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L'état des lieux en 2014

Le système des sciences, de la technologie et de l'innovation au Canada : Défis et occasions en matière d'innovation au Canada

Chapitre 3 : Des connaissances de haut niveau

Principales constatations

  • De 2008 à 2014, le financement total des activités de recherche-développement (R-D) du Canada est demeuré essentiellement inchangé, l'augmentation des fonds versés par le secteur de l'enseignement supérieur et les gouvernements provinciaux ayant été contrebalancée par la diminution des fonds versés par les deux plus grands secteurs, soit les entreprises et le gouvernement fédéral.
  • Bien que les fonds consacrés à la R-D par le secteur canadien de l'enseignement supérieur (DIRDES) aient augmenté au fil du temps, l'intensité du pays relativement aux DIRDES est demeurée stable (à 0,65 % du PIB). À ce chapitre, les autres pays ayant augmenté davantage leurs dépenses, le Canada a chuté, passant de la troisième place (en 2006) à la huitième place (en 2013) pour se situer à 88 % du seuil des cinq pays en tête du classement (par rapport à 105 % en 2006).
  • Bien que les États-Unis et le Royaume-Uni aient occupé le sommet du classement universitaire mondial, le Canada s'est montré compétitif dans le deuxième tiers des pays de comparaison.
  • La présence de 96 de ses chercheurs dans le premier centile des chercheurs les plus cités dans leurs domaines respectifs a procuré au Canada une certaine renommée, le plaçant au sixième rang, après des pays nettement plus populeux.

Les connaissances de haut niveau contribuent à jeter les bases de la compétitivité mondiale de tous les acteurs dans l'écosystème des sciences, de la technologie et de l'innovation (STI). Dans l'industrie des sciences et de la technologie, les connaissances s'acquièrent principalement grâce à la R-D. La R-D est cruciale dans tous les domaines, que ce soit pour la recherche fondamentale (autant dans le monde universitaire que dans l'industrie), la recherche appliquée axée sur des objectifs précis ou le développement expérimental visant à créer ou à améliorer des produits et des procédés.

Pour évaluer la quantité et la qualité des connaissances produites au Canada, quatre facteurs qui favorisent la réussite et définissent le leadership doivent être pris en considération :

  • le niveau des investissements dans la R-D, y compris le total des dépenses au pays (dépenses intérieures brutes en R-D ou DIRD) et, plus précisément, ceux du secteur de l'enseignement supérieur (DIRDES) (facteur englobant un autre indicateur cible);
  • l'efficacité de ces investissements pour l'établissement d'une masse critique dans les principaux domaines de recherche;
  • la compétitivité mondiale des recherches menées et des établissements d'enseignement supérieur dans lesquels la plupart des connaissances sont produites;
  • l'ampleur du transfert des connaissances entre les acteurs des STI.

Investissements dans la production de connaissances

Le total des fonds investis dans la R-D influe grandement sur la capacité d'un pays à produire une quantité suffisante de bonnes connaissances pour livrer une forte compétition aux autres pays. Cette incidence se reflète dans le total des investissements au pays (c'est-à-dire les dépenses intérieures brutes de recherche-développement [DIRD]), et plus précisément dans les DIRDES (dépenses intra-muros de recherche-développement du secteur de l'enseignement supérieur) engagées par les établissements d'enseignement supérieur et les hôpitaux de recherche. Bien que le Canada ait maintenu son financement de la R-D par rapport à la taille de son économie de 2008 à 2014, il a perdu un peu de terrain sur ses concurrents mondiaux à mesure que ceux-ci accroissaient leurs investissements.

Dépenses intérieures brutes en recherche et développement

Les DIRD reflètent le soutien général apporté à la production officielle des connaissances. Elles représentent le total des fonds consacrés aux activités de R-D dans tous les secteurs de l'écosystème des STI : les entreprises, l'enseignement supérieur, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, les organismes privés sans but lucratif et le secteur étranger.

Au Canada, les DIRD sont demeurées essentiellement inchangées de 2008 à 2014. La légère augmentation des fonds investis par le secteur de l'enseignement supérieur et les gouvernements provinciaux a été contrebalancée par une diminution des dépenses des deux plus grands secteurs, soit les entreprises et le gouvernement fédéral (voir l'annexe 3 pour en savoir plus sur les sources de financement de la R-D au Canada au fil du temps). Le financement de la R-D par les entreprises a atteint un sommet de 15,2 milliards de dollars en 2011, avant de connaître une diminution en 2012 et en 2013. Il devrait continuer de diminuer pour se chiffrer à 14,1 milliards de dollars en 2014. De même, le financement de la R-D par le gouvernement fédéral a atteint un sommet de 6,5 milliards de dollars en 2010, avant de commencer à diminuer. Il devrait se chiffrer à 5,8 milliards de dollars en 2014. En revanche, le secteur de l'enseignement supérieur devrait investir une somme sans précédent de 5,5 milliards de dollars dans la R-D en 2014, alors que les gouvernements provinciaux ont continué d'accroître graduellement leur propre financement dans la R-D, qui devrait atteindre une somme record de 2,1 milliards de dollars en 2014.

