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L'état des lieux en 2012

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Secrétariat du Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation
9e étage
235, rue Queen 
Ottawa (Ontario)  K1A 0H5

Téléphone : 613-952-0998
Télécopieur : 613-952-0459
Site Web : www.csti-stic.ca
Courriel : info@csti-stic.ca


Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation : Mandat et membres

Le Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation a été créé en 2007 afin de fournir au gouvernement du Canada des conseils stratégiques externes sur les questions touchant les sciences, la technologie et l’innovation (STI). Le Conseil a un double mandat : donner au gouvernement des conseils confidentiels sur les enjeux stratégiques en STI essentiels au développement économique du Canada; et produire des rapports nationaux bisannuels intitulés L’état des lieux, qui mesurent le rendement du Canada en STI en regard de normes d’excellence internationales.

Membres actuels
Howard Alper Président, Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation
David Agnew Président, Collège Seneca
Amit Chakma Président, Université Western
Sophie Forest Partenaire en gestion, Brightspark Ventures
George Gosbee Président et chef de la direction, AltaCorp Capital Inc.
Arvind Gupta Président-directeur général et directeur scientifique, Mitacs Inc.; professeur au département d’informatique de l’Université de la Colombie-Britannique
Maureen Kempston Darkes Vice-présidente du groupe General Motors Corporation (retraitée); ancienne présidente et directrice générale de General Motors du Canada limitée
Simon Kennedy Sous-ministre du Commerce international, Affaires étrangères et Commerce international Canada
John Knubley Sous-ministre, Industrie Canada
Terence Matthews Président, Mitel Corporation; président, Wesley Clover
Heather Munroe-Blum Principale et vice-chancelière, Université McGill
Simon Pimstone Président-directeur général, Xenon Pharmaceuticals Inc.
Indira S. Samarasekera Présidente et vice-chancelière, Université de l’Alberta
Molly Shoichet Chaire de recherche du Canada, génie tissulaire; professeure, Université de Toronto
Annette Verschuren Présidente et chef de la direction, NRStor inc.
Rob Wildeboer Président exécutif, Martinrea International Inc.
Glenda Yeates Sous-ministre, Santé Canada

 

Anciens membres*
(ayant participé aux activités du Conseil durant une partie de la période écoulée depuis la publication de L’état des lieux en 2010)
Eric Bergeron Président et directeur général, Optosecurity Inc.
Richard Dicerni Sous-ministre, Industrie Canada
Marye Anne Fox Chancellor Emerita, University of California, San Diego
Louis Lévesque Sous-ministre du Commerce international
Peter MacKinnon Président et recteur, Université de la Saskatchewan
David P. O'Brien Président, Encana Corporation; président, Banque Royale du Canada
J. Robert S. Prichard Vice-président, Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation; président, Torys LLP
Guy Rouleau Chaire de recherche du Canada en génétique du système nerveux et professeur, département de médecine, Université de Montréal; directeur, Centre de recherche du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine
Neil Turok Directeur, Institut Perimeter pour la physique théorique

* Les postes indiqués sont ceux qui étaient occupés par les membres lorsqu’ils faisaient partie du Conseil.

Résumé


Le gouvernement du Canada a donné au Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation (CSTI) la tâche de produire un rapport bisannuel faisant le suivi, l’évaluation et la comparaison à l’échelle international des résultats du Canada en matière de sciences, de technologie et d’innovation (STI). Ce troisième rapport, intitulé L’état des lieux en 2012 – Le système des sciences, de la technologie et de l’innovation au Canada : Aspirer au leadership mondial, présente les progrès du Canada ainsi que les domaines auxquels le pays doit porter une plus grande attention afin d’améliorer son rendement. La compréhension de ces éléments contribue à la progression du dialogue national sur les sciences, la technologie et l’innovation, à l’élaboration d’un consensus relativement aux mesures urgentes à prendre et à la volonté de travailler ensemble, de façon stratégique, à l’atteinte d’objectifs communs.

Les sciences, la technologie et l’innovation appuient et sous-tendent presque chaque aspect de la vie moderne, stimulant la croissance et la prospérité économique et suscitant le progrès dans les domaines de la santé et du bien-être environnemental et social. Les Canadiens comprennent que pour stimuler l’emploi et saisir les occasions dans un monde compétitif, et affronter en même temps les défis sociétaux que pose le 21e siècle, les STI doivent faire partie intégrante du programme national. La situation économique relativement solide du Canada offre au pays la possibilité de mettre mieux à profit ses forces et de surmonter ses faiblesses en ce qui concerne les STI, afin qu’il devienne un chef de file mondial en la matière et profite des avantages économiques et sociétaux qui en découlent.

Comme ce fut le cas des rapports de 2008 et de 2010, L’état des lieux en 2012 analyse les dépenses canadiennes en recherche-développement (R-D) par rapport aux autres pays ainsi que le rendement du Canada relativement à des indicateurs clés portant sur l’innovation des entreprises, le développement et le transfert des connaissances, ainsi que le développement et le déploiement des talents. Les conclusions présentées dans L’état des lieux en 2012 viennent confirmer bon nombre de constatations des rapports précédents, notamment que le Canada peut se réjouir de la grande qualité de ses talents et de sa forte capacité à produire de nouvelles connaissances. Le pays accuse cependant un retard dans certains domaines d’importance vitale et doit améliorer la situation, parfois de façon importante. Il ne peut pas se satisfaire du statu quo ou de progrès graduels. Il est temps de prendre des mesures concertées pour que le Canada devienne un chef de file mondial.

L’état des lieux en 2012 montre que les dépenses intérieures brutes en R-D (DIRD) du Canada ont diminué depuis leur sommet de 2008, et depuis 2001 lorsqu’on les met en rapport avec le produit intérieur brut (PIB). Par contre, les DIRD et l’intensité des DIRD ont augmenté dans la plupart des autres pays. Cette baisse de l’intensité des DIRD a fait passer le Canada du 16e rang en 2006 au 17e en 2008, puis au 23e en 2011, sur 41 pays. Bien que les dépenses des différents secteurs de financement au Canada aient varié avec le temps, les diminutions récentes du financement total de la R-D au pays découlent principalement de la réduction du financement de la R-D par le secteur privé.

Innovation des entreprises

L’innovation des entreprises alimente la croissance de la productivité et celle de la compétitivité à l’échelle mondiale, et élève le niveau de vie. L’innovation des entreprises est soutenue par les investissements en R-D, en machines et matériel, en technologies de l’information et des communications (TIC) et en biens incorporels. Bien que nous sachions que les données officielles ne tiennent pas compte de certaines activités innovatrices, il n’en est pas moins évident, comme le montre L’état des lieux en 2012, que les entreprises canadiennes n’exploitent pas suffisamment l’innovation pour en tirer des gains concurrentiels. Dans les classements internationaux ayant trait à l’innovation des entreprises, le Canada demeure en milieu de peloton relativement à la plupart des mesures et a même, suivant certains indicateurs, reculé.

Le Canada offre un rendement particulièrement faible en ce qui a trait aux mesures liées aux dépenses en R-D du secteur des entreprises (DIRDE, aussi appelées dépenses intra-muros de R-D du secteur des entreprises). Bien que les DIRDE aient légèrement augmenté au Canada en 2011 et en 2012, l’intensité des DIRDE, c’est-à-dire les DIRDE en pourcentage du PIB, décline de façon presque continue depuis une dizaine d’années. Le Canada a chute à la 25e place sur 41 pays de comparaison en 2011, pour ce qui est des DIRDE comme pourcentage du PIB. Le secteur de l’enseignement supérieur est celui où les entreprises canadiennes ont le mieux performé en matière d’investissements en R-D. Le Canada s’est classé septième parmi les économies comparées, beaucoup mieux que le classement des États-Unis et du Japon.

Quoique les investissements des entreprises dans les TIC soient en croissance au Canada, le pays arrive toujours en milieu de peloton parmi les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en ce qui a trait à l’intensité des investissements dans les TIC (c’est-à-dire des TIC en pourcentage de la formation brute de capital fixe non résidentiel). La croissance de l’écart entre les niveaux d’investissement dans les TIC du Canada et des États-Unis est particulièrement inquiétante. En effet, de 2000 à 2010, l’intensité des investissements dans le secteur des entreprises au Canada n’a atteint, en moyenne, que 42 % de celle de son voisin. Le Canada a également fait piètre figure quant à l’investissement de capital de risque en pourcentage du PIB, arrivant 15e sur 27 pays de comparaison. Le gouvernement du Canada étudie certaines recommandations en vue de moderniser ses politiques d’encadrement à l’appui de la compétitivité, et les entreprises canadiennes doivent devenir plus novatrices afin de s’assurer la meilleure place possible au sein de l’économie mondiale.

Développement et transfert des connaissances

Le développement des connaissances est le fondement de l’écosystème des STI d’un pays. Les dépenses intérieures brutes de R-D dans le domaine de l’enseignement supérieur (DIRDES) ont fortement augmenté depuis la fin des années 1990, atteignant 11,5 milliards de dollars en 2012. Les investissements importants du Canada dans le secteur de l’enseignement supérieur ont généré d’importantes retombées, alors que la production et le perfectionnement des connaissances scientifiques au pays continuent d’afficher un dynamisme et une qualité supérieure. En 2010, le Canada, qui compte 0,5 % de la population mondiale, a publié 4,4 % de toutes les publications mondiales en sciences naturelles et en génie. Le Canada arrive ainsi en 8e position, derrière des pays beaucoup plus peuplés, comme les États-Unis, la Chine, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon, la France et l’Italie.

Cependant, le Canada continue d’affronter de graves difficultés en matière de transfert de connaissances, c’est-à-dire le transfert efficace des connaissances développées dans les établissements d’enseignement supérieur aux entreprises capables de les intégrer et de les transformer en produits commercialement viables ou en solutions aux problèmes de santé, environnementaux et sociaux. Le transfert des connaissances est le plus efficace lorsqu’il est axé sur les gens, c’est-à-dire sur leur mobilité et sur l’interaction entre eux, par exemple lorsque les étudiants suivent des stages en entreprises, que des diplômés entrent sur le marché du travail ou que l’industrie et les établissements universitaires collaborent à des projets de R-D. Nous savons que les données disponibles ne reflètent pas une bonne part de ce qui se passe au Canada dans ces domaines, particulièrement les données de comparaison avec les autres pays. Toutefois, lorsque l’on considère les indicateurs classiques de transfert de connaissances associés à l’octroi de licences et aux entreprises dérivées, domaines qui permettent quelques comparaisons prudentes avec d’autres pays, le Canada continue d’afficher des résultats médiocres.

Les plus récentes données révèlent une stagnation des activités d’octroi de licence au Canada et donnent à penser que les établissements américains réussissent généralement mieux que les canadiens à créer des licences, à les maintenir en vigueur et à en faire une source de revenus. De même, malgré une augmentation du nombre d’entreprises dérivées créées par les établissements d’enseignement supérieur en 2011 – un signe encourageant –, la tendance générale en la matière est demeurée à la baisse de 2000 à 2010. Au Canada, un meilleur rendement en matière de transfert des connaissances est crucial afin que les découvertes se transforment en avantages économiques et sociaux pour les Canadiens.

Il est également important de comprendre que si les DIRDES ont crû en valeur absolue, le ratio DIRDES-PIB du pays a quant à lui fluctué, reculant à 0,66 % en 2011 alors qu’il atteignait un sommet de 0,71 % en 2009. Bien que le Canada se soit toujours classé au 1er rang des pays du G7 quant au ratio DIRDES-PIB en 2011, année la plus récente pour laquelle des données de comparaison avec les autres pays sont disponibles, on constate qu’il a perdu du terrain lorsqu’on le compare à un plus grand nombre de pays. En 2011, le Canada s’est classé au 9e rang sur 41 économies quant à l’intensité des DIRDES (c’est-à-dire DIRDES-PIB), alors qu’il arrivait au 4e rang en 2008 et au 3e rang en 2006. Grâce à d’importants investissements dans la recherche et l’enseignement supérieur, d’autres pays rattrapent et dépassent le Canada.

Développement et déploiement des talents

Les sciences, la technologie et l’innovation sont des activités foncièrement humaines, et le talent est le grand facteur concurrentiel dans l’économie mondiale du savoir. En matière de talent, sa population fortement éduquée demeure un atout pour le Canada. En effet, 51 % de la population adulte canadienne détient un diplôme d’enseignement collégial ou universitaire. C’est l’un des meilleurs taux au monde.

