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L'état des lieux en 2012

Chapitre 4 : Innovation des entreprises


L’innovation des entreprises favorise la croissance de la productivité, améliore la compétitivité à l’échelle mondiale et rehausse le niveau de vie. La compétitivité à l’échelle mondiale est d’une importance particulière pour le Canada, étant donné que la croissance économique du pays dépend fortement du commerce international et des capitaux étrangers. Le Canada est en concurrence directe avec les États-Unis, qui demeurent l’une des économies les plus importantes malgré leur croissance léthargique pendant la récession mondiale19. Le Canada fait face à de nouvelles pressions concurrentielles liées à l’émergence de nombreuses économies, mais celles-ci lui offrent aussi de nouvelles occasions d’affaires.

Bien que certains secteurs soient naturellement plus propices à l’innovation que d’autres, des innovations voient le jour et accroissent la compétitivité dans tous les secteurs de l’économie. L’innovation des entreprises est soutenue par les investissements dans la recherche-développement (R-D), les machines et le matériel (MM), notamment en technologies de l’information et des communications (TIC), et les biens incorporels. L’innovation des entreprises dépend également de l’accès au capital de risque et de l’attrait que suscite ce capital, ainsi que de l’accès aux nouvelles idées et aux nouvelles technologies, grâce à des liens solides tissés à travers le monde.

Selon L’état des lieux en 2010, le rendement du Canada dans bon nombre de ces secteurs d’activité était alors inférieur à celui des autres pays. Deux ans plus tard, la situation reste identique. Malgré les fondements macroéconomiques relativement solides du Canada, les entreprises canadiennes ne s’appuient pas sur l’innovation pour se donner un avantage concurrentiel. Dans les classements internationaux ayant trait à l’innovation des entreprises, le Canada demeure en milieu de peloton relativement à la plupart des mesures et a même, dans certains cas, régressé.

Le Canada enregistre un rendement particulièrement médiocre en ce qui a trait aux mesures liées aux dépenses en R-D du secteur des entreprises (DIRDE). Bien que les DIRDE aient légèrement augmenté au Canada en 2011 et en 2012, elles n’ont jamais rejoint leur niveau d’avant la récession et, calculées en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), elles continuent à baisser depuis une dizaine d’années. En conséquence, le Canada a reculé dans le classement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en ce qui concerne cette mesure importante. Le pays offre également un piètre rendement en matière de capital de risque en pourcentage du PIB et, malgré une forte croissance des investissements en capital de risque en 2011, ils sont loin d’atteindre les niveaux de 2007. L’écart entre les investissements américains et canadiens en TIC constitue un autre point faible du Canada.

Compte tenu du fait que chaque pays membre de l’OCDE s’est doté de politiques visant à renforcer son rendement en matière d’innovation20, les secteurs privé et public du Canada doivent accepter la responsabilité conjointe d’agir rapidement afin d’éviter que la compétitivité du pays et le niveau de vie de ses habitants ne régressent. Le gouvernement du Canada étudie certaines recommandations21 en vue de moderniser ses politiques d’encadrement à l’appui de la compétitivité, et les entreprises canadiennes doivent devenir plus novatrices afin de s’assurer la meilleure place possible au sein de l’économie mondiale.


Améliorer la santé des plantes grâce à des micronutriments innovateurs

Wolf Trax produit des micronutriments d’avant-garde appuyés par des recherches et élabore des produits pour la nutrition des plantes. L’entreprise, dont le siège est à Winnipeg, a mis sur pied la technologie DDPMD visant à combler les lacunes en micronutriments dans les sols agricoles tout en minimisant les répercussions négatives sur l’environnement.

Wolf Trax mise sur la recherche et l’innovation. Les sols ingrats, comme ceux qui sont trop froids, trop alcalins ou trop faibles en matières organiques, ne produisent habituellement pas assez de micronutriments pour les plantes. La formulation unique de Wolf Trax aide à offrir à la plante les éléments nutritifs dont elle a besoin. La technologie d’enrobage d’engrais innovatrice de cette entreprise permet de placer avec précision la bonne quantité de produits dans le champ pour la plante, même dans les conditions sévères d’un printemps canadien. Grâce à cette technologie, il est possible d’appliquer moins d’engrais que lorsqu’on utilise des produits traditionnels, augmentant ainsi la productivité et l’efficacité des fermiers tout en laissant très peu de résidus dans le sol. Bien que les produits de Wolf Trax fassent l’objet de tests exhaustifs dans diverses conditions et sur différentes cultures partout dans le monde, la plupart des tests préliminaires concernant les engrais à base de micronutriments ont été effectués au Manitoba en raison des conditions météorologiques difficiles qu’on y trouve.

En 2012, Wolf Trax a obtenu un Prix d’innovation Manning pour avoir amélioré considérablement le monde des engrais agricoles grâce à la technologie DDPMD. Ses produits sont maintenant vendus à 75 pays, états ou provinces à travers le monde.

Innovation par la recherche-développement

Les DIRDE visent les activités de R-D que les entreprises financent elles-mêmes ou au moyen de capitaux provenant d’autres sources, gouvernementales par exemple22,23. Bien que les autres intervenants du secteur des sciences, de la technologie et de l’innovation (STI) effectuent de la R-D, ce sont les DIRDE qui sont le plus directement associées à l’innovation24 en matière de produit et de procédé, et donc aux gains de productivité. Comme la croissance de la productivité mène à un accroissement du niveau de vie, de plus faibles DIRDE pourraient mener à une diminution de la prospérité des Canadiens par rapport aux citoyens d’autres pays.

La performance des entreprises en recherche-développement

L’intensité des DIRDE, un indicateur clé de l’innovation, correspond au rapport des DIRDE à une mesure de production (p. ex. le PIB ou la valeur ajoutée de l’industrie25). L’intensité des DIRDE au Canada demeure inférieure à celle de ses principaux concurrents, ce qui explique le piètre classement du pays à l’échelle mondiale, année après année, en ce qui a trait aux DIRDE en pourcentage du PIB (figure 4-1). Le Canada accuse également un retard par rapport aux principaux pays concurrents relativement aux DIRDE en pourcentage de la valeur ajoutée de l’industrie, ratio qui permet d’établir dans quelle mesure les ressources des entreprises sont consacrées à la R-D.


 

L’intensité des DIRDE au Canada demeure inférieure à celle de ses principaux concurrents.

Selon les données de l’OCDE, les DIRDE en pourcentage du PIB du Canada étaient de 0,89 % en 2011, alors qu’elles s’établissaient à 1,04 % en 2008. Ce taux est considérablement plus faible que celui des États-Unis (1,89 %) et n’équivaut même pas à 40 % du seuil des cinq pays les mieux classés, à savoir Israël, la Corée, la Finlande, le Japon et la Suède (figure 4-1). Le classement du Canada s’est également détérioré de 2008 à 2011, le pays étant passé de la 21e à la 25e place sur 41 économies26. Une amélioration significative du rendement du Canada à ce chapitre sera d’une importance particulière pour promouvoir l’innovation dans les entreprises et contribuer au bout du compte à définir le Canada comme chef de file des STI à l’échelle mondiale. Pendant la même période, le classement du Canada en matière de DIRDE en pourcentage de la valeur ajoutée de l’industrie s’est lui aussi détérioré, le pays étant passé de la 20e à la 26e place sur 41 économies27.

En ce qui concerne le Canada en particulier, pour lequel des données plus récentes sont disponibles, l’intensité des DIRDE a continué à diminuer en 2011 et en 2012. Le tableau s’assombrit encore davantage lorsque l’on considère les données des dix dernières années, qui laissent voir une nette tendance à la baisse des DIRDE en pourcentage du PIB depuis 2005 (figure 4-2). De plus, malgré la croissance à peine perceptible des DIRDE en 2011 et en 2012 (15,5 milliards de dollars en 2012, comparativement à 15,1 milliards en 2010), celles-ci n’ont jamais rejoint leur niveau historique de 2007, soit environ 16,8 milliards de dollars28,29.


L’innovation pour favoriser la compétitivité manufacturière

ArcelorMittal Dofasco est une entreprise sidérurgique axée sur la mise au point de produits et de procédés novateurs visant à renforcer sa compétitivité et sa viabilité écologique.

L’innovation pour favoriser la compétitivité manufacturièreL’industrie automobile représente une partie importante de la clientèle de l’entreprise; l’offre de solutions originales aux défis du secteur automobile, comme la réduction des émissions, est donc un élément déterminant de sa compétitivité. Les nouveaux produits et procédés élaborés au laboratoire de recherche de Hamilton, en collaboration avec l’équipe de recherche internationale d’ArcelorMittal, ont mené à une série d’innovations fondée sur le recours aux aciers avancés à haute résistance, appelés « S-in motion ». Ces aciers présentent la même résistance aux collisions, mais ils permettent une réduction de poids pouvant atteindre le cinquième de la masse de la carrosserie brute (soit l’étape où les pièces de tôle de la carrosserie sont soudées, mais avant l’ajout des pièces mobiles) d’un véhicule ordinaire. Cette diminution de poids peut se traduire par une réduction de 14 % des émissions de CO2 d’un véhicule au cours de l’ensemble de son cycle de vie. Bien que des nuances d’acier de qualité supérieure soient utilisées dans la série « S-in motion », le volume d’acier utilisé est nettement inférieur; il n’y a donc aucune augmentation globale des coûts pour les constructeurs automobiles.

