble de mesures du transfert des connaissances axées sur la qualité (et la quantité)108, 109, afin de présenter les activités de transfert de connaissances d'une université donnée. La plateforme Lattes, au Brésil, est un autre exemple d'une nouvelle infrastructure qui permet le suivi du transfert des connaissances et la production de rapports connexes. Cette base de données normalisée compile les renseignements sur les chercheurs (individuellement), leurs recherches et leurs institutions. Les activités de transfert des connaissances abordées dans le présent rapport sont celles auxquelles participent les universités et le secteur privé.

Même si l'EISE de 2009 examinait la collaboration sur le plan du développement de procédés et de produits avec d'autres entreprises et institutions, elle ne comportait pas de question précise sur les collaborations entre les universités et l'industrie. Une question permettant d'établir une comparaison avec d'autres données de l'OCDE serait un atout utile aux prochaines enquêtes. Selon le Rapport sur la compétitivité mondiale du Forum économique mondial, une proportion relativement faible de cadres canadiens exprime un avis positif sur l'état de la coopération entre les universités et l'industrie au Canada110. Dans l'enquête de 2009-2010, les cadres ont classé le Canada au 9e rang, sur 139 pays, en ce qui a trait à la collaboration des universités et de l'industrie dans le domaine de la R-D, une amélioration par rapport à sa 14e place en 2008-2009.

Un sondage réalisé en 2010 par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain111 auprès de chefs d'entreprise étudiait la relation entre les entreprises et le monde universitaire au Québec. Plus de la moitié (53 %) des répondants ont affirmé avoir « collaboré » avec une université au cours des trois dernières années. Les stages (39 %) étaient de loin le type de collaboration le plus répandu. Cependant, les collaborations dites plus « scientifiques » étaient beaucoup moins populaires. En effet, peu d'entreprises ont participé à de la recherche coopérative (9 %) ou à de la recherche sous contrat (6 %), se sont associées à une chaire de recherche (3 %) ou ont participé à un projet d'incubateurs (3 %). Bien que la grande majorité (83 %) des entreprises ayant collaboré avec une université au cours des trois dernières années ait l'intention de répéter l'expérience, les deux tiers des entreprises qui n'ont pas collaboré avec le monde universitaire au cours de la même période n'ont pas l'intention de le faire dans les années à venir.

6.2.2.1 Transfert des connaissances grâce aux stages

Les stages permettent aux étudiants de mettre leurs acquis en pratique dans une situation réelle. Il s'agit d'outils importants permettant aux universités et aux collèges communautaires de remplir leur mission première, qui est d'apprendre aux étudiants à créer, à analyser et à penser de façon autonome. Les stages permettent aussi aux étudiants de se préparer à évoluer en milieu de travail et d'apprendre à respecter les délais et les budgets.

Le gouvernement du Canada a pris des engagements dans les récents budgets qui ont renforcé les programmes de stage, dont un appui additionnel au Programme de stage en recherche-développement industrielle (budget de 2009) et à l'initiative Objectif carrière de la Stratégie emploi jeunesse (budget de 2010). Cela permet d'augmenter davantage la capacité réceptrice de l'entreprise, soit la capacité d'envisager les applications possibles de la recherche pour résoudre des problèmes et d'atteindre les objectifs de rendement, tout en réalisant des économies.

6.2.2.2 Transfert des connaissances grâce à la recherche sous contrat

En 2008, les universités canadiennes ont entrepris des contrats de recherche totalisant près de 2 milliards de dollars, une augmentation importante de 55 % par rapport à 2007112. Le gouvernement fédéral ainsi que les administrations provinciales et autres ont maintenu leur part de ce montant (soit un cinquième et un quart, respectivement), alors que les entreprises canadiennes et les organismes sans but lucratif représentaient le tiers de la valeur totale de ces contrats de recherche.

6.2.2.3 Transfert des connaissances grâce à la recherche coopérative et aux partenariats

Le nombre d'articles scientifiques rédigés en collaboration par des universités et l'industrie a augmenté de 80 % de 1990 à 2005. De plus, le nombre moyen de citations d'articles rédigés en collaboration en 2005 était plus élevé que le nombre moyen de citations d'articles non rédigés en collaboration113.

En ce qui concerne la recherche en gestion, en affaires et en finances au Canada, le Conseil des académies canadiennes a noté que la collaboration se faisait principalement entre les universités; les collaborations entre des universités et des entités du secteur privé ou public représentaient seulement 10 % du nombre total des articles rédigés en collaboration114.

6.2.2.4 Délivrance de licences aux technologies et attribution de marques de commerce aux innovations

Les licences sont un indicateur que des technologies sont prêtes pour la commercialisation. Selon l'Enquête sur la commercialisation de la propriété intellectuelle dans le secteur de l'enseignement supérieur (2008) de Statistique Canada, 81 % des universités canadiennes répondantes (101) et leurs hôpitaux d'enseignement affiliés géraient de la propriété intellectuelle, un pourcentage qui demeure inchangé depuis 2005.

En 2007-2008, les 42 institutions de santé universitaires du Canada ont mené plus de 1 500 essais cliniques, pour une valeur potentielle de plus de 300 millions de dollars, en plus de créer près de 300 licences et de publier près de 200 communications. De plus, de 2003 à 2006, elles ont généré près de 30 millions de dollars en revenu lié aux licences et au transfert de technologie. Depuis 1995, elles ont fait plus de 100 nouvelles découvertes et créé 65 entreprises dérivées115.

Innovequity Inc., grâce à un bon d'échange de 50 000 $ de l'Innovation Voucher Program de l'Alberta et à l'expertise technique de novaNAIT, a mis au point un système de construction géométrique qui automatisera jusqu'à 70 % du processus de construction.

Innovequity Inc., grâce à un bon d'échange de 50 000 $ de l'Innovation Voucher Program de l'Alberta et à l'expertise technique de novaNAIT, a mis au point un système de construction géométrique qui automatisera jusqu'à 70 % du processus de construction.

L'Innovation Voucher Program de l'Alberta lance des idées sur le marché

L'Innovation Voucher Program, le programme de bons d'échange de l'Alberta, a été lancé en 2008. Il fait partie du plan d'action de l'Alberta : Bringing Technology to Market. Au cours des deux premières rondes d'attribution, près de 400 bons d'échange d'une valeur approximative de 11 millions de dollars ont été remis à de petites entreprises de l'Alberta. Offerts en coupures de 10 000 $ et de 50 000 $, les bons d'échange sont destinés à des services d'entreprise comme le marketing, la planification et la formation d'entreprise, ainsi qu'aux activités de développement technologique comme le prototypage de produits, la vérification des laboratoires et les essais sur le terrain.

Pendant les premières étapes du développement de produit, bon nombre d'entreprises prometteuses ont de la difficulté à obtenir des fonds parce qu'elles n'ont peut-être pas fait de démonstration de faisabilité et que les investisseurs ne sont pas encore prêts à fournir des ressources. L'Innovation Voucher Program de l'Alberta permet d'établir des liens avec des organismes d'appui et d'avoir accès à de l'expertise ainsi qu'à des services de développement d'entreprise et de produit.

En 2009, Innovequity Inc. a reçu un bon d'échange de 50 000 $ du Innovation Voucher Program afin de mettre sur pied son système de construction automatisé pour des maisons usinées. Innovequity a utilisé son bon d'échange pour accéder à l'expertise technique offerte à novaNAIT, un centre de soutien à l'innovation du Northern Alberta Institute of Technology. Le système de construction géométrique automatisera jusqu'à 70 % du processus de construction, ce qui augmentera l'efficacité et améliorera la compétitivité des entreprises qui l'utilisent. Ce système pourrait permettre à l'industrie de la construction de maisons usinées de l'Amérique du Nord, une industrie qui représente 20 milliards de dollars par année, d'économiser beaucoup d'argent.

L'OCDE a établi qu'il y avait une grande corrélation entre le nombre de demandes de marques de commerce et d'autres indicateurs de l'innovation. Puisque les marques de commerce peuvent être appliquées à une multitude de marchandises et de services, elles peuvent transmettre de l'information sur les innovations liées aux produits et au marketing ainsi que sur les innovations dans le secteur des services116. Généralement, les pays aux secteurs de services importants ont tendance à plus souvent protéger leur propriété intellectuelle au moyen de marques de commerce que les pays qui misent beaucoup sur la fabrication ou qui se spécialisent dans les TIC (qui favorisent le brevetage)117. En 2008, le Canada se classait au 14e rang, sur 41 pays, pour le nombre de marques de commerce liées aux services par rapport au nombre total de dépôts de marques de commerce118.

Selon des données fournies en 2007 par l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, le Canada se classait au 17e rang, sur 162 pays, pour le nombre total de demandes de marques de commerce par résident direct119. Il existe cependant une mesure sans doute plus efficace, soit le nombre de marques de commerce transnationales (figure 27), puisque les chiffres associés aux marques de commerce par résident direct reflètent la tendance des entreprises à déposer d'abord des marques de commerce dans leur pays d'origine120. Selon cette mesure, le Canada se classe au 19e rang, sur 38 pays, pour la période de 2005 à 2007121.

Figure 27 : Marques de commerce transnationales par million d'habitants (pays sélectionnés, moyenne pour 2005-2007)

6.2.2.5 Nouvelles entreprises dérivées pour transférer la technologie au marché

On estime que, pour 2008, le nombre de nouvelles entreprises formées à partir d'universités canadiennes oscille entre 19122 et 39123. La figure 28 montre les chiffres tirés du Canadian Licensing Activity Survey, réalisé par l'Association of University Technology Managers, portant sur les entreprises dérivées réparties selon leur année de constitution en société, de 2005 à 2008. Selon Statistique Canada, le nombre total d'entreprises constituées en société et dérivées de sociétés déclarantes depuis 1999 est de 1 242124.

Figure 28 : Nombre d'entreprises dérivées d'universités, par année de constitution en société, de 2005 à 2008

6.2.2.6 Réseaux et innovation ouverte — De nouvelles façons de collaborer

Les innovations sont de plus en plus introduites sur le marché par des réseaux ou des grappes, soit des partenaires choisis selon leurs avantages comparatifs et qui fonctionnent de façon coordonnée. Internet donne aussi de nouvelles occasions aux entreprises de puiser à même les connaissances de leurs clients, de leurs partenaires et de leurs employés.