La capacité d’un pays à produire des titulaires de doctorat est un indicateur de sa capacité à mener des recherches d’avant-garde et à former la prochaine génération de talents. Le Canada continue à produire moins de titulaires de doctorat par 100 000 habitants que beaucoup d’autres pays de comparaison, se classant au 21e rang des pays de l’OCDE relativement à cet indicateur en 2010. Cependant, la même année, le rendement du Canada était meilleur quant au nombre de titulaires de doctorat en sciences et en génie par 100 000 habitants, arrivant 15e parmi les pays de l’OCDE. De 2006 à 2010, le nombre de titulaires de doctorats en sciences et en génie a augmenté de 48,7 % et de 38,6 %, respectivement. Ces taux de croissance sont considérablement supérieurs à ceux de nombreux pays de comparaison.

Le Canada ne doit cependant pas être trop confiant. Comme d’autres pays investissent fortement dans leurs réseaux de recherche et leur système éducatif, l’avantage concurrentiel du Canada en matière de talent pourrait diminuer. Le Canada pourrait aussi en faire davantage afin de s’assurer que son talent est prêt à contribuer entièrement à une économie innovatrice, productive et concurrentielle, notamment en veillant à ce que ce talent comprenne mieux les liens qui unissent les STI et les entreprises. Augmenter les programmes d’apprentissage en entreprise et les projets en recherche appliquée pour les étudiants postsecondaires pourrait contribuer par exemple à l’atteinte de cet objectif.

Le Canada doit également améliorer son déploiement des talents en STI, c’est-à-dire veiller à leur intégration efficace dans la main-d’oeuvre et à l’utilisation optimale de leurs connaissances et de leurs compétences. Sur ce plan, le rendement du Canada, soit son taux d’intégration des ressources humaines en sciences et technologie (RHST) au marché du travail, continue d’être décevant. La part des RHST de la main-d’oeuvre du secteur des services, à 39 %, place le Canada en milieu de peloton par rapport aux autres pays de l’OCDE. Dans le secteur de la fabrication, le rendement canadien est lamentable. La part des RHST de la main-d’oeuvre de ce secteur est de 11,5 %, ce qui place le Canada en queue de peloton parmi les pays de l’OCDE.

Conclusion

Le succès du Canada au 21e siècle dépendra grandement de sa capacité à exploiter les sciences, la technologie et l’innovation afin d’assurer la prospérité économique et d’améliorer le bien-être social. Le CSTI croit que le pays doit non seulement viser l’excellence en matière de STI, mais aussi s’efforcer de devenir un chef de file mondial. Ainsi, la réalisation du plein potentiel du Canada en matière de STI l’aidera à renforcer ses établissements, ses entreprises, ses industries et ses collectivités et en fera l’un des pays les plus prospères, sains et sécuritaires au monde.

Tenant compte de cette ambition, L’état des lieux en 2012 non seulement examine les pays de comparaison de l’OCDE et d’autres pays, comme dans les rapports précédents, mais établit également, selon différents indicateurs clés de STI permettant les comparaisons à l’échelle internationale, le seuil que le Canada doit atteindre pour faire partie des cinq pays les mieux classés au monde. Le rapport met aussi en lumière cinq indicateurs de STI particulièrement importants pour lesquels le Canada devrait tenter de joindre les rangs des cinq pays les mieux classés, soit :

  • les DIRDE en pourcentage du PIB,
  • les investissements des entreprises dans les TIC,
  • les DIRDES en pourcentage du PIB,
  • les doctorats en sciences et en génie délivrés par 100 000 habitants,
  • la part de ressources humaines en sciences et technologie.

Satisfaire aux normes d’excellence internationale les plus élevées relativement à ces cinq indicateurs aidera le Canada à assurer son avenir comme chef de file mondial des STI, ce qui lui permettra de profiter de plus grands avantages économiques et sociaux et de participer de façon utile à la solution des grands enjeux internationaux. Pour atteindre cette cible, tous les intervenants de l’écosystème des STI devront en assumer la responsabilité. Tous doivent travailler de concert non seulement en investissant dans les STI, mais en le faisant de façon stratégique et cohérente, en tirant des leçons de l’expérience des chefs de file mondiaux en matière de STI et en saisissant plus rapidement les occasions qui se présentent. C’est ainsi que le Canada pourra vraiment faire partie de l’élite.

Chapitre 1 : Introduction — Survol du rendement du Canada


Au 21e siècle, l’excellence en sciences, en technologie et en innovation (STI) est le moteur du succès. Cette excellence est atteinte en repoussant les frontières du savoir et en appliquant les découvertes à la création de produits et de processus nouveaux ou améliorés. Les STI appuient et sous-tendent presque chaque aspect de la vie moderne. Les économies les plus concurrentielles reposent sur la reconnaissance du fait que les STI favorisent la croissance, la prospérité et une qualité de vie élevée.

Les Canadiens comprennent que pour créer des emplois et stimuler la croissance dans un monde compétitif, et relever les défis qui se posent au 21e siècle, les STI doivent faire partie intégrante du programme national. La réussite repose sur les éléments suivants : un secteur privé dont la stratégie concurrentielle est de favoriser l’innovation; des établissements d’enseignement et de recherche qui attirent des talents de calibre mondial et qui favorisent leur développement; des chercheurs qui  font reculer les frontières du savoir; ainsi que des administrations qui offrent un environnement et du soutien favorisant les découvertes et la commercialisation.


 

Les sciences, la technologie et l’innovation favorisent la croissance, la prospérité et une qualité de vie élevée.

Malgré certains défis persistants, comme l’endettement croissant des ménages et le lent redressement de l’emploi, le Canada a su affronter la tempête économique mieux que la plupart des autres pays. Face à un context mondial exigeant, le Canada a maintenu une modeste croissance économique, une situation budgétaire relativement saine et un système financier qui sert de modèle au reste du monde. L’Organisation de cooperation et de développement économiques (OCDE) souligne, dans son édition de juin 2012 des Études économiques de l’OCDE : Canada, que « [l]e Canada a bien résisté à la crise économique mondiale, principalement en raison de la croissance soutenue des dépenses intérieures, et l’économie continue de croître malgré un contexte international qui demeure agité » 1. De plus, le Forum économique mondial indique, dans son rapport intitulé Global Competitiveness Report 2012–2013, que le Canada « se situe parmi les économies mondiales les plus prospères », et il met en évidence les forces du pays, comme les marchés très efficaces des marchandises, du travail et des capitaux (en particulier la stabilité des banques canadiennes), le capital humain de haute qualité, d’excellentes infrastructures ainsi que des institutions fortes, efficaces et transparentes2.

La situation économique relativement solide du Canada offre une occasion que le pays doit saisir, soit celle de prendre une longueur d’avance sur ses concurrents en exploitant ses forces et en surmontant ses faiblesses dans le domaine des STI. En réalisant tout leur potentiel, les Canadiens récolteront de plus grands bénéfices économiques et sociaux et participeront de façon plus significative à la solution des grands défis internationaux.Pour réaliser ce potentiel, non seulement le Canada doit investir davantage, mais il doit le faire de façon plus stratégique et cohérente, en s’appuyant sur ses forces actuelles et en tirant profit des occasions émergentes.

Rôle du présent rapport

Le gouvernement du Canada a demandé au Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation (CSTI) de produire un rapport bisannuel évaluant le rendement du pays en STI et établissant, lorsque des données le permettent, des comparaisons avec d’autres économies avancées et émergentes. Ainsi, nous pouvons mesurer les forces et les faiblesses du Canada en STI selon des normes d’excellence internationales.

Notre premier rapport, L’état des lieux en 2008, a fourni la base permettant de mesurer le rendement du Canada en matière des STI. L’état des lieux en 2010 s’est appuyé sur ce rapport en suivant le rendement du Canada pendant la période intercalaire de deux ans. Aujourd’hui, encore deux ans plus tard, L’état des lieux en 2012 repère des tendances pour déterminer les secteurs où le Canada réalise des progrès et définir ceux où il doit consacrer davantage d’efforts afin d’améliorer son rendement. La compréhension de ces éléments contribue à la progression du dialogue national sur les sciences, la technologie et l’innovation, à la définition de pistes d’action et à la volonté de travailler ensemble vers des objectifs communs.

Le CSTI, qui reconnaît l’importance cruciale des sciences, de la technologie et de l’innovation de calibre mondial pour le succès du Canada, croit que ce dernier doit s’efforcer non seulement d’atteindre l’excellence, mais aussi de devenir un chef de file mondial. Dans L’état des lieux en 2012, nous déterminons donc pour chaque indicateur permettant des comparaisons à l’échelle internationale quels sont les cinq pays les mieux classés. Nous établissons en même temps le seuil que doit atteindre le Canada pour se classer à leur niveau et devenir ainsi un chef de file mondial dans chacun de ces domaines.

Ce que nous mesurons

Comme l’ont fait les précédents rapports L’état des lieux, celui de 2012 examine en profondeur le rendement du Canada par rapport à trois grands piliers de l’écosystème des STI : l’innovation des entreprises, le développement et le transfert des connaissances, ainsi que le développement et le déploiement des talents.

Le chapitre 4 examine le rendement du Canada par rapport aux facteurs d’innovation des entreprises, y compris l’investissement en recherche-développement (R-D); en machines et matériel, surtout en technologies de l’information et des communications (TIC) améliorant la productivité; et en biens incorporels. Ce chapitre tient compte également du rendement récent des entreprises dans l’attraction de capitaux de risque et dans la diffusion de nouvelles idées et technologies par l’entremise des réseaux mondiaux. Lorsque des données sont disponibles, nous continuons nos efforts entamés dans L’État des lieux en 2010 pour affiner l’analyse, en examinant le rendement par secteur industriel.

Le chapitre 5 aborde le développement et le transfert des connaissances, en se servant d’indicateurs bibliométriques et de systèmes de classement mondial des universités pour refléter le rendement du Canada dans la production et le raffinement des connaissances scientifiques. Nous examinons ensuite les indicateurs liés à la collaboration, à la recherche sous contrat, à l’octroi de licences et aux entreprises dérivées, afin d’évaluer le rendement du Canada dans la transformation des connaissances en applications pratiques.

Le chapitre 6 contient de l’information sur le développement et le déploiement des talents. On y aborde en premier lieu le rendement du Canada en enseignement secondaire, collégial et universitaire (y compris les études de troisième cycle), comme fondement de l’acquisition des compétences nécessaires à la découverte et à l’innovation scientifiques. De plus, nous examinons le rendement du système d’éducation dans la préparation de jeunes talents afin qu’ils contribuent pleinement à une économie innovatrice, productive et concurrentielle, entre autres par l’apprentissage intégré au travail et les études commerciales. Compte tenu de l’internationalisation accrue des STI et de la mobilité croissante des talents, nous examinons aussi l’expérience du Canada lorsqu’il s’agit d’attirer des étudiants étrangers et des immigrants hautement qualifiés. Nous examinons ensuite le rendement du Canada dans le déploiement des talents au pays afin d’en tirer tous les avantages. Sur ce plan, nous tenons particulièrement compte du rendement du pays dans l’intégration des ressources humaines en sciences et technologie sur le marché du travail, et en particulier l’intégration des chercheurs.


Méthodologie

Les indicateurs utilisés dans ce rapport sont basés sur les statistiques les plus facilement disponibles et accessibles au public portant sur les activités en sciences, en technologie et en innovation (STI). Elles proviennent d’un certain nombre de sources statistiques officielles, notamment de Statistique Canada et de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Lorsque les données de ces sources officielles n’étaient pas disponibles, nous nous sommes tournés vers celles du secteur privé et sans but lucratif. Comme on doit généralement attendre deux ans avant d’obtenir les données de sources officielles, la plupart des données contenues dans le présent rapport datent de 2009 et de 2010.

Les méthodes appuyant la collecte de statistiques officielles sont basées sur des conventions statistiques acceptées à l’échelle internationale, comme décrites par Statistique Canada, qui, à leur tour, s’appuient sur le plus récent Manuel de Frascati : Méthode type proposée pour les enquêtes sur la recherche et le développement expérimental (2002) et sur la troisième édition du Manuel d’Oslo : Principes directeurs pour le recueil et l’interprétation des données sur l’innovation (2005).

Conformément aux conventions statistiques, les données figurant dans les éditions de 2008 et de 2010 de L’état des lieux ont été mises à jour si des données définitives ont été diffusées pour remplacer les estimations initiales.

Un certain nombre d’indicateurs utilisés dans le présent rapport (comme les dépenses en recherche-développement des entreprises ou DIRDE) sont exprimés en pourcentage de la taille de l’économie de chaque pays, c’est-à-dire de son produit intérieur brut (PIB). Cette façon de faire est conforme à une convention internationale communément acceptée et utilisée et permet la comparaison des indicateurs en STI entre les pays de taille économique différente. Comme c’est le cas pour plusieurs mesures, on doit se montrer prudent dans leur interprétation, car des modifications de l’indicateur en question (c’est-à-dire les DIRDE) ou de la taille relative de chaque économie (c’est-à-dire le PIB) du groupe de comparaison peuvent influer sur de tels ratios. Toutes choses égales par ailleurs, ces considérations n’affectent cependant pas le classement international du Canada selon les indicateurs cités ici.