Étant le plus grand consommateur d’électricité en Ontario, ArcelorMittal Dofasco s’emploie à mettre au point des procédés novateurs pour réduire sa consommation d’énergie. Depuis 2009, l’entreprise a mené plus de 80 projets internes d’économie d’énergie. En 2012, elle a pour la première fois produit de l’électricité sur place au moyen d’une turbogénératrice convertissant en énergie les gaz de haut fourneau et de four à coke. Le projet, réalisé en collaboration avec le Programme d’accélération pour le secteur industriel de l’Office de l’électricité de l’Ontario, a donné lieu à une baisse de 2 % de la consommation totale d’électricité.

Changements en recherche-développement dans les industries au Canada

En 2012, au Canada, les DIRDE ont principalement été effectuées par les secteurs suivants (figure 4-3) : la fabrication des TIC30 (16 %), les services de R-D scientifique (11 %) ainsi que le commerce de gros31, la fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces, la conception de systèmes informatiques et les services connexes, et les industries de l’information et de la culture32 (chaque secteur totalisant environ 8 % des DIRDE). Ces six secteurs ont effectué environ 60 % des DIRDE33.

L’état des lieux en 2010 avait mis en lumière d’importants changements dans les industries qui ont effectué de la R-D au Canada entre 2000 et 2007, notamment un déclin dans le secteur de la fabrication des TIC et une hausse dans les industries de l’information et de la culture (y compris dans les secteurs des logiciels et des services de télécommunication). Bien que d’autres changements aient eu lieu depuis 2007, ils ont été moins marqués. Reflet de la diminution générale des DIRDE en 2012 par rapport à 2007, les investissements en R-D ont baissé dans bon nombre d’industries. Seules trois industries ont investi davantage dans la R-D en 2012, augmentant ainsi leur part des DIRDE totales. Il s’agit des secteurs de la fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces, des services de R-D et du commerce en gros. La part du secteur de la conception de systèmes informatiques et des services connexes a crû également (bien qu’à peine), malgré une légère diminution des investissements en R-D de ce secteur. Les plus grandes diminutions observées dans les parts de DIRDE concernent le secteur de la fabrication de produits pharmaceutiques et de médicaments (baisse d’environ 2 % sur 5 ans), ainsi que le secteur de la fabrication des TIC, celui de la fabrication de véhicules et de pièces automobiles34, et celui des finances, de l’assurance et de l’immobilier35 (baisse d’environ 1 % pour chaque secteur entre 2007 et 2012). La R-D a aussi diminué légèrement dans les secteurs de l’extraction de pétrole et de gaz, du forage à forfait et des services connexes36. Certains de ces changements peuvent résulter d’une transformation plus globale de l’économie canadienne37.

Dans la plupart des pays de l’OCDE, la croissance de la R-D dans le secteur des services est une tendance importante38. Généralement, au sein de l’OCDE, les services comptent pour au moins un tiers des DIRDE, et cette part augmente depuis une dizaine d’années39. Le secteur des services compte pour près des deux tiers du PIB du Canada, mais moins de la moitié des DIRDE sont réalisées dans ce secteur40, quoique cette proportion augmente. La croissance de la part du secteur des services en matière de DIRDE, qui a atteint son sommet en 2008 (à environ 45 %) reflète à la fois la croissance globale de la R-D dans ce secteur et la diminution de la R-D dans le secteur de la fabrication. Bien que la proportion des DIRDE du secteur des services soit en forte croissance (elle est passée de 28 % en 2000 à environ 44 % en 2012), celle du secteur de la fabrication a diminué de façon importante entre 2000 et 2012 (passant de 68 % à 49 %)41.

Comparaison internationale de l’intensité de la recherche-développement par secteur industriel

Bien que les données consolidées à l’échelle nationale montrent que le Canada occupe le bas du tableau dans le classement international de l’intensité des DIRDE, les données sur chaque industrie en particulier permettent de relativiser la situation42. En accord avec le rendement à l’échelle nationale, la figure 4-4 montre que, selon les normes internationales, l’intensité des DIRDE au Canada est plus faible dans bon nombre d’industries. On compte parmi ces industries des secteurs importants pour l’économie du Canada, notamment la construction, les produits alimentaires ainsi que la fabrication automobile, et la fabrication aéronautique et aérospatiale (ces derniers secteurs faisant généralement l’objet d’une forte intensité de R-D à l’échelle mondiale). En ce qui concerne ces industries, l’intensité de R-D canadienne est inférieure à la moyenne des pays choisis de l’OCDE43 et considérablement sous le seuil des cinq pays les mieux classés. La R-D est essentielle à la compétitivité à long terme de toutes les industries; c’est pourquoi le faible niveau d’investissement dans ces industries canadiennes est inquiétant.

À l’inverse, le Canada se classe au-dessus du seuil des cinq pays les mieux classés quant à l’intensité des DIRDE dans certains secteurs liés aux TIC (3e pour le matériel de radiodiffusion, de télédiffusion et de communication et 1er pour les machines de bureau, les machines de comptabilité et le matériel de traitement de l’information). De plus, l’intensité des DIRDE canadiennes dépasse celle de la moyenne des pays choisis dans les domaines suivants : pâtes et produits du papier (le Canada se classe au 1er rang des pays visés); approvisionnement en électricité, en gaz et en eau; ensemble des services; et produits pharmaceutiques.

Structure industrielle

L’effet de la structure industrielle du Canada sur la faible intensité des DIRDE au pays fait toujours l’objet d’un débat. Bien que l’intensité des DIRDE canadiennes dans le secteur des TIC (c’est-à-dire le matériel de radiodiffusion, de télédiffusion et de communication, ainsi que les machines de bureau, les machines de comptabilité et le matériel de traitement de l’information) soit bonne par rapport aux autres pays (figure 4-4), ce secteur contribue relativement peu à l’économie canadienne. À l’inverse, les industries liées à l’exploitation minière et à l’extraction de pétrole et de gaz occupent une part assez importante de l’économie du pays comparée à celle des autres économies développées44. Quoique certaines données suggèrent que ces industries mènent des activités innovatrices au Canada, leurs activités de R-D ne sont pas importantes. La figure 4-5 présente une estimation de ce que serait l’intensité des DIRDE si le Canada avait une structure industrielle semblable à la structure industrielle moyenne des pays de l’OCDE à ce chapitre45,46. Même si l’intensité des DIRDE canadiennes est légèrement plus forte après cet ajustement, cela ne change pas le classement moyen du pays à l’échelle mondiale, le Canada demeurant au milieu du peloton.


Percées dans le développement et l’administration de vaccins

Percées dans le développement et l’administration de vaccinsImmunovaccine est une société de développement de vaccins à l’étape clinique basée à Halifax. Cette entreprise est axée sur la promotion de DepoVaxMC, une plateforme adjuvante pour vaccins, et de produits candidats pour la cancérothérapie, la lutte aux maladies infectieuses et la médecine vétérinaire. DepoVaxMC, une plateforme technologique bien développée, a démontré sa capacité à générer une réaction immunitaire forte, rapide et de longue durée auprès d’une variété de cibles. La technologie sert de base à la série de produits pour vaccins de la société, dont deux vaccins contre le cancer qui sont à l’étape clinique et plusieurs autres programmes dans les domaines des maladies infectieuses, de la toxicomanie et de la médecine vétérinaire. Grâce au soutien financier du Fonds d’innovation de l’Atlantique de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique, l’entreprise a été en mesure de breveter DepoVaxMC.

Immunovaccine est le résultat d’une technologie mise au point à l’Université Dalhousie, qui était utilisée sur les animaux et qui a été par la suite adaptée pour les humains. En plus de mener un travail permanent sur les vaccins contre le cancer, la société collabore avec d’importants partenaires, comme les National Institutes of Health des États-Unis (vaccins contre les agents bioterroristes, y compris le charbon bactéridien), le Weill Cornell Medical College à New York (vaccin contre la cocaïnomanie) et Zoetis, anciennement Pfizer Animal Health (vaccins contre les maladies animales).

Grâce à ses premières réussites et à ses activités dans des domaines ayant un grand potentiel de croissance, Immunovaccine est en bonne position pour mettre au point la prochaine génération de vaccins thérapeutiques contre le cancer et de vaccins prophylactiques dans le domaine des maladies infectieuses, de la toxicomanie et de la médecine vétérinaire. En reconnaissance pour ses réalisations, la société a remporté le titre de « Best Early-Stage Vaccine Biotech » dans le cadre de la cérémonie Vaccine Industry Excellence Awards de 2012, pendant le World Vaccine Congress à Washington D.C.

Recherche-développement en fonction de la taille des entreprises

Selon les données de l’OCDE, plus de 35 % des DIRDE sont réalisées par les petites et moyennes entreprises (PME) au Canada. Cette proportion est considérablement plus importante que celle attribuable aux PME dans d’autres pays clés de l’OCDE47. Néanmoins, les données de Statistique Canada montrent que la majeure partie de la R-D dans le secteur privé au Canada est réalisée par les grandes entreprises. En effet, plus de 50 % de la R-D est exécutée par des entreprises dont les revenus dépassent 100 millions de dollars. La contribution des petites, moyennes et grandes entreprises à la R-D varie d’une industrie à l’autre. Fait intéressant, on constate que dans certaines industries, y compris celle des services de R-D et celle de la conception de systèmes informatiques et des services connexes, il semble y avoir une plus grande proportion de petites entreprises menant de la R-D48.

