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L'état des lieux en 2014

Le système des sciences, de la technologie et de l'innovation au Canada : Défis et occasions en matière d'innovation au Canada

Chapitre 4 : Des personnes talentueuses

Principales constatations

  • Le Canada a doublé le nombre de doctorats décernés en sciences et en génie (par 100 000 habitants) de 2006 à 2012, passant de la 19e à la 17e place au classement mondial. Se situant à 69 % du seuil des cinq pays en tête du classement (comparativement à 41 %), il a nettement amélioré son rendement quant à cet indicateur cible.
  • Bien que le nombre de ses diplômés (excluant les titulaires de doctorat) en sciences, en génie, en études commerciales et en santé ait augmenté de 7 % de 2006 à 2012, le Canada a glissé légèrement dans le classement, passant du 14e au 16e rang.
  • En 2012, le Canada était cinquième parmi les pays de comparaison quant au nombre de diplômés collégiaux en études commerciales, en génie, en sciences et en santé (une chute de trois places par rapport à 2008).
  • Les adultes canadiens ont obtenu d'excellents résultats aux tests internationaux de littératie, de numératie et de résolution de problèmes. Les Canadiens de 15 ans ont continué d'obtenir de bons résultats en compréhension de l'écrit, en mathématiques, en sciences et en résolution créative de problèmes, bien que le classement international du Canada ait glissé légèrement.
  • Le pourcentage d'étudiants étrangers inscrits aux universités et aux collèges canadiens a augmenté de 2007 à 2012, passant de 7,7 à 8,2 %. Malgré cette hausse, le Canada a chuté de la cinquième place en 2007 à la septième place en 2012 par rapport à ses concurrents mondiaux.

Les pays se livrent une compétition féroce afin d'attirer des personnes talentueuses possédant les connaissances et les compétences avancées nécessaires pour exploiter les STI et répondre aux besoins des employeurs. Pour déterminer si le Canada suit le rythme dans ce domaine, trois facteurs qui favorisent la réussite et définissent le leadership doivent être examinés :

  • la capacité de former des personnes talentueuses possédant les connaissances et les compétences requises, y compris des titulaires de doctorat en sciences et en génie (facteur englobant un autre indicateur cible);
  • la formation des enfants et des jeunes;
  • la force des liens unissant le Canada au bassin mondial de talents et de connaissances.

Personnes talentueuses possédant les connaissances et les compétences nécessaires

La population très instruite du Canada est un atout, car l'éducation jette les bases de la découverte et de l'innovation. Le Canada est demeuré aux premiers rangs des pays de l'OCDE en 2012 pour la proportion de la population détenant un diplôme d'enseignement postsecondaire30. La proportion semblable d'habitants possédant un diplôme d'études collégiales a contribué grandement à la position de chef de file du Canada pour cet indicateur.

Les connaissances nécessaires

Les titulaires de doctorat représentent les meilleurs talents dans un monde où la création et l'application de nouvelles connaissances favorisent la croissance économique et les progrès sur le plan social. Bien que le Canada soit demeuré en milieu de peloton en 2012 quant au nombre de doctorats décernés en sciences et en génie par tranches de 100 000 habitants, il a affiché une croissance importante à ce chapitre. De 2006 à 2012, ce nombre a plus que doublé, passant de 4,6 à 9,6 doctorats par 100 000 habitants (en 2012, les domaines scientifiques représentaient les deux tiers du total, et le génie, le tiers restant).

Bien que le Canada soit demeuré en milieu de peloton en 2012 quant au nombre de doctorats décernés en sciences et en génie par tranches de 100 000 habitants, il a affiché une croissance importante à ce chapitre.
Cette hausse a permis au Canada, qui se classait au 19e rang de 23 pays en 2006, de progresser au 17e rang de 28 pays en 2012, devant les États-Unis, en 20e position. Plus particulièrement, la position du Canada est passée de 41 % à 69 % du seuil des cinq pays en tête du classement, soit la Suisse, la Suède, l'Irlande, la République slovaque et le Royaume-Uni (figure 4-1)31.