La masse critique en neurosciences

C'est à la sous-priorité des neurosciences, domaine dans lequel la compétence des chercheurs canadiens est reconnue partout dans le monde, que les organismes subventionnaires fédéraux ont alloué le plus de fonds en 2013-2014. Bien que le Canada considère les neurosciences comme une priorité, ses investissements dans ce domaine ne sont pas compétitifs par rapport à ceux des États-Unis. Les fonds totaux consacrés par le gouvernement fédéral à la recherche en neurosciences ne correspondent environ qu'à 40 % de ceux investis par les États-Unis, même une fois rajustés en fonction de la taille de l'économie américaine (approximativement 11 fois plus importante que l'économie canadienne).

Le gouvernement fédéral soutient la recherche en neurosciences au moyen de diverses initiatives, et notamment par l'intermédiaire de l'Institut des neurosciences, de la santé mentale et des toxicomanies des Instituts de recherches en santé du Canada (irsc), du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (crsng), du Conseil de recherches en sciences humaines (crsh) et du Fonds canadien de recherche sur le cerveau (de la Fondation Neuro Canada). Les irsc ont consacré quelque 129,3 millions de dollars aux neurosciences en 2013-2014, alors que le crsng et le crsh y ont alloué 35,6 millions et 23,8 millions, respectivement. Le gouvernement fédéral s'est aussi engagé à verser jusqu'à 100 millions de dollars sur six ans (de 2011-2012 à 2016-2017) à la Fondation Neuro Canada, un organisme national sans but lucratif qui développe et favorise la recherche coopérative et multidisciplinaire entre les divers établissements dans le domaine des neurosciences. Au total, les fonds consacrés par le gouvernement fédéral à la recherche en neurosciences se sont donc chiffrés à quelque 205 millions de dollars en 2013-2014.

Aux États-Unis, les National Institutes of Health ont affecté à cette recherche quelque 5 474 millions de dollars américains, au total, sur leur budget de 2014. Une somme supplémentaire de 110 millions de dollars américains a été investie dans le cadre de l'initiative Brain Research through Advancing Innovative Neurotechnologies (BRAIN), portant à 5 584 millions de dollars le total des fonds consacrés à la recherche en neurosciences aux États-Unis en 2014.

Bien que les dépenses totales du Canada en R-D soient restées stables pendant la période visée, les autres pays ont augmenté leur financement (autant les sommes à proprement parler que les fonds versés par rapport à la taille de leurs économies respectives). L'intensité du Canada quant aux DIRD (DIRD comme pourcentage du PIB) a connu une diminution de 2006 à 2013, passant de 1,96 % à 1,62 %; le Canada est ainsi passé du 16e au 24e rang de 41 pays (figure 3-1). En revanche, l'intensité des DIRD d'Israël (en première place) et de la Corée (en deuxième place) a augmenté, passant respectivement de 4,19 % à 4,21 % et de 2,83 % à 4,15 % du PIB. Les États-Unis occupaient le 11e rang en 2013, l'intensité de leurs DIRD étant passée de 2,55 % à 2,73 %. En 2013, le Canada était à 49 % du seuil des cinq pays en tête du classement, qui comprenaient aussi le Japon, la Finlande et la Suède (une diminution par rapport à son pourcentage de 67 % en 2006).

Figure 3-1 : DIRD en pourcentage du PIB, 2006 et 2013

Diagramme en barres des dépenses intérieures brutes en R-D, en pourcentage du PIB, pour l'année 2006 et l'année 2013 (la description détaillée se trouve sous l'image)

Source : OCDE, Principaux indicateurs de la science et de la technologie, juillet 2015.

Description de la figure 3-1

Dépenses intra-muros de recherche-développement du secteur de l'enseignement supérieur

Selon les versions précédentes de L'état des lieux, le Canada dépend plus de la production de connaissances dans les établissements d'enseignement supérieur et les hôpitaux de recherche que les autres pays membres de l'OCDE. Par conséquent, l'intensité des DIRDES (DIRDES comme pourcentage du PIB) a été qualifiée d'indicateur cible dans L'état des lieux en 2012.

Les niveaux de DIRDES au Canada ont augmenté graduellement, au même rythme que le financement du gouvernement fédéral (voir l'annexe 3). Le financement fédéral de la R-D dans le secteur de l'enseignement supérieur a connu une croissance rapide de la fin des années 1990 à l'année 2011, puis s'est stabilisé, et son taux de croissance est retombé aux niveaux plus modestes du début et du milieu des années 1990 (figure 3-2).