Les programmes Réseaux de centres d'excellence dirigés par l'entreprise et Centres d'excellence en commercialisation et en recherche, tous deux administrés par les conseils subventionnaires du Canada, sont des exemples de la façon dont le gouvernement fédéral distribue les subventions liées à la recherche et encourage la collaboration entre les chercheurs universitaires et les chercheurs en entreprises. En 2009-2010, les Réseaux de centres d'excellence ont généré 27,8 millions de dollars (ou 17 % du programme) en investissements en argent et en nature provenant d'entreprises du secteur privé125 afin de favoriser la recherche, la formation, le transfert des connaissances et la commercialisation.

De nombreuses entreprises font l'essai de nouveaux moyens de réduire les coûts en R-D, en intégrant de nouvelles approches comme l'innovation ouverte, les logiciels libres, l'impartition et l'échange de propriété intellectuelle à leurs modèles d'affaires. Elles affichent leurs défis et leurs connaissances « inutilisées » sur les sites Web de diverses entreprises de services d'innovation ouverte, comme InnoCentive, Innoget, PRESANS et IdeaConnection. Par exemple, les entreprises pharmaceutiques cherchent à collaborer avec d'autres entreprises pharmaceutiques, avec le monde universitaire et avec d'autres sources externes afin d'échanger du talent, des ressources, des outils et des technologies, comme le criblage à haut débit pour la validation de cibles de médicaments associés à une maladie précise. Elles affichent aussi leurs connaissances acquises grâce à la recherche, mais qui n'ont pas mené au développement d'un médicament, afin que les autres puissent en profiter.

Les partenaires de l'industrie peuvent former des consortiums afin de mener une R-D davantage axée sur des défis précis. Les mécanismes de gouvernance des consortiums font en sorte que la recherche répond à une demande.

Sous-priorité de recherche-développement : santé d'une population vieillissante

Réseau de recherche : amélioration des technologies de l'information pour les applications en santé (ATIAS)

Il y a 10 ans, 12 % des Canadiens étaient âgés de plus de 65 ans. D'ici 2026, le chiffre de cette cohorte aura gonflé pour atteindre 20 % de la population. Ce changement démographique crée une pression supplémentaire sur le système de santé du pays, puisque de plus en plus de Canadiens font face à des blessures et à des maladies chroniques associées au vieillissement.

Pour mieux servir la population vieillissante du Canada ainsi que pour surmonter d'autres défis, comme l'augmentation des coûts et le manque de personnel, le réseau d'amélioration des technologies de l'information pour les applications en santé (ATIAS) est en train de créer de nouvelles TI rentables conçues pour renforcer l'efficacité du travail et réduire les coûts.

Créée en 2009, l'ATIAS rassemble des cliniciens de première ligne qui ont besoin de nouvelles TI ainsi que des chercheurs en génie électrique et informatique qui peuvent les créer. Le projet fait partie d'un des neuf réseaux de recherche stratégique financés par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada ainsi que par des contributions d'entreprises canadiennes partenaires. L'Université McGill est la plaque tournante du réseau d'ATIAS, qui englobe sept universités, huit organismes de soins de santé et partenaires industriels, comme RIM, IBM et Nortel.

Que ce soit pour transmettre la radiographie d'un enfant au lecteur électronique portatif d'un urgentologue ou transmettre des résultats d'analyses sanguines d'une personne âgée à l'ordinateur portatif d'une infirmière à domicile, l'ATIAS permet d'acheminer la bonne information à la bonne personne au bon moment, tout en offrant un service de santé abordable et de qualité à la population canadienne.

6.2.2.7 Grappes industrielles — Un environnement où l'innovation peut éclore

Une grappe est un regroupement considérable et reconnu d'entreprises, d'établissements d'enseignement et d'organismes de recherche gouvernementaux géographiquement concentrés et interreliés. Les grappes regroupent généralement des entreprises d'un même secteur, ayant des caractéristiques ou offrant des produits similaires, ou dont les positions dans une chaîne de valeur sont complémentaires. Elles comprennent les entreprises de services professionnels, les institutions fédérales et les établissements d'enseignement. L'aspect et les limites des grappes sont dynamiques; elles exploitent les forces du secteur privé et évoluent sur une période de 15 à 20 ans.

Pratt & Whitney — Chef de file dans la création de relations stratégiques

La société Pratt & Whitney Canada est un des plus grands fabricants de moteurs d'aéronefs du monde. Fondée en 1928 et située à Longueuil, au Québec, Pratt & Whitney Canada est un chef de file mondial dans la conception et la fabrication de petits moteurs. Pratt & Whitney, qui investit plus de 400 millions de dollars par année en R-D, est le plus important investisseur en R-D dans l'industrie aérospatiale canadienne et compte parmi les cinq premiers investisseurs dans toutes les industries.

Relations en matière de recherche — Pratt & Whitney a travaillé avec plus de 20 universités canadiennes à plus de 250 projets de recherche menés dans des universités et au Conseil national de recherches Canada. La société a investi environ 15 millions de dollars dans les universités en 2008. En plus d'avoir été utilisées pour le financement direct des projets de recherche, les ressources ont également servi à l'établissement de trois chaires de recherche industrielle126, de huit bourses de recherche127, de plusieurs centres d'excellence et de quatre instituts universitaires de premier cycle dans le domaine de l'aérospatiale128. Les instituts sont conçus pour former la prochaine génération d'ingénieurs en aérospatiale en faisant connaître les demandes de l'industrie et les possibilités de formation. Au cours des dernières années, Pratt & Whitney a délaissé les collaborations avec une seule entreprise pour participer davantage à des consortiums de l'industrie, d'universités et du gouvernement.

Recrutement de talents — En moyenne, environ 400 étudiants par année sont employés par Pratt & Whitney dans le cadre de programmes d'enseignement coopératif, de stages et de contrats de recherche. Quarante étudiants sont embauchés à titre de salariés à la fin de leur contrat.

Encourager le regroupement de services — Avant 2003, il n'y avait aucune expertise canadienne en matière de moulage par injection de résine de composites de qualité pour les avions. Pratt & Whitney Canada, Bell Helicopter Textron Canada, Delastek, l'Université Concordia et l'École Polytechnique de Montréal ont collaboré à l'élaboration d'une chaîne d'approvisionnement locale. Avec l'aide du Centre des technologies de fabrication en aérospatiale du Conseil national de recherches Canada pour la fabrication et le moulage, les sociétés ont travaillé ensemble pour produire un caisson de voilure collé en composites, ouvrant ainsi la voie à de futurs projets qui exploitent l'expertise disponible dans différents segments de la grappe en aérospatiale.

Les entreprises et les particuliers qui constituent les grappes se font concurrence, mais collaborent également. En tirant profit des « effets d'entraînement » qui améliorent les perspectives des entreprises individuelles d'une grappe ainsi que la productivité globale et la réussite du groupe, les entreprises et les institutions faisant partie d'une grappe réussissent généralement à améliorer leur productivité et à accéder plus facilement à du financement extérieur, y compris le C-R. Les grappes, qui sont toujours axées sur la clientèle, mènent généralement des activités de R-D, en plus d'encourager la prise de risques et le travail interdisciplinaire. Elles se caractérisent aussi par le haut niveau de mobilité entre leurs différents participants. De plus, elles ont des retombées économiques régionales et nationales.

Au sein des grappes, les petites entreprises qui ont établi des liens avec les plus grandes ont généralement des périodes de mise en marché plus courtes, car elles profitent de la meilleure connaissance du marché et de l'accès au marché des grandes entreprises. De leur côté, les grandes entreprises profitent des idées innovatrices et de la flexibilité des petites entreprises. Les entreprises de toutes tailles profitent aussi de l'expertise spécialisée que l'on retrouve dans les universités, les collèges et les établissements de recherche, mais de façon différente et à des échelles diverses.


94 – Observatoire des Sciences et des Techniques, Bibliometrics as a tool for the analysis of the scientific production of a country, 2009, p. 2.Retour au texte

95 Observatoire des Sciences et des Techniques, Indicateurs de sciences et de technologies, 2010, p. 403. Retour au texte

96 Observatoire des Sciences et des Techniques, L'observation S&T, note no 21, septembre 2008, p. 2. Retour au texte

97 Pour y arriver, on compare le nombre de publications qu'un pays a produit dans un domaine précis avec le nombre de publications qu'il a produit toutes disciplines confondues. Retour au texte

98 Observatoire des Sciences et des Techniques, Indicateurs de sciences et de technologies, 2010, p. 406. Retour au texte

99 Le nombre de fois où les articles scientifiques d'un pays sont cités à titre de référence est avant tout un indicateur de la visibilité du pays. On peut cependant l'interpréter comme un indicateur approximatif de la qualité des articles produits par le pays et de leur répercussion sur l'avancement scientifique. Comme l'a montré Y. Gingras dans « Le classement de Shanghai n'est pas scientifique », La Recherche, no 430, mai 2009, p. 48, il existe une corrélation entre le nombre de citations d'un article et la probabilité que son auteur reçoive un prix international. Retour au texte

100 Y. Gingras, « Le classement de Shanghai n'est pas scientifique », La Recherche, no 430, mai 2009, p. 48. Retour au texte

101 L'indice d'impact relatif est la part mondiale de citations d'un pays par rapport à la part mondiale de ses publications. Ainsi, lorsque l'indice d'impact relatif d'un pays est supérieur à 1, sa visibilité est plus grande que la moyenne mondiale. Retour au texte

102 Observatoire des Sciences et des Techniques, Indicateurs de sciences et de technologies, 2008, p. 391 et 396. Retour au texte

103 Observatoire des Sciences et des Techniques, Indicateurs de sciences et de technologies, 2008, p. 402. Retour au texte

104 Dans le classement de Shanghai, les universités sont évaluées en fonction de quatre critères : la qualité de l'enseignement, la qualité du corps professoral, la production de la recherche et la taille de l'établissement. Ces critères reposent sur six indicateurs homogènes, comme les bourses accordées par enseignant et les citations. Retour au texte