Figure 4-1 : Diplômés de troisième cycle en sciences et en génie par 100 000 habitants, 2012

Diagramme en barres du nombre de diplômés de troisième cycle en sciences et en génie par 100 000 habitants pour l'année 2012 (la description détaillée se trouve sous l'image)

Source : OCDE, Diplômés selon le domaine d'études et par population, octobre 2014.

Remarque: Les données concernant le nombre total de diplômes en sciences et en génie par 100 000 habitants en 2006 ne sont pas disponibles pour la Norvège, les Pays-Bas, l'Italie, le Luxembourg et le Japon.

Description de la figure 4-1

Grands Défis Canada : Aimer la toilette, une nouvelle stratégie de conception et d'entreprise pour améliorer l'assainissement dans les régions rurales du Népal

Photo extérieure d'une famille népalaise

Quelque 2,5 milliards de personnes dans le monde n'ont pas d'installations sanitaires et d'hygiène adéquates, ce qui entraîne d'énormes problèmes de santé et même la mort. Grands Défis Canada (GDC), qui finance des innovateurs dans les pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire et au Canada, soutient iDE Canada, un projet d'assainissement au Népal, pour contribuer à résoudre ce problème. Établi à Winnipeg, iDE appuie de petites entreprises dans les pays en développement et renforce les capacités des entrepreneurs du Népal à développer un marché durable pour les latrines. Un élément clé de cette approche innovatrice est la commercialisation de toilettes simples et peu coûteuses comme symbole de statut social et la promotion de l'assainissement comme source abordable de fierté.

« L'approche traditionnelle – les messages habituels de santé publique associés à des programmes de cadeaux qui contournent les entreprises locales – ne fonctionne pas », affirme Stu Taylor, directeur de la mesure du rendement à iDE. « Notre expérience montre que lorsqu'on rend l'assainissement abordable et souhaitable pour les utilisateurs – et rentable pour les entreprises – le succès est immédiat. » La stratégie de marketing d'iDE est complétée par la formation de petits producteurs et entrepreneurs locaux à la fabrication et à la vente de latrines de conception simple, peu coûteuses et faciles à installer en quelques heures.

En un an seulement, iDE a facilité la fabrication et la vente de plus de 15 000 latrines. Sur trois ans, grâce à une production totale prévue de 50 000 latrines, le projet devrait améliorer les conditions de vie de quelque 250 000 Népalais tout en établissant un modèle d'entrepreneuriat social viable pour faire face à cette crise de santé publique urgente.

iDE est un exemple parfait du concept d'« innovation intégrée » de GDC : l'application coordonnée de l'innovation scientifique et technologique ainsi que sociale et commerciale pour concevoir des solutions à des défis complexes. Cette approche fait ressortir les synergies que peut engendrer le mariage de ces trois formes d'innovation.

Figure 4-2 : Diplômés universitaires (formation tertiaire de type A) en santé, en génie, en sciences et en études commerciales par 100 000 habitants, 2006 et 2012

Diagramme en barres des diplômés universitaires (formation tertiaire de type A) en santé, en génie, en sciences et en études commerciales par 100 000 habitants, pour les années 2006 et 2012 (la description détaillée se trouve sous l'image)

Source : OCDE, Diplômés selon le domaine d'études et par population, octobre 2014.

Description de la figure 4-2

Quant au sexe des titulaires de doctorat, les chiffres montrent que 32,9 % des titulaires canadiens de doctorat en sciences et en génie en 2012 étaient des femmes, comparativement à 27,2 % en 2006. Cette proportion était nettement inférieure à celle des pays les mieux classés auxquels le Canada se mesure souvent, comme le Royaume-Uni (49 %) et les États-Unis (46 %). En 2012, le Canada se classait au 20e rang (de 28 pays) à ce chapitre, une légère amélioration par rapport à son 21e rang (de 23 pays) en 2006. Bien que ces données reflètent un déséquilibre entre les sexes au Canada, la tendance à la hausse du nombre de femmes titulaires de doctorat est encourageante. De 2006 à 2012, le nombre de femmes titulaires de doctorat en sciences par 100 000 habitants a grimpé de 144,8 %32; ce taux de croissance était supérieur à celui de tous les autres pays de l'OCDE, sauf la Turquie. Le nombre de femmes titulaires de doctorat en génie par 100 000 habitants a augmenté de 163 %33, ce qui représente une croissance plus rapide que celle de pays comme l'Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis.