Malgré l'augmentation du niveau de financement de la R-D par le gouvernement fédéral, l'intensité du Canada quant aux DIRDES n'a pas changé de 2006 à 2013, demeurant à 0,65 % du PIB. Alors que d'autres pays augmentaient leurs investissements en R-D dans le secteur de l'enseignement supérieur, le Canada a perdu du terrain à l'échelle mondiale sur le plan de l'intensité des DIRDES, passant de la troisième place en 2006 à la huitième place en 2013 (figure 3-3). Les cinq pays en tête du classement (le Danemark, la Suède, la Suisse, l'Autriche et l'Estonie) ont tous augmenté l'intensité de leurs DIRDES de 2006 à 2013. Cette croissance a été particulièrement forte au Danemark, dont l'intensité des DIRDES est passée de 0,62 % à 0,97 %. Le Canada se situait à 88 % du seuil de ces cinq pays en 2013, une diminution par rapport à son pourcentage de 105 % en 2006. Il a continué à devancer les États-Unis, situés à 52 % du seuil des cinq pays en tête du classement au chapitre de l'intensité des DIRDES (0,39 % de leur PIB). Il a aussi devancé d'autres pays dont l'économie est sensiblement avancée, y compris l'Allemagne, le Japon, la France et le Royaume-Uni (dont l'intensité des DIRDES atteignait respectivement 0,51 %, 0,47 %, 0,46 % et 0,43 %).

Figure 3-2 : Financement par le gouvernement fédéral de la R-D dans le secteur de l'enseignement supérieur, de 1990 à 2014

Diagramme en barres du financement par le gouvernement fédéral de la R-D dans le secteur de l'enseignement supérieur, de 1990 à 2014 (en milliards de dollars) (la description détaillée se trouve sous l'image)

Source : Statistique Canada, Tableau 358-0001 (consulté le 28 juillet 2015).

Description de la figure 3-2

Figure 3-3 : DIRDES en pourcentage du PIB, 2006 et 2013

Diagramme en barres des fonds consacrés à la R-D par le secteur canadien de l'enseignement supérieur, en pourcentage du PIB pour les années 2006 et 2013 (la description détaillée se trouve sous l'image)

Source : OCDE, Principaux indicateurs de la science et de la technologie, juillet 2015.

Description de la figure 3-3

Investissements en recherche-développement pour l'établissement d'une masse critique

Deux facteurs déterminent l'excellence d'un pays et sa compétitivité à l'échelle internationale : la somme qu'il investit dans les STI et la méthode employée. Les domaines de connaissances ne revêtent pas tous la même importance pour l'avenir du Canada. Pour maximiser les retombées des investissements du Canada, le financement de la R-D doit être stratégique, ciblé et coordonné et permettre le renforcement des capacités et l'établissement d'une masse critique dans des domaines précis.

Pour établir une masse critique et accélérer le développement des connaissances, de nombreux pays définissent des priorités pour la recherche-développement, sur lesquelles ils concentrent leurs ressources. Au Canada, la stratégie fédérale des sciences et de la technologie de 200723 a cerné quatre domaines de recherche prioritaires : les sciences et les technologies de l'environnement, les ressources naturelles et l'énergie, les sciences et technologies de la santé et les sciences de la vie connexes ainsi que les technologies de l'information et des communications (TIC). Pour concentrer davantage les efforts, le gouvernement a adopté la liste de 13 sous-priorités de recherche dressée par le Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation (csti) en 2008. En 2014, dans sa nouvelle stratégie sur les STI, le gouvernement a mis à jour ses priorités et sous-priorités (maintenant appelées « secteurs d'intérêt ») en ajoutant la fabrication de pointe aux priorités de recherche et en incluant l'agriculture dans la priorité des sciences de l'environnement. (L'annexe 3 contient la liste des sous-priorités de recherche établie en 2008 et la liste des secteurs d'intérêt mise à jour en 2014.)

Il existe trop peu de données sur les autres pays pour comparer leurs dépenses en R-D dans les domaines et sous-domaines prioritaires aux dépenses du Canada. Au Canada seulement, le niveau du financement consacré par le gouvernement fédéral à ses priorités et sous-priorités de recherche-développement peut être évalué en partie en regardant la somme investie par les organismes subventionnaires.

Solutions rentables de réduction des émissions atmosphériques provenant de la production et du traitement du pétrole et du gaz

Photo illustrant des instruments qui permettent la détection, la quantification et la réduction des émissions provenant de la production et du traitement du pétrole et du gaz

Le développement de combustibles fossiles propres et de technologies écologiques connexes est essentiel à l'atteinte des objectifs en matière d'énergie et d'environnement du Canada. Le centre de recherche de Canmeténergie de Ressources naturelles Canada à Devon (Alberta) mène des recherches avec la collaboration du milieu universitaire et de l'industrie, dans le but de mettre au point des technologies et des méthodes pour détecter, quantifier et réduire les émissions provenant de la production et du traitement du pétrole et du gaz.

Dans le cadre des activités pétrolières et gazières, le torchage (brûlage dirigé de gaz naturel), le dégagement de gaz à l'atmosphère (le rejet intentionnel contrôlé de gaz dans l'atmosphère) et les émissions fugitives provenant de l'équipement engendrent des émissions de méthane, de composés organiques volatils et de particules de carbone noir, qui contribuent considérablement à faire augmenter les émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) et de polluants. Pour obtenir l'« approbation publique » et pouvoir aller de l'avant avec les projets d'hydrocarbures, il devient de plus en plus important de démontrer que des efforts sont effectivement déployés pour atténuer les répercussions sur l'environnement de ces projets. Le centre de recherche CanmetÉnergie de Devon a montré que des technologies et des pratiques conçues et mises en œuvre de façon collaborative permettent de réduire à la fois les émissions de GES et de polluants et les pertes coûteuses d'hydrocarbures.