La forte concentration de la R-D au sein de quelques grandes entreprises est courante dans de nombreux pays, dont plusieurs affichent une forte intensité de DIRDE. Bien qu’au Canada les DIRDE soient généralement le fait d’un petit nombre de chefs de file menant de la R-D, elles se répartissent de façon plus uniforme depuis une dizaine d’années49. En 2012, les 25 entreprises ayant le plus contribué à la R-D au Canada représentaient environ 34 % de toutes les DIRDE au pays. Cette proportion est restée assez stable au cours des dernières années, mais, malgré une remontée par rapport au creux de 28 % enregistré en 2008, elle demeure très loin des 45 % atteints en 200050. La part des 100 entreprises en tête de classement a aussi baissé, passant de près de 70 % à la fin des années 1980 à environ 51 % en 2012. Cette diminution de la concentration de la R-D coïncide avec le déclin des industries des TIC au Canada, y compris celui de Nortel51, et semble être symptomatique de l’absence de « champions nationaux » contribuant de façon importante à la R-D au pays.

Les données suggèrent également que les entreprises canadiennes auraient davantage tendance à réaliser de la R-D, même si en réalité, seulement 3 % d’entre elles le font. Malgré quelques diminutions en 2009, la proportion d’entreprises qui réalisent de la R-D a crû de façon constante dans tous les secteurs industriels52. La plus grande croissance a été enregistrée dans le secteur de la fabrication (environ 16 % des entreprises en 2005 et 19 % en 2009)53. Bien que le nombre d’entreprises dans le secteur de la fabrication ait diminué au cours de cette période, le nombre d’entreprises réalisant de la R-D a quant à lui augmenté. Dans d’autres secteurs industriels, la croissance du nombre d’entreprises réalisant de la R-D a été légèrement plus élevée que celle du nombre total d’entreprises. Cette différence laisse entrevoir une prise de conscience des entreprises canadiennes quant à la nécessité d’innover afin de demeurer concurrentielles.

Innovation par l’investissement dans les machines et le matériel ainsi que dans les biens incorporels

L’investissement par les entreprises dans les machines et le matériel (MM), défini comme étant la formation de capital brut immobilisé en MM, est essentiel à l’innovation et à la croissance de la productivité. Les entreprises et les pays qui investissent dans les MM peuvent tirer avantage des technologies sous-tendant ces MM, sans avoir à assumer les risques associés au développement de ces technologies. Les investissements en MM peuvent également mener à des gains de productivité en favorisant l’innovation liée aux procédés et en rehaussant les compétences des travailleurs54. L’augmentation de la valeur du dollar canadien par rapport aux grandes monnaies (c’est-à-dire au dollar américain, à la livre sterling du Royaume-Uni et à l’euro), particulièrement entre 2009 et 2012, a donné aux entreprises canadiennes l’occasion d’accroître leur stock de MM en diminuant leurs coûts55.

Comme le montre la figure 4-6, les investissements en MM ont augmenté de façon importante au Canada au cours des 20 dernières années56. Malgré une forte diminution en 2009, les investissements ont crû en 2010 et en 201157. Calculés en pourcentage du PIB, les investissements en MM ont atteint 5,7 % en 2011, ce qui représente une légère hausse par rapport à 2009 et à 2010, mais une baisse par rapport à la période de 1994 à 2008, durant laquelle ils sont toujours restés supérieurs à 6 %58.

Investissements dans les technologies de l’information et des communications

De tous les types de MM, celles du domaine des TIC59 offrent généralement le plus grand potentiel d’innovation et de gains de productivité, et plusieurs études60 suggèrent que la faiblesse des investissements en TIC est un important facteur sous-tendant le retard du Canada en matière de productivité. Les analyses de l’OCDE montrent que les TIC favorisent l’innovation et que la probabilité d’innovation croît avec l’intensité d’utilisation des TIC61. De plus, de 2000 à 2009, les investissements en TIC ont contribué de façon importante à la croissance de la productivité de la main-d’oeuvre dans bon nombre de pays de l’OCDE, dont le Canada, où ils étaient responsables de plus de 50 % de la croissance62.

Au Canada, jusqu’à il y a 15 ou 20 ans, les investissements en MM se faisaient généralement dans des domaines autres que les TIC. Cependant, le paysage économique ayant évolué depuis, les investissements dans les TIC ont augmenté. En 2011, 49 % du total des investissements en MM ont été faits dans le secteur des TIC63. Bien que les investissements dans les TIC soient en croissance au Canada, le pays arrive toujours en milieu de peloton parmi les pays disponibles de l’OCDE en ce qui a trait à l’intensité des investissements dans les TIC (c’est-à-dire des TIC en tant que pourcentage de la formation brute de capital fixe non résidentiel). Les investissements canadiens en la matière équivalent à environ 70 % du seuil des cinq pays les mieux classés, comme le montre la figure 4-7. Bien que le Canada fasse meilleure figure que certaines grandes économies avancées, comme la France, le Japon, la Finlande et l’Allemagne, il accuse toujours un retard par rapport aux cinq pays de tête, à savoir les États-Unis, la Suède, le Danemark, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande. Il s’agit également d’un domaine où une amélioration du rendement du Canada revêtira une importance particulière pour promouvoir l’innovation dans les entreprises et contribuer au bout du compte à placer le Canada en position de chef de file des STI à l’échelle mondiale.


 

L’écart important entre les investissements canadiens et américains en MM et TIC continue à susciter des inquiétudes.

La figure 4-8 compare le rendement relatif des industries canadiennes à celui de leurs homolgues américaines. L'écart important entre les investissements canadiens et américains en MM et TIC continue à susciter les mêmes inquiétudes que celles exprimées dans L'état des lieux en 2010. Entre 2000 et 2010, l'intensité des investissements canadiens en TIC dans le secteur des entreprises (c'est-à-dire la moyenne pondérée de toutes les industries comprises à la figure 4-8) n'équivalait en moyenne qu'à 42 % de celle des États-Unis.

Malgré l'écart de l'intensité du capital dans la plupart des industries, certaines industries du Canada font assez bonne figure. L'intensité du capital en TIC des secteurs canadiens de l'agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse, ainsi que des arts et du divertissement dépasse celle de leurs équivalents américains, quoique cette intensité soit faible dans les deux pays64. L'industrie canadienne de l'extraction de pétrole et de gaz, en particulier, accuse un retard par rapport aux États-Unis en matière d'intensité du capital en TIC, bien qu'elle soit la seule industrie à ne pas tirer de l'arrière quant à l'intensité du capital en MM.

Investissements dans les biens incorporels

L’innovation nécessite également d’investir dans des biens qui ne sont pas nécessairement tangibles, comme la conception, la structure organisationnelle, la publicité et le marketing, ou le perfectionnement des compétences65. Comme nous l’avons mentionné au chapitre 2, il existe une corrélation positive entre les investissements dans les biens incorporels et la productivité, qui elle-même contribue à la croissance et à la prospérité générale66,67. Au Canada, les investissements dans ces biens sont en croissance et équivalaient à environ 66 % des investissements en biens corporels en 2008 (en hausse par rapport à 23 % en 1976)68. Selon les données de l’OCDE pour 2006, les investissements en biens incorporels ont dépassé les investissements en biens corporels dans de nombreux pays à forte concentration d’innovation, y compris en Finlande, en Suède et aux États-Unis69.


La microbiologie en réponse aux enjeux environnementaux

La microbiologie en réponse aux enjeux environnementauxMonique Haakensen est une chercheuse qui relie avec brio le monde des affaires et le milieu universitaire dans le but de répondre aux défis environnementaux qui se posent dans le secteur des ressources naturelles.

Titulaire d’un doctorat en microbiologie (spécialisé en génomique et bio-informatique), Mme Haakensen commence sa carrière comme assistante de recherche universitaire et chercheuse au gouvernement, étudiant les applications possibles de la microbiologie dans le secteur des ressources naturelles. Cette expérience lui fait voir le besoin important et croissant de travaux de recherche en microbiologie appliquée dans le secteur des ressources naturelles, afin d’aider les entreprises à effectuer de la bioconversion, un procédé fondé sur l’utilisation de microbes pour l’assainissement d’eaux et de sols contaminés, comme les eaux d’infiltration, les eaux résiduaires et les lieux de déversements. C’est ce qui la pousse à fonder Contango Strategies, qui ouvre ses laboratoires à Saskatoon en 2011. Entreprise spécialisée dans l’élaboration, l’expérimentation et la mise en oeuvre de technologies abordables et durables de traitement de l’eau et de réhabilitation des sols, Contango décroche des contrats auprès de sociétés minières, de sociétés pétrolières et gazières et d’entreprises de gestion de déchets, régionales et multinationales, et le bassin de sa clientèle s’étend maintenant un peu partout dans l’ouest et le nord du Canada.