Pour ce qui est des autres cycles universitaires, le nombre de diplômés (excluant les titulaires de doctorat) en sciences, en génie, en études commerciales et en santé par 100 000 habitants au Canada était inférieur à celui de bien d'autres pays. La hausse de 7 % qu'a connue le Canada à ce chapitre de 2006 à 2012 est moins importante que celle observée dans la plupart des autres pays. Par conséquent, le Canada est tombé de la 14e à la 16e place au classement mondial dans cette catégorie (figure 4-2)34. En outre, l'écart entre le Canada et les cinq pays en tête du classement s'est creusé : le Canada se situait à 61 % du seuil des cinq pays les mieux classés en 2012, comparativement à 69 % en 2006. Même s'il a obtenu de meilleurs résultats que la Suisse et l'Allemagne, le Canada accusait un retard par rapport à ses principaux concurrents, comme les États-Unis, le Royaume-Uni et les pays nordiques.

Figure 4-3 : Diplômés collégiaux (formation tertiaire de type B) en études commerciales, en génie, en sciences et en santé par 100 000 habitants, 2008 et 2012

Diagramme en barres des diplômés collégiaux (formation tertiaire de type B) en études commerciales, en génie, en sciences et en santé par 100 000 habitants, pour les années 2008 et 2012 (la description détaillée se trouve sous l'image)

Source : OCDE, Diplômés selon le domaine d'études et par population, octobre 2014.

Description de la figure 4-3

Au niveau collégial, en 2012, le Canada était cinquième parmi les pays de comparaison quant au nombre de diplômés en études commerciales, en génie, en sciences et en santé par 100 000 habitants (figure 4-3)35, surclassant ainsi la majorité des pays de l'OCDE à cet égard. Ces résultats étaient toutefois inférieurs à la deuxième position qu'occupait le Canada en 2008. Cette baisse reflète la diminution de 33 % du nombre de diplômés collégiaux au Canada de 2008 à 2012.

Les compétences nécessaires

Pour répondre aux besoins des employeurs en STI au pays et pour préparer les gens à démarrer et à développer leur propre entreprise innovante, les connaissances disciplinaires et techniques doivent être complétées par une gamme de compétences plus étendues. Citons notamment les aptitudes cognitives de base comme la littératie et la numératie, les aptitudes cognitives d'ordre supérieur comme la résolution créative de problèmes et la pensée critique, les compétences en affaires et en gestion ainsi que l'esprit d'équipe et les compétences en communication. Bien que ces compétences soient fortement recherchées, l'absence de données fiables (tant au Canada qu'à l'étranger) limite la capacité à bien faire état du rendement du Canada.

Les résultats de 2013 du Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) de l'OCDE fournissent des données sur les compétences des Canadiens de 16 à 65 ans. En littératie, le Canada occupait le 10e rang (note moyenne), se situant à 98 % du seuil des cinq pays les mieux classés (Japon, Finlande, Pays-Bas, Australie et Suède) et devant les pays en tête en STI comme la Corée, le Royaume-Uni, l'Allemagne et les États-Unis36. En numératie et en résolution de problèmes dans un environnement hautement technologique, il tenait la 13e et la 7e position, respectivement. Selon ces deux indicateurs, le Canada se situait à environ 95 % du seuil des cinq pays les mieux classés (en numératie, il s'agissait du Japon, de la Finlande, des Pays-Bas, de la Suède et de la Norvège; en résolution de problèmes dans un environnement hautement technologique, il s'agissait de la Suède, de la Finlande, des Pays-Bas, de la Norvège et du Danemark). Le Canada comptait une plus grande proportion d'adultes aux niveaux de compétence inférieurs dans les trois domaines (par rapport à la moyenne de l'OCDE), notamment chez les Autochtones habitant au Nunavut et dans les Territoires du Nord-Ouest (voir les résultats détaillés du PEICA à l'annexe 4).