Pour les comparaisons internationales, lorsque les données sur un pays n’étaient pas disponibles pour l’année indiquée dans la figure, nous avons utilisé les données les plus récentes disponibles pour ce pays plutôt que de ne pas l’inclure dans la comparaison.

Toutes les données sont en dollars courants, sauf indication contraire. Toutes les données sont en dollars canadiens, sauf indication contraire.

Comme préface à l’analyse en profondeur du rendement du Canada par rapport aux trois principaux piliers, le chapitre 2 examine l’importance des STI pour le bien-être économique et social du Canada; les principaux intervenants de l’écosystème des STI au pays; et les grandes tendances qui caractérisent les STI dans le monde moderne. Cette partie sert de base à la discussion subséquente sur le rendement du Canada. Le chapitre 3 examine le financement de la R-D par le Canada dans un contexte mondial. Une attention particulière est portée au soutien fourni par le gouvernement, autant au niveau fédéral que (ce qui constitue une nouveauté dans L’état des lieux en 2012) provincial. L’ajout de données provinciales aide à dresser un portrait plus intégré des ressources de R-D à l’échelle du Canada.

Le rapport sur le rendement

Les constatations de L’état des lieux en 2012 à l’égard des trois grands piliers renforcent ce que nous avions appris dans L’état des lieux en 2010. Selon ces constatations, bien que le Canada puisse largement se réjouir de sa base de connaissances et de talents, il lui reste beaucoup de travail à faire avant de faire partie de l’élite et de réaliser tout son potentiel en STI.

Le Canada continue de tirer profit d’une assise solide bâtie sur le double avantage des connaissances et des talents. Les investissements importants du Canada dans la recherche menée par le secteur de l’enseignement supérieur ont généré d’importantes retombées, alors que la production et le raffinement des connaissances scientifiques (indicateurs bibliométriques) continuent d’être caractérisés par un dynamisme et une qualité supérieure. En 2010, comme en 2008, le Canada (qui représente 0,5 % de la population mondiale) a publié 4,4 % de toutes les publications mondiales en sciences naturelles et en génie, un résultat impressionnant.

Sur le plan du talent, comme indiqué dans L’état des lieux en 2010, la moitié de la population adulte canadienne a reçu un enseignement postsecondaire. Il s’agit d’un des niveaux les plus élevés au monde. De 2006 à 2010, le nombre de diplômes de premier cycle décernés en sciences et en génie a augmenté de façon impressionnante, soit de 31,8 % et de 7,3 % respectivement. Au niveau du doctorat, le Canada continue de produire moins de diplômés en recherche avancée (en pourcentage de la population) que plusieurs des pays de comparaison de l’OCDE; cependant, le taux de croissance des doctorats décernés en sciences et en génie est encourageant, surpassant celui de bon nombre d’économies.

Le Canada ne doit cependant pas être trop confiant, même dans les domaines où il réussit relativement bien. D’autres pays, surtout les économies émergentes, font d’importants investissements dans leurs systèmes d’éducation et de recherche. Certains de ces investissements commencent à porter leurs fruits en ce qui a trait à l’amélioration du rendement, surtout dans la quantité de résultats de recherche. L’amélioration des autres pays a une incidence sur la position relative du Canada quant à plusieurs indicateurs de développement des connaissances et des talents, et il risque de voir son avantage concurrentiel diminuer dans ces domaines. Le maintien et l’expansion de son avantage concurrentiel en développement des connaissances et des talents sont essentiels pour garantir une fondation solide en sciences, technologie et innovation.

Le Canada continue de faire face à des difficultés dans le transfert des connaissances – le passage efficace du savoir acquis dans les établissements d’enseignement supérieur vers les entreprises du secteur privé qui ont la capacité de transformer ce savoir en produits commercialisables ou de l’appliquer à des problèmes sociaux, environnementaux ou liés à la santé. Selon ce que nous avons observé, une grande partie du transfert des connaissances s’appuie sur les gens, c’est-à-dire sur leur mobilité et sur leurs interactions. Cependant, en ce qui a trait aux mesures traditionnelles, soit l’octroi de licences et la création d’entreprises dérivées, le rendement du Canada est généralement décevant, surtout si on le compare à celui des États-Unis.

De la même façon, le Canada continue à éprouver des difficultés à déployer ses talents pour en tirer un maximum d’avantages et ainsi favoriser les découvertes et la commercialisation. Sur ce plan, le rendement du Canada continue de décevoir selon les deux indicateurs les plus révélateurs de la capacité d’un pays à déployer son talent afin d’en tirer un maximum de profit : la part de ressources humaines en sciences et technologie, et la proportion de chercheurs engagés par les secteurs privé et public.

Comme conclu dans L’état des lieux en 2010, le rendement du Canada en innovation des entreprises est ce qu’il y a de plus inquiétant. Bien que nous sachions que des activités innovatrices sont menées sans qu’elles soient intégrées aux données officielles, il reste évident que les entreprises canadiennes n’exploitent pas suffisamment l’innovation pour en tirer des gains concurrentiels. Dans les classements internationaux ayant trait à l’innovation des entreprises, le Canada demeure en milieu de peloton selon la plupart des mesures et a même, dans certains cas, reculé. Le faible niveau d’intensité en R-D des entreprises au Canada et la disponibilité limitée des capitaux de risque sont particulièrement inquiétants, tout comme l’écart important avec les États-Unis en ce qui a trait aux investissements par le secteur privé dans les TIC, qui améliorent la productivité.

Ce rendement mitigé s’explique par le problème du financement. En effet, la valeur en dollars du financement de la R-D au Canada est en baisse depuis son sommet de 2008, et le financement total en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) ne cesse de diminuer depuis 2001. Cette situation offre un contraste flagrant avec la plupart des autres pays, dont les dépenses intérieures brutes en R-D (DIRD) et les ratios DIRD-PIB sont en hausse. Les plus récentes baisses enregistrées dans le financement global en R-D au Canada sont principalement attribuables au faible financement provenant du secteur privé.

Ces constatations, ainsi que d’autres, sont examinées plus en profondeur dans les chapitres suivants. Les principaux éléments de la situation concernant le rendement sont soulignés dans le tableau ci-après, qui offre des comparaisons sommaires du rendement du Canada par rapport aux 20 indicateurs de base, depuis l’établissement des mesures de référence dans L’état des lieux en 2008. Ces 20 indicateurs de base ont été définis par le CSTI dans L’état des lieux en 2010, et doivent être utilisés de façon continue pour améliorer l’évaluation, surtout par rapport aux pays de comparaison, des points clés en sciences, en technologie et en innovation.

Le Canada possède des bases solides sur lesquelles bâtir, mais il doit faire mieux. Tous les intervenants de son écosystème des STI ont un rôle à jouer dans l’amélioration du rendement visant à classer le Canada au rang des économies mondiales dominantes en innovation, ce qui permettra aux Canadiens de jouir des bénéfices économiques et sociaux associés à la réalisation du plein potentiel que possèdent les STI. Chaque intervenant doit assumer cette responsabilité en concentrant ses ressources et ses efforts, en cherchant à tirer des leçons des leaders mondiaux, en améliorant sa capacité à tirer profit des occasions et en favorisant la collaboration, pour permettre au Canada de faire partie de l’élite.

L’état des lieux : Résumé et comparaison des indicateurs de base
Indicateurs L’état des lieux en 2008 L’état des lieux en 2010 L’état des lieux en 2012 Changement
2010 à 2012
Changement
2008 à 2012
Ressources pour la recherche-développement (R-D) et l’innovation
Dépenses intérieures brutes en R-D (DIRD), en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) 2,00% (2006) 1,92 % (2008) 1,74 % (2011) Baisse Baisse
Classement 16e sur 41
économies disponibles (2006)
17e sur 41 économies disponibles (2008) 23e sur 41
économies disponibles (2011)
Baisse Baisse
DIRD par bailleur de fonds, en millions de $CAN Fait référence aux données seulement disponibles pour le Canada 2006 2009 2012
• Entreprises 14 874 14 148 14 067 Baisse Baisse
• Établissements d’enseignement supérieur 4 574 4 824 5 404 Hausse Hausse
• Gouvernement fédéral 5 226 5 959 5 838 Baisse Hausse
• Gouvernements provinciaux 1 467 1 661 1 681 Hausse Hausse
• Secteur étranger 2 252 2 120 1 960 Baisse Baisse
• Organisations sans but lucratif 827 944 1 077 Hausse Hausse
DIRD par secteur d’exécution, en millions de $CAN Fait référence aux données seulement disponibles pour le Canada 2006 2009 2012
• Entreprises 16 474 15 569 15 493 Baisse Baisse
• Établissements d’enseignement supérieur 9 625 10 818 11 528 Hausse Hausse
• Gouvernement fédéral 2 496 2 762 2 475 Baisse Baisse
• Gouvernements provinciaux 310 352 348 Baisse Hausse
R-D financée par les entreprises, par secteur, en millions de $CAN Fait référence aux données seulement disponibles pour le Canada 2006 2009 2012
• Entreprises 13 947 13 113 13 107 Baisse Baisse
• Établissements d’enseignement supérieur 808 896 863 Baisse Hausse
R-D financée par les entreprises, par secteur, en millions de $CAN Fait référence aux données seulement disponibles pour le Canada 2006 2009 2012
• Entreprises 260 313 406 Hausse Hausse
• Gouvernement fédéral 2 434 2 684 2 400 Baisse Baisse
• Établissements d’enseignement supérieur 2 488 2 932 3 002 Hausse Hausse
Soutien direct du gouvernement fédéral à la R-D des entreprises, en pourcentage du PIB 0,02 % (2005) 0,02 % (2008) 0,03 % (2010) Hausse Baisse
Soutien indirect du gouvernement fédéral à la R-D des entreprises, en pourcentage du PIB 0,21 % (2005) 0,22 % (2008) 0,21 % (2010) Baisse
R-D gouvernementale intra-muros,
en pourcentage du PIB
0,19 % (2006) 0,19 % (2008) 0,18 % (2011) Baisse Baisse
R-D des entreprises et innovation
Dépenses des entreprises en R-D (DIRDE), en pourcentage du PIB 1,14 % (2006) 1,04 % (2008) 0,89 % (2011) Baisse Baisse
Classement 18e sur 41 économies disponibles (2006) 21e sur 41 économies disponibles (2008) 25e sur 41 économies disponibles (2011) Baisse Baisse
Dépenses des entreprises en machines et matériel, en pourcentage du PIB Fait référence aux données seulement disponibles pour le Canada 6,6 % (2004) 6,6 % (2007) 5,7 % (2011) Baisse Baisse
Intensité des investissements des entreprises dans les
technologies de l’information et des communications (TIC) (investissements dans les TIC, en pourcentage de la formation brute de capital fixe non résidentiel)
n.d. n.d. 17 % (2009) n.d. n.d.
Classement n.d. n.d. 9e sur 20
économies disponibles (2009)
n.d. n.d.
Intensité des services des technologies de l’information (dans certaines industries) n.d. 2,3 % pour l’extraction minière et l’exploitation en carrière; 7,9 % pour les finances et l’assurance (année des données : milieu des années 2000) n.d. n.d. n.d.
Classement n.d. 3e sur 27 pour l’extraction minière
et l’exploitation en carrière; 7e sur
27 pour les finances et l’assurance (année des données : milieu des années 2000)
n.d. n.d. n.d.
Investissement de capital de risque, en pourcentage du PIB Fait référence aux données seulement disponibles pour le Canada 0,13 % (2007) 0,09 % (2008) 0,09 % (2011) Baisse
Commerce en services à forte intensité technologique – Recettes en pourcentage du total des recettes des services commerciaux Fait référence aux données seulement disponibles pour le Canada n.d. 42,1 % (2009) 38,8 % (2011) Baisse n.d.
Commerce en services à forte intensité technologique –
Paiements en pourcentage du total des paiements des services commerciaux Fait référence aux données seulement disponibles pour le Canada
n.d. 39,4 % (2009) 39,1 % (2011) Baisse n.d.
Nombre de marques de commerce étrangères n.d. 28,6 (moyenne 2005 à 2007) n.d. n.d. n.d.
Classement n.d. 19e sur 38
économies disponibles
(moyenne 2005 à 2007)
n.d. n.d. n.d.
Demandes de marque de commerce directes
par un résident
17 719 (2004) 21 101 (2007) 20 449 (2010) Baisse Hausse
Classement 20e sur 212 économies disponibles (2004) 17e sur 212 économies disponibles (2007) 17e sur 212 économies disponibles (2010) Hausse
Développement et transfert des connaissances
Dépenses intérieures brutes en R-D dans le domaine de l’enseignement supérieur (DIRDES), en pourcentage du PIB 0,66 % (2006) 0,68 % (2008) 0,66 % (2011) Baisse
Classement 3e sur 41 économies disponibles (2006) 4e sur 41 économies disponibles (2008) 9e sur 41 économies disponibles (2011) Baisse Baisse
Classement en matière de collaboration universités-entreprises pour la R-D 14e sur 134
économies (2008)
7e sur 139
économies (2010)
15e sur 144
économies (2012)
Baisse Baisse
Nombre total de nouvelles licences attribuées aux universités et aux hôpitaux d’enseignement affiliés Fait référence aux données seulement disponibles pour le Canada n.d. 524 nouvelles licences
(2008)
537 nouvelles licences
(2009)
Hausse n.d.
Développement et déploiement des talents
Programme international pour le suivi des acquis
des élèves (PISA) : score et classement en sciences, en mathématiques et en compréhension de l’écrit
2006 2009
• Sciences 534, 3e sur 57 économies disponibles 529, 8e sur 74 économies disponibles n.d. n.d. n.d.
• Mathématiques 527, 7e sur 57 économies disponibles 527, 10e sur 74 économies disponibles n.d. n.d. n.d.
• Compréhension de l’écrit 527, 4e sur 57 économies disponibles 524, 6e sur 74 économies disponibles n.d. n.d. n.d.
Pourcentage de la population âgée de 25 à 64 ans ayant une éducation supérieure 47 % (2006) 49 % (2008) 51 % (2010) Hausse Hausse
Classement 1er (parmi les pays membres de l’OCDE) 1er (parmi les pays membres de l’OCDE) 1er (parmi les pays membres de l’OCDE)
Augmentation du nombre total de diplômes
délivrés en sciences, en ingénierie et dans tous les champs d’études supérieures
2005 à 2008 2006 à 2010
• Sciences n.d. 28,00 % 31,80 % n.d. n.d.
• Ingénierie n.d. 9,10 % 7,30 % n.d. n.d.
• Tous les champs d’études n.d. 13 % 5,40 % n.d. n.d.
Nombre total de doctorats délivrés 2008 2010
• Sciences n.d. 1 704 1 928 Hausse n.d.
• Ingénierie n.d. 891 1 036 Hausse n.d.
• Tous les champs d’études n.d. 4 827 5 416 Hausse n.d.
Nombre de chercheurs par millier d’emplois 2005 2008
• Tous les secteurs n.d. 8.2 8.5 Hausse n.d.
Classement n.d. 13e sur 35 économies disponibles (2007) 12e sur 37 économies disponibles (2009) Hausse n.d.
• Secteur des entreprises n.d. Hausse 5,2 Hausse n.d.
Classement n.d. 8e sur 35 économies disponibles (2007) 9e sur 37 économies disponibles (2009) Baisse n.d.
• Gouvernement, enseignement supérieur
et secteur sans but lucratif
n.d. 3,2 3,3 Hausse n.d.
Classement n.d. 19e sur 35 économies disponibles (2007) 18e sur 37 économies disponibles (2009) Hausse n.d.