Grâce au soutien financier d'organisations internationales, dont la Banque mondiale et l'Organisation des Nations Unies, ainsi qu'à l'engagement en matière de financement accéléré qu'a pris le Canada, le centre de recherche CanmetÉnergie de Devon a récemment dirigé des projets de réduction du torchage et du dégagement de gaz à l'atmosphère en Colombie et au Mexique. Menés avec le concours de la Petroleum Technology Alliance of Canada et de Clearstone Engineering de Calgary, ces projets emploient diverses pratiques et technologies de démonstration très prometteuses pour réduire à la fois les émissions et les coûts. Le projet mené à une installation de production pétrolière en Colombie a permis de déterminer une réduction potentielle de 150 kilotonnes des émissions annuelles de GES et une économie possible de 50 millions de dollars américains par année en s'attaquant aux pertes d'hydrocarbures évitables, alors que le projet mené à une raffinerie du Mexique a permis d'établir une réduction potentielle de 1,3 mégatonnes des émissions annuelles de GES et une économie possible de 237 millions de dollars américains par année en s'attaquant aux pertes d'hydrocarbures évitables. Grâce au soutien découlant de l'engagement du Canada concernant la Coalition pour le climat et l'air pur de l'Organisation des Nations Unies, Clearstone Engineering collabore maintenant avec des parties intéressées de la Colombie et du Mexique pour élaborer des projets de réduction des émissions et de conservation des ressources en hydrocarbures.

Fonds consacrés par les organismes subventionnaires aux priorités et sous-priorités de recherche

Le csti a utilisé les données fournies par les trois organismes subventionnaires fédéraux (les Instituts de recherche en santé du Canada irsc, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie crsng et le Conseil de recherches en sciences humaines crsh) pour évaluer le soutien financier apporté à la recherche universitaire dans les domaines et sous-domaines prioritaires de 2011-2012 à 2013-201424. L'examen des données révèle que les fonds consacrés par le gouvernement fédéral aux priorités et sous-priorités sont demeurés très stables pendant cette période.

Donald T. Stuss et Brenda Miller, éminents contributeurs à la recherche sur le cerveau

Fort de sa réputation internationale de chef de file en recherche sur le cerveau, le Canada compte beaucoup de chercheurs parmi les plus cités au monde dans des domaines connexes comme la neurologie et la psychologie. Toronto et Montréal sont des plaques tournantes de la recherche sur le cerveau grâce à deux universités réputées, respectivement l'Université de Toronto et l'Université McGill, ainsi qu'à leurs instituts de recherche hospitaliers affiliés. Les domaines de spécialité des chercheurs canadiens comprennent le développement du cerveau et du système nerveux, la génétique cérébrale, la cognition et le comportement, les maladies neurodégénératives, la neuroplasticité et la régénération du cerveau, l'apprentissage et la mémoire ainsi que la commande des mouvements et les fonctions sensorielles.

Photographie de Donald Stuss

Donald Stuss, titulaire d'un doctorat en psychologie, de l'Institut ontarien du cerveau, et Brenda Milner, titulaire de doctorats en psychologie physiologique et expérimentale, de l'Institut et hôpital neurologiques de Montréal, contribuent remarquablement et depuis longtemps à la recherche mondiale sur le cerveau. Avec plus de 35 ans de carrière à son actif, le Pr Stuss est un pionnier de la recherche sur le lobe frontal du cerveau humain. Ses travaux sont axés sur le traitement des changements aux fonctions cognitives et des changements de personnalité causés par les accidents vasculaires cérébraux, les traumatismes cérébraux et la démence ainsi que sur la recherche connexe. Les recherches qu'il mène en tant que neuropsychologue de renommée internationale ont un poids énorme dans les domaines de la neuropsychologie et des neurosciences cognitives, en théorie comme en pratique.

Photographie de Brenda Milner

Après plus de 50 ans de carrière, la Pre Milner est toujours une chercheuse active. Ses travaux, axés sur les fonctions cognitives associées aux lobes frontal et temporal du cerveau humain, exercent une influence extraordinaire sur le façonnement des neurosciences et les travaux de scientifiques partout dans le monde. En effet, l'origine des neurosciences cognitives modernes sur la mémoire peut être attribuée directement à ses études rigoureuses et novatrices. Elle utilise la tomographie par émission de positons et l'IRM fonctionnelle pour identifier les régions du cerveau liées au traitement du langage, notamment chez des patients ayant subi une lésion cérébrale à proximité d'aires cruciales pour le langage. En 2014, elle a été la première Canadienne à recevoir le Prix Kavli en neurosciences, pour sa contribution remarquable aux progrès dans la compréhension du cerveau et du système nerveux ainsi qu'au développement des connaissances sur le sujet.