Les différences entre les sexes dans le choix d'un programme universitaire en sciences, technologie, génie et mathématiques (STGM)

Selon une étude de Statistique Canada en 2013, les hommes étaient deux fois plus susceptibles que les femmes d'opter pour un programme en STGM comme premier choix à l'université. Les femmes étaient beaucoup plus susceptibles d'arrêter leur choix sur un programme en sciences sociales. Même les femmes ayant obtenu des notes plus élevées selon le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) étaient moins susceptibles de choisir un programme universitaire en STGM que les hommes dont les notes étaient inférieures (23 % contre 39 %). La plupart des femmes optaient pour les sciences sociales, peu importe leurs compétences en mathématiques. En revanche, les hommes étaient toujours davantage portés à choisir un programme en STGM, même si leur niveau de compétence en mathématiques évalué par le PISA était plus faible.

Source : Darcy Hango, Les différences entre les sexes dans les programmes de sciences, technologies, génie, mathématiques et sciences informatiques (STGM) à l'université, Statistique Canada, no 75-066-X au catalogue, décembre 2013.

Une solide formation

L'élargissement du bassin de personnes talentueuses dans un pays repose sur la solide formation des enfants et des jeunes. Le Canada a continué d'obtenir de bons résultats selon le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l'OCDE, qui évalue les compétences des jeunes de 15 ans en compréhension de l'écrit, en mathématiques et en sciences.

D'après les résultats du PISA de 2012, le Canada occupait toujours l'un des premiers rangs, même si son classement relatif avait légèrement diminué. En 2012, le Canada occupait la 8e place en compréhension de l'écrit (il était au 6e rang en 2009)37, la 13e place en mathématiques (il était au 10e rang en 2009) et la 9e place en sciences (il était au 8e rang en 2009) (voir les répartitions détaillées à l'annexe 4)38. Au Canada, comme dans bien d'autres pays, on a continué d'observer une importante variation du rendement selon le sexe, les filles ayant obtenu de meilleurs résultats que les garçons en compréhension de l'écrit, et les garçons ayant obtenu de meilleurs résultats que les filles en mathématiques et en sciences.

Les résultats des examens en compréhension de l'écrit montrent que le rendement des Canadiens de 15 ans était à environ 97,6 % (comparativement à 99,6 % en 2009) du seuil des cinq pays les mieux classés (Japon, Finlande, Pays-Bas, Australie et Suède) et supérieur à celui des jeunes de pays en tête en STI comme la Corée, le Royaume-Uni, l'Allemagne et les États-Unis. Le Canada se situait à 93,5 % du seuil des cinq pays les mieux classés en mathématiques (par rapport à 97 % en 2009), loin devant les États-Unis, mais derrière Shanghai (Chine), Singapour, Hong Kong (Chine), le Taipei chinois et la Corée. En sciences, le Canada se situait à 96 % du seuil des cinq pays les mieux classés, soit Shanghai (Chine), Hong Kong (Chine), Singapour, le Japon et la Finlande (par rapport à 98 % en 2009).

Les gens qui excellent en sciences, en technologie, en innovation et en entrepreneuriat sont souvent capables de résoudre des problèmes de façon créative, d'accueillir les nouvelles idées, de prendre des risques calculés et de saisir les occasions grâce à leur intuition et à leur ambition. Les résultats du PISA montrent qu'en 2012, les élèves de Singapour, de la Corée et du Japon, habituellement en tête du classement pour ce qui est des STI, ont obtenu de meilleures notes (entre 552 et 562) en résolution de problèmes que les élèves des autres pays, y compris le Canada. Avec une note de 526, les élèves canadiens ont néanmoins surclassé les élèves d'autres pays en tête en STI, dont l'Allemagne, les États-Unis et la Norvège39.

Personnes talentueuses branchées sur le monde

Les personnes accomplies, hautement recherchées à l'échelle du globe, sont de plus en plus disposées et aptes à se déplacer là où les meilleures occasions se présentent. Compte tenu de sa population restreinte et de son petit bassin de talents, le Canada se doit d'être compétitif en recrutant les personnes les plus talentueuses du monde. Ces relations internationales peuvent apporter les connaissances, les compétences, l'expérience et les réseaux dont le Canada a besoin pour améliorer sa stratégie en STI.