105 Y. Gingras, « Le classement de Shanghai n'est pas scientifique », La Recherche, no 430, mai 2009. J.C. Billaut, D. Bouyssou et P. Vincke, Should you believe in the Shanghai ranking? an MCDM view, Laboratoire d'informatique, Université François-Rabelais, 2009. Contrairement aux indicateurs bibliométriques, qui sont des indicateurs homogènes et faciles à interpréter, les classements universitaires sont des indicateurs hétérogènes qui regroupent des mesures pouvant être de nature fondamentalement différente et difficiles à combiner en un tout cohérent. Retour au texte

106 École d'enseignement supérieur (autrefois l'Institut d'enseignement supérieur), Université Jiao-Tong de Shanghai, Classement académique des universités mondiales – 2009. Retour au texte

107 Qui comprend des mesures quantitatives, comme le classement de Shanghai, mais également des mesures qualitatives, comme l'opinion d'universitaires interrogés. Retour au texte

108 Unico, Metrics for the Evaluation of Knowledge Transfer Activities at Universities. Retour au texte

109 Projet STAR METRICS. Retour au texte

110 Forum économique mondial, Rapport sur la compétitivité mondiale de 2008-2009, 2008.  Retour au texte

111 Sondage mené en 2010 par Léger Marketing, au nom de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Regard des entreprises sur le réseau universitaire québécois. Retour au texte

112 Statistique Canada, Enquête sur la commercialisation de la propriété intellectuelle dans le secteur de l'enseignement supérieur (pour 2008), 2010. Retour au texte

113 OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l'OCDE, 2007. Retour au texte

114 Conseil des académies canadiennes, Meilleure recherche = Meilleur management : Comité d'experts sur la recherche en management, en gestion des affaires et en finance, mai 2009. Retour au texte

115 Données provenant de l'Association canadienne des institutions de santé universitaires (ACISU). Retour au texte

116, 117OCDE, « La protection de l'innovation (PDF) », Mesurer l'innovation : Un nouveau regard, 2010. Retour au texte (116), Retour au texte (117)

118 OCDE, « Les marques », Mesurer l'innovation : Un nouveau regard, 2010. Retour au texte

119 La Banque mondiale (d'après des données de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle), Demandes de marques de commerce, résidents directs, 2010. Retour au texte

120 Le comptage des marques de commerce transnationales correspond au nombre de demandes soumises à l'USPTO, sauf pour l'Australie, le Canada, le Mexique, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis. Pour ces pays, les comptages sont basés sur la part relative de leurs enregistrements auprès de l'OHMI, de l'Office allemand des brevets et des marques de commerce et du JPO. Retour au texte

121 OCDE, « La protection de l'innovation », Mesurer l'innovation : Un nouveau regard, 2010. Retour au texte

122 McGill Association of University Technology Managers, Canadian Licensing Activity Survey: FY 2008. Retour au texte

123, 124 – Statistique Canada, Enquête sur la commercialisation de la propriété intellectuelle dans le secteur de l'enseignement supérieur (pour 2008), 2010. Retour au texte (123), Retour au texte (124)

125 Réseaux de centres d'excellence, Rapport annuel 2009-2010. Retour au texte

126 Chaire de recherche industrielle McGill Pratt & Whitney en usinage virtuel à haut rendement à l'Université de la Colombie-Britannique; Chaire de recherche industrielle J.-A.-Bombadier-CRSNG-McGill Pratt & Whitney Canada en intégration du design pour l'efficacité des avions (IDEA) à l'École Polytechnique de Montréal (contribution de 500 000 $ du montant de 2 millions de dollars en financement) et Chaire de recherche industrielle du CRSNG en acoustique appliquée à l'aviation à Sherbrooke. Retour au texte

127 Wagdi G. Habashi, UniversitéMcGill (dynamique numérique des fluides); Steen A. Sjolander, Université Carleton (aérodynamique expérimentale); Yusuf Altintas, Université de la Colombie-Britannique (fabrication); Kamran Behdinan, Université McGill Ryerson (optimisation de la conception); Clément Fortin, École Polytechnique de Montréal (gestion du cycle de vie des produits); Suong V. Hoa, Université Concordia (composites); Robert J. Martinuzzi, Université de Calgary (aérodynamique des compresseurs); Prakash C. Patnaik, Conseil national de recherches Canada (structures et matériaux). Retour au texte

128 Concordia Institute of Aerospace Design and Innovation, Institut de conception et d'innovation en aérospatiale de l'École de technologie supérieure, Ryerson Institute for Aerospace Design and Innovation, Institut d'innovation et de conception en aérospatiale de Polytechnique. Retour au texte


6. Revue des indicateurs

6.3 Indicateurs du talent

Un système d'innovation réussi doit regrouper différents facteurs, y compris des personnes possédant les compétences nécessaires à sa croissance et à son développement. Les indicateurs compris dans cette section servent à suivre les efforts déployés pour développer le talent à tous les niveaux, que ce soit à l'école secondaire ou en établissant et en maintenant des liens avec des chercheurs de calibre international. Cette section comprend aussi des pratiques exemplaires liées à la mise en œuvre du talent.

Le Canada fait face à deux problèmes démographiques, soit une population vieillissante et un taux de natalité décroissant. En effet, la population active de moins en moins nombreuse devra soutenir un plus grand nombre de retraités, qui vivront plus longtemps. Cette tendance, jumelée à des processus d'innovation interdisciplinaire plus complexes, pose un nouveau défi et offre une nouvelle occasion au Canada en ce qui a trait à l'élargissement de son bassin de personnes hautement qualifiées. Des politiques en matière d'immigration et de formation peuvent aider à élargir le bassin de personnes compétentes.

L'état des lieux en 2008 définissait certains domaines dans lesquels le Canada excellait, mais aussi des lacunes et des tendances émergentes. Selon le rapport, les élèves des écoles primaires canadiennes se classaient au 3e rang mondial du volet des sciences du PISA de l'OCDE de 2006, grâce à leurs résultats aux tests. La population du Canada est hautement éduquée. En effet, en 2006, 47 % de ses adultes (25 à 64 ans) avaient atteint un niveau d'éducation universitaire ou collégial; il s'agit du meilleur résultat parmi les pays membres de l'OCDE129. Le Canada se classe au 6e rang mondial pour le pourcentage de sa population qui détient un diplôme universitaire. Ces tendances se sont traduites par un bassin solide de talents reconnus mondialement. Bon nombre des résultats présentés dans la section sur le talent de L'état des lieux en 2008, lorsque des données mises à jour étaient accessibles, n'ont pas changé de façon considérable pour L'état des lieux en 2010, bien que, par rapport aux autres pays, le Canada ait perdu du terrain dans la mesure où les autres en ont gagné.

6.3.1 Compétences en sciences, en mathématiques et en lecture des jeunes de 15 ans

Tous les trois ans, le PISA de l'OCDE évalue les compétences des jeunes de 15 ans en lecture, en mathématiques et en sciences. En 2006, les jeunes Canadiens de 15 ans ont obtenu des scores assez élevés par rapport aux élèves des autres pays, puisqu'ils se sont classés au troisième rang, derrière la Finlande et Hong Kong (Chine).

Les résultats du PISA 2009, publiés en 2010, démontrent que les jeunes Canadiens de 15 ans continuent d'obtenir de bons résultats à l'échelle internationale et qu'ils ont de bonnes compétences en lecture, en mathématiques et en sciences (figure 29). Bien que le Canada se classe encore parmi les meilleurs pays de l'OCDE dans ces catégories, ses scores sont restés stables de 2000 à 2009 et son classement relatif a baissé dans les trois domaines d'évaluation en 2009. Cette baisse peut être attribuée à l'amélioration des scores des autres pays ainsi qu'aux nouveaux membres, soit Shanghai (Chine) et Singapour, qui ont un très bon classement.

Figure 29 : Scores en sciences, en mathématiques et en lecture du PISA (pays sélectionnés parmi les 25 meilleurs selon les scores moyens en lecture obtenus en 2009)
  Score moyen de lecture Sous-échelles de lecture Échelle moyenne
des mathématiques
Échelle moyenne
des sciences
Accès et repérage Intégration et
interprétation
Réflexion et évaluation Textes continus Textes non continus

Remarque : Le classement pour chaque indicateur est inscrit entre parenthèses.

Source : OCDE, PISA 2009 Results: What Students Know and Can Do: Student Performance in Reading, Mathematics and Science (Volume I), 2010

Shanghai –
Chine
556 (1) 549 (1) 558 (1) 557 (1) 564 (1) 539 (2) 600 (1) 575 (1)
Corée 539 (2) 542 (2) 541 (2) 542 (2) 538 (2) 542 (1) 546 (4) 538 (6)
Finlande 536 (3) 532 (3) 538 (3) 536 (4) 535 (4) 535 (4) 541 (6) 554 (2)
Hong Kong –
Chine
533 (4) 530 (5) 530 (4) 540 (3) 538 (3) 522 (8) 555 (3) 549 (3)
Singapour 526 (5) 526 (6) 525 (5) 529 (7) 522 (6) 539 (3) 562 (2) 542 (4)
Canada 524 (6) 517 (9) 522 (6) 535 (5) 524 (5) 527 (6) 527 (10) 529 (8)
Japon 520 (8) 530 (4) 520 (7) 521 (9) 520 (7) 518 (9) 529 (9) 539 (5)
Australie 515 (9) 513 (11) 513 (9) 523 (8) 513 (9) 524 (7) 514 (15) 527 (10)
Pays-Bas 508 (10) 519 (8) 504 (10) 510 (11) 506 (10) 514 (10) 526 (11) 522 (11)
Norvège 503 (12) 512 (12) 502 (14) 505 (13) 505 (11) 498 (21) 498 (21) 500 (25)
États-Unis 500 (17) 492 (25) 495 (22) 512 (10) 500 (15) 503 (16) 487 (31) 502 (23)
Suède 497 (19) 505 (16) 494 (23) 502 (17) 499 (16) 498 (20) 494 (26) 495 (29)
Allemagne 497 (20) 501 (20) 501 (16) 491 (27) 496 (23) 497 (22) 513 (16) 520 (13)
France 496 (22) 492 (26) 497 (20) 495 (23) 492 (25) 498 (19) 497 (22) 498 (27)
Royaume-Uni 494 (25) 491 (28) 491 (26) 503 (14) 492 (27) 506 (14) 492 (28) 514 (16)

Une autre analyse des données du PISA 2006, également publiée en 2010, établissait une corrélation entre l'utilisation des ordinateurs et les scores en sciences du PISA. Les conclusions de l'analyse des données démontrent que les élèves qui utilisent un ordinateur depuis plus longtemps obtiennent de meilleurs scores en sciences que leurs pairs (figure 30).