Mme Haakensen est également professeure auxiliaire et conseillère auprès des étudiants des cycles supérieurs de divers départements de l’Université de la Saskatchewan. En 2011, elle a remporté le Prix FuEL (Future Entrepreneurial Leaders) décerné par le magazine Profit aux 20 meilleurs entrepreneurs canadiens de moins de 30 ans.

Selon une analyse de Statistique Canada70, le plus important domaine d’investissement dans les biens incorporels au Canada est celui des compétences économiques, qui représentait 58 % des investissements dans les biens incorporels en 2008 (figure 4-9). Les investissements dans les compétences économiques (p. ex. dans la publicité et le capital organisationnel, y compris dans la capacité de gestion scientifique) accroissent la capacité d’une entreprise à demeurer concurrentielle ou à modifier ses processus afin d’améliorer son efficacité. Ils contribuent aussi au savoir des entreprises71. Le deuxième plus important domaine d’investissement dans les biens incorporels au Canada est la propriété innovatrice, qui représentait environ 31 % de l’ensemble des investissements dans les biens incorporels en 2008. Le domaine le moins important au chapitre de ces investissements est celui de l’information automatisée, qui comprend les logiciels72 et les bases de données.

L’exploration et l’évaluation minérales, considérées comme un bien incorporel et une activité innovatrice, comptent pour une part importante des activités des industries de l’exploitation minière et de l’extraction pétrolière et gazière au Canada. Bien que l’exploration et l’évaluation minérales ne soient pas classées comme des activités de R-D, elles peuvent être considérées comme innovatrices puisqu’elles s’adaptent constamment à de nouvelles conditions et qu’elles font beaucoup appel aux STI. Particulièrement importantes au Canada, les dépenses en exploration et évaluation minérales73 ont atteint environ 11,8 milliards de dollars en 2008 (par rapport à 7,3 milliards de dollars en 2000), comptant pour environ 8 % du total des investissements en biens incorporels74. Quoique les comparaisons avec d’autres pays soient difficiles, une analyse de l’OCDE montre que les dépenses en exploration et évaluation minérales représentaient 1,14 % du PIB au Canada (2005), comparativement à 1,01 % du PIB aux États-Unis (2007) et à 0,26 % du PIB en Australie (2005-2006)75.

Marques de commerce et innovation

Les marques de commerce, de même que d’autres types de propriété intellectuelle, peuvent être considérées comme des biens incorporels76. La Banque mondiale définit une marque de commerce comme une caractéristique qui détermine que certains biens ou services sont produits ou fournis par une personne ou une entreprise particulière. Une marque de commerce protège également son propriétaire en lui garantissant le droit exclusif de l’utiliser ou d’autoriser quelqu’un d’autre à le faire77. Selon l’OCDE, étant donné que de multiples produits et services peuvent être enregistrés comme marques de commerce, ces dernières « peuvent servir d’indicateur de l’activité d’innovation et de commercialisation et permettre de mesurer les innovations non technologiques et l’innovation dans les services78 ».

Le rendement du Canada en matière de demandes de marque de commerce par un résident direct79 a peu changé depuis 2007. Selon l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, 20 449 demandes de marque de commerce ont été déposées au Canada en 2010, et le pays s’est classé au 20e rang sur 85 économies80 quant au nombre total de demandes de marque de commerce par un résident direct81. Le Canada se classait au 18e rang sur 105 pays en 2007. Par comparaison, la Chine et les États-Unis se sont classés en première et deuxième positions, totalisant respectivement 973 460 et 236 826 demandes. Deux pays moins peuplés que le Canada l’ont surpassé. Il s’agit de l’Australie, arrivée en 13e place avec 39 633 demandes, et du Chili, qui se classe 16e avec 30 133 demandes.


Transformer la façon dont le monde apprend

Transformer la façon dont le monde apprendLa société de génie logiciel Desire2Learn, dont le siège social est à Waterloo, aide à transformer la façon dont le monde apprend en offrant une série de produits qui procurent une expérience d’apprentissage plus participative, intuitive et personnalisée. Le succès de Desire2Learn repose sur la R-D et l’innovation, deux composantes essentielles de sa stratégie d’entreprise et des éléments importants de sa culture. Environ 40 % de son équipe se concentre sur la R-D, ce qui est primordial pour demeurer à la tête du marché de l’apprentissage en ligne, en pleine croissance.

En 2012, Desire2Learn a annoncé qu’elle avait obtenu 80 millions de dollars en fonds de capital de risque de New Enterprise Associates et d’OMERS Ventures. Selon Thomson Reuters, il s’agit du plus important investissement en capital de risque jamais consenti à une société de génie logiciel canadienne. Cet investissement permettra à Desire2Learn d’avoir accès à un nouveau réseau d’expertise et d’augmenter ses investissements en R-D pour percer de nouveaux marchés. Il lui permettra également d’investir dans son infrastructure, afin de conserver les meilleurs talents déjà à l’oeuvre chez elle et d’en attirer de nouveaux pour continuer à innover. Desire2Learn a également bénéficié d’un soutien gouvernemental, dont une subvention de 4,25 millions de dollars du gouvernement de l’Ontario en 2011.

Les produits de la société sont utilisés par plus de 700 clients et de 8 millions d’apprenants dans les secteurs de l’enseignement supérieur, de l’enseignement primaire et secondaire, des soins de santé, du gouvernement et de l’industrie (y compris des entreprises de Fortune 100). Desire2Learn est reconnu comme un chef de file mondial sur le marché de l’apprentissage en ligne et a reçu de nombreux prix, dont un prix de leadership dans le cadre du programme Technologie Fast 50 de Deloitte.

 


 

Le Canada a affiché un rendement médiocre en matière d’investissement de capital de risque calculé en pourcentage du PIB.

Comme les entreprises ont tendance à présenter d’abord leurs demandes de marque de commerce auprès des instances de leur pays d’attache, le nombre de demandes de marque de commerce par un résident direct n’est pas un indicateur très représentatif. Bien que le nombre de demandes présentées par des non-résidents (comme celui rapporté dans L’état des lieux en 2010) soit un meilleur indicateur, de nouvelles données ne sont pas disponibles à cet égard. Plusieurs pays emploient toutefois un autre indicateur des demandes présentées par des non-résidents, à savoir les demandes présentées à l’Office japonais des brevets, à l’Office de l’harmonisation dans le marché intérieur (Union européenne) et au Bureau des brevets et des marques de commerce des États-Unis, en pourcentage du PIB. Selon cette méthode de classement, le Canada arrive en 13e place sur 40 pays (moyenne de 2007 à 2009)82.

Le financement par actions à l’appui de l’innovation

Étant donné qu’elles sont souvent perçues comme présentant trop de risques pour bénéficier d’un financement institutionnel classique, les jeunes entreprises innovatrices dépendent souvent de l’accès au capital de risque pour développer et commercialiser leurs idées83. La recherche a montré qu’au Canada, le financement par actions compte pour plus de 40 % du financement total des PME innovatrices, comparé à moins de 10 % dans le cas des PME non innovatrices84. Les données pour 2011 montrent une augmentation significative du total des investissements au Canada par les investisseurs providentiels85 et les sociétés de capital de risque, mais les niveaux d’investissement demeurent considérablement inférieurs à ceux des États-Unis et le total des investissements de capital de risque au Canada n’est pas encore revenu à son niveau d’avant la récession.

Le Canada dans les classements internationaux

La figure 4-10 montre que le Canada ne s’est pas montré à la hauteur des autres pays de l’OCDE en matière d’investissement de capital de risque calculé en pourcentage du PIB, puisqu’il se classe au 15e rang sur 27 économies et n’atteint que 44 % du seuil des cinq pays les mieux classés86. Ces cinq pays, à savoir Israël (incontestable meneur en la matière), les États-Unis, la Suède, la Suisse et l’Irlande ont tous investi au moins deux fois plus de capital de risque, en pourcentage du PIB, que le Canada en 2009. Le portrait s’améliore cependant lorsque l’on considère les investissements de capital de risque par habitant en 2010, le Canada s’étant classé 5e sur 14 économies à cet égard, devançant entre autres la Suisse, la Finlande, le Danemark, la France, l’Irlande et le Royaume-Uni87,88.

Fait important à noter, la comparaison internationale des investissements de capital de risque présente des difficultés en raison des différences entre les définitions et les méthodes de classification utilisées par chaque pays. L’OCDE a récemment apporté certains changements à sa méthode de calcul afin de faciliter la comparaison entre pays, mais ces changements rendent difficile toute comparaison des résultats présentés à la figure 4-10 avec des résultats antérieurs. Une analyse appliquant la même méthode de calcul au Canada sur plusieurs années montre toutefois que les investissements de capital de risque correspondaient à 0,09 % du PIB en 201189. Bien qu’il s’agisse d’une amélioration par rapport à 2009 et à 2010 (la proportion étant alors d’environ 0,07 %), ce ratio est considérablement inférieur à celui de 2007 (0,13 %).

Contexte canadien en matière de capital de risque

Les répercussions du ralentissement économique sur le secteur du capital de risque, notamment la diminution spectaculaire des investissements en 2008 et en 2009, étaient à l’avant-plan des considérations relatives au capital de risque dans L’état des lieux en 2010. Après une légère croissance sur 12 mois en 2010, les investissements ont crû de façon importante en 2011 (figure 4-11). Les investissements en capital de risque ont totalisé 1,5 milliard de dollars en 2011, ce qui correspond à une augmentation de 34 % par rapport aux 1,1 milliard de dollars investis en 2010. Bien que ce niveau soit plus élevé que celui des trois années précédentes, il reste bien inférieur aux 2,1 milliards de dollars investis en 200790.