Pour les classements, le Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation a utilisé toutes les économies dont les données étaient disponibles.

La plupart des statistiques de l’OCDE font état des pays membres de l’OCDE et d’autres économies importantes mesurées par l’OCDE.

Le secteur d’exécution fait référence au secteur chargé des activités de R-D, tandis que le secteur de financement fait référence au secteur qui paie pour les activités de R-D.

Par exemple, le secteur des entreprises finance un nombre important d’activités au sein du secteur de l’enseignement supérieur.

Il ne s’agit pas toujours des données et des classements originaux de L’état des lieux en 2008 et de L’état des lieux en 2010.

Si les données ont été révisées depuis la publication de ces rapports, les données révisées ont été utilisées.

n.d. signifie « non disponible ».

Fait référence aux données seulement disponibles pour le Canada Fait référence aux données seulement disponibles pour le Canada; toutes les autres données sont internationales.


1Comité d’examen des situations économiques et des problèmes de développement de l’OCDE, Études économiques de l’OCDE : Canada, Paris, juin 2012, p. 2.

2Forum économique mondial, Global Competitiveness Report 2012–2013, Genève, 2012.

Chapitre 2 : Comprendre les sciences, la technologie et l’innovation


Avant d’examiner la situation du Canada au chapitre de son rendement en sciences, en technologie et en innovation (STI), il est important de comprendre le contexte dans lequel cette situation s’inscrit. Il est utile de définir d’abord « les sciences et la technologie (S-T) », « la recherche-développement (R-D) », ainsi que « l’innovation », puis d’expliquer leur importance pour le bien-être économique et sociétal des Canadiens. De plus, il faut décrire les principaux intervenants de l’écosystème canadien des STI ainsi que les caractéristiques distinctives des STI modernes.

Définir les notions

Conformément à la pratique internationale, les activités scientifiques et technologiques englobent le développement, la diffusion et l’application de nouvelles connaissances scientifiques et technologiques. À des fins statistiques, ces activités sont réparties en recherche et en développement expérimental (c’est-à-dire la R-D), qui est l’activité centrale, et en activités scientifiques connexes (ASC). Les ASC, menées principalement par les gouvernements et leurs agents, comprennent des activités comme l’aide à l’éducation, les sondages techniques, les enquêtes statistiques, les services d’information, les études et les services spéciaux ainsi que les services muséaux.

Les rapports de 2008 et de 2010 sur L’état des lieux du Conseil des sciences, de la technologie et de l’innovation (CSTI) contenaient la définition de la R-D du Manuel de Frascati publié par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en 2002 et celle de l’innovation du Manuel d’Oslo publié par l’OCDE et Eurostat en 2005.

Selon le Manuel de Frascati (2002), la R-D englobe trois activités : la « recherche fondamentale », qui consiste en des travaux expérimentaux ou théoriques entrepris principalement en vue d’acquérir de nouvelles connaissances sur les fondements des phénomènes et des faits observables, sans envisager une application ou une utilisation particulière; la « recherche appliquée », qui consiste également en des travaux originaux entrepris en vue d’acquérir des connaissances nouvelles, mais est surtout dirigée vers un but ou un objectif pratique déterminé; et le « développement expérimental », qui consiste en des travaux systématiques basés sur des connaissances existantes obtenues par la recherche ou l’expérience pratique, en vue de lancer la fabrication de nouveaux matériaux, produits ou dispositifs, d’établir de nouveaux procédés, systèmes et services ou d’améliorer considérablement ceux qui existent déjà3.

Alors que les activités des S-T, et plus précisément la R-D, comprennent le développement de nouvelles connaissances ou technologies, l’innovation, elle, requiert l’intégration de ces connaissances ou technologies soit sur le marché, où la valeur est créée, soit dans une organisation, où des gains d’efficacité sont générés. Le Manuel d’Oslo (2005) définit l’innovation comme « la mise en oeuvre d’un produit (bien ou service) ou d’un procédé nouveau ou sensiblement amélioré, d’une nouvelle méthode de commercialisation ou d’une nouvelle méthode organisationnelle dans les pratiques de l’entreprise, l’organisation du lieu de travail ou les relations extérieures»4. Les principaux types d’innovation sont décrits ainsi : 

  • L’innovation de produit se rapporte aux biens et aux services nouveaux ou sensiblement améliorés, ce qui inclut les améliorations notables des spécifications techniques, des composantes et des matériaux, des logiciels intégrés, de la convivialité ou d’autres caractéristiques fonctionnelles.
  • L’innovation de procédé se rapporte aux méthodes de production ou de prestation nouvelles ou sensiblement améliorées, ce qui inclut les modifications notables apportées aux techniques, à l’équipement et aux logiciels.
  • L’innovation de marketing se rapporte aux nouvelles méthodes de marketing qui modifient sensiblement la conception ou l’emballage de produits, le placement de produits, la promotion de produits ou l’établissement des prix.
  • L’innovation organisationnelle se rapporte à de nouvelles méthodes organisationnelles dans les pratiques de l’entreprise, l’organisation du lieu de travail ou les relations extérieures.

Les définitions des activités des STI des manuels de Frascati et d’Oslo sont essentielles pour le présent rapport, car elles constituent la base de la comparaison des données entre les pays. La définition de l’innovation du CSTI, qui s’appuie sur celle du Manuel d’Oslo, est la suivante : « Le processus par lequel les particuliers, les entreprises et les organismes mettent au point, maîtrisent et utilisent de nouveaux produits, concepts, procédés et méthodes, lesquels peuvent être nouveaux pour eux, voire même pour leur secteur, leur pays ou le monde. Les composantes de l’innovation sont la R-D, l’invention, l’investissement de capital, la formation et le perfectionnement professionnel. »

L’innovation peut consister à modifier graduellement des produits, des processus ou des organismes existants, mais elle peut aussi engendrer des technologies ou des façons de faire radicalement nouvelles. Ces dernières sont plus faciles à définir et à dénombrer, mais les modifications peuvent avoir au fil du temps des répercussions aussi importantes, voire plus importantes, sur les entreprises individuelles et sur l’économie en général. L’aspect essentiel est l’introduction d’un élément nouveau ou amélioré dans une organisation ou directement sur le marché.

Malgré l’importance de l’innovation pour stimuler la croissance économique, il est souvent difficile de déterminer l’envergure de l’innovation au sein de l’économie. Bien que les mesures traditionnelles, comme les investissements en R-D, les investissements dans les machines et le matériel ainsi que le financement en capital de risque tiennent compte de bon nombre des activités en innovation, elles omettent certaines pratiques innovatrices importantes. Par exemple, les importants investissements faits par les industries des ressources naturelles du Canada dans les activités d’exploration et d’évaluation ainsi que dans les installations d’essais sur le terrain ne sont pas considérés comme des investissements en R-D, bien que ces activités reposent surtout sur des processus innovateurs et les STI. L’état des lieux en 2010 du CSTI reconnaît l’importance de ce type d’innovation « cachée », dont les indicateurs traditionnels ne tiennent pas compte. De plus, le haut niveau d’intégration de certaines industries canadiennes à des multinationales ou à des chaînes d’approvisionnement mondiales signifie que des entreprises canadiennes peuvent tirer profit de la R-D effectuée dans un autre endroit et, bien souvent, protéger leurs innovations en les brevetant ailleurs. Ces types de flux des connaissances et autres investissements sont difficiles à cerner. Certaines données, cependant, nous aident à comprendre à quel endroit et de quelle façon ce type d’innovation se produit.

L’importance des sciences, de la technologie et de l’innovation

Les STI constituent la base d’une économie forte; elles contribuent à accélérer la croissance de la productivité, à créer des emplois de qualité, à mettre sur pied des entreprises et à favoriser leur croissance. Les investissements en R-D aident aussi à régler des questions pressantes en permettant d’offrir les connaissances, les technologies et les processus nécessaires pour éviter ou atténuer les effets nuisibles des problèmes de santé, environnementaux et sociaux.

Croissance de la productivité

La croissance de la productivité est l’une des principales sources d’amélioration du bien-être économique à long terme, et elle est essentielle à l’augmentation des salaires et de la rentabilité pour les investisseurs5,6. Une analyse à l’échelle internationale montre aussi que les entreprises les plus productives sont celles qui créent le plus grand nombre d’emplois7. L’innovation est largement considérée comme un important facteur de la productivité. Pour les entreprises, les analyses montrent que celles qui investissent davantage dans l’innovation par employé enregistrent aussi des niveaux de productivité plus élevés8.

La productivité correspond à la quantité totale de biens et de services produite dans un pays pour chaque facteur de production comme la main-d’oeuvre, le capital ou les terrains. Elle s’exprime généralement sous forme de taux ou de niveaux de croissance. La mesure la plus courante de la productivité est la productivité de la main-d’oeuvre, qui évalue la quantité de biens et de services produite par la main-d’oeuvre en une heure de travail. Cependant, la productivité de la main-d’œuvre (la production par heure de travail) ne tient pas directement compte de l’effet du capital ou des changements de sa composition sur la hausse de la production9. La productivité totale des facteurs (PTF) mesure l’efficacité avec laquelle les intrants de capital et de la main-d’œuvre sont utilisés dans le processus de production. La PTF tient aussi compte de facteurs comme une technologie améliorée, les économies d’échelle, l’utilisation de la capacité de production et les compétences en gestion. Bien que cet indicateur offre un portrait plus complet des facteurs de la productivité, il demeure plus difficile à mesurer que la productivité de la main-d’oeuvre.