Figure 30 : Temps depuis lequel les élèves se servent d'un ordinateur, et moyenne des scores en sciences du Programme international pour le suivi des acquis des élèves en 2006

6.3.2 Enseignement régulier (jeunes de 15 à 19 ans)

Les taux d'inscription des jeunes de 15 à 19 ans offrent un indicateur de la participation au deuxième cycle du secondaire. Depuis 1995, le taux des jeunes de 15 à 19 ans inscrits en enseignement secondaire dans les pays de l'OCDE a augmenté en moyenne de 8 points de pourcentage, passant de 74 % en 1995 à 82 % en 2008. Au Canada, 80 % des jeunes de 15 à 19 ans poursuivaient des études régulières en 2008. Ce résultat était légèrement plus bas que la moyenne de l'OCDE et est demeuré inchangé depuis 1995.

Statistique Canada observe des différences entre provinces et territoires. La proportion des jeunes de 15 à 19 ans qui ne sont plus aux études va de 14 % au Nouveau-Brunswick à 26 % en Alberta. Les données pour les territoires varient de 25 % à 34 %130.

6.3.3 Part de la population ayant une éducation postsecondaire

Dans une population donnée, le pourcentage de travailleurs ayant une éducation tertiaire est considéré comme un indicateur des ressources du pays en compétences de pointe, qui peuvent contribuer aux gains de productivité, à l'innovation et à la croissance131. Comme le montre la figure 31, en 2008, le Canada continuait d'occuper la première place en matière d'accès à l'éducation tertiaire pour les adultes de 25 à 64 ans132, 133.

Figure 31 : Pourcentage de la population de 25 à 64 ans ayant une éducation tertiaire, pour les 12 pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques en tête de classement en 2008

6.3.4 Taux d'obtention de diplômes collégiaux et universitaires

L'obtention de diplômes collégiaux ou universitaires offre aux diplômés un bagage de compétences et de connaissances. Au Canada, le taux d'obtention de diplômes collégiaux, à 29,6 %, est beaucoup plus élevé que le taux moyen de 10 % de l'OCDE. Comme le montre la figure 32, bien que des progrès aient été réalisés depuis 2000, le taux d'obtention de baccalauréats au Canada était de 34 % en 2008, soit encore toujours inférieur à la moyenne de 38 % de l'OCDE134.

Figure 32 : Taux d'obtention d'un diplôme de l'enseignement tertiaire en 1995, en 2000 et en 2008

Chercher de l'information en posant des questions

L'apprentissage fondé sur la recherche est une méthode novatrice d'enseignement qui permet aux élèves de poser des questions afin d'arriver à des résultats et à des conclusions qui sont pertinents, grâce à des expériences et à l'accumulation de données. Les élèves apprennent à résoudre des problèmes de façon efficace plutôt que de simplement mémoriser des faits. Bien que la méthode d'apprentissage fondé sur la recherche présente des variantes, la plupart des pays ont adopté un programme d'enseignement général. De plus en plus d'écoles et de réseaux d'écoles au Canada adoptent des programmes d'apprentissage fondé sur la recherche.

Éduca Sciences est un cadre pour enseigner et apprendre les sciences aux élèves de la 1re à la 12e année ainsi que pour développer des compétences en recherche, en créativité et en innovation d'une manière interactive et pertinente. Le cadre permet aux enseignants d'organiser des activités en classe qui reflètent la nature axée sur la recherche, l'aspect créatif et l'aspect social des sciences, et ce, pour chaque programme d'études. Éduca Sciences a été mis à l'essai dans 50 écoles de l'Ontario de 2006 à 2010, et fait maintenant partie du programme Sciences jeunesse Canada. Il vise à encourager les jeunes, par les sciences, à faire des recherches et à faire preuve de pensée critique. En 2011, l'organisme célébrera 50 ans de promotion des sciences et de la technologie auprès des jeunes Canadiens.

Le Galileo Educational Network de Calgary est un autre organisme sans but lucratif qui fait la promotion de l'apprentissage fondé sur la recherche. Par la recherche et la création d'environnements d'apprentissage du XXIe siècle, les éducateurs de Galileo ont influencé la façon d'exécuter des programmes et de donner des cours, à l'échelle mondiale et partout au Canada. Enseigner afin d'accroître la compréhension de tous les sujets est un des principaux objectifs. Pour le réaliser, il faut appuyer les enseignants et les dirigeants, nouveaux et chevronnés, grâce à un perfectionnement professionnel individualisé. Il en résulte un environnement pédagogique qui utilise des technologies numériques dans le cadre de projets fondés sur la recherche, ce qui permet aux élèves d'apprendre de manière créative et réfléchie.

Des études non terminées ne signifient pas que les compétences acquises sont perdues ou inutiles sur le marché du travail. De plus, les étudiants qui ne terminent pas un programme peuvent partir, obtenir un emploi et décider de continuer leurs études plus tard. Les données tiennent également compte des personnes, comme les étudiants à temps partiel, qui s'inscrivent à un programme pour améliorer leurs connaissances et leurs compétences.

6.3.5 Des études en sciences et en génie pour la croissance et la prospérité

Dernièrement, les efforts consacrés à l'amélioration des compétences en sciences et en génie au Canada ont porté fruit. Selon les nouvelles données présentées à la figure 33, il y a eu, de 2005 à 2008, une augmentation de 13 % du nombre de diplômés de premier cycle, l'augmentation étant de 28 % en sciences et de 9,1 % en génie135.

Figure 33 : Certains pays de l'OCDE, par nombre total de diplômes décernés en éducation tertiaire en sciences, en génie et dans tous les domaines d'étude pour 2008, et changement en pourcentage de 2005 à 2008

Pays

Sciences

Génie

Tous les
domaines d'étude

Nombre de diplômes

2008

Croissance

de 2005
à 2008

Nombre de diplômes

2008

Croissance

de 2005
à 2008

Nombre de diplômes

2008

Croissance

de 2005
à 2008

Source : Données compilées par le Secrétariat du CSTI, d'après des statistiques de l'OCDE
(« Diplômés par domaine d'étude »)

États-Unis

190 987

1,2

134 351

3,5

2 279 805

8,5

Japon

28 771

1,9

125 934

-1,7

654 768

2,8

Royaume-Uni

68 123

-3,0

45 879

11,9

520 117

7,8

France

51 973

-20,9

53 781

-1,0

401 421

-11,5

Mexique

40 464

2,1

56 013

9,7

392 783

10,5

Corée

37 122

16,2

90 150

12,0

388 128

30,6

Allemagne

54 074

79,1

43 417

21,3

344 309

60,8

Australie

26 567

-11,1

16 077

1,3

230 878

3,4

Canada

28 372

28,0

18 241

9,1

222 541

13,0

Pays-Bas

7 373

-1,4

8 947

6,7

121 014

16,6

Finlande

6 619

118,5

8 700

9,6

58 072

56,3

Suède

2 969

-17,3

7 963

-11,9

49 929

0,9

La figure 34 montre que, depuis 1992 au Canada, le nombre d'inscriptions et de diplômes décernés a augmenté en physique et en sciences de la vie, ainsi que dans les programmes d'architecture et de génie connexes, tandis que le nombre d'inscriptions et de diplômes décernés en mathématiques, en informatique et en sciences de l'information diminue depuis 2001. Cette baisse résulte probablement du déclin qui a suivi l'expansion des industries de haute technologie en Amérique du Nord à la fin des années 1990 et au début des années 2000.

Figure 34 : Nombre de personnes inscrites et de diplômes décernés par année dans les universités canadiennes en études de premier cycle en sciences, en génie, en mathématiques, en informatique, en sciences de l'information et dans des programmes connexes, de 1992 à 2008

6.3.6 Compétences en technologies de l'information et des communications; accès et utilisation des TIC

Le Canada a des atouts en matière de compétences, d'accès et d'utilisation dans le domaine des TIC parmi la population. L'accès et les compétences sont des préalables à l'utilisation des TIC. Selon l'Union internationale des télécommunications136, même si le Canada ne se classait que 18e, 22e et 20e respectivement pour l'accès, les compétences et l'utilisation en 2008 parmi 159 pays, il était plus fort pour certains sous-éléments. Par exemple, pour les compétences en TIC, qui comprennent les taux d'alphabétisation des adultes, le taux brut d'inscription au secondaire et le taux brut d'inscription au postsecondaire, l'indice de classement des Canadiens était de 8,65, par rapport à 9,84 pour le pays en tête, soit la République de Corée. Au chapitre des composants de l'utilisation des TIC, le Canada se classait 11e pour le nombre d'utilisateurs d'Internet par 100 habitants, 10e pour le nombre de personnes ayant une connexion Internet fixe à large bande par 100 habitants, et 56e pour le nombre de personnes ayant une connexion Internet mobile à large bande par 100 habitants.

Selon l'Enquête canadienne sur l'utilisation d'Internet de 2009 de Statistique Canada, 80 % des Canadiens de 16 ans et plus, ou 21,7 millions de personnes, utilisaient Internet à des fins personnelles. Il s'agit d'une augmentation par rapport au taux de 73 % en 2007, lors de la dernière enquête137.

Sous-priorité de recherche-développement : nouveaux médias, films d'animation et jeux

Inspirer les jeunes entrepreneurs à innover

La Digital Media Zone de l'Université <span lang=Ryerson" title="La Digital Media Zone de l'Université Ryerson" class="floatLeft imgpadr" />

La Digital Media Zone de l'Université Ryerson

Renforcer les industries canadiennes des médias numériques

La Digital Media Zone (DMZ ou zone des médias numériques) de l'Université Ryerson est un milieu de travail multidisciplinaire conçu pour l'entrepreneuriat. La DMZ offre un environnement permettant aux plans d'affaires découlant d'idées inspirées du numérique de passer à l'étape de production des produits, des services et des solutions, ainsi qu'à la mise sur le marché rapide. Sa façon de cultiver le concept d'une société à l'intérieur d'une société est unique. Les participants bénéficient de ressources comme le programme StartMeUp, créé par Students In Free Enterprise (SIFE Ryerson), qui nourrit le succès des entrepreneurs en donnant de l'information et des conseils aux nouveaux créateurs d'entreprises sur la planification d'entreprise, le financement, le marketing, et plus encore. La DMZ est ouverte depuis le début de 2010. Les projets d'entreprise couvrent divers domaines, de la technologie numérique (y compris les applications mobiles et Web) au média social, en passant par la réalité virtuelle, le 3D, les jeux et le marketing interactif.