Des quatre domaines de recherche prioritaires établis en 2007, c'est celui des sciences de la santé et de la vie qui a reçu les fonds les plus généreux des organismes subventionnaires en 2013-2014, soit 1 099,5 millions de dollars (somme comparable aux 1 110,3 millions alloués en 2011-2012). Le domaine de l'environnement s'est classé au deuxième rang en recevant 214,7 millions de dollars (une hausse par rapport à 199,1 millions), suivi de celui des TIC, avec 183,1 millions (une baisse par rapport à 203,0 millions), puis de celui des ressources naturelles et de l'énergie, avec 164,7 millions (une baisse par rapport à 168,1 millions). La diminution des fonds absolus consacrés aux domaines prioritaires reflète la légère baisse des fonds totaux versés par les organismes subventionnaires, qui sont passés de 2 326,2 millions de dollars en 2011-2012 à 2 301,6 millions en 2013-2014. La part totale des fonds alloués par les organismes subventionnaires aux quatre domaines prioritaires est demeurée la même en 2013-2014 (72,2 %) qu'en 2011-2012 (72,2 %).

En 2013-2014, les organismes subventionnaires ont consacré 26,5 % de leurs fonds totaux aux 13 sous-priorités établies en 2008, un pourcentage demeuré lui aussi essentiellement inchangé depuis 2011-2012 (26,7 %). En dollars, pour la même période, les fonds consacrés aux sous-priorités sont passés de 621,7 à 610,0 millions de dollars. De tous les sous-domaines prioritaires, c'est celui des neurosciences qui a reçu la plus grande part des fonds (7,2 %) pour l'exercice 2013-2014 (une légère augmentation par rapport à sa part de 7,0 % en 2011-2012). La santé d'une population vieillissante s'est classée au deuxième rang, avec une part de 4,8 % (la même qu'en 2011-2012), suivie du génie biomédical et des technologies médicales, dont la part est passée de 3,1 à 3,0 % (une légère diminution). (L'annexe 3 présente la répartition des fonds par organisme subventionnaire et par sous-priorité.)

Compétitivité des recherches et des établissements d'enseignement supérieur

Pour avoir de véritables répercussions, les recherches menées dans l'écosystème des STI au Canada doivent être de haut niveau, et les organisations qui les mènent (établissements d'enseignement supérieur, laboratoires gouvernementaux et entreprises) doivent être compétitives à l'échelle mondiale.

Bien qu'il soit difficile de mesurer exactement et rigoureusement la qualité des recherches et des établissements d'accueil, les données recueillies montrent que le Canada est demeuré compétitif dans le deuxième tiers des pays de comparaison en ce qui a trait à la qualité (réelle et perçue) de ses universités, et que les établissements visés ont continué à mener de vastes travaux scientifiques de calibre international. Or, bien que le Canada ait continué de tenir tête à ses concurrents, il n'est pas parvenu à hisser ses universités dans le premier tiers mondial.

Classements universitaires mondiaux

Les universités compétitives à l'échelle mondiale attirent comme un aimant au Canada les entreprises et les personnes talentueuses éminentes. Trois grands systèmes de classement universitaire mondial sont utilisés pour comparer les établissements des divers pays : le système Academic Ranking of World Universities de la Graduate School of Education de l'Université Jiao-tong de Shanghai (le « classement de Shanghai »), le classement de l'enseignement supérieur THE (Times Higher Education) et le classement de Quacquarelli Symonds (QS). Ces systèmes permettent d'évaluer les universités en fonction d'indicateurs comme les données bibliométriques, les prix gagnés et la réputation auprès des pairs25.

Les résultats produits en 2015 par les trois systèmes de classement montrent que les établissements des États-Unis et du Royaume-Uni sont dans une classe à part, continuant à dominer les listes des 10 pays les mieux classés. Notons qu'en 2015, pour la première fois, une école d'un autre pays (l'École polytechnique fédérale de Zurich, en Suisse) s'est hissée dans ces palmarès en arrivant au neuvième rang des classements THE et QS. Le Canada s'est montré compétitif dans le deuxième tiers des pays, grâce à deux de ses universités qui étaient sur les listes combinées des 25 universités en tête des trois classements. L'Université de Toronto occupait le 25e rang du classement de Shanghai et le 19e rang du classement THE, alors que l'Université McGill tenait le 24e rang du classement QS. Outre les États-Unis et le Royaume-Uni, les seuls autres pays comptant des universités sur les listes combinées des 25 universités en tête de chacun des trois classements étaient la Suisse et Singapour (deux universités chacun, comme le Canada), l'Australie, la Chine, la France et le Japon (une université chacun).

Parmi les 100 universités en tête du classement de Shanghai, le Canada a tenu tête à tous les pays, sauf aux États-Unis et au Royaume-Uni. Les universités de l'Australie et des Pays-Bas ont devancé clairement celles du Canada dans les 100 universités en tête des classements THE et QS, tant pour le nombre absolu d'universités et pour le nombre d'universités par rapport à la population.

De façon générale, entre la publication de L'état des lieux en 2008 et celle du présent rapport, le Canada n'a ni rapproché ses universités classées des listes des 10 universités en tête, ni accru le nombre de ses universités classées dans les listes des 25 et des 100 universités en tête.