Dans un grand nombre d’économies en tête de classement (notamment l’Autriche, la Finlande, la Suède, le Royaume-Uni et les États-Unis), on estime qu’entre deux tiers et trois quarts de la croissance de la productivité de la main-d’oeuvre, de 1995 à 2006, sont attribuables à la PTF et à l’investissement en biens incorporels comme les logiciels, les bases de données, les compétences, l’exploration et la conception d’organisations efficaces10. Dans de nombreux pays membres de l’OCDE, les entreprises investissent maintenant autant dans les biens liés à l’innovation que dans le capital physique, comme les machines, le matériel et les immeubles.

Pour évaluer la performance de la productivité, il est plus significatif d’examiner la croissance sur de longues périodes plutôt que pour des années précises. La figure 2-1 donne une comparaison à l’échelle internationale du taux moyen de croissance annuelle de la productivité de la main-d’oeuvre des économies de l’OCDE entre 2001 et 2011. Elle montre que la croissance de la productivité de la main-d’oeuvre au Canada a été généralement faible comparativement aux autres économies avancées, le Canada se classant au 28e rang sur 35 pays comparés.

L’écart important entre le Canada et les États-Unis en ce qui a trait au niveau de productivité, tel qu’illustré aux figures 2-2 et 2-3, s’avère particulièrement inquiétant. Les figures montrent que de 2000 à 2010, l’écart entre les deux pays s’est creusé au chapitre de la productivité de la main-d’oeuvre et de la PTF. En ce qui concerne la productivité de la main-d’oeuvre dans le secteur des entreprises (c’est-à-dire la moyenne pondérée de toutes les industries représentées à la figure 2-2), les niveaux canadiens pendant cette période sont passés de 80 % à 70 % des niveaux américains. Plusieurs industries, y  compris l’extraction de pétrole et de gaz, la fabrication, le transport et l’entreposage, l’information, ainsi que les services professionnels et commerciaux, ont enregistré une baisse du niveau de la productivité de la main-d’oeuvre par rapport aux États-Unis de 2000 à 2010. Par contre, d’autres industries, comme l’agriculture, la foresterie, la pêche et la chasse, l’extraction minière (sauf l’extraction de pétrole et de gaz) et les activités connexes, les services publics, la construction, le commerce de gros, le commerce de détail, et les autres services, ont vu leur écart avec les États-Unis diminuer pendant la même période.

En ce qui a trait à la PTF dans le secteur des entreprises, la figure 2-3 montre que les niveaux canadiens ont également diminué entre 2000 et 2010, passant de 79 % à 70 % des niveaux des États-Unis. L’écart avec ce pays a donc augmenté. Cela s’explique par le fait que de nombreuses industries canadiennes ont connu une baisse relative par rapport aux niveaux de PTF des États-Unis. Parmi les industries qui n’ont pas connu de baisse, citons l’agriculture, la foresterie, la pêche et la chasse, l’extraction minière (sauf l’extraction de pétrole et de gaz) et les activités connexes, les services publics, la construction, le commerce de détail, et les autres services. L’estimation de la PTF est une tâche complexe, et le fait d’utiliser des méthodes différentes peut influer sur les résultats. Dans L’état des lieux en 2012, comme dans les rapports précédents, la même méthode est utilisée pour évaluer la PTF du Canada et celle des États-Unis11.

De façon générale, les niveaux de productivité de la main-d’oeuvre et leur croissance au Canada varient considérablement d’une industrie à l’autre. La figure 2-4 montre qu’en 2010, le niveau de productivité de la main-d’oeuvre dans l’industrie de l’extraction de pétrole et de gaz était environ huit fois plus élevé que celui du secteur des entreprises en général, alors que celui de l’industrie des services publics était, pour sa part, au moins trois fois plus élevé. Cependant, l’industrie de l’extraction de pétrole et de gaz montre un taux de croissance annuel moyen négatif (-5,4 %) de 2000 à 2010, alors que l’industrie des services publics montre un taux de croissance nul pour la même période de temps. Un certain nombre d’industries, avec en tête l’agriculture, la foresterie, la pêche et la chasse ainsi que le commerce de gros, ont connu un taux de croissance supérieur à la moyenne.

L’investissement accru des entreprises dans les biens liés aux STI, comme les technologies de l’information et des communications (TIC) ainsi que les machines et le matériel de pointe, est essentiel à l’amélioration de la productivité. Ces questions sont examinées plus en profondeur au chapitre 4, « Innovation des entreprises ».

Croissance de l’emploi et création d’entreprises

Les données indiquent que l’investissement en STI peut créer des emplois et stimuler l’emploi de façon générale, mais aussi mener à d’importants déplacements d’emplois au sein d’industries. En aidant les entreprises à devenir plus concurrentielles et ainsi accéder à de nouveaux marchés, les STI sont un moteur important de l’expansion des entreprises et de la croissance de l’emploi. Les STI favorisent aussi la création de nouvelles entreprises comme moyen de commercialisation de nouveaux produits et processus. Les nouvelles entreprises sont des sources particulièrement importantes de nouveaux emplois. En 2007, par exemple, les entreprises âgées de moins de cinq ans étaient à la source de plus des deux tiers des nouveaux emplois nets aux États-Unis12.

Dans certains cas, les inventions, comme celles qui ont eu lieu au siècle dernier dans les domaines des communications, de l’informatique, de la biotechnologie, du transport et de la nanotechnologie, peuvent créer des industries entièrement nouvelles qui prennent de l’expansion et génèrent un grand nombre d’emplois. Bien entendu, les nouvelles technologies peuvent aussi rendre obsolètes ou moins concurrentiels les biens et les services de certaines entreprises, et ainsi mener à leur fermeture. Les gains et les pertes doivent être examinés à l’échelle de la société en général à court, à moyen et à long terme. De plus, des politiques appropriées doivent être mises en place pour faire face aux perturbations et aux déplacements qui en découlent.

Défis environnementaux, sociaux et liés à la santé

La recherche scientifique de calibre international peut mener à des découvertes et à des technologies révolutionnaires dont les applications peuvent aider à relever les défis urgents environnementaux, sociaux et liés à la santé. Sur le plan de la santé, la population vieillissante, les répercussions croissantes de maladies comme le diabète et le VIH/sida ainsi que les maladies infectieuses émergentes demeurent des défis importants pour les décennies à venir. En plus de fournir de nouvelles techniques de diagnostic et thérapies ainsi que de nouveaux médicaments, les STI peuvent aider à relever ces défis en améliorant le rendement des systèmes de santé et en les rendant plus efficaces et efficients.

La nécessité de relever les défis environnementaux, comme les changements climatiques, la pollution de l’air et de l’eau, la présence de contaminants chimiques et l’élimination des déchets dangereux, fait partie des principales priorités de nombreux gouvernements partout dans le monde. De plus, elle a encouragé d’importants investissements en technologies de prévention et d’atténuation. Par exemple, les avancées technologiques qui permettent la combustion plus efficace, la capture d’émissions ou la substitution de combustibles fossiles par des sources d’énergie renouvelables visent à réduire les émissions atmosphériques, alors que les avancées en biorestauration et autres techniques ont amélioré la capacité à éliminer les contaminants présents dans le sol et dans l’eau.

Les inquiétudes concernant les défis sociaux liés à la sécurité alimentaire ont motivé la recherche et l’innovation au Canada depuis le début du 20e siècle, époque où les scientifiques du gouvernement développaient de nouvelles variétés de cultures rustiques adaptées au climat canadien. Le travail actuel mené sur les cultures génétiquement modifiées vise à améliorer le rendement des cultures, tout en réduisant la quantité d’engrais, de pesticides et d’herbicides utilisés.

L’écosystème des sciences, de la technologie et de l’innovation, et ses principaux intervenants

L’écosystème des STI du Canada comprend de nombreux intervenants, y compris les administrations, les entreprises, les universités et collèges, les organisations non gouvernementales (ONG), les collectivités et les particuliers. Les liens qui relient ces intervenants sont complexes, multidimensionnels, dynamiques et en constante évolution. Ils facilitent l’échange et le déploiement créatif des connaissances, du capital, des talents et d’autres ressources nécessaires à l’innovation. Par exemple, le secteur de l’enseignement supérieur peut apporter les nouvelles connaissances et les nouveaux talents; les fournisseurs et les clients peuvent fournir les renseignements essentiels sur la demande du marché et sur les améliorations techniques; les associations communautaires et les ONG peuvent assurer une liaison avec les services financiers, commerciaux et juridiques; et les divers ordres de gouvernement peuvent offrir une vaste gamme de services d’aide financière et de soutien au savoir et au réseautage. Bien que tous ces intervenants jouent un rôle important au sein de l’écosystème des STI, les plus actifs sont le secteur public, le secteur de l’enseignement supérieur (universités et collèges) et le secteur des entreprises.

Secteur public

Les gouvernements fédéral et provinciaux du Canada jouent un rôle important dans le soutien des STI en élaborant des politiques qui créent un environnement favorable au développement des STI et à l’offre de programmes de financement des activités en R-D et en innovation.

Au Canada, les gouvernements fédéral et provinciaux sont conjointement responsables des conditions-cadres qui appuient la production de bon nombre des facteurs nécessaires aux STI. Les stratégies fédérales et provinciales visant à renforcer les STI comprennent des politiques liées aux systèmes fiscaux, aux droits de propriété intellectuelle et à la mobilité de la main-d’oeuvre; des règlements concernant la santé, la sécurité et l’environnement; et des politiques qui façonnent la concurrence, l’investissement étranger et le commerce.

Des politiques gouvernementales stables et prévisibles sont particulièrement importantes pour les entreprises, car elles leur permettent de mieux calculer le rendement potentiel du capital investi dans la recherche, le développement de produits et l’amélioration de processus. Les régimes de réglementation influent sur la taille, le dynamisme et le financement des entreprises, le niveau de concurrence auquel elles sont confrontées, leur capacité à s’approprier les gains tirés de leur propriété intellectuelle et le fait de pouvoir lancer de nouveaux produits et services sur le marché. La rigidité du marché du travail peut aussi compliquer la tâche des entreprises qui souhaitent s’adapter aux conditions changeantes du marché, et peut empêcher le maintien en poste et le redéploiement du personnel qualifié.

Les conditions-cadres ont également des répercussions sur la R-D menée dans le secteur de l’enseignement supérieur et dans les laboratoires du gouvernement, principalement en offrant les ressources économiques nécessaires pour soutenir ce travail, mais aussi en favorisant les partenariats en STI avec le secteur privé. Les régimes de propriété intellectuelle offrent quant à eux des primes aux chercheurs pour les encourager à commercialiser leurs découvertes et leurs inventions.

L’élargissement des marchés a été l’un des principaux moteurs des STI, puisque la réduction des barrières tarifaires et non tarifaires ainsi que la libéralisation des marchés financiers ont offert de nouvelles occasions de commerce et d’investissement internationaux. Ainsi, les marchés sont plus accessibles aux innovateurs et aux consommateurs, et la diffusion de connaissances, de technologies et de pratiques commerciales innovatrices s’en trouve simplifiée.

Les gouvernements fédéral et provinciaux effectuent d’importants investissements dans la recherche menée par les établissements d’enseignement supérieur et l’industrie, comme décrit au chapitre 3, « Le financement canadien de la recherche-développement dans un contexte mondial ». Le gouvernement du Canada finance considérablement les universités et, dans une moindre mesure, les collèges, pour soutenir les projets de recherche, l’infrastructure connexe, le développement de talents et la création de réseaux collaboratifs de R-D. Les fonds sont surtout distribués par l’entremise des trois organismes subventionnaires fédéraux, soit les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), ainsi que par l’entremise de la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI). Les gouvernements provinciaux sont responsables du financement des coûts de fonctionnement dans les universités et les collèges publics du Canada, et contribuent ainsi de façon considérable aux coûts indirects liés à la recherche financée par le gouvernement fédéral. Ils couvrent aussi les coûts directs associés à la recherche et au développement de talents, dans le cadre de divers programmes de financement.

Les gouvernements fédéral et provinciaux appuient la R-D dans le secteur privé (aussi examiné en profondeur au chapitre 3) en offrant du financement direct aux entreprises et au moyen d’un mécanisme indirect, soit les crédits d’impôt. Le programme fédéral dans son ensemble est grandement axé sur le soutien indirect, dans le cadre du programme d’encouragements fiscaux pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE), considéré comme l’un des plus généreux au monde. La plupart des provinces ainsi que le Yukon offrent des crédits d’impôt similaires en R-D pour compléter le programme fédéral.


Programmes fédéraux appuyant les sciences, la technologie et l’innovation

Le gouvernement fédéral offre un large éventail de programmes visant à soutenir les STI dans le secteur de l’enseignement supérieur et celui des entreprises. Les trois organismes subventionnaires du gouvernement fédéral offrent des subventions de recherche pour les particuliers et les équipes, des bourses en recherche et des bourses d’études, et aident à financer les projets de collaboration avec l’industrie, le gouvernement et les organismes sans but lucratif. En 2011-2012, le CRSNG et les IRSC ont chacun versé environ 1 milliard de dollars aux chercheurs et aux étudiants canadiens, alors que de son côté, le CRSH a versé près de 340 millions de dollars.