6.3.7 L'éducation au service de l'entrepreneuriat

L'entrepreneuriat aide à former les gens qui bâtiront l'avenir. Les établissements d'enseignement peuvent favoriser l'entrepreneuriat, et certains établissements ont réussi à intégrer des activités de formation et de mentorat à leurs programmes afin de promouvoir l'entrepreneuriat.

6.3.8 Doctorats138 – Comparaisons par pays

Les économies du savoir dépendent d'une main-d'œuvre hautement qualifiée, et un doctorat représente le plus haut niveau d'accomplissement universitaire. Le nombre de doctorats est également un indicateur du potentiel de la main-d'œuvre pour réaliser des recherches de pointe et former la nouvelle génération. Relativement à d'autres pays, le Canada décerne moins de doctorats par million d'habitants. Depuis L'état des lieux en 2008, le Canada est passé de la 20e position à la 23e parmi les pays de l'OCDE (figure 35).

Figure 35 : Nombre de doctorats (recherche avancée) par million d'habitants139

L'état des lieux en 2008 se basait sur des données de 2005. Depuis, le nombre de doctorats (programmes de recherche avancée) décernés par les universités canadiennes a considérablement augmenté, et l'augmentation en pourcentage a devancé celle des autres pays (figure 36). L'augmentation en pourcentage de 2005 à 2008 au Canada a surpassé celle des pays de comparaison pour ce qui est de la hausse du nombre de doctorats en sciences décernés (63,7 %), et le Canada était au deuxième rang derrière la Suède pour ce qui est de l'augmentation du nombre de doctorats en génie décernés (42,1 %).

Figure 36 : Nombre total de diplômes décernés dans des programmes de recherche avancée au niveau du doctorat, 2008
Pays

Sciences

Génie

Tous les
domaines d'étude

Nombre de diplômes

2008

Croissance

de 2005
à 2008

Nombre de diplômes

2008

Croissance

de 2005
à 2008

Nombre de diplômes

2008

Croissance

de 2005
à 2008

Source : Données compilées par le Secrétariat du CSTI, d'après des statistiques de l'OCDE
(« Diplômés par domaine d'étude »)

États-Unis

14 780

23,3

8 366

23,4

63 712

21,1

Allemagne

6 954

3,9

2 541

8,4

25 604

-1,3

Royaume-Uni

4 910

-1,7

2 358

4,7

16 606

5,2

Japon

2 652

10,3

3 636

8,8

16 296

6,6

France

5 370

21,1

1 274

35,4

11 309

18,1

Corée

954

7,8

2 242

-1,4

9 369

10,9

Australie

1 530

23,3

846

33,0

5 749

17,7

Canada

1 704

63,7

891

42,1

4 827

17,3

Suède

842

44,7

962

53,7

3 625

30,5

Mexique

593

11,7

340

39,3

3 498

43,8

Suisse

977

-0,2

395

16,2

3 426

3,7

Pays-Bas

489

-3,7

563

1,1

3 214

11,6

Finlande

415

1,2

380

-1,6

1 951

-0,3

6.3.9 Inscription des étudiants canadiens aux programmes de doctorat en sciences et obtention du diplôme

Le nombre de Canadiens inscrits et obtenant un diplôme dans des programmes de doctorat en sciences dans des universités canadiennes augmente progressivement pour la plupart des programmes depuis 1999 (figure 37).

Figure 37 : Étudiants au doctorat qui étaient résidents canadiens et inscrits à un programme en sciences dans une université canadienne, de 1999 à 2008

6.3.10 Taux de chômage des titulaires d'un doctorat

Plus de Canadiens obtiennent des diplômes dans des programmes de doctorat en sciences et en génie; cependant, en 2006, le taux de chômage chez les titulaires de doctorat dans le domaine des sciences était plus élevé au Canada que dans d'autres pays (figure 38)140.

Figure 38 : Taux de chômage des titulaires de doctorat, par domaine de sciences, en 2006

6.3.11 Stages et formation en alternance travail-études

Les stages et les programmes de formation en alternance travail-études permettent aux étudiants d'acquérir une expérience précieuse visant à accroître leurs possibilités d'emploi et atténuent les problèmes de capacité au sein des organisations. Une recherche récemment publiée a également soulevé que les étudiants en alternance travail-études gagnaient plus que les autres étudiants, avaient des emplois plus prestigieux que les autres étudiants et considéraient qu'ils avaient de meilleures compétences en informatique, en mathématiques et en résolution de problèmes. Ces résultats démontrent les avantages potentiels pour les étudiants qui prennent part à des programmes de stages et de formation en alternance travail-études, ainsi que pour les organisations qui participent à ces programmes141.

L'Association canadienne de l'enseignement coopératif (ACDEC) est composée de 74 établissements membres dans l'ensemble du Canada qui travaillent en partenariat depuis 1973. L'ACDEC élabore actuellement une base de données de statistiques sur les inscriptions à son programme de formation en alternance travail-études et compte publier les résultats au printemps 2011.

6.3.12 Rendement de l'éducation postsecondaire

Le taux de rendement privé pour une personne qui obtient un diplôme en éducation tertiaire au Canada est illustré à la figure 39. Il est légèrement plus faible que la moyenne de l'OCDE, mais comparable.

Figure 39 : Taux de rendement interne privé pour une personne qui obtient un diplôme en éducation tertiaire lors de sa formation initiale, en 2006

Le taux de rendement interne privé représente une mesure des rendements atteints, avec le temps, par rapport aux coûts de l'investissement initial en éducation; il est égal au taux d'actualisation qui équilibre les coûts de l'éducation pendant la durée des études avec les gains que procure l'éducation par la suite.

Lorsqu'elles sont comparées à l'échelle internationale, les données du rendement économique du Canada peuvent être sous-représentées puisque les statistiques des diplômés en éducation tertiaire comprennent les programmes universitaires et collégiaux, mais également les programmes postsecondaires ayant une durée plus courte (p. ex., le cégep au Québec) ainsi que les programmes de formation et de développement.

Le Canada a déterminé que les diplômés de programmes universitaires gagnaient en moyenne 75 % plus que les diplômés du secondaire ou des programmes professionnels et techniques142.

Les possibilités d'emplois augmentent aussi avec le niveau d'éducation. En 2008, le taux d'emploi des Canadiens de 25 à 64 ans qui n'avaient pas terminé leurs études secondaires était de 58 %, par rapport à 83 % pour les diplômés collégiaux et universitaires143.

6.3.13 Attirer des compétences étrangères au Canada

Le Canada est l'une des principales destinations dans le monde pour les immigrants qualifiés et les étudiants étrangers de très haut niveau. Il continue d'attirer une bonne part des étudiants étrangers du monde. Le pourcentage des étudiants étrangers inscrits dans un établissement d'enseignement au Canada est demeuré relativement stable depuis 2000 par rapport au nombre total d'inscriptions d'étudiants étrangers à l'échelle mondiale, bien qu'il y ait eu une légère augmentation, de 5,1 % en 2006 selon L'état des lieux en 2008, à 5,5 % en 2008144, 145.

L'excellence en recherche est définie à l'échelle internationale, et la compétition pour les talents en recherche est mondiale. En tant qu'économie ouverte de taille moyenne axée sur le commerce, le Canada doit avoir une orientation mondiale s'il veut avoir accès à des connaissances scientifiques produites à l'extérieur de ses frontières.

Depuis 2008, le Canada a créé des programmes qui visent à mettre les Canadiens de talent sur la carte parmi les meilleurs du monde. Parmi ces programmes, mentionnons les suivants :

  • Le Programme de bourses d'études supérieures du Canada Vanier en 2008, qui offre des bourses d'études de trois ans de 50 000 $ par année, libres d'impôt, aux meilleurs étudiants canadiens et étrangers au doctorat.
  • Le programme des Chaires d'excellence en recherche du Canada (CERC>), qui a été créé en 2008 pour attirer et garder les chercheurs les plus accomplis et les plus prometteurs du monde afin de mettre en place des programmes de recherche ambitieux au sein d'universités canadiennes, dans le cadre des priorités et sous-priorités de R-D du Canada. Les chaires ont été choisies grâce à un processus très concurrentiel comportant deux étapes. En mai 2010, les 19 premiers titulaires ont été annoncés. Pour chaque chaire, les universités recevront jusqu'à 10 millions de dollars sur sept ans pour appuyer les titulaires de chaire et leurs équipes de recherche.
  • Le Programme de bourses postdoctorales Banting, qui a été lancé en juillet 2010, fournit 45 millions de dollars sur cinq ans pour attirer et garder les meilleurs talents au Canada. Ainsi, 140 bourses de recherche seront financées annuellement, et 70 nouveaux prix seront remis chaque année. Les prix, d'une valeur de 70 000 $ par année, sont valides pour deux ans. Ces bourses de recherche sont accessibles aux chercheurs canadiens et étrangers qui ont récemment obtenu un doctorat, l'équivalent d'un doctorat ou un diplôme professionnel en santé, et plus de 25 % des bénéficiaires canadiens ont la possibilité d'aller dans un établissement de recherche étranger.
  • En novembre 2010, le gouvernement de l'Ontario a annoncé qu'il offrirait des bourses d'études complètes pour les candidats étrangers au doctorat, chacune d'une valeur de 40 000 $ par année pour quatre ans. Dès l'année 2011-2012, les bourses d'études seront distribuées aux universités de la province; les deux tiers seront financés par le gouvernement, tandis que les divers établissements d'enseignement fourniront la différence.

Le Canada, un pôle d'attraction pour les gens de talent

Les Chaires d'excellence en recherche du Canada

Dix-neuf chercheurs universitaires de calibre international ont choisi de venir faire leurs recherches au Canada. Ils offrent ainsi à des chercheurs canadiens l'occasion d'apprendre et de faire de nouvelles découvertes.