La hausse des investissements de capital de risque en 2011 n’était toutefois pas le fait de grandes transactions qui peuvent influer sur le potentiel de croissance des entreprises financées par capital de risque. La moyenne des investissements par entreprise a été de 3,4 millions de dollars en 2011, soit légèrement plus que les 3,2 millions enregistrés en 2010 et que les 3,1 millions enregistrés en 2009, mais toujours moins que les moyennes de 3,6 millions en 2008 et de 5,1 millions en 2007. Par conséquent, l’écart entre le montant moyen des investissements de capital de risque au Canada et aux États-Unis s’est creusé en 2011. En moyenne, le capital de risque obtenu par les entreprises canadiennes correspondait à 37 % de celui obtenu par les entreprises américaines en 2011, une diminution par rapport à la moyenne de 39 % de 201091.

La disponibilité du capital de risque, depuis l’étape initiale du financement des idées ou de la recherche de base jusqu’à l’étape du retrait, en passant par les étapes d’expansion, est importante pour le développement d’entreprises innovatrices. Dans les dernières années, le financement des étapes ultérieures a connu une croissance spectaculaire au Canada. En effet, les investissements de capital de risque durant les étapes d’expansion ont plus que doublé de 2009 à 2011. Le financement des étapes ultérieures92 est important, car il peut se traduire par un plus grand profit au moment du retrait des investisseurs. En 2011, le financement des étapes ultérieures représentait 71 % (soit environ 1,1 milliard de dollars) de tous les investissements de capital de risque, une augmentation par rapport aux 59 % (ou environ 676 millions de dollars) de 2010. Cependant, le financement des étapes initiales93 a connu une légère diminution, passant de 458 millions de dollars en 2010 à 434 millions en 201194. Aux États-Unis, les investissements dans les étapes tant initiales qu’ultérieures ont fortement augmenté en 201195.

Il y a des différences importantes entre les sources de capital de risque canadiennes et américaines (figure 4-12A et figure 4-12B). L’importance des fonds étrangers est une caractéristique majeure de l’industrie canadienne du capital de risque, ceux-ci représentant près de 29 % du capital de risque total investi au Canada en 2011. En moyenne, les investisseurs étrangers ont injecté deux fois plus d’argent que les investisseurs nationaux. Les investissements de fonds américains et d’autres pays dans le marché canadien ont augmenté en 2011, année où les investissements de capital de risque étrangers ont été les plus importants en quatre ans96. Les fonds étrangers, et particulièrement les fonds américains, sont souvent importants pour le financement des étapes ultérieures au Canada, surtout parce que les fonds canadiens de capital de risque, relativement petits, ne sont pas en mesure de participer au financement des étapes ultérieures qui nécessitent de gros investissements. Les fonds américains apportent non seulement des capitaux, mais aussi de l’expertise et des réseaux qui accroissent les valeurs de sortie97. Bien que seulement environ 10 % des investissements en capital de risque au Canada soient le fait de partenaires étrangers, ces derniers comptent pour environ 30 % des sorties et recueillent près de 45 % des produits de sortie98.

Les fonds privés indépendants du Canada sont essentiels à la croissance des investissements totaux en 2011, leur part atteignant 377 millions de dollars, une hausse de 42 % sur 12 mois. La contribution des fonds privés indépendants nationaux au marché du capital de risque est considérablement plus faible au Canada qu’aux États-Unis. En outre, le Canada se distingue aussi de son voisin du Sud par la présence de fonds d’investissement gouvernementaux et de travailleurs, bien que la part des investissements des fonds de travailleurs sur le total du capital de risque investi au Canada soit en diminution (environ 24 % en 2009 par rapport à 16 % environ en 2011). Certains économistes attribuent la piètre performance du marché du capital de risque au Canada à « l’effet d’éviction » causé par les fonds d’investissement de travailleurs, qui jouent traditionnellement un rôle important dans ce marché au pays, malgré le fait qu’ils ne génèrent typiquement que de faibles bénéfices99.

Le capital de risque par industrie au Canada

Presque toutes les industries à forte intensité technologique ont profité de l’accroissement des investissements de capital de risque au pays en 2011, le secteur des TIC en tête, celui-ci ayant récolté 46 % des fonds totaux, soit 692 millions de dollars, par rapport à 491 millions en 2010. Dans le secteur des TIC, des gains particulièrement importants ont été enregistrés par les entreprises axées sur Internet ou les logiciels, qui ont recueilli 236 et 201 millions de dollars, respectivement. Les investissements dans le secteur des sciences de la vie, y compris l’industrie biopharmaceutique et celle du matériel médical, ont augmenté de 15 % en 2011 par rapport à 2010, pour atteindre 343 millions de dollars, soit environ 23 % du total des investissements de capital de risque. En outre, les investissements de capital de risque dans les technologies de l’énergie et de l’environnement ont crû de 43 % en 2011 par rapport à 2010, totalisant 245 millions de dollars100.

 

Bien que les investissements dans les TIC représentent une part importante de l’ensemble des investissements de capital de risque au Canada, cette part est encore plus importante aux États-Unis, où ils comptent pour environ 57 % de tout le capital de risque investi. Les investissements dans les sciences de la vie, en pourcentage du total des investissements de capital de risque, sont également plus importants aux États-Unis, où ils comptent pour environ 27 % du total, par rapport à 23 % au Canada101. Ces chiffres donnent à penser que la part du capital de risque investi dans les industries à forte intensité technologique est plus grande aux États-Unis qu’au Canada.

Sortie du capital de risque et capitalisation boursière

Les valeurs de sortie sont une mesure importante de la richesse générée par le capital de risque. Ces valeurs permettent également aux entreprises de capital de risque d’attirer des investisseurs. La valeur de sortie correspond au prix obtenu dans le cadre de la liquidation d’un intérêt dans une entreprise, notamment par l’entremise d’une fusion-acquisition ou d’un premier appel public à l’épargne. Au total, 27 liquidations102 d’entreprises canadiennes financées par des investisseurs nationaux et étrangers ont été enregistrées en 2011 (2 sorties par premier appel public à l’épargne et 25 par fusion-acquisition), en baisse de 13 % sur 12 mois, mais en légère hausse par rapport aux activités de liquidations enregistrées en 2008 et en 2009103. En 2011, la valeur moyenne de fusion-acquisition était de 245 millions de dollars, une somme considérablement plus élevée qu’en 2009 et en 2010, et beaucoup plus importante que la moyenne des fusions-acquisitions d’entreprises financées par capital de risque aux États-Unis (150 millions de dollars en 2011).

Inversement, le premier appel public à l’épargne pour les entreprises financées par capital de risque au Canada en 2011 correspondait en moyenne à une somme plus de 50 % inférieure à sa contrepartie américaine (72 millions de dollars au Canada104 et 190 millions de dollars aux États-Unis105). Cette situation pourrait être liée à la capitalisation boursière relativement faible106 des entreprises technologiques au Canada par rapport à celle des États-Unis. Bien que le TSX et la Bourse de croissance TSX se classent ensemble au 2e rang des indices boursiers en Amérique du Nord en termes d’échanges, comprenant le plus grand nombre d’entreprises technologiques cotées, ces dernières comptent pour moins de 2 % de la capitalisation de ces deux bourses107,108. Par comparaison, 15 % de la capitalisation boursière à l’échelle mondiale en 2010 concernait des entreprises technologiques109,110.

Certaines données donnent à penser que les entreprises technologiques sont sous-évaluées au Canada. Selon la Banque de développement du Canada, le ratio cours-bénéfice des entreprises canadiennes financées par capital de risque cotées au Canada est constamment inférieur à celui des entreprises technologiques cotées aux États-Unis, y compris les entreprises canadiennes111. Autre fait démontrant que les actions des entreprises technologiques sont sous-évaluées sur les marchés canadiens, la valeur d’acquisition des entreprises canadiennes est considérablement plus élevée que leur valeur marchande112. Cette situation pourrait entraver la formation d’entreprises innovatrices de grande envergure au Canada.

Innovation et réseau mondial

La présence de liens internationaux solides est importante pour l’adoption et la diffusion de nouvelles idées et technologies pouvant avoir une incidence positive sur le rendement de l’innovation et la compétitivité à l’échelle mondiale. Au Canada, l’investissement direct étranger (IDE) permet aux fournisseurs canadiens de pénétrer de nouveaux marchés et d’avoir accès à de nouvelles technologies. En outre, ces entreprises étrangères diffusent des connaissances et investissent une plus grande part de leurs recettes dans la R-D113. L’investissement direct canadien à l’étranger (IDCE), quant à lui, peut favoriser les activités à forte valeur ajoutée au siège social, comme la R-D, l’ingénierie et la conception114. Par l’entremise de l’IDCE, les entreprises canadiennes peuvent acquérir des innovations développées à l’étranger et les utiliser au pays. Elles peuvent également recruter de nouveaux talents qui viennent enrichir leur effectif.