Indicateurs bibliométriques d'incidence

Les indicateurs bibliométriques d'incidence permettent de mesurer la visibilité ou l'influence des chercheurs du Canada en fonction du nombre de fois que leurs travaux sont cités. Plus un article est cité, plus on peut supposer qu'il exerce une influence sur la recherche. L'indice d'impact relatif est la part mondiale de citations d'un pays par rapport à la part mondiale de ses publications. Lorsque l'indice d'impact relatif d'un pays est supérieur à 1, son influence relative est plus grande que la moyenne mondiale.

En 2012, l'indice d'impact relatif du Canada (pour les deux années précédentes) était de 1,10, ce qui le situait au-dessus de la moyenne mondiale et au neuvième rang (ex æquo avec la France), derrière la Suisse (à 1,51), les États-Unis (à 1,40), le Danemark (à 1,38), les Pays-Bas (à 1,37), l'Allemagne (à 1,26), le Royaume-Uni (à 1,25), la Suède (à 1,17) et la Belgique (à 1,14). De 2002 à 2012, l'indice d'impact relatif du Canada a connu une croissance approximative de 9 % (à partir de 1,01). Toutefois, la remontée de la Belgique au classement a fait tomber le Canada de sa huitième place. (L'année 2002 étant la seule année pour laquelle il était possible d'effectuer une comparaison complète entre le Canada et les autres pays, elle sert ici d'année de référence.)

Une répartition des données de 2012 par domaine de recherche montre que l'index d'impact relatif du Canada était supérieur à la moyenne mondiale dans tous les domaines scientifiques. C'est en chimie qu'il était le plus élevé (1,32), mais le Canada a aussi obtenu de bons résultats en physique (1,21), en biologie appliquée et en écologie (1,20) ainsi qu'en recherche médicale (1,17).

Le nombre de chercheurs de pointe accueillis par un pays peut donner une meilleure idée de l'excellence et du profil en recherche de ce pays sur la scène internationale. En 2014, Thomson Reuters a évalué les articles répertoriés de 2002 à 2012 dans 21 grands domaines d'étude et recensé les 3 144 chercheurs qui, ayant publié le plus d'articles s'étant retrouvés dans le premier centile des articles les plus cités dans leurs domaines respectifs, sont devenus des sommités de la recherche scientifique26. Dans le cas des autres mesures mentionnées dans le présent rapport, le classement du Canada est généralement rajusté en fonction de son PIB ou de la taille de sa population pour permettre l'établissement de comparaisons valables avec les autres pays. De ce point de vue, sur la liste dressée en 2014 par Thomson Reuters, le Canada s'est classé au 12e rang des chercheurs les plus cités par rapport à sa population, étant donné qu'un bon nombre de plus petits pays possédant d'excellents systèmes de recherche universitaire ont obtenu des résultats supérieurs à leur taille.

Promouvoir l'excellence canadienne dans la recherche à l'échelle internationale

Les prix internationaux en sciences, technologie et innovation, particulièrement les prix Nobel, reflètent l'excellence et le profil en recherche des pays sur la scène internationale. En 2015, Arthur McDonald, professeur émérite à l'Université Queen's et directeur de l'Observatoire de neutrinos de Sudbury, est devenu colauréat du prix Nobel de physique de 2015. Titulaire d'un doctorat, M. McDonald a démontré, avec Takaaki Kajita (de l'Université de Tokyo), que les particules subatomiques appelées « neutrinos » changeaient d'identité, réfutant la vieille théorie selon laquelle ces particules n'avaient pas de masse. Cette découverte a transformé notre compréhension du fonctionnement intrinsèque de la matière et montré la nécessité de réinventer la physique, en mettant de côté le modèle dit « normalisé » des particules élémentaires.

M. McDonald est devenu le premier lauréat d'un prix Nobel de sciences* affilié à une université, à une entreprise ou à un établissement de recherche canadien depuis 1994. À titre de comparaison, en 20 ans (de 1994 à 2014), des chercheurs de 15 autres pays ont remporté des prix Nobel de sciences (144 aux États-Unis, 19 au Royaume-Uni, 11 au Japon, 10 en Allemagne et 10 en France). Cinq prix ont été décernés en Israël, dont la population équivaut environ au quart de celle du Canada, alors qu'un à trois chercheurs de chacun des pays suivants ont été récompensés : l'Australie, la Belgique, la Chine, le Danemark, les Pays-Bas, la Norvège, la Russie, la Suède et la Suisse.

Estimant que le nombre de prix Nobel remportés par des Canadiens pendant ces 20 années illustrait mal la qualité des sciences canadiennes, Son Excellence, le très honorable David Johnston, gouverneur général du Canada, a présenté une initiative visant à accroître la visibilité des contributions du Canada à la recherche internationale. Les dirigeants d'universités, d'hôpitaux, d'établissements de recherche et de laboratoires du gouvernement et des entreprises ainsi qu'un comité de sollicitation et les présidents des trois organismes subventionnaires fédéraux participent à cette initiative, intitulée Promouvoir l'excellence canadienne en matière de recherche à l'échelle internationale. Leurs efforts concertés visent à appuyer la nomination de chercheurs et de scientifiques canadiens de premier plan pour de prestigieux prix et récompenses.