Le programme des Chaires d'excellence en recherche du Canada (CERC), créé par le gouvernement du Canada, confirme la position du pays comme centre d'excellence mondial en recherche et en apprentissage supérieur. La recherche de pointe menée par ces leaders mondiaux dans le cadre des priorités et sous-priorités de R-D du Canada, que ce soit en neurosciences, en sécurité de l'eau, en production d'énergie ou en traitement de l'information, favorise l'innovation et contribue de façon positive à la compétitivité et à la prospérité à long terme du Canada.

Le programme des CERC s'ajoute, de façon significative, aux centaines de Chaires de recherche au Canada financées par le gouvernement fédéral, qui ont déjà transformé le paysage de la recherche au pays. En plus d'attirer des gens de talent au pays, le programme des CERC offre d'importants et nombreux avantages aux universités canadiennes et aux Canadiens, en préparant la prochaine génération de diplômés inscrits à la maîtrise ou au doctorat ou poursuivant des études postdoctorales, y compris les meilleurs étudiants étrangers. De plus, il permet d'établir de solides partenariats internationaux en recherche et en affaires.

L'objectif ultime du programme est de veiller à la formation de chercheurs étoiles canadiens, d'enrichir la tradition du Canada en matière de sciences et d'innovation, et de rehausser les normes de productivité ainsi que le niveau de vie.

Chaires d'excellence en recherche du Canada
Priorités et sous-priorités de R-D

Chaire d'excellence en recherche du Canada

Chercheur

Provenance

Environnement

Eau

Écohydrologie — Université de Waterloo

Philippe Van Cappellen

Georgia Institute of Technology, É.-U.; Université d'Utrecht, Pays-Bas

Épidémiologie aquatique — Université de l'Île-du-Prince-Édouard

Ian A. Gardner

Davis School of Veterinary Medicine de l'Université de la Californie, É.-U.

Science et technologie des océans — Université Dalhousie

Douglas Wallace

Institut Leibniz d'océanographie, Allemagne

Sécurité de l'eau — Université de la Saskatchewan

Howard Wheater

Imperial College London,
Royaume-Uni

Extraction, traitement et utilisation plus propres des hydrocarbures

Groupe motopropulseur hybride — Université McMaster

Ali Emadi

Electric Power and Power Electronics Centre de l'Illinois Institute of Technology, É.-U.

Ressources naturelles et énergie

Production d'énergie dans les sables bitumineux

Génie moléculaire des sables bitumineux — Université de l'Alberta

Thomas Thundat

Université du Tennessee, É.-U.; Université de Bourgogne, France

Arctique

Télédétection de la nouvelle frontière arctique du Canada — Université Laval

Marcel Babin

Laboratoire d'océanographie de Villefranche, France

Ressources arctiques — Université de l'Alberta

D. Graham Pearson

Université de Durham,
Royaume-Uni

Géomicrobiologie arctique et changement climatique — Université du Manitoba

Søren Rysgaard

Université du Danemark du Sud; Centre de recherche climatologique du Groenland

Sciences de la santé et de la vie

Neuroscience

Neurogénétique et neurosciences translationnelles — Université de la Colombie-Britannique

Matthew Farrer

Clinique Mayo, É.-U.

Neurosciences cognitives et imagerie — Université Western Ontario

Adrian Owen

Cognition and Brain Sciences Unit du Medical Research Council à Cambridge, Royaume-Uni

Neuroscience; santé d'une population vieillissante

Neurobiologie structurale — Université de Toronto

Oliver Ernst

Charité — Universitätsmedizin, Allemagne

Santé d'une population vieillissante

Virologie — Université de l'Alberta

Michael Houghton

Epiphany Biosciences, É.-U.

Médecine régénérative; santé d'une population vieillissante; neuroscience; génie biomédical et technologies médicales

Diabète — Université de l'Alberta

Patrik Rorsman

Université d'Oxford, Royaume-Uni

Génie biomédical et technologies médicales

Biologie intégrative — Université de Toronto

Frederick Roth

Harvard Medical School, É.-U.

Technologies de l'information et des communications

Réseaux à large bande; matériel de télécommunications

Optique non linéaire quantique — Université d'Ottawa

Robert W. Boyd

Université de Rochester, É.-U.

Nouveaux médias, films d'animation et jeux; réseaux et services sans fil; réseaux à large bande; matériel de télécommunications

Traitement de l'information quantique — Université de Waterloo

David Cory

Massachusetts Institute of Technology, É.-U.

Réseaux à large bande; matériel de télécommunications

Innovations en photonique dans le domaine de l'information et des communications — Université Laval

Younès Messaddeq

Universidade Estadual Paulista, Brésil

Nouveaux médias, films d'animation et jeux; matériel de télécommunications

Traitement de signaux quantiques — Université de Sherbrooke

Bertrand Reulet

Laboratoire de physique des solides de l'Université Paris-Sud XI, France

Ces programmes ont bénéficié d'une attention à l'échelle mondiale et ont ainsi permis d'attirer au Canada des chercheurs parmi les meilleurs du monde, comme le montre le tableau précédent. La nature ciblée de ces programmes aidera à promouvoir les effets de la recherche partout au Canada selon une méthode concurrentielle internationale.

6.3.14 Études : au programme de toute une vie

L'alphabétisation des adultes demeure un domaine pour lequel il a été difficile d'améliorer les scores au Canada. Le Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) est un programme international à plusieurs cycles d'évaluation des compétences des adultes qui a été mis en place par l'OCDE et qui prendra appui sur les tests réalisés en 2003 pour l'Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA). L'EIACA a évalué les connaissances et les compétences des Canadiens âgés de 16 à 65 ans relativement à la compréhension de textes suivis, au calcul et à la résolution de problèmes. L'OCDE, en collaboration avec Statistique Canada, commencera la collecte de données du PEICA en 2011, et les conclusions seront communiquées en 2013. Quatre domaines de compétence seront évalués dans le PEICA : résolution de problèmes dans un environnement hautement technologique, alphabétisation, mesures sur la composante de lecture, et numératie.

En 2008, les organisations ont dépensé en moyenne 787 $ par employé pour la formation, l'apprentissage et le perfectionnement, et les deux tiers des employés ont suivi une formation. Il s'agit d'une augmentation par rapport à 2006, quand 699 $ avaient été dépensés par employé, mais il s'agit d'une baisse par rapport à 1996, quand l'investissement par employé était de 842 $. Des changements sont également apportés au type d'apprentissage offert aux employés, et l'apprentissage informel représente maintenant 56 % de l'apprentissage, une nette hausse par rapport à 2004146.

Une population vieillissante et une croissance de la population active immigrante risquent de nécessiter une augmentation de l'utilisation de sources non traditionnelles de perfectionnement professionnel ainsi qu'une approche permanente en matière d'apprentissage. Les employeurs et les fournisseurs de formation devront peut-être adopter de nouvelles approches pour certains segments de la population active. En ce qui a trait aux lacunes potentielles pour l'avenir, un récent rapport du Conference Board du Canada a déterminé que, même si les organisations utilisaient la formation, l'apprentissage et le perfectionnement pour régler les pénuries de main-d'œuvre, peu d'entre elles les considéraient comme des outils pour conserver et perfectionner des travailleurs plus âgés ou pour intégrer des Néo-Canadiens à leur main-d'œuvre147.

De nouvelles formes d'apprentissage permanent peuvent également changer les tendances en matière d'inscriptions dans les universités, les collèges et les établissements d'enseignement au Canada. Les élèves qui terminent leurs études secondaires pourraient graduellement cesser d'être la principale clientèle des établissements d'éducation tertiaire. Les universités et les collèges devront peut-être s'organiser pour s'adapter aux besoins d'apprentissage et de formation d'une clientèle très diversifiée, qui pourrait comprendre des étudiants qui travaillent, des étudiants adultes, des étudiants à la maison, des étudiants qui voyagent, ainsi que des étudiants à temps partiel, de jour, de nuit ou de fin de semaine. Les États-Unis remarquent déjà ce changement. Près de la moitié de la population étudiante aux États-Unis est constituée d'étudiants adultes ou à temps partiel, ce qui représente un changement important par rapport à la génération précédente148.

6.3.15 Ressources humaines affectées aux sciences et à la technologie

Les ressources humaines affectées aux sciences et à la technologie (RHST) sont des personnes ayant obtenu un diplôme au niveau tertiaire ou occupant un poste en sciences et technologie pour lequel une haute qualification est normalement requise et le potentiel d'innovation, élevé. La comparaison internationale de la proportion des RHST dans la population active présentée à la figure 40 utilise une large classification des RHST qui comprend les professionnels, les techniciens et d'autres postes similaires, et montre que ces employés sont plutôt concentrés dans les services que dans la fabrication149. De plus, la figure 41 montre que le taux d'emploi des RHST au Canada a augmenté dans les industries des services et de la fabrication.

Figure 40 : Proportion des employés en ressources humaines affectés aux sciences et à la technologie, par industrie, en 2007

Figure 41 : Augmentation du nombre d'employés en ressources humaines affectés aux sciences et à la technologie, par industrie, de 1997 à 2007

Investir dans la technologie et la formation

MW Canada Ltd, à Cambridge, encourage la recherche-développement ainsi que l'éducation et la formation de son personnel afin d'accroître la productivité et les affaires.

MW Canada Ltd, à Cambridge, encourage la R-D ainsi que l'éducation et la formation de son personnel afin d'accroître la productivité et les affaires.

L'entreprise MW Canada Ltd, à Cambridge, en Ontario, s'est réinventée au cours des dernières années en mettant l'accent sur des matériaux façonnés destinés à être utilisés par des clients précis. La société produit des matériaux décoratifs et fonctionnels pour la décoration résidentielle et institutionnelle. Des solutions poussées et des propriétés à valeur ajoutée sont des éléments essentiels pour satisfaire les besoins des clients. Combiner des matériaux pour obtenir les résultats escomptés nécessite de nouvelles façons de penser et de nouvelles technologies. Les changements culturels, les initiatives de formation complète, l'innovation, la R-D et la commercialisation sont la voie de l'avenir.