Les organismes subventionnaires gèrent aussi un certain nombre d’initiatives communes, y compris certains des plus importants programmes de soutien direct du gouvernement. Cela inclut les programmes axés sur l’établissement de réseaux de recherche (y compris des réseaux menés par l’industrie), dans le cadre de l’ensemble de programmes des Réseaux de centres d’excellence (RCE). Les initiatives des trois organismes visent aussi à attirer et à garder les meilleurs talents en recherche dans les universités canadiennes, notamment dans le cadre du prestigieux Programme des chaires d’excellence en recherche du Canada, du Programme de bourses d’études supérieures du Canada Vanier et du Programme de bourses postdoctorales Banting.

Grâce à la FCI, le gouvernement fédéral finance aussi l’infrastructure nécessaire pour favoriser la recherche et le développement technologique au Canada. La FCI finance, entre autres, l’équipement, les laboratoires, les bases de données, les échantillons, les collections scientifiques, le matériel informatique et les logiciels, les réseaux de communication et les immeubles. En mars 2012, la FCI avait investi près de 5,7 milliards de dollars dans l’infrastructure d’établissements de recherche partout au Canada.

Le gouvernement du Canada appuie aussi l’innovation des entreprises en offrant de l’aide et du capital financiers pour le développement et la commercialisation de produits. En plus du programme d’encouragements fiscaux en RS&DE, la plus importante source de soutien à l’innovation des entreprises offerte par le gouvernement fédéral, celui-ci contribue à l’ensemble des ressources financières accordées pour aider les entreprises à innover, dans le cadre de programmes comme celui sur le Capital de risque de la Banque de développement du Canada et le Plan d’action pour le capital de risque. Le Programme d’aide à la recherche industrielle (PARI) du Conseil national de recherches du Canada appuie le développement et la commercialisation de produits par les petites et moyennes entreprises (PME). Il s’agit du plus important programme gouvernemental de soutien direct à l’industrie. Le PARI mène aussi le Programme pilote d’adoption de la technologie numérique, qui vise à accélérer la vitesse à laquelle les PME adoptent des technologies numériques et acquièrent des compétences dans le domaine numérique. De plus, le gouvernement fédéral appuie la commercialisation en se procurant et en mettant à l’essai des innovations précommerciales dans le cadre du Programme canadien pour la commercialisation des innovations. Le gouvernement du Canada soutient également la recherche utile à l’industrie au moyen de programmes comme l’Initiative stratégique pour l’aérospatiale et la défense, qui cible les industries de l’aérospatiale, de la défense, de la sécurité et de l’espace.

Plusieurs programmes fédéraux et provinciaux appuyant la recherche menée par les établissements d’enseignement supérieur et l’industrie se complètent mutuellement. Parmi ces formes de soutien, citons les crédits d’impôt offerts par le gouvernement fédéral et par un certain nombre de gouvernements provinciaux pour couvrir les dépenses admissibles en R-D; le financement commun des coûts de fonctionnement et d’immobilisations de certains programmes de recherche; et le soutien des infrastructures de recherche à grande échelle comme TRIUMF (laboratoire de physique subatomique situé à Vancouver).

En dernier lieu, le gouvernement fédéral, par l’entremise de ses ministères et organismes à vocation scientifique et de leurs laboratoires, se consacre à la R-D et mène des activités scientifiques connexes qui appuient ses responsabilités réglementaires. À quelques exceptions près, les gouvernements provinciaux n’ont pas beaucoup investi dans la R-D gouvernementale interne.


Programmes provinciaux appuyant les sciences, la technologie et l’innovation

Les gouvernements provinciaux du Canada appuient les STI dans le cadre d’une variété de programmes visant à stimuler l’innovation des entreprises, le développement et le transfert des connaissances, et le développement et le déploiement des talents. Ces programmes varient d’une province à l’autre. En voici un échantillon.

Alberta

Alberta Innovates Connector Service, lancé en 2010, est un service gratuit et personnalisé qui aide les entrepreneurs, les inventeurs et les entreprises qui ont des idées novatrices à se brancher au système d’innovation et de recherche de l’Alberta. Appuyé par l’Alberta Enterprise and Advanced Education, le Connector Service évalue les besoins commerciaux, facilite les présentations et dirige les particuliers vers les fournisseurs de programmes et de services, dont les grandes entreprises d’Alberta Innovates qui offrent de l’expertise technique, des services commerciaux et du financement. Le Connector Service se concentre sur le client. Il détermine ses besoins et ses priorités et établit les liens avec l’information, les gens, les installations ou les organismes qui sont nécessaires pour que les idées novatrices aboutissent sur le marché. Le Connector Service traite environ 800 demandes par année.

Colombie-Britannique

Le British Columbia Innovation Council (BCIC), un organisme d’État provincial, a lancé en janvier 2011 un programme de mentorat à l’échelle de la province, qui vise à améliorer la réussite des entrepreneurs en technologie, en leur offrant l’accès à des conseils et à du savoir-faire d’experts. S’inspirant du Venture Mentoring Service du MIT, le programme forme et accrédite des mentors volontaires qui sont jumelés à des entrepreneurs du BCIC Venture Acceleration Program (VAP), conçu pour accélérer la croissance des entreprises technologiques en phase de démarrage. Les organisations partenaires du VAP comprennent Accelerate Okanagan, VIATeC/Accelerate Tectoria, Wavefront, Innovation Island Technology Association et Kamloops Innovation Centre. Le BCIC travaille avec d’autres partenaires de prestation des services pour que ces programmes soient offerts dans toute la province. Selon le BCIC, en 2012, plus de 170 entreprises avaient reçu du mentorat de la part d’un des 115 mentors actifs du programme.

Ontario

Le Programme d’infrastructure de recherche du Fonds pour la recherche en Ontario (PIR du FRO) offre aux établissements de recherche publics de l’Ontario un financement pour leur infrastructure afin de soutenir le développement de la recherche et de la technologie. Le Fonds pour les grandes infrastructures du PIR du FRO aide les établissements à développer leurs forces en recherche en investissant dans les installations et en rassemblant des chercheurs de diverses disciplines, des experts en technologie et des partenaires de l’industrie.

Québec

Le Fonds de recherche du Québec offre de l’aide en recherche fondamentale par le financement d’initiatives collaboratives ou intersectorielles. Par exemple, le Programme des Regroupements stratégiques du Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies appuie la recherche universitaire collaborative dans des domaines comme la foresterie, les études océaniques et arctiques, la biologie, la santé, les changements climatiques et les TIC. Environ 30 grappes stratégiques ont été créées jusqu’à présent, réunissant des chercheurs de 6 universités du Québec, en moyenne, ainsi que des entreprises et des organismes gouvernementaux de la province. Actuellement, plus de 1 300 chercheurs provenant d’universités, de collèges, de l’industrie et du gouvernement sont associés aux grappes et contribuent à la formation d’environ 3 000 étudiants diplômés et 350 détenteurs d’une bourse de perfectionnement postdoctoral.

Terre-Neuve-et-Labrador

Le Research and Development Corporation’s Petroleum R&D Accelerator Program vise à stimuler la R-D dans l’industrie pétrolière en finançant, sans qu’un remboursement soit nécessaire, jusqu’à 25 % des coûts admissibles en R-D, pour un maximum de 5 millions de dollars par projet et sur une période allant jusqu’à 5 ans. Le programme est destiné aux projets menés par l’industrie et exige une contribution de 75 % ou plus des coûts admissibles en R-D du demandeur (le fournisseur étranger ou le fournisseur de technologie), des producteurs de pétrole étrangers (collaborateurs ou utilisateurs finaux), des partenaires en R-D ou d’autres sources.

Pour orienter ses investissements en STI, le gouvernement du Canada a cerné quatre domaines prioritaires dans sa stratégie en matière de sciences et de technologie de 2007, Réaliser le potentiel des sciences et de la technologie au profit du Canada. Ces quatre domaines sont les suivants : sciences et technologies de l’environnement; ressources naturelles et énergie; sciences et technologies de la santé et sciences de la vie connexes; technologies de l’information et des communications. Pour concentrer davantage les efforts, le ministre de l’Industrie a annoncé, en septembre 2008, les 13 sous-domaines prioritaires décrits dans le tableau ci-après, selon la recommandation du CSTI. Afin d’atteindre au Canada une masse critique, à l’échelle mondiale, le gouvernement fédéral doit absolument consacrer plus de ressources à ces sous-domaines prioritaires en STI, tout en appuyant les meilleures idées sans tenir compte du domaine de recherche. Les sous-priorités définies par le CSTI représentent les domaines dans lesquels le gouvernement peut susciter des investissements afin de favoriser l’élaboration de solutions de pointe aux défis sociaux, environnementaux et liés à la santé, tout en développant des applications pratiques qui appuient et consolident l’avantage concurrentiel des entreprises canadiennes dans ces domaines.


Sous-priorités en STI
(recommandées par le CSTI et approuvées par le gouvernement du Canada en 2008)
Domaines prioritaires Sous-domaines prioritaires
Environnement Eau :  • Santé
• Énergie
• Sécurité
Méthodes plus propres d’extraction, de transformation et d’utilisation des combustibles à hydrocarbures, y compris la réduction de la consommation de ces combustibles
Ressources naturelles et énergie Production d’énergie dans les sables bitumineux
Arctique :  • Production de ressources
• Adaptation aux changements climatiques
• Surveillance
Biocombustibles, piles à combustible et énergie nucléaire
Sciences de la santé et de la vie Médecine régénérative
Neurosciences
Santé d’une population vieillissante
Génie biomédical et technologies médicales
Technologies de l’information et des communications Nouveaux médias, animation et jeux
Réseaux et services sans fil
Réseaux à large bande
Matériel de télécommunication

Les sous-priorités susmentionnées ne sont pas classées par ordre d’importance.

Selon les estimations, les trois organismes subventionnaires fédéraux ont versé ensemble quelque 516 millions de dollars à la recherche axée sur les sous-domaines prioritaires pendant l’exercice 2011-2012, soit un peu moins de 22 % de leurs dépenses extra-muros combinées en R-D (2,3 milliards de dollars pour le même exercice). Plus précisément, le CRSNG a alloué environ 255 millions de dollars aux sous-domaines prioritaires (sur les 666 millions destinés aux quatre domaines prioritaires), les IRSC y ont alloué environ 255 millions et le CRSH, environ 6 millions (sur les 63 millions versés aux quatre domaines prioritaires). Les montants précis alloués à chaque sous-domaine prioritaire sont indiqués à l’annexe A.

Ce financement reflète autant la réceptivité aux propositions des chercheurs que le ciblage proactif des sous-domaines prioritaires dans les concours de financement de la recherche. Par exemple, un des programmes des RCE a ciblé les 13 sous-domaines prioritaires lors de ses deux derniers concours (en 2009 et en 2012). Par conséquent, six nouveaux réseaux ont été créés grâce à un investissement de 141,6 millions de dollars des RCE. Ces six réseaux couvraient les sous-domaines prioritaires suivants : eau; méthodes plus propres d’extraction, de transformation et d’utilisation des combustibles à hydrocarbures; biocombustibles; neurosciences; santé d’une population vieillissante; et nouveaux médias, animation et jeux.

Le Programme des chaires d’excellence en recherche du Canada (CERC) est un autre exemple de ciblage du financement par les organismes subventionnaires. Le budget de 2008 a annoncé la création de ce prestigieux programme, qui devait verser jusqu’à 10 millions de dollars à plus de 20 chaires sur 7 ans. L’objectif du programme est d’aider les universités à attirer et à garder des chercheurs de calibre international dans les quatre domaines prioritaires de la stratégie fédérale en sciences et technologie. Les 19 premières CERC ont été annoncées par le gouvernement fédéral en avril 2010. Le concours ne ciblait pas explicitement les sous-domaines prioritaires, mais la mesure dans laquelle les propositions portaient sur ces domaines a été prise en compte lors de l’évaluation de leur financement. Le budget de 2011 a annoncé des investissements fédéraux supplémentaires visant à créer d’autres CERC, y compris de nouveaux prix offerts dans le cadre d’un deuxième concours qui se terminera au début de 2014. Une fois de plus, un des critères d’évaluation des propositions sera la mesure dans laquelle celles-ci se classent dans au moins un des domaines ou des sous-domaines prioritaires.

Secteur de l’enseignement supérieur

Le secteur de l’enseignement supérieur (universités et collèges) joue de nombreux rôles importants au sein de l’écosystème des STI, qui comprennent, selon l’OCDE, « l’enseignement, la formation, le développement des compétences, la résolution de problèmes, la création et la diffusion des connaissances, la mise au point de nouveaux instruments, le stockage et la transmission des connaissances13 ». Les universités et les collèges peuvent implanter des regroupements d’activités innovatrices au sein de leurs communautés locales et servir de pont entre les entreprises, les gouvernements et les autres pays.