L’IDE au Canada et l’IDCE ont fortement augmenté depuis la fin des années 1990, l’IDE atteignant environ 607 milliards de dollars et l’IDCE, environ 684 milliards en 2011. Le secteur de la fabrication est le plus grand bénéficiaire de l’IDE, suivi de l’exploitation minière et de l’extraction de pétrole et de gaz, les États-Unis étant de loin la plus grande source d’IDE au Canada. L’IDCE vise d’abord le secteur des finances et de l’assurance, puis celui de l’exploitation minière et de l’extraction de pétrole et de gaz, les États-Unis étant le principal pays récipiendaire d’IDCE115.

Selon les données de l’OCDE, l’apport d’IDE au Canada équivalait à 2,4 % du PIB en 2011, alors que les sorties (l’IDCE) équivalaient à 2,9 % du PIB la même année. Ces coefficients dépassent l’IDE et l’IDCE moyens de l’OCDE, qui sont de 1,8 % et de 2,8 %, respectivement116.

Flux technologiques internationaux

Les flux technologiques internationaux117 (figure 4-13) reflètent, jusqu’à un certain point, les liens internationaux tissés par le commerce transfrontalier des produits de R-D et des technologies directement utilisables pour la production118. Bien que cela comprenne les échanges tant au sein des entreprises qu’entre celles-ci, les données montrent l’importance particulière des flux technologiques entre les sociétés mères et leurs filiales (c’est-à-dire les échanges au sein d’une entreprise)119. TCe type d’échanges est probablement important pour le Canada également, puisque la plupart des grandes entreprises du pays mènent des activités aux États-Unis.

Malgré la participation croissante du Canada aux flux technologiques internationaux de 1999 à 2009 (figure 4-13), le pays se classe toujours moins bien que plusieurs de ses principaux concurrents, dont les cinq pays les mieux classés (l’Irlande, la Finlande, les Pays-Bas, la Suisse et la Suède). Cette situation donne à penser que les réseaux mondiaux des entreprises canadiennes ne sont peut-être pas aussi solides que ceux des entreprises d’autres pays, privant le Canada des avantages que ces réseaux peuvent apporter en matière d’innovation.

La figure 4-14 montre les recettes et paiements pour les éléments des services commerciaux à forte intensité technologique120. Les recettes reflètent la capacité des entreprises canadiennes à exporter les produits de leurs activités à forte intensité technologique, de même que la demande pour les idées et l’expertise canadiennes à l’échelle mondiale. Les paiements reflètent quant à eux la volonté des entreprises canadiennes de tirer profit d’activités à forte intensité technologique menées à l’étranger, de même que de la connaissance des occasions d’affaires qui s’y trouvent. Bien que plusieurs autres aspects des services puissent comporter des activités de R-D, les catégories utilisées dans la figure ont été choisies parce qu’elles montrent les paiements ou les recettes explicites des transferts de technologie et le commerce transfrontalier d’activités à forte intensité de R-D.

Les transactions portant sur des services à forte intensité technologique, en proportion de l’ensemble des transactions portant sur des services commerciaux, ont fortement augmenté depuis 1990, malgré une certaine stagnation ces dernières années121. En 2011, l’élément le plus important des exportations de services commerciaux à forte intensité technologique a été celui des services informatiques et d’information (environ 14 %), suivi des services d’architecture, d’ingénierie et d’autres services techniques (environ 11 %). La catégorie la plus importante dans le domaine de l’importation de services à forte intensité technologique en 2010 a été, de loin, celle des droits d’utilisation de la propriété intellectuelle (environ 22 %).

En ce qui a trait à la valeur totale des recettes et des paiements pour des services à forte intensité technologique au Canada, les recettes dépassent généralement les paiements, donnant à penser que le Canada exporte davantage qu’il importe. En 2011, les recettes pour les services à forte intensité technologique ont atteint 19,5 milliards de dollars environ, et les paiements se sont chiffrés à quelque 18,6 milliards. Les droits d’utilisation de la propriété intellectuelle sont le seul élément dont la balance commerciale est traditionnellement négative122.


19Someshwar Rao et coll., «Importance de l’innovation pour la productivité», Observateur international de la productivité Centre d’étude des niveaux de vie, vol. 2, printemps 2001, p. 11-18.

20OCDE, Business Innovation Policies: Selected Country Comparisons, Paris, 2011, p. 14.

21À ce sujet, voir : OCDE, Études économiques de l’OCDE : Canada, Paris, juin 2012; et Alexandra Bibbee, «Unleashing Business Innovation in Canada,» OECD Economics Department Working Papers, n° 997, octobre 2012.

22OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011, Paris, 2011, p. 80.

23Les DIRDE se distinguent du financement de la R-D par les entreprises et de l’intensité de financement de la R-D des entreprises (voir le chapitre 3), qui visent tous deux les investissements en R-D des entreprises de tous les secteurs (industrie, enseignement supérieur, gouvernement, etc.).

24OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011, Paris, 2011, p. 80.

25La valeur ajoutée de l’industrie, qui est principalement constituée des profits et des salaires, est essentiellement la contribution des entreprises au PIB.

26Lorsque les données de 2006, 2008 ou 2011 n’étaient pas disponibles, celles de l’année la plus rapprochée ont été utilisées aux fins du calcul du classement. Voir à la figure 4-1 les années employées.

27Basé sur les données présentées dans OCDE, Principaux indicateurs de la science et de la technologie, janvier 2013. Lorsque les données de 2006, 2008 ou 2011 n’étaient pas disponibles, celles de l’année la plus rapprochée ont été utilisées aux fins du calcul du classement. Voir à la figure 4-1 les années employées.

28Statistique Canada, Tableau CANSIM 358-0024, Caractéristiques au titre de la recherche et développement dans les entreprises commerciales (DIRDE), octobre 2012.

29L’augmentation est calculée en dollars courants. Calculées en dollars constants, les DIRDE ont diminué pendant cinq années consécutives, soit de 2007 à 2011. Les DIRDE en dollars constants sont calculées selon l’indice du PIB. En date d’octobre 2012, la valeur du dollar constant de 2012 n’était pas encore disponible. Voir Statistique Canada, Recherche et développement industriels : perspective 2012, n° 88-202-X au catalogue, Ottawa, 2012.

30Dans la fabrication des TIC, le CSTI comprend la fabrication de matériel informatique et de périphériques (SCIAN 3341), celle de matériel de communication (SCIAN 3342), celle de semi-conducteurs et d’autres composants électroniques (SCIAN 3344), celle d’instruments de navigation, de mesure et de commande et d’instruments médicaux (SCIAN 3345) ainsi que celle d’autres produits informatiques et électroniques (SCIAN 3343 et SCIAN 3346).

31Étant donné la façon dont Statistique Canada classe les entreprises, qui est basée sur la principale source de revenu plutôt que sur des objectifs de R-D, presque tout le montant de la R-D dans le commerce de gros serait attribué aux industries de R-D de pointe et intensive (comme l’industrie des produits pharmaceutiques).

32Les industries de l’information et de la culture comprennent le secteur de l’édition; les industries du film et de l’enregistrement sonore; la radiodiffusion; les télécommunications; le traitement et l’hébergement de données ainsi que les services connexes; et d’autres services d’information, comme les bibliothèques ainsi que l’édition et la radiodiffusion par Internet.

33Statistique Canada, Tableau CANSIM 358-0024, Caractéristiques au titre de la recherche et développement dans les entreprises commerciales (DIRDE), selon le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN), annuel (dollars, sauf indication contraire), octobre 2012.

34La fabrication de véhicules et de pièces automobiles comprend la fabrication de véhicules automobiles (SCIAN 3361), celle de carrosseries et de remorques de véhicules automobiles (SCIAN 3362) et celle de pièces pour véhicules automobiles (SCIAN 3363).

35Les finances, l’assurance et l’immobilier comprennent le secteur des finances et des assurances (SCIAN 52) et celui des services immobiliers et des services de location et de location à bail (SCIAN 53).

36L’extraction de pétrole et de gaz, le forage à forfait et les services connexes comprennent l’extraction de pétrole et de gaz (SCIAN 211), le forage à forfait de puits de pétrole et de gaz (SCIAN 213111) et les services relatifs à l’extraction de pétrole et de gaz (SCIAN 213118).

37À ce sujet, voir Statistique Canada, Tableau CANSIM 379-0023, Produit intérieur brut (PIB) au prix de base en dollars courants, les valeurs repères du Système des comptes nationaux (SCN), selon le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN).

38Les services résultent d’une activité de production qui modifie l’état de l’unité consommatrice ou qui facilite l’échange de produits ou d’actifs financiers. Le secteur des services se divise en 11 principaux groupes, ou sous-secteurs, soit le commerce de gros et de détail; les soins de santé et l’assistance sociale; l’hébergement et les services de restauration; les services professionnels, scientifiques et techniques; les services d’enseignement; les finances, les assurances, l’immobilier et la location; le transport et l’entreposage; l’information, la culture et les loisirs; l’administration publique et la défense; les services aux entreprises, les services relatifs aux bâtiments et les autres services de soutien; ainsi que les autres services.

39OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011, Paris, 2011, p. 180.

40Basé sur Statistique Canada, Tableau CANSIM 358-0024 et Industrie Canada, Statistiques relatives à l’industrie canadienne, novembre 2012.