Une décision stratégique a été prise en 2005 lorsque la salle de formation de MW Canada, « The ER » (Education Room), a été construite avec l'aide du Conseil des ressources humaines de l'industrie du textile. Investir pour améliorer les compétences des employés afin de s'assurer qu'ils ont l'expertise technique nécessaire pour l'avenir était une bonne décision d'affaires. La société encourage les initiatives éducatives et de formation qui permettent aux employés de se conformer à la stratégie de l'entreprise. De plus, elle s'engage à investir dans la main-d'œuvre actuelle, des gens qui connaissent l'histoire de l'entreprise et qui sont prêts à bâtir l'avenir.

Au cours des cinq dernières années, MW Canada a mis sur pied des programmes de formation à l'interne ainsi qu'en partenariat avec des organismes externes comme le Literacy Group of Waterloo Region. Un poste à temps plein en R-D a été créé en 2009 pour coordonner les initiatives exclusives extérieures. L'entreprise travaille actuellement à des projets de R-D, en collaboration avec des universités, sur la création de nouveaux matériaux solaires, de matériaux de stockage d'énergie ainsi que de finis autonettoyants et antibactériens. Des recherches sont également réalisées dans le domaine des matériaux réfléchissants, des matériaux isolants et des matériaux créés à partir des techniques de nanotechnologie.

Ce sont tous des projets à long terme qui nécessitent un financement continu. Les partenariats avec les entreprises, les universités, la communauté et le gouvernement sont essentiels au succès collectif de ces projets.

6.3.16 Chercheurs dans les entreprises

L'OCDE définit les chercheurs comme étant des spécialistes travaillant dans la conception et la création de nouveaux savoirs, produits, processus, méthodes et systèmes, mais qui sont aussi associés directement à la gestion de projets. Le taux de croissance annuel moyen du nombre de chercheurs dans les entreprises de 1997 à 2005 au Canada était légèrement inférieur à 6 % (figure 42).

Figure 42 : Chercheurs en 2007 et augmentation du nombre de chercheurs dans les entreprises de 1997 à 2007

6.3.17 Mettre à profit les compétences des personnes hautement qualifiées pour accroître la productivité

La proportion de la population ayant un diplôme universitaire (des personnes hautement qualifiées) est considérée comme un indicateur des ressources du pays en talent innovateur. L'emploi de personnes hautement qualifiées est essentiel pour les entreprises qui utilisent les technologies les plus avancées, créent des produits et des services innovateurs, et mettent en place les meilleures pratiques organisationnelles. Les entreprises canadiennes utilisent moins les services de personnes hautement qualifiées que les États-Unis, mais plus que les pays de l'UE (figure 43). Par ailleurs, les différences dans la collecte des données pourraient engendrer une surestimation du degré d'utilisation de personnes hautement qualifiées par les entreprises canadiennes150.

Figure 43 : Proportion des heures totales travaillées par niveau de compétences, Canada, États-Unis et UE-15ex*, 2004

Industrie ou SECTEUR

Canada

États-Unis

UE-15ex

Niveau élevé

Niveau moyen

Niveau élevé

Niveau moyen

Niveau élevé

Niveau moyen

* Les pays de l'UE-15ex étudiés sont l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, l'Espagne, la Finlande, la France, l'Italie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. Retour au texte

Source : Données compilées par le Secrétariat du CSTI, d'après des données d'EU KLEMS

SECTEUR DES BIENS

AGRICULTURE, FORESTERIE,
CHASSE ET PÊCHE

5,22

81,14

15,03

61,55

3,70

61,59

EXPLOITATION DES MINES ET
DES CARRIÈRES

13,31

84,55

20,57

66,60

11,83

69,76

SERVICES PUBLICS

20,87

78,65

32,18

64,90

12,78

72,75

CONSTRUCTION

6,89

88,48

11,68

66,68

4,72

66,12

FABRICATION

15,72

79,39

23,15

63,01

9,04

68,95

SECTEUR DES SERVICES

Vente, entretien et réparation de véhicules automobiles et de motos, commerce de détail de carburant

4,65

89,73

11,30

74,29

6,14

71,53

Commerce de gros et vente à commission, sauf pour les véhicules automobiles et les motos

17,79

79,95

29,74

62,49

6,39

72,37

Commerce de détail, sauf pour les véhicules automobiles et les motos, réparation d'articles domestiques

11,41

85,75

20,26

68,92

6,01

70,33

Hôtels et restaurants

9,44

86,02

12,90

65,21

5,10

69,57

Transport et entreposage

9,69

85,69

18,54

69,64

5,95

71,90

Poste et télécommunications

19,88

78,85

42,04

56,43

12,06

71,13

Intermédiation financière

32,60

66,98

44,35

53,91

22,56

71,10

Activités immobilières

21,14

76,14

37,82

56,54

26,12

55,47

Location de machines et de matériel et autres services aux entreprises

45,50

53,98

47,31

46,75

29,98

54,27

Administration publique et défense, sécurité sociale obligatoire

40,22

58,79

30,71

66,16

19,68

67,58

Éducation

41,57

57,45

68,54

29,05

47,52

44,32

Soins de santé et aide sociale

35,65

62,78

39,50

55,83

19,90

66,30

Autres activités de services communautaires, sociaux et personnels

23,60

73,68

32,43

58,99

14,75

62,38

Ménages privés employant
du personnel

7,86

88,57

8,34

58,31

6,59

72,18

MOYENNE POUR LE SECTEUR DES SERVICES

22,93

74,60

31,70

58,75

16,34

65,75

             

Moyenne pour tous les secteurs et industries

20,16

76,66

28,76

60,28

14,26

66,30


129 OCDE, Regards sur l'éducation 2009, 2010. Retour au texte

130 – Statistique Canada, Indicateurs de l'éducation au Canada : une perspective internationale, 7 septembre 2010. Retour au texte

131Leitch Review of Skills, Prosperity for all in the global economy – world class skills, décembre 2006, p. 8. Retour au texte

132OCDE, Regards sur l'éducation 2009, 2010. Retour au texte

133 – L'éducation tertiaire est déterminée par des programmes classés aux niveaux 5A, 5B et 6 de la Classification internationale type de l'éducation (CITE). Le niveau 5A est considéré plus théorique et est conçu pour préparer les étudiants qui feront leur entrée dans des programmes de recherche avancée et des professions hautement qualifiées. Les programmes de niveau 5B mettent davantage l'accent sur les compétences pratiques. Le niveau 6 est la deuxième étape de l'éducation tertiaire et comprend des études ainsi que des programmes avancés qui nécessitent de la recherche. Compte tenu des limites de l'Enquête sur la population active (EPA), les niveaux CITE 5A et 6 ne peuvent être dissociés au Canada. La proportion enregistrée pour les programmes tertiaires de type B (niveau CITE 5B) peut être quelque peu surévaluée, puisque cette catégorie comprend, par exemple, des diplômés du cégep ou d'un programme collégial de passage à l'université qui, selon le système international, se classeraient au niveau CITE 4 (programmes qui chevauchent l'enseignement secondaire et postsecondaire). Retour au texte

134 – Statistique Canada, Indicateurs de l'éducation au Canada : une perspective internationale, 2010. Retour au texte

135 – En 2003, l'Ontario a éliminé son cours préuniversitaire, ou cinquième année d'études secondaires, ce qui a entraîné une « double cohorte » de diplômés. Bien que le nombre d'inscriptions aux études de premier cycle et de diplômés augmente au Canada, une partie de l'augmentation en 2008 pourrait être attribuable au changement de politique en Ontario. Retour au texte

136 – Union internationale des télécommunications, Mesurer la société de l'information 2010, Suisse, 2010. Retour au texte

137 – Statistique Canada, Enquête canadienne sur l'utilisation d'Internet, 2009. Retour au texte

138 – Appelés « programmes de recherche avancée » par l'OCDE, et correspondant au niveau CITE 6. Retour au texte

139L'état des lieux en 2008 se rapportait aux données de l'édition 2006 de Science, technologie et industrie : Perspectives de l'OCDE, qui comprend les données de 2000 et de 2002 sur les doctorats. La base de données de l'OCDE sur l'enseignement et Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l'OCDE 2009 font maintenant référence aux « programmes de recherche avancée ». Retour au texte

140OCDE, série de documents de travail de la Direction de la science, de la technologie et de l'industrie, Les carrières des titulaires de doctorat : données d'emploi et de mobilité, 2010. Retour au texte

141 – M. Drysdale, J. Goyder et A. Cardy, The Transition from University to the Labour Market: The Role of Co-operative Education – Phase 3,présentation faite à la conférence annuelle de la Cooperative Education and Internship Association, à Portland (Orégon), le 20 avril 2009. Retour au texte

142, 143 Statistique Canada, Indicateurs de l'éducation au Canada : une perspective internationale, 2010. Retour au texte (142), Retour au texte (143)

144OCDE, Regards sur l'éducation 2009, 2010. Retour au texte

145 – Les données sur les diplômés sont plus difficiles à mesurer, ce qui signifie que de 25 à 100 étudiants par année, dans chaque programme, ne sont pas identifiés comme « canadiens » ou « étrangers ». En 2008, l'information sur les caractéristiques sociodémographiques était inconnue pour un grand nombre d'étudiants en Ontario. Il pourrait s'agir de la raison de la baisse apparente du nombre de diplômés canadiens au doctorat. Le nombre total de titulaires d'un doctorat augmente dans la plupart des programmes en sciences depuis 1999. Retour au texte

146Conference Board du Canada, How Canada Performs: A Report Card on Canada, juin 2007. Retour au texte

147Conference Board du Canada, How Canada Performs: A Report Card on Canada, juin 2007, p. 1. Retour au texte

148Tamara Knighton, Filsan Hujaleh, Joe Iacampo et Gugsa Werkneh, L'apprentissage à vie chez les Canadiens de 18 à 64 ans : premiers résultats de l'Enquête sur l'accès et le soutien à l'éducation et à la formation de 2008, 2009. Retour au texte

149 – La classification et le diagramme proviennent du document Science, technologie et industrie : Perspectives de l'OCDE, édition 2010 et sont fondés sur la Classification internationale type des professions – 88 (CITP 88). La définition comprend tous les professionnels, les techniciens ainsi que les postes connexes; par conséquent, elle est plus large et englobe des postes qui, normalement, ne feraient pas partie des sciences et de la technologie. Par exemple, les policiers, les vendeurs d'assurance, les agents de voyage et les comptables sont compris dans cette définition, au même titre que les ingénieurs, les chimistes et les contrôleurs de matériel robotique.  Retour au texte

150 – La base de données EU KLEMS utilise les définitions suivantes : Niveau élevé de compétences – diplôme collégial ou plus élevé; Niveau moyen de compétences – diplôme secondaire et quelques années de collège (mais non terminées); Niveau bas de compétences – moins que le secondaire et quelques années d'études secondaires (mais non terminées). Compte tenu des légères différences des systèmes de classification nationaux, la comparabilité internationale peut être biaisée. Par exemple, lorsqu'on compare des données du Canada, des États-Unis et de l'UE, les données concernant les personnes hautement qualifiées peuvent être sous-estimées pour l'UE. Retour au texte


7. Conclusion

Même un grand bassin de talents et les efforts accrus du gouvernement, du secteur de l'enseignement supérieur et de certaines industries ne parviennent pas à empêcher la stagnation du rendement général du Canada en matière d'innovation. Cette conclusion est basée sur une évaluation des indicateurs qui mesurent non seulement les dépenses en R-D, mais aussi d'autres facteurs, et se reflète dans le ralentissement de la croissance de la productivité dans bon nombre d'industries.