Étude transfrontalière de l'écosystème de la mer de Beaufort : Stantec (Terre-Neuve-et-Labrador)

En 2014, le Bureau of Ocean Energy Management et l'équipe du National Oceanographic Partnership Program aux États-Unis ont choisi la société américaine d'experts-conseils Stantec (bureaux de Terre-Neuve-et-Labrador) pour jouer un rôle de premier plan dans l'étude des écosystèmes marins de l'Arctique. Ce projet stimulant vise à approfondir la compréhension de l'environnement de la mer de Beaufort, notamment des relations entre ses milieux physique, biologique, chimique et humain, ainsi qu'à améliorer la capacité des scientifiques d'anticiper les liens entre la vie marine, l'activité humaine, la banquise, les processus atmosphériques et océaniques et le débit des cours d'eau. L'étude améliorera les connaissances dans divers domaines, tels que la protection de l'environnement, les changements climatiques, la salubrité des aliments, la biodiversité, l'exploration et les services écosystémiques. Ces connaissances éclaireront les décisions des gouvernements, de l'industrie et des communautés quant à la réglementation, à la gestion des ressources, au développement économique et à la protection de l'environnement.

L'étude portera sur la frontière Canada-États-Unis le long de la plateforme de la mer de Beaufort entre la Pointe Barrow, en Alaska, et le delta du Mackenzie. Elle intégrera des recherches menées dans 10 domaines (dont sept par Stantec) et reposera sur la contribution des Inupiat et des Inuvialuit, et de plus de 25 universités, organismes de recherche en environnement, sociétés d'experts-conseils et scientifiques indépendants. L'étude fera appel à différents outils d'échantillonnage (bateaux, drones, satellites, autoneiges, etc.), techniques d'échantillonnage (sondes de glace et de neige, capteurs acoustiques et filets) et méthodes de modélisation de l'océan, de la glace et de l'air.

Selon Diane Ingraham, gestionnaire du projet pour le Canada, il s'agit d'une occasion rêvée de mettre à profit l'expertise acquise dans les domaines du pétrole et du gaz extracôtiers et de la gestion de projets d'envergure dans des conditions difficiles. Ces compétences serviront à mener à bien le projet dans la mer de Beaufort au large des côtes de l'Alaska.

Étudiants étrangers

Un excellent moyen de renforcer les liens avec l'activité mondiale en STI est d'attirer les étudiants étrangers dans les universités, les écoles polytechniques et les collèges canadiens. En 2012, 8,2 % des personnes étudiant au Canada venaient de l'étranger, comparativement à 7,7 % en 2007. C'est plus du double de la proportion aux États-Unis (3,5 %). Malgré cette hausse, le classement mondial du Canada est passé de la cinquième place en 2007 à la septième place en 2012, à 53 % du seuil des cinq pays les mieux classés (Australie, Royaume-Uni, Suisse, Nouvelle-Zélande et Autriche).

Immigration

Des immigrants compétents et très instruits peuvent aussi largement contribuer à l'innovation au Canada. Une étude réalisée aux États-Unis montre que les immigrants sont surreprésentés parmi les propriétaires d'entreprises, les fondateurs d'entreprises de haute technologie en démarrage, les détenteurs de brevets, les lauréats de prix Nobel et les exportateurs40. Malheureusement, aucune donnée semblable n'a été recueillie pour le Canada. Des données nouvelles et améliorées sont nécessaires pour évaluer le rôle et le rendement des immigrants dans l'écosystème des STI du Canada et ainsi mieux comprendre la dynamique de cet écosystème.

Publications conjointes internationales

La recherche coopérative avec les pairs et les établissements d'autres pays, mise en évidence dans les publications conjointes internationales, est un autre bon moyen de réunir le bassin mondial de talents et de connaissances. En 2012, les publications conjointes internationales comptaient pour 45,2 % de toutes les publications du Canada, contre 42,1 % en 200641. Il s'agit d'une hausse constante observée depuis 1980.