41Statistique Canada, Tableau CANSIM 358-0024, Caractéristiques au titre de la recherche et développement dans les entreprises commerciales (DIRDE), selon le groupe d’industries basé sur le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord, octobre 2012.

42Comme le souligne L’état des lieux en 2010, la comparaison des dépenses en R-D par industrie à l’échelle internationale présente certaines difficultés. Les données internationales pouvant être comparées ne sont pas toujours récentes, et les méthodes de collecte des données comportent des différences. En raison de cette différence de méthode, certaines activités de R-D sont associées à des industries différentes selon le pays.

43Les pays pris en compte dans cette moyenne sont l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, la Corée, le Danemark, l’Espagne, les États-Unis, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, le Japon, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, la République tchèque, le Royaume-Uni et la Suède. En général, les données se rapportent à l’année 2007, à l’exception des données sur l’Australie (2005) et de celles sur le Canada, le Danemark, la France, la Pologne et le Royaume-Uni (2006). Certaines exceptions s’appliquent : le Danemark, la Grèce et la Hongrie sont exclus de la moyenne ayant trait à l’aéronautique et à l’aérospatiale, et les données connexes pour les Pays-Bas et la Corée concernent 2005; la Norvège est exclue de la moyenne concernant les produits chimiques, à l’exception des produits pharmaceutiques; l’Australie est exclue de la moyenne concernant les produits alimentaires; le Danemark est exclu de la moyenne concernant la fabrication de haute technologie; et les données connexes pour les Pays-Bas concernent 2006 et celles pour la Hongrie et la Grèce concernent 2005; le Royaume-Uni est exclu de la moyenne concernant la fabrication à faible technologie; la Grèce est exclue de la moyenne concernant les machines de bureau, les machines de comptabilité et le matériel de traitement de l’information; le Royaume-Uni est exclu de la moyenne concernant les pâtes et papier; les Pays-Bas sont exclus de la moyenne concernant le matériel de radiodiffusion, de télédiffusion et de communication; et les données de l’Australie sur la construction, l’électricité, le gaz et l’eau concernent l’année 2006.

44En 2012, le secteur des TIC représentait environ 4 % du PIB, tandis que l’extraction minière, l’exploitation en carrière et l’extraction de pétrole et de gaz comptaient pour environ 8 %. Les calculs se basent sur le tableau CANSIM 379-0031 de Statistique Canada, Produit intérieur brut (PIB) aux prix de base, selon le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN), mensuel (dollars), mars 2013.

45OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011, Paris, 2011, p. 180.

46L’indicateur d’intensité de R-D ajustée en fonction de la structure industrielle correspond, pour un pays donné, à la moyenne des intensités de R-D des secteurs pondérée en fonction de la structure industrielle de l’OCDE – soit des parts de valeur ajoutée par secteur en 2007 – plutôt qu’en fonction des parts réelles de valeur ajoutée du pays considéré, qui sont utilisées pour calculer l’indicateur d’intensité de R-D non ajustée. Les données sur les DIRDE de l’Estonie, de l’Italie et de la République tchèque se rapportent à 2009; celles sur les DIRDE de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Belgique, des États-Unis, de la Finlande, de la France, de la Grèce, du Mexique, de la Norvège, du Royaume-Uni et de la Suède, à 2007; celles sur les DIRDE du Danemark, des Pays-Bas et de la Pologne, à 2006; et celles sur les DIRDE de l’Australie, du Canada, de l’Irlande et de l’Islande, à 2005.

47Selon des données sur l’Australie, la Corée, les États-Unis, la Finlande, la France, le Royaume-Uni et la Suède (pour 2009 ou une année ultérieure), OCDE, Dépense intra-muros totale de R-D des entreprises par taille et source de financement, octobre 2012.

48Calculs de Statistique Canada pour le CSTI, novembre 2012, fondés sur Statistique Canada, Recherche et développement dans l’industrie canadienne, 2010.

49Statistique Canada, Recherche et développement industriels : perspective 2012 , no 88-202-X au catalogue, Ottawa, 2012, p. 8.

50Selon L’état des lieux en 2010, cette proportion était de 33 % en 2009. Les plus récentes données placent cette valeur à 30 %.

51Statistique Canada, Recherche et développement industriels : perspective 2011, n° 88-202-X au catalogue, Ottawa, 2011, p. 5

52Cette proportion est égale au nombre d’entreprises menant des activités de R-D dans une industrie, divisé par le nombre total d’entreprises dans cette industrie. Comme les données les plus récentes se rapportent à 2009, ce portrait pourrait ne pas refléter toutes les conséquences de la récession.

53Statistique Canada, Recherche et développement industriels : perspective 2011, n° 88-202-X au catalogue, Ottawa, 2011, p. 43

54Kevin Girdharry, Elena Simonova et Rock Lefebvre, « Les investissements en machines et matériel : une nécessité pour l’avenir du Canada », Point de mire, L’Association des comptables généraux accrédités du Canada, Ottawa, avril 2012, p. 7.

55Industrie Canada, Innovation et stratégies d’entreprise : Perspective canadienne, Ottawa, 2011, p. 1.

56Machines et matériel en dollars courants. Le PIB aux prix du marché est estimé en fonction des dépenses en dollars courants.

57La valeur en dollars constants est plus grande en raison de la diminution du coût des machines et du matériel.

58MM et PIB aux prix du marché en dollars courants. Voir Statistique Canada, Tableau CANSIM 380-0017, Produit intérieur brut (PIB), en termes de dépenses, octobre 2012.

59Selon l’OCDE, les produits tirés des TIC sont surtout destinés à remplir ou à faciliter la fonction de traitement de l’information et de communication par des moyens électroniques, y compris la transmission et l’affichage. OCDE, Guide to Measuring the Information Society, Paris, 2009, p. 90.

60Parmi les études antérieures, mentionnons Andrew Sharpe, « What Explains the Canada-US ICT Investment Gap? », International Productivity Monitor, Centre d’étude des niveaux de vie, vol. 11, 2005; Someshwar Rao, Cracking Canada’s Productivity Conundrum, Institut de recherche en politiques publiques, n° 25, 2011; Someshwar Rao et coll., What Explains the Canada-US TFP Gap?, Industrie Canada, Working Paper 2006-08, 2006.

61OCDE, Mesurer l’innovation : Un nouveau regard, Paris, 2010, p. 84 (en anglais seulement).

62OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011 , Paris, 2011, p. 83.

63Kevin Girdharry, Elena Simonova et Rock Lefebvre, «Les investissements en machines et matériel : une nécessité pour l’avenir du Canada,», Point de mire, L’Association des comptables généraux accrédités du Canada, Ottawa, 2012, p. 6.

64Centre d’étude des niveaux de vie, Database of Information and Communication Technology (ICT) Investment and Capital Stock Trends: Canada vs. United States août 2012 (en anglais seulement).

65OCDE, Études économiques de l’OCDE : Canada 2012, Paris, 2012, p. 55.

66Le Conference Board du Canada, « Measuring What Counts », Issues in Intangibles, vol. 1, no 1, hiver 2012, p. 2.

67Les biens incorporels « ont contribué de façon importante à la croissance de la productivité du travail », représentant environ 40 % de l’effet total de l’augmentation du capital entre 1976 et 2008. Statistique Canada, « Étude : Immobilisations incorporelles et croissance de la productivité au Canada, 1976 à 2008 », Le Quotidien, 1erjuin 2012.

68John R. Baldwin, Wulong Gu et Ryan Macdonald, « Immobilisations incorporelles et croissance de la productivité au Canada », La Revue canadienne de productivité Statistique Canada, no 15-206-X au catalogue – no 029, 2012.

69OCDE, Mesurer l’innovation : Un nouveau regard, Paris, 2010, p. 22 (en anglais seulement).

70John R. Baldwin, Wulong Gu et Ryan Macdonald, « Le nouveau paradigme de l’investissement? » Aperçus économiques, Statistique Canada, no 11-626-X au catalogue – no 007, 2012.

71John R. Baldwin, Wulong Gu et Ryan Macdonald, « Le nouveau paradigme de l’investissement? » Aperçus économiques, Statistique Canada, no 11-626-X au catalogue – n° 007, 2012, p. 3.

72Rappelons que les logiciels sont également considérés comme un composant TIC des MM.

73Selon Baldwin et coll., ces investissements correspondent à toutes les dépenses liées à l’exploration, au forage et aux activités de géologie et de géophysique préalables à la mise en valeur. Ces données concernent la plupart des aspects de l’exploration pétrolière, gazière ou minérale ayant lieu au Canada (Investissement en actifs incorporels au Canada : dépenses de R-D, d’innovation, d’image de marque et de prospection minière, pétrolière et gazière, 2009).

74John R. Baldwin, Wulong Gu et Ryan Macdonald, « Le nouveau paradigme de l’investissement? » Aperçus économiques, Statistique Canada, no 11-626-X au catalogue – n° 007, 2012, p. 3.

75Alexandra Bibbee, « Unleashing Business Innovation in Canada », OECD Economics Department Working Papers, n° 997, octobre 2012, p. 14.

76OCDE, New Sources of Growth: Intangible Assets, Paris, 2011 (en anglais seulement).