Au coeur du processus d’innovation se trouvent « des gens qui génèrent des idées et des connaissances visant à alimenter l’innovation, puis qui appliquent ces connaissances ainsi que les technologies, les produits et les services qui en résultent à leur milieu de travail ou en tant que consommateurs14 ».

Les universités et les collèges jouent un rôle essentiel  dans le développement des jeunes talents, en leur offrant des compétences, des connaissances et des techniques particulières qui leur permettront de contribuer pleinement à l’économie du Canada, et en leur faisant découvrir le potentiel excitant de la recherche et de l’innovation. Ces établissements offrent aussi un enseignement aux futurs entrepreneurs et chefs d’entreprise, qui sont essentiels à l’amélioration de l’avantage concurrentiel et de la productivité du Canada. Et ils offrent surtout aux jeunes talents la possibilité de développer une pensée critique et des compétences en résolution de problèmes ainsi que l’adaptabilité et la souplesse nécessaires pour réussir dans l’économie mondiale du savoir.

Les universités et les collèges canadiens jouent également un rôle essentiel dans le développement et la promotion des connaissances ainsi que dans leur application. La plupart des connaissances sous-jacentes à l’innovation d’aujourd’hui proviennent de la recherche menée dans le secteur de l’enseignement supérieur. Bien que la relation entre la recherche et l’innovation soit complexe et que la commercialisation de nouvelles connaissances soit très difficile et incertaine, les percées en matière de connaissances sont essentielles à la plupart des processus d’innovation. Dans des domaines de haute technologie comme les TIC, la biotechnologie et la nanotechnologie, la recherche fondamentale menée par les universités est cruciale. Les incertitudes et la perspective à long terme associées à ce type de recherche ainsi que l’impossibilité d’en saisir tous les avantages rend difficile, voire impossible pour les entreprises privées, la tâche de la mener. Ces entreprises, cependant, reconnaissent de plus en plus les occasions d’innovation qui découlent de l’étroite collaboration avec les universités et les collèges.

Dans le cadre de leurs activités de recherche, les universités canadiennes jouent aussi un rôle essentiel en assurant un lien entre le Canada et le bassin mondial de connaissances, de technologies et de talents. En collaborant à la recherche avec leurs homologues étrangers et en attirant des chercheurs et des universitaires de calibre mondial dans leurs établissements, les universités maximisent les avantages en matière de connaissances et de talents du Canada.

Secteur des entreprises

Les entreprises sont un élément essentiel de l’écosystème des STI, car elles transforment les connaissances et les technologies en emplois et en richesses, ainsi qu’en solutions pratiques pour relever les défis environnementaux, sociaux et liés à la santé. Elles mènent leurs propres activités substantielles de R-D, obtiennent des brevets ou des licences pour les nouvelles connaissances et technologies et, surtout, mettent ces connaissances en application sur le marché local et mondial. Les entreprises rehaussent aussi l’avantage du Canada en matière de talents en offrant de la formation à leurs employés et en collaborant avec les universités et les collèges pour offrir des stages et des programmes d’alternance travail-études. De plus, les entreprises financent une partie de la R-D menée par les universités et les collèges.

Les grandes entreprises qui sont bien établies peuvent financer d’importantes activités de R-D à l’interne et accomplir la difficile et onéreuse tâche de transformer de nouvelles connaissances potentiellement utiles en biens et services à offrir au public. Les jeunes entreprises sont elles aussi importantes, car, bien souvent, elles exploitent les occasions technologiques ou commerciales ignorées par les entreprises bien établies.

Comme indiqué ci-dessus, les entreprises collaborent étroitement avec des intervenants de l’enseignement supérieur et du gouvernement dans une vaste gamme d’activités en STI. Ces partenariats comprennent le financement conjoint de la recherche et des infrastructures de recherche avec le secteur public; la collaboration avec les universités et les collèges pour développer et commercialiser des découvertes et relever des défis techniques; ainsi que l’offre de possibilités permettant au personnel hautement qualifié de réaliser son plein potentiel.

Caractéristiques des STI modernes

L’économie mondiale plus intégrée, la concurrence accrue et les conditions économiques difficiles ont forcé les gouvernements et les entreprises à réduire leurs dépenses et à chercher des façons plus efficaces de développer et de commercialiser des connaissances et des technologies. Les STI modernes sont caractérisées par l’internationalisation croissante des activités et par la collaboration accrue qui en découle, y compris l’innovation ouverte, entre les différents intervenants et au-delà des frontières nationales. Ces développements ont une incidence sur la poursuite de l’excellence en matière de STI du Canada.

Internationalisation

Le processus des STI se mondialise de plus en plus. Les entreprises étendent leurs activités à l’échelle mondiale non seulement pour pénétrer de nouveaux marchés et diminuer leurs coûts, mais aussi pour acquérir des capacités technologiques, tirer profit des centres locaux et des grappes de connaissances et accéder à une main-d’oeuvre hautement qualifiée. Les multinationales jouent un rôle de premier plan dans la mondialisation de l’innovation. En effet, quelque 700 multinationales réalisent à elles seules près de la moitié des dépenses mondiales en R-D. Elles ont aussi été un facteur essentiel de l’émergence des réseaux d’innovation mondiaux.

Cependant, les entreprises ne sont pas les seules à participer aux activités mondiales en STI. Les TIC modernes et la mobilité croissante, jumelées à la montée en flèche des coûts et à la complexité de la recherche, ont contribué à l’internationalisation croissante des activités de recherche. En 2010, près du quart des articles scientifiques ont été rédigés par des auteurs de plus d’un pays, comparativement à 10 % en 199015; et bon nombre d’économies développées accueillent énormément de scientifiques nés à l’étranger.

De nouveaux intervenants mondiaux font aussi leur apparition dans le paysage des STI, les pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) participant notamment davantage aux activités de STI. À elle seule, la Chine a compté pour près du tiers de la croissance mondiale en R-D de 2001 à 2006, soit autant que la croissance combinée du Japon et de l’Union européenne. Cependant, il est important de noter que même si de nombreuses économies émergentes ont fait d’importants investissements en R-D, améliorant ainsi leur rendement relativement à des indicateurs connexes, il demeure possible pour ces économies de faire mieux en ce qui a trait à la qualité et à l’incidence de la recherche. Au cours de la période où les investissements en R-D ont augmenté, les talents des économies avancées et émergentes sont devenus de plus en plus mobiles, prêts à saisir les occasions partout dans le monde et contribuant ainsi à la diffusion des connaissances à l’échelle mondiale.

Collaboration

La collaboration et les partenariats sont d’importantes sources d’avantage concurrentiel, tant dans l’ensemble de l’économie qu’au sein de secteurs particuliers. Parallèlement à l’augmentation de la complexité et des coûts liés aux STI, la collaboration entre les entreprises et les chercheurs du secteur public, ainsi qu’entre ces entreprises et entre ces chercheurs, a aussi augmenté. Par les partenariats, les entreprises cherchent à rester au fait des derniers développements, à élargir leur présence sur le marché, à accéder à un plus grand bassin d’idées et de technologies et à lancer de nouveaux produits sur le marché avant leurs concurrents. Les données montrent que les entreprises qui collaborent dépensent davantage en R-D que celles qui ne le font pas, ce qui indique que la collaboration ne sert pas simplement à réduire les coûts, mais qu’elle permet surtout aux entreprises d’élargir la portée des projets ou de compléter mutuellement leurs compétences. En plus de chercher davantage à obtenir des connaissances de l’extérieur, les entreprises cherchent plus activement des partenaires externes pour commercialiser les innovations qui n’ont pas d’usage interne. Dans la plupart des pays, la collaboration avec des partenaires étrangers est au moins aussi importante que la coopération à l’échelon national, ce qui témoigne de la création de réseaux mondiaux d’innovation.

Certaines entreprises adoptent de plus en plus l’innovation ouverte comme forme de collaboration. Dans l’innovation ouverte, les activités de création et de diffusion ou de commercialisation des connaissances sont ouvertes. Ce type d’innovation dépend de groupes d’innovateurs qui révèlent librement et réciproquement leurs innovations aux autres, qui par la suite développent ces innovations. Recourir à l’innovation ouverte comme stratégie d’affaires permet d’accéder à un bassin d’idées et de technologies plus grand que celui qui est accessible au sein d’une seule entreprise. L’association avec d’autres entreprises pour développer des connaissances permet de réduire les coûts et les risques associés à la R-D, et d’accroître la vitesse du développement et de l’acquisition des connaissances. À mesure que les connaissances prennent de la valeur comme facteur de production et que les avancées rapides en TIC permettent un meilleur partage des connaissances, les modes d’innovation ouverte pourraient occuper une plus grande place au sein de l’économie mondiale.

La collaboration entre les secteurs privé et public augmente la possibilité que la recherche menée par le secteur de l’enseignement supérieur soit pertinente pour les entreprises et les gouvernements, et qu’elle y trouve des applications. Les regroupements menés par le secteur privé facilitent de façon particulièrement efficace la collaboration et les partenariats en recherche, car ils constituent un réseau d’entreprises, d’universités, de collèges et d’instituts de recherche interreliés. La nécessité d’augmenter la collaboration entre les partenaires du système d’innovation canadien était l’un des grands messages des versions précédentes de ce rapport. Le rendement du Canada dans ce domaine est examiné au chapitre 5, « Développement et transfert des connaissances ».

Conclusion

Les trois principaux intervenants décrits (les gouvernements, les universités et les collèges ainsi que les entreprises) forment la pierre angulaire de l’écosystème canadien des STI. Les chapitres qui suivent examinent le financement consacré par ces intervenants aux STI, leur rendement en matière d’intrants et d’extrants connexes, et le succès du Canada en ce qui a trait au perfectionnement et au déploiement des talents qui font avancer cet écosystème. Le document dresse un portrait de la position du Canada par rapport à ses principaux concurrents et du parcours qu’il a emprunté pour occuper cette position. L’analyse des données fournit une évaluation complète du système des sciences, de la technologie et de l’innovation au Canada et compare le rendement du Canada avec celui de ses principaux concurrents, offrant ainsi un aperçu des forces et des faiblesses relatives du pays.


3 OCDE, Manuel de Frascati : Méthode type proposée pour les enquêtes sur la recherche et le développement expérimental, Paris, 2002, p. 34.

4OCDE–Eurostat, Manuel d’Oslo : Principes directeurs pour le recueil et l’interprétation des données sur l’innovation (3e édition), Paris, 2005, p. 46.

5Banque du Canada, La productivité, Documents d’information, 2010, p. 1.

6Le Conference Board du Canada, Canada’s Lagging Productivity: The Case of a Well-Educated Workforce Lacking the Much-Needed Physical Capital, 2010, p. 1.

7OCDE, Panorama de l’entrepreneuriat 2012, Paris, 2012.

8OCDE, Innovation in Firms: A Microeconomic Perspective, Paris, 2009, p. 13.

9 Baldwin, R. John, Wulong Gu et Beiling Yan,« Guide de l’utilisateur pour le Programme annuel de la productivité multifactorielle de Statistique Canada », La Revue canadienne de productivité, n° 014, Statistique Canada, 2007.

10OCDE, «Key Findings,» Ministerial Report on the OCDE Innovation Strategy, 2010, p. 4 (en anglais seulement).

11Une étude récente de Diewert et Yu (publiée dans l’Observateur international de la productivité du Centre d’étude des niveaux de vie, automne 2012, p. 27-45), basée sur les données brutes de Statistique Canada, tire une conclusion différente. Selon cette étude, la croissance moyenne de la PTF, de 1961 à 2011, est de 1,03 % par année alors que l’estimation officielle de Statistique Canada pour la même période est de 0,28 %. L’écart semble provenir de l’estimation de la croissance des services tirés du capital utilisée par les deux méthodes différentes.

12J. Haltiwanger, R. Jarmin et J. Miranda, Business Dynamics Statistics Briefing: Jobs Created from Business Start-ups in the United States,Ewing Marion Kauffman Foundation, 2009. Tiré de La stratégie de l’OCDE pour l’innovation : Pour prendre une longueur d’avance, OCDE, Paris, 2010, p. 24.

13OCDE, Performance-based Funding for Public Research in Tertiary Education Institutions: Workshop Proceedings, 2010, p. 9.

14OCDE, «Key Findings,» Ministerial Report on the OCDE Innovation Strategy, 2010, p. 9 (en anglais seulement).

15National Science Foundation (États-Unis), Science and Engineering Indicators 2012, 2012, Chapter 5, p. 5-36 (en anglais seulement).