* Les prix Nobel de sciences comprennent ceux de physique, de chimie, de physiologie ou de médecine et de sciences économiques. Retour au texte

En ce qui a trait aux chercheurs les mieux classés, toutefois, plus le Canada en comptera de façon absolue, plus il pourra attirer d'autres personnes talentueuses éminentes et établir des collaborations internationales en recherche qui auront un grand retentissement. Dans le cas de cet indicateur, il est donc plus utile d'utiliser des nombres absolus pour comparer le rendement du Canada à celui des autres pays. Selon cette mesure, le Canada a joui d'une certaine renommée grâce à ses 96 chercheurs parmi les plus cités en 2014, se classant au sixième rang après les États-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, l'Allemagne et le Japon. Sept chercheurs seulement le séparaient du Japon, au cinquième rang (le tableau 3-1 présente les 15 pays les mieux classés). Ce rendement est impressionnant, considérant que le Canada est beaucoup moins populeux que les cinq pays les mieux classés.

Tableau 3-1 : Nombre de chercheurs les plus cités par pays, 2014
Pays Nombre
États-Unis 1 726
Royaume-Uni 371
Chine 171
Allemagne 163
Japon 103
Canada 96
France 86
Pays-Bas 82
Suisse 77
Australie 75
Italie 52
Espagne 43
Arabie Saoudite 34
Danemark 33
Belgique 32

Transfert des connaissances

Le partage des connaissances en accroît la valeur. Le transfert des connaissances – entre et parmi les personnes, les entreprises, les établissements (d'enseignement ou autres) et les gouvernements – peut accélérer les développements scientifiques et technologiques. Il peut permettre aux entreprises de commercialiser des découvertes et des inventions pour mettre de nouveaux produits et procédés sur le marché.

Le transfert des connaissances peut se faire de façon informelle et s'appuyer sur les gens, c'est-à-dire sur le mouvement complexe, organique et constamment changeant et l'interaction des personnes. Bien qu'aucun indicateur ne rende bien compte de la portée et des répercussions de ce phénomène, il se produit lorsque, par exemple, des chercheurs changent de secteur professionnel, d'autres ont des nominations conjointes dans des laboratoires gouvernementaux et des corps professoraux universitaires, des étudiants commencent des stages (coopératifs ou non) pour des employeurs des secteurs privé et public, et des gens d'affaires donnent des conférences dans des établissements d'enseignement supérieur.

Il existe aussi des mécanismes plus officiels de transfert des connaissances, comme la rédaction conjointe d'articles scientifiques et l'octroi de licences d'utilisation de technologies. Malgré la quantité limitée de données fiables concernant ces mécanismes au Canada et dans les autres pays, les statistiques disponibles donnent à penser que le rendement du Canada dans le domaine du transfert des connaissances est demeuré quelconque.

Recherche coopérative sur les mathématiques en Amérique du Nord : station internationale de recherche de Banff

Fondée en 2003 à Banff, en Alberta, la station internationale de recherche en sciences mathématiques de Banff (birs) est le fruit d'une initiative nord-américaine de recherche coopérative et multidisciplinaire sur les mathématiques et leurs applications scientifiques et industrielles. Ses fondateurs se sont inspirés de l'un des établissements les plus réputés au monde dans le domaine des mathématiques, le Mathematisches Forschungsinstitut Oberwolfach (en Allemagne).

« birs se spécialise dans tous les volets de la recherche quantitative et analytique », explique Nassif Ghoussoub, directeur de la station et titulaire de doctorat. « Ses programmes couvrent presque tous les aspects des mathématiques pures, appliquées, computationnelles et industrielles, de la statistique et de l'informatique. » birs choisit et tient quelque 175 ateliers hebdomadaires par année auxquels participent des physiciens, des biologistes, des ingénieurs, des économistes et des analystes financiers. En 2014, le Mexique a approuvé le projet de construction d'un centre à Oaxaca, la Casa Matemática Oaxaca, où birs tiendra plus ou moins 25 autres ateliers par année.

birs représente une percée importante de la coopération scientifique en Amérique du Nord. La station est financée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, la Fondation nationale des sciences des États-Unis, le Consejo Nacional de Ciencia y Tecnología du Mexique ainsi que le ministère de l'Innovation et de l'Enseignement supérieur de l'Alberta. À titre de premier centre de recherche auquel contribuent quatre gouvernements dans un partenariat d'une telle ampleur, birs offre aux étudiants et aux chercheurs nord-américains de nouvelles possibilités excitantes ainsi que l'occasion de fraterniser avec leurs pairs des autres pays, dans une multitude de disciplines et jusque dans les plus hautes sphères. Selon M. Ghoussoub, « ce qui donne à birs un poids unique, c'est son rôle de catalyseur de collaborations entre chercheurs et de multiplicateur de possibilités, qui montre à quel point les pays peuvent accomplir de plus grandes choses ensemble que seuls ».