En dépit de cette augmentation, le Canada tenait le 12e rang (de 30 pays) à cet égard en 2012, se situant à 79 % du seuil des cinq pays les mieux classés (une chute du 4e rang en 2006, où il était à 102 % du seuil). Sept pays parmi ceux qui ont surclassé le Canada étaient de petits pays européens qui cherchaient activement des occasions de collaboration internationale : la Suisse, l'Autriche, la Belgique, le Danemark, la Suède, les Pays-Bas et la Finlande. Les autres pays ayant dépassé le Canada, mais de façon moins nette, étaient plus peuplés (sauf un) : la France, le Portugal, le Royaume-Uni et l'Allemagne.

Conclusion

Le bassin de talents du Canada demeure un atout. En 2012, le Canada était aux premiers rangs des pays de l'OCDE quant au pourcentage de la population détenant un diplôme d'enseignement post-secondaire. Il affichait une proportion semblable d'habitants possédant un diplôme d'études collégiales. Toujours en 2012, bien que le rendement du Canada selon le PISA ait très légèrement diminué, il se situait tout juste sous le seuil des cinq pays les mieux classés quant aux résultats des jeunes de 15 ans en compréhension de l'écrit, en mathématiques et en sciences. De même, en 2013, le Canada se situait très légèrement sous le seuil des cinq pays les mieux classés quant aux résultats des adultes en littératie, en numératie et en résolution de problèmes dans un environnement hautement technologique. Malgré un rendement inférieur à celui de ses concurrents, le Canada a réalisé des progrès considérables en 2012 en augmentant le nombre de titulaires de doctorat en sciences et en génie. Toutefois, le rendement du Canada au chapitre de l'accueil de personnes talentueuses semble à la baisse : en 2012, le pays est passé en 16e position quant au nombre de diplômés en sciences, en génie, en études commerciales et en santé (excluant les titulaires de doctorat).

Le développement des talents est essentiel, certes, mais il est tout aussi important de comprendre la façon dont les talents sont mis à profit au Canada. Malgré l'absence de données permettant de suivre le cheminement professionnel des diplômés universitaires et collégiaux, notamment des titulaires de doctorat, l'analyse présentée au chapitre 2 montre clairement que le secteur privé du Canada n'accueille pas autant de chercheurs de premier plan que les pays concurrents.


30 OCDE, Regards sur l'éducation, 2014. Retour au texte

31 OCDE, Diplômés selon le domaine d'études et par population, octobre 2014. Retour au texte

32 Tableaux du CSTI selon les données de l'OCDE, Diplômés selon le domaine d'études, octobre 2014. Retour au texte

33 Tableaux du CSTI selon les données de l'OCDE, Diplômés selon le domaine d'études, octobre 2014. Retour au texte

34 OCDE, Diplômés selon le domaine d'études et par population, octobre 2014. Retour au texte

35 OCDE, Diplômés selon le domaine d'études et par population, octobre 2014. Retour au texte

36 Calculs du CSTI selon les données de l'OCDE (octobre 2012) et de Statistique Canada, d'Emploi et Développement social Canada et du Conseil des ministres de l'Éducation (Canada), Les compétences au Canada : Premiers résultats du Programme pour l'évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA), no 89-555-X au catalogue, 2013. Retour au texte

37 La modification des pays représentés dans le cadre du PISA en 2012, en 2009 et en 2006 limite grandement la capacité à comparer le rendement du Canada à celui d'autres pays. C'est pourquoi l'année 2009 sert de point de comparaison pour le PISA. Retour au texte

38 OCDE, Résultats du PISA 2012 : Savoirs et savoir-faire des élèves : Performance des élèves en mathématiques, en compréhension de l'écrit et en sciences, volume I, version révisée, février 2014. Retour au texte

39 OCDE, Trouver des solutions créatives : quelles sont les compétences des jeunes de 15 ans en résolution de problèmes?, PISA à la loupe, avril 2014. Retour au texte

40 Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, U.S. High-Skilled Immigration, Innovation and Entrepreneurship: Empirical Approaches and Evidence, document de recherche économique no 16, 2014. Retour au texte

41 Observatoire des sciences et des techniques, Tableaux d'indicateurs de référence et rapports à télécharger, 2014. Retour au texte