77 Banque mondiale (suivant les données de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle), Demandes de marque de commerce, résidents directs, 2010.

78OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l'OCDE 2011, Paris, 2011, p. 144.

79Selon la Banque mondiale, il s’agit des demandes de marque de commerce déposées par des déposants nationaux directement auprès d’un office national de la propriété intellectuelle donné.

80Lorsque les données n’étaient pas disponibles pour 2010, celles se rapportant à 2009 ont été utilisées.

81Banque mondiale (suivant les données de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle), Demandes de marque de commerce, résidents directs, 2010.

82OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011, Paris, 2011, p. 144.

83OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2009, Paris, 2009, p. 22.

84Shunji Wang, Le financement des petites et moyennes entreprises innovatrices au Canada, Programme de recherche sur le financement des PME, Industrie Canada, 2009, p. 24. Les entreprises innovatrices sont celles qui consacrent plus de 20 % de leurs dépenses d’investissement à la R-D.

85National Angel Capital Organization, Investment Activity by Canadian Angel Groups: 2011 Report, Toronto, 2012, p. 12.

86Le calcul des investissements de capital de risque en pourcentage du PIB correspond à la somme des capitaux de prédémarrage, de démarrage et de développement préliminaire en pourcentage du PIB du pays.

87The Economist, What next for the start-up nation? basé sur des données de la National Venture Capital Association, de l’European Private Equity and Venture Capital Association, de l’Israel Venture Capital Research Center et des Nations Unies, 21 janvier 2012 (en anglais seulement).

88L’estimation du ratio pour le Canada a été réalisée par le CSTI au moyen des données de l’Association canadienne du capital de risque et d’investissement.

89Données sur le capital de risque publiées par l’Association canadienne du capital de risque et d’investissement et Thomson Reuters, et données sur le PIB provenant de Statistique Canada, Tableau CANSIM 380-0017, Produit intérieur brut, en termes de dépenses, aux prix du marché en dollars courants, septembre 2012.

90Association canadienne du capital de risque et d’investissement, Canada's Venture Capital Market in 2011, préparé par Thomson Reuters, 2012 (en anglais seulement).

91Association canadienne du capital de risque et d’investissement, Canada's Venture Capital Market in 2011, préparé par Thomson Reuters, 2012 (en anglais seulement).

92Selon l’Association canadienne du capital de risque et d’investissement, les étapes ultérieures sont les suivantes : 

  • Étape d’expansion : Entreprise établie ou presque établie, qui a besoin de capital pour accroître sa capacité de production, ses activités de commercialisation et ses ventes.
  • Étape d’acquisition ou de rachat : Entreprise établie ou presque établie, qui a besoin de financement pour faire l’acquisition de l’ensemble ou d’une partie d’une autre entreprise pour prendre de l’expansion.
  • Étape de redressement : Entreprise établie ou presque établie, qui a besoin de capital pour surmonter des difficultés financières ou opérationnelles temporaires.
  • Autres étapes du développement : Comprennent le reclassement de titres ou la vente d’actifs au portefeuille parmi les investisseurs, de même que le fonds de roulement.

93Selon l’Association canadienne du capital de risque et d’investissement, les étapes initiales sont les suivantes : 

  • Étape de prédémarrage : Entreprise en développement qui n’a pas encore entrepris ses activités commerciales et qui a besoin de financement pour la recherche-développement de produits.
  • Étape de démarrage : Entreprise qui vient tout juste d’entreprendre ses activités et qui a besoin de capital pour le développement de produits, la commercialisation initiale et l’atteinte d’autres objectifs.
  • Autre étape initiale : Entreprise qui a amorcé les activités de commercialisation initiale et de développement connexes et qui a besoin de financement pour assurer une pleine production commerciale et un maximum de ventes.

94Association canadienne du capital de risque et d’investissement, Canada's Venture Capital Market in 2011, préparé par Thomson Reuters, 2012 (en anglais seulement).

95National Venture Capital Association, Yearbook 2012, préparé par Thomson Reuters, 2012.

96Association canadienne du capital de risque et d’investissement, Canada's Venture Capital Market in 2011, préparé par Thomson Reuters, 2012 (en anglais seulement).

97Innovation Canada : Le pouvoir d’agir, Examen du soutien fédéral de la recherche-développement – Rapport final du groupe d’experts, Ottawa, 2011, chapitre 7, p. 7-16.

98Banque de développement du Canada, Revue de l’industrie du capital de risque, Ottawa, 2011. Cité dans : Innovation Canada : Le pouvoir d’agir, Examen du soutien fédéral de la recherche-développement – Rapport final du groupe d’experts, Ottawa, 2011, chapitre 7, p. 7-16.

99Douglas Cumming et Jeffrey MacIntosh, Crowding Out Private Equity: Canadian Evidence, 2006; James Brander et coll., Government Sponsored Venture Capital in Canada: Effects on Value Creation, Competition and Innovation, 2008. Cité dans Innovation Canada : Le pouvoir d’agir, Examen du soutien fédéral de la recherche-développement – Rapport final du groupe d’experts, Ottawa, 2011, chapitre 7, p. 7-13.

100Association canadienne du capital de risque et d’investissement, Canada's Venture Capital Market in 2011, préparé par Thomson Reuters, 2012 (en anglais seulement).

101National Venture Capital Association et Thomson Reuters, Yearbook 2012, préparé par Thomson Reuters, 2012, p. 11, figure 5.0.

102Ces activités ne font l’objet d’aucune obligation de divulgation.

103Association canadienne du capital de risque et d’investissement, Canada's Venture Capital Market in 2011, préparé par Thomson Reuters, 2012 (en anglais seulement).

104Données fournies par la Direction générale de la petite entreprise et du tourisme d’Industrie Canada.

105National Venture Capital Association et Thomson Reuters, Communiqué de presse, 3 janier 2011 (en anglais seulement).

106Selon la Banque mondiale, la capitalisation boursière correspond au prix de l’action multiplié par le nombre d’actions en circulation.

107Il s’agit des calculs du CSTI fondés sur des données du groupe TMX pour 2011, faisant état d’une capitalisation boursière de 34 milliards de dollars des entreprises technologiques et d’une capitalisation boursière globale de 2 billions de dollars environ. Bourse de Toronto, Leadership dans le secteur de la technologie et A Capital Opportunity: A Growth Market for Technology Companies (en anglais seulement).

108À la fin de 2011, les entreprises technologiques représentaient 4 % de la capitalisation boursière canadienne. Jos Schmitt, « Fixing Canada’s Broken Tech Scene », Backbone Magazine, 27 février 2012 (en anglais seulement).

109Tom Tunguz, « Four Trends in the Public Technology Market », TechCrunch, basé sur une recherche de données sur le secteur des technologies réalisée par CapitalIQ, ainsi que sur des données du FMI et du U.S. Census concernant la capitalisation boursière à l’échelle mondiale, 15 juillet 2012 (en anglais seulement).

110Le faible taux de capitalisation boursière des entreprises technologiques canadiennes par rapport à la capitalisation à l’échelle mondiale pourrait être une conséquence des cours relativement élevés des titres des entreprises exploitantes de ressources et des banques canadiennes. De plus, comme la Bourse de croissance TSX sert d’alternative au capital de risque, la majorité des entreprises technologiques cotées à cette bourse sont très petites. Pour en savoir plus sur la Bourse de croissance TSX en tant que marché du capital de risque, voir Cécile Carpentier et Jean-Marc Suret, « The Canadian Public Venture Capital Market », Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations, avril 2009.

111Banque de développement du Canada, Revue de l’industrie du capital de risque, Ottawa, 2011, p. 16.

112Boyd Erman, « We undervalue our tech stocks – and pay the price, » The Globe and Mail, 30 janvier 2012 (en anglais seulement).

113OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011, Paris, 2011, p. 174.

114Walid Hejazi, « Dispelling Canadian Myths about Foreign Direct Investment, » IRPP Study, no 1, janvier 2010, p. 1 (en anglais seulement).

115Statistique Canada, Tableau CANSIM 376-0052, Bilan des investissements internationaux, investissements directs canadiens à l’étranger et investissements directs étrangers au Canada, selon le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN) et la région, octobre 2012.

116OCDE, Statistiques de l’OCDE sur l’investissement direct international 2012, Paris, 2012.

117Le commerce des technologies se divise en quatre grandes catégories, soit le transfert de techniques (par les brevets, les licences, le transfert de savoir-faire); le transfert (par vente, octroi de licence ou franchisage) de dessins, de marques de commerce et de modèles; les services de nature technique, notamment les études techniques et l’assistance technique; et la R-D industrielle.

118OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011, Paris, 2011, p. 108.

119Par exemple, selon l’OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011, les flux technologiques vers et depuis l’Irlande s’expliquent essentiellement par la présence de nombreuses filiales étrangères (principalement d’entreprises américaines et britanniques).

120Comme pour les données de l’OCDE présentées ci-dessus à la figure 4-13, les données sur les services commerciaux à forte intensité technologique comprennent les transactions au sein des multinationales, qui sont à l’origine de la majorité de ces paiements pour des services.

121Le total des recettes et des paiements pour les services à forte intensité technologique stagne également depuis quelques années.

122Statistique Canada, Tableau CANSIM 376-0033, Opérations internationales de services commerciaux par catégorie, novembre 2012.