Publications conjointes intersectorielles

Il n'existe aucune donnée comparative sur les autres pays à propos de la rédaction conjointe d'articles scientifiques. Au Canada, toutefois, l'Observatoire des sciences et des technologies mesure le nombre de publications rédigées conjointement par des chercheurs universitaires et des chercheurs d'autres secteurs des STI. En 2013, 24,2 % des publications de chercheurs universitaires canadiens ont été rédigées conjointement avec au moins un chercheur d'un autre secteur (une hausse par rapport à 20,4 % en 2004)27. De 2004 à 2013, les chercheurs du milieu hospitalier sont ceux qui ont collaboré le plus fréquemment à la rédaction d'articles, ayant cosigné 13,1 % des publications des chercheurs universitaires. Les chercheurs du gouvernement fédéral se sont classés au deuxième rang (à 4,5 %), suivis par ceux de l'industrie et ceux des gouvernements provinciaux (ex æquo à 2,6 %).

Dans la logique des nombreuses collaborations entre les chercheurs universitaires et ceux des hôpitaux pendant cette période, les taux de collaboration les plus élevés ont été compilés dans les domaines de la médecine clinique (35,6 %), de la recherche biomédicale (26,6 %) et de la biologie (26,0 %). Le seul autre domaine dans lequel un taux de collaboration notable a été observé est celui des sciences de la Terre et de l'espace (20,7 %).

Octroi de licences d'utilisation de technologies

Une autre méthode officielle de transfert des connaissances consiste, pour les chercheurs et les établissements universitaires et gouvernementaux, à octroyer aux entreprises des licences d'utilisation de leurs technologies. Cet octroi peut être effectué par des intermédiaires (comme des bureaux de transfert de la technologie et des centres de commercialisation) ainsi que par des représentants des gouvernements dans le cadre de programmes de soutien à la commercialisation de la recherche.

L'Association of University Technology Managers (autm) publie des données sur les activités de transfert des connaissances menées au Canada et aux États-Unis par un échantillon d'universités et d'hôpitaux de recherche affiliés dans chaque pays. Bien qu'elles ne soient pas exhaustives et ne puissent donc pas faire autorité, les données recueillies donnent une idée des activités canadiennes et américaines. Les derniers chiffres reçus de l'autm montrent que les États-Unis ont continué d'accorder plus de licences et de percevoir plus de revenus connexes que le Canada.

En 2012, les établissements d'enseignement supérieur canadiens recensés ont accordé en moyenne 16 licences chacun; les établissements américains en ont accordé 35 chacun28. Le nombre de licences accordées a connu une légère augmentation au Canada de 2007 à 2009, avant de diminuer jusqu'en 2012. Par conséquent, le nombre de licences et d'options de licences accordées a diminué de 5,9 %29 par rapport à 2007, l'année de référence. En revanche, pour la même période, le nombre de licences et d'options accordées aux États-Unis a augmenté de 25 %.

Les revenus de licences perçus par les établissements canadiens et américains ont connu une augmentation constante de 2009 à 2012, mais les établissements d'enseignement supérieur américains recensés en ont perçu beaucoup plus que les établissements canadiens. En moyenne, en 2012, chaque établissement canadien a perçu 2,2 millions de dollars canadiens en revenus de licences, et chaque établissement américain, 13,5 millions de dollars américains. L'écart était à peu près le même en 2007 (1,6 million de dollars canadiens pour chaque établissement canadien par rapport à 12,6 millions de dollars américains pour chaque établissement américain).

Conclusion

Le Canada a continué d'obtenir d'excellents résultats quant aux mesures liées à la qualité de sa production de connaissances : ses universités ont pris la tête du deuxième tiers des pays au classement mondial, il s'est bâti une renommée en accueillant des chercheurs de pointe, et le nombre de citations d'articles de recherche canadiens (indice d'impact relatif) était encore supérieur à la moyenne mondiale. Il ne doit toutefois pas se contenter de ses réalisations actuelles, car sur le plan de ses investissements en R-D (soit de ses dird et dirdes), il a commencé à prendre du retard par rapport à ses concurrents. Il doit maintenir la cadence des autres pays pour demeurer compétitif et donner à ses universités et à ses chercheurs le soutien qui leur permettra d'exceller sur la scène internationale.


23 Gouvernement du Canada, Réaliser le potentiel des sciences et de la technologie au profit du Canada, 2007. Retour au texte

24 Comme les dernières données reçues des organismes subventionnaires s'appliquent à l'exercice 2013-2014, la liste des domaines et sous-domaines prioritaires fédéraux établie en 2007 a été utilisée pour les calculs. Retour au texte

25Des trois systèmes de classement, celui de Shanghai utilise presque exclusivement des indicateurs de recherche quantitative, alors que les systèmes THE et QS accordent une grande importance aux indicateurs relatifs à l'enseignement et à la réputation d'excellence (déterminée par les sondages), respectivement. Retour au texte

26 Thomson Reuters, The World's Most Influential Scientific Minds, 2014. Retour au texte

27 Observatoire des sciences et des technologies, Bibliometric Indicators on Intersectoral Collaboration of Canadian Universities (2004-2013): Methodological Note and Short Analysis, février 2015. Retour au texte

28 Association of University Technology Managers, Canadian Licensing Activity Survey: FY2012. U.S. Licensing Activity Survey: FY2011, 2012, 2013. L'échantillon canadien contenait 33 établissements, et l'échantillon américain, environ 190. Retour au texte

29 Pourcentage calculé en fonction des chiffres normalisés par les établissements déclarants pour les années comparées. Retour au texte