Malgré une performance économique globale qui a dépassé celle de ses principaux partenaires commerciaux au cours des deux dernières années, le niveau d'effort actuel des secteurs d'exécution du Canada ne suffit pas à élever ses dépenses en R-D à la moyenne du G7. Le Canada a vu chuter ses dépenses en R-D en pourcentage du PIB. Les dépenses en R-D de la Chine et de la Corée ont dépassé la forte croissance de leurs PIB respectifs (figure 2).

En chiffres absolus, les dépenses en R-D du secteur de l'enseignement supérieur augmentent. Le financement de l'enseignement supérieur est le volet le plus important des dépenses fédérales en R-D, et il ne cesse d'augmenter en chiffres absolus (figure 7).

La faible participation du secteur privé du Canada à la R-D limite le rendement général de l'innovation. Bien que la R-D dans l'enseignement supérieur continue d'augmenter, les dépenses en R-D des entreprises baissent depuis 2006 en chiffres absolus (figure 4). De plus, les dépenses en R-D des entreprises canadiennes dans de nombreuses industries sont faibles selon les normes internationales. Des données de l'OCDE pour 2005 montrent que, dans le cas de 8 industries canadiennes sur les 16 qui ont fait l'objet d'un suivi, les dépenses en R-D des entreprises sont moins élevées que la moyenne de l'OCDE pour les mêmes industries. Le retard du Canada en matière de R-D dans les entreprises résulte à la fois de sa structure industrielle, dans laquelle les industries axées sur la recherche représentent une partie relativement petite de l'économie, et des dépenses particulièrement faibles en R-D des autres industries.

L'industrie canadienne investit beaucoup moins dans le matériel des TIC que l'industrie de certains pays comparables, à l'exception des services publics, de la poste et des télécommunications, du secteur de la fabrication de produits du bois, et de l'administration publique et de la défense. La R-D et l'investissement dans les TIC contribuent à l'innovation et améliorent la productivité.

Bien que les industries canadiennes traînent généralement derrière d'autres pays quant aux investissements dans les TIC, certains secteurs canadiens, comme le secteur des finances et de l'assurance ainsi que le secteur des mines et de l'exploitation de carrières, semblent acheter plus de services de TI que les mêmes secteurs dans d'autres pays. Certaines entreprises peuvent tirer profit des TIC grâce à l'achat de services de TI et au capital investi dans les TIC. Il est donc justifié de surveiller cet indicateur.

Les grappes industrielles sont un phénomène prometteur pour le transfert des connaissances et le développement de produits. Comparativement aux autres pays les plus innovateurs, les grandes entreprises canadiennes jouent un plus petit rôle dans le financement de la R-D. Cela peut être le signe d'une capacité réceptrice limitée de repérage et d'utilisation de la R-D, ou d'une prise en compte insuffisante des occasions d'innovation dans les stratégies d'entreprise. Les petites entreprises à forte intensité technologique ont une grande capacité réceptrice, et pourraient tirer profit du savoir-faire des grandes entreprises en marketing et en financement. Les grandes et les petites entreprises peuvent trouver des gens de talent et des idées en établissant des relations stratégiques avec les établissements d'enseignement supérieur, et entre elles.

En dépit d'efforts considérables, nous n'atteignons pas nos objectifs. Compte tenu d'une période de restrictions gouvernementales à venir à l'échelle mondiale, le Canada a l'occasion de progresser, pourvu que l'industrie lance le mouvement. Les partenaires de l'industrie (dont les gouvernements, le secteur de l'enseignement supérieur et les institutions de recherche) devront favoriser une hausse de rendement en adaptant, en consolidant et en simplifiant les instruments et les mécanismes stratégiques, afin de permettre la collaboration avec le secteur privé en matière d'innovation. L'état des lieux en 2012 mesurera les résultats de ces efforts.


Annexe A : Sous-priorités en matière de recherche-développement

Sous-priorités recommandées par le Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation et approuvées par le ministre de l'Industrie en 2008

Sous-priorités en matière de recherche-développement

Priorités

Sous-priorités

Remarque : Les sous-priorités susmentionnées ne sont pas classées par ordre d'importance.

Environnement

Eau :

  • santé
  • énergie
  • sécurité

Méthodes plus propres pour l'extraction, le raffinage et l'utilisation des hydrocarbures, y compris la réduction de la consommation de ces carburants

Ressources naturelles et énergie

Production d'énergie dans les sables bitumineux

Arctique :

  • production de ressources
  • adaptation aux changements climatiques
  • surveillance

Biocombustibles, piles à combustible et énergie nucléaire

Sciences de la santé et de la vie

Médecine régénérative

Neuroscience

Santé d'une population vieillissante

Génie biomédical et technologies médicales

Technologies de l'information et des communications (TIC)

Nouveaux médias, films d'animation et jeux

Réseaux et services sans fil

Réseaux à large bande

Matériel de télécommunications


Annexe B : L'état des lieux en 2008 – Aspects à examiner

Talents – Former une main-d'œuvre hautement qualifiée et sensible aux possibilités d'innovation

  • Les jeunes Canadiens excellent dans les sciences, les mathématiques et la lecture par rapport à leurs homologues des autres pays, puisqu'ils se classent parmi les cinq premiers dans chacune de ces catégories. Nous devons préserver cet avantage relativement à d'autres qui améliorent leur classement.
  • Par rapport aux jeunes des autres pays de l'OCDE, peu d'étudiants canadiens obtiennent des maîtrises et des doctorats dans les domaines qui sont les moteurs de la découverte et de l'innovation. Entreprises, gouvernements et universités peuvent encourager un plus grand nombre de Canadiens à obtenir des diplômes supérieurs en informant les étudiants du large éventail de carrières qui existent en sciences et technologie et en leur offrant des possibilités de carrière dans le développement, les applications, la gestion et le financement des sciences et de la technologie.
  • Les Canadiens qui appliquent et adaptent les nouvelles technologies en milieu de travail peuvent pousser l'innovation à d'autres niveaux. Le Canada n'a fait aucun progrès durant la dernière décennie pour ce qui est d'augmenter la proportion de Canadiens ayant des compétences élémentaires en littératie et en calcul. Gouvernements et employeurs doivent devenir les champions de l'alphabétisation des adultes et de la formation à la technologie pour combler ce déficit de compétences.

Développement et transfert des connaissances

  • Au Canada, les différents ordres de gouvernement et le secteur privé ont choisi de renforcer les capacités de recherche dans les établissements d'enseignement supérieur. Centrer les ressources de tous les secteurs sur les priorités en matière de recherche, mener des recherches à des niveaux d'excellence internationaux et faire un meilleur usage des équipements de recherche des universités et des collèges pour former les étudiants avec du matériel de pointe, tout cela pourrait améliorer notre rendement en innovation et profiter aux entreprises.
  • Pour transformer l'excellence en R-D en emplois et en meilleure qualité de vie, il faut établir des liens solides entre clients et fournisseurs, scientifiques et gestionnaires, et gestionnaires et enseignants. Nous devons améliorer le transfert des connaissances entre le milieu scientifique et le monde des affaires.

Innovation des entreprises

  • Les entreprises canadiennes n'investissent pas autant dans la R-D que leurs concurrents des autres pays. Nous comprenons mal pourquoi ces concurrents sont plus susceptibles de considérer que des investissements dans les laboratoires et dans les ateliers contribuent à leurs objectifs commerciaux. Or, il est essentiel de comprendre ce fait pour évaluer l'efficacité des politiques destinées à stimuler l'innovation.
  • La manière dont les sociétés de technologie canadiennes financent leurs projets et l'accès aux différentes sources de capital-risque aux diverses étapes du développement des entreprises peuvent avoir une incidence réelle sur le succès de la commercialisation. Les associations de gens d'affaires et le secteur du capital-risque peuvent aider à faire mieux comprendre cette dynamique.

Mesurer les progrès

  • Le système d'innovation doit consacrer plus de ressources et d'efforts à l'obtention de données qui expliquent mieux comment les particuliers, les entreprises et les institutions innovent. Cela peut se faire au moyen d'enquêtes sur la R-D et l'innovation des entreprises, d'enquêtes sur la technologie dans des secteurs donnés et d'enquêtes auprès des usagers sur les technologies d'information et leurs applications. Sans les outils nécessaires pour comprendre comment se produit l'innovation, il nous sera impossible de formuler les stratégies voulues pour améliorer notre rendement en innovation.

Tous les acteurs du système d'innovation ont un rôle à jouer pour renforcer les capacités du Canada en matière d'innovation. Selon le CSTI, le Canada possède de bonnes fondations sur lesquelles bâtir. Beaucoup de Canadiens montrent la voie à suivre, avec l'appui de tous les ordres de gouvernement. Si nous adaptons les meilleures pratiques internationales à notre contexte, si nous ciblons nos efforts nationaux, si nous surveillons attentivement les indicateurs clés du succès, si nous évaluons sans relâche l'efficacité de nos mécanismes de soutien à l'innovation et si nous agissons rapidement pour corriger nos faiblesses, le Canada sera capable de faire concurrence aux meilleurs.