Chapitre 3 : Le financement canadien de la recherche-développement dans un contexte mondial


L’examen du rendement du Canada en sciences, en technologie et en innovation (STI) commence par l’analyse des investissements faits par le pays pour soutenir et stimuler la recherche et l’innovation. Bien qu’on reconnaisse que l’innovation ne se limite pas à la recherche-développement (R-D), il y a relativement peu d’indicateurs de financement de l’innovation, et encore moins qui sont comparables à l’échelle mondiale. Par conséquent, le présent chapitre étudie le financement de la R-D en tant que mesure importante pour appuyer la création systématique de connaissances ainsi que les possibilités de commercialisation découlant de la recherche qui est financée. L’analyse porte principalement sur le total du financement en R-D au Canada et sur sa ventilation par principaux secteurs de financement, soit le secteur public (y compris les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux), les entreprises, les établissements d’enseignement supérieur, les organisations sans but lucratif et les sources étrangères. L’objectif est d’offrir une meilleure compréhension des participants au financement de l’écosystème des STI, qui décident de se servir de la R-D pour augmenter les connaissances, relever des défis concurrentiels et de productivité ou atteindre des objectifs sociétaux et économiques. Les deux grands secteurs de financement de la R-D au Canada, soit le secteur des entreprises et le secteur public, font l’objet d’une analyse plus approfondie.

Conformément à l’objectif des rapports L’état des lieux, le rendement du Canada en matière de financement de la R-D est comparé à celui des membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et à celui d’autres pays, dans la mesure où des données sont disponibles. La comparaison des activités de financement du Canada avec celles des autres pays est faite en exprimant le total du financement de la R-D (dépenses intérieures brutes en R-D, ou DIRD) en pourcentage du produit intérieur brut (PIB). Cette mesure (aussi appelée intensité des DIRD ou ratio DIRD-PIB) permet d’établir des comparaisons avec d’autres pays dont l’économie n’a pas la même ampleur, en plus de fournir une indication de la proportion de l’économie du pays investie dans les activités de R-D.

L’analyse montre que le financement total du Canada en R-D a diminué depuis son sommet de 2008 et, en pourcentage du total de l’économie canadienne, il est en baisse depuis 2001. À l’opposé, les DIRD et l’intensité des DIRD de la plupart des autres pays ont augmenté. Bien qu’on ait observé, au fil du temps, des changements dans le financement de la R-D dans les différents secteurs au Canada, la plus récente diminution des efforts de financement en R-D au pays est surtout attribuable au financement de la R-D par le secteur privé. Fait intéressant, le financement direct de la R-D des entreprises par le gouvernement fédéral, en regard de la taille de l’économie, est pour ainsi dire resté stable depuis 1990. De plus, le financement direct total(fédéral et provincial) au Canada est inférieur à celui de la plupart de ses partenaires mondiaux.


 

L’intensité des DIRD du Canada diminue depuis 2001.

La recherche-développement au Canada dans un contexte mondial

Comme l’illustre la figure 3-1, le financement total des activités de R-D au Canada (DIRD) a augmenté considérablement de 1990 à 2008, année où il a atteint un sommet de 30,8 milliards de dollars, avant de diminuer légèrement à 29,7 milliards en 2009 (surtout en raison de la récession). Ce montant est ensuite demeuré relativement stable (environ 30 milliards de dollars) jusqu’en 2012. Les DIRD du Canada en pourcentage du PIB ont atteint un sommet de 2,1 % en 2001. Cependant, malgré la croissance du financement de la R-D au Canada, l’intensité des DIRD diminue depuis lors, ayant atteint un creux de 1,7 % en 2011.

À titre de comparaison, la plupart des autres economies avancées et émergentes ont augmenté leur financement total en R-D de 2006 à 2011, ce qui a fait croître leur ratio DIRD-PIB (figure 3-2). En raison de la diminution de l’intensité de ses DIRD, le Canada est passé du 16e rang en 2006 au 17e rang en 2008, puis au 23e rang en 2011, sur un total de 41 économies émergentes et de l’OCDE. En 2011, le ratio DIRD-PIB du Canada était de 1,7 %, soit plus de 1,5 point de pourcentage sous le seuil de 3,3 % des cinq pays les mieux classés selon l’intensité des DIRD.

Parmi ces cinq pays dont l’intensité des DIRD a été supérieure à l’impressionnant seuil de 3,0 % de 2011, on compte Israël qui mène à 4,4 %, suivi de la Finlande (3,8 %), de la Corée (3,7 %), de la Suède (3,4 %) et du Japon (3,3 %). Le Danemark, en 6e position, a lui aussi dépassé 3,0 % pour atteindre 3,1 %. Certains pays et certaines régions ont clairement défini des objectifs ambitieux d’augmentation de leurs ratios DIRD-PIB. Par exemple, en 2000, l’Union européenne s’est engagée à augmenter son ratio global à 3,0 % pour 2010 (l’échéancier a ensuite été reporté à 2020). De même, pendant son premier mandat, le président Obama a déclaré que les États-Unis devaient viser un ratio supérieur à 3,0 %.

Bailleurs de fonds de la recherche-développement au Canada

Derrière la diminution de l’intensité des DIRD du Canada se cache une histoire intéressante sur la façon dont les différents secteurs de financement ont contribué au financement total du Canada au cours des 20 dernières années.

Le changement le plus remarquable en R-D pendant cette période a été la croissance rapide du financement de la R-D par les entreprises. Celui-ci a d’abord dépassé le financement fédéral au milieu des années 1980 et a continué de croître rapidement jusqu’en 2008, puis il a connu une forte baisse en 2009 en raison de la récession. La figure 3-3 illustre bien ce phénomène. La croissance du financement de la R-D par les gouvernements fédéral et provinciaux16 a été faible ou négative pendant la première moitié des années 1990, mais elle a ensuite augmenté de façon constante (en dollars courants) de la fin des années 1990 jusqu’à 2010. Pendant cette période, le financement fédéral a augmenté d’environ 128 %, et le financement provincial combiné, de 135 %. Le secteur de l’enseignement supérieur17 du Canada a aussi augmenté son financement de la R-D pendant cette période, essentiellement au même rythme que le gouvernement fédéral. Il est aussi important de noter la croissance des sources étrangères de financement en R-D de 1990 à 2000. Après avoir légèrement dépassé le financement de la R-D par le gouvernement en 2000, lorsqu’il a atteint un sommet de 3,6 milliards de dollars, le financement étranger de la R-D a diminué d’environ 47 % au cours des deux années suivantes, s’établissant à 1,9 milliard de dollars en 2002. Une grande partie de ce déclin est attributable aux diminutions du financement étranger de la R-D dans le secteur des technologies de l’information et des communications. Le financement étranger de la R-D au Canada est demeuré relativement stable depuis 2002.

En 2011, le secteur des entreprises s’est avéré être le plus important bailleur de fonds de la R-D au Canada, fournissant 13,9 milliards de dollars, soit 0,81 % du PIB. Cette proportion s’inscrit cependant dans une diminution constante par rapport au sommet de 1,1 % atteint en 2001 et 2002 (figure 3-4). Le gouvernement fédéral a été le 2e plus important bailleur de fonds de la R-D au pays en 2011, avec 6,0 milliards de dollars, soit 0,35 % du PIB, suivi du secteur de l’enseignement supérieur, qui a versé 5,4 milliards de dollars, soit 0,31 % du PIB. Le financement de la R-D par des sources étrangères a diminué au cours des dix dernières années, passant à 1,9 milliard de dollars en 2011, soit 0,11 % du PIB, par rapport au sommet de 0,33 % enregistré en 2000. Le secteur public provincial a quant à lui contribué pour 1,6 milliard de dollars à la R-D, et les organisations privées sans but lucratif pour 1,1 milliard, ce qui représente respectivement 0,095 % et 0,062 % du PIB.

En ce qui concerne les exécutants de R-D au Canada, le secteur des entreprises a considérablement augmenté ses activités en R-D depuis le début des années 1990, y consacrant 15,5 milliards de dollars en 2012 (figure 3-5). Cependant, il n’a toujours pas rattrapé son sommet de 16,8 milliards de dollars atteint en 2007, avant la récession. Pendant la même période, la R-D menée par le secteur de l’enseignement supérieur a aussi augmenté de façon importante, passant de 3,0 milliards de dollars en 1990 à 11,5 milliards en 2012. En comparaison, la R-D menée par le gouvernement fédéral a connu une croissance modeste au cours des 20 dernières années, atteignant seulement 2,5 milliards de dollars en 2012, alors qu’elle totalisait 1,7 milliard en 1990. Le rendement en R-D du secteur des entreprises et du secteur de l’enseignement supérieur sera examiné plus en profondeur aux chapitres 4 et 5, respectivement.

Financement public de la recherche-développement

Le soutien public de la R-D au Canada comprend le financement provenant du gouvernement fédéral et le total des fonds versés par les gouvernements provinciaux et territoriaux du pays. Le financement de la R-D provenant de ces deux ordres de gouvernement a augmenté considérablement au cours des dix dernières années, suivant essentiellement la croissance du PIB.

Au Canada, le total de la R-D financée par tous les ordres de gouvernement représentait 0,67 % du PIB en 2010, comparativement au seuil de 0,99 % des cinq pays en tête de classement, soit l’Autriche, l’Islande, la Finlande, la Corée et la Suède (figure 3-6). Ce ratio de R-D financée par le gouvernement au Canada a augmenté depuis 2000, alors qu’il représentait 0,56 % du PIB. Il est important de noter que, pour tous les pays, ces chiffres ne comprennent que le financement direct de la R-D et excluent le financement indirect, comme les incitatifs fiscaux pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE) et les autres crédits d’impôt provinciaux similaires. Comme c’est le cas pour le financement total de la R-D dans tous les secteurs de l’économie, le total des efforts de financement direct par le gouvernement fédéral est inférieur à celui de la plupart des autres pays. Aux Etats-Unis, par exemple, le financement conjoint direct de la R-D par les États et le gouvernement fédéral a mené ce pays au 6e rang mondial en 2010, avec un ratio de 0,92 % du PIB, alors que le Canada s’est classé au 19e rang.

Financement de la recherche-développement par le gouvernement fédéral

Le financement direct par le gouvernement fédéral du Canada (figure 3-7) s’est élevé à 5,8 milliards de dollars en 2012. Le secteur de l’enseignement supérieur s’est démarqué comme le plus important bénéficiaire du financement direct de la R-D par le gouvernement fédéral au cours des dix dernières années. En 2012, ce secteur a reçu 3,0 milliards de dollars, soit 51,4 % de tout le financement fédéral direct. Le deuxième plus important bénéficiaire a été le gouvernement fédéral lui-même, avec 2,4 milliards de dollars, soit 41,1 % du financement total. Ce montant représente une baisse par rapport au sommet de 2,9 milliards de dollars atteint en 2010. Vient ensuite le secteur des entreprises, qui a obtenu 406 millions de dollars du gouvernement fédéral. Le financement direct des entreprises par le gouvernement fédéral n’a presque pas changé depuis 1990, année où il se situait à 390 millions de dollars. Il a cependant diminué depuis son sommet de 533 millions enregistré en 1992. Les organisations privées sans but lucratif, le secteur public provincial et les organismes provinciaux de recherche ont obtenu chacun moins de 1 % du financement direct en R-D alloué par le gouvernement fédéral en 2012.


Achat de produits novateurs par les gouvernements

Les gouvernements appuient l’innovation à l’aide de politiques visant à augmenter soit l’offre, soit la demande. Le principal objectif des politiques concernant l’offre est de stimuler le développement des connaissances afin d’accélérer leur diffusion dans la société, notamment en appuyant le financement des chercheurs et des laboratoires; en établissant des politiques d’encadrement, comme des droits de propriété intellectuelle efficaces; en assurant de hauts niveaux de concurrence sur le marché; et en offrant des crédits d’impôt pour encourager les entreprises à investir dans l’innovation. En revanche, les politiques touchant la demande visent à stimuler les possibilités de commercialisation de produits novateurs en augmentant la demande pour ceux-ci. De telles politiques comprennent l’élaboration d’une réglementation spécifique à l’innovation, l’offre de crédits d’impôt et de remises aux consommateurs pour les nouvelles technologies, ainsi que l’achat par le gouvernement de produits novateurs, qu’il s’agisse de biens ou de services.

En raison du grand pouvoir de dépenser des gouvernements, les achats par le secteur public ont le potentiel d’augmenter, de façon positive, la demande du marché pour des biens et des services innovateurs, réduisant ainsi les risques associés à leur commercialisation. De plus, le marché voit que le gouvernement est prêt à jouer le rôle de premier client, ce qui aide les jeunes entreprises à proposer des produits et des services novateurs. De nombreux gouvernements se servent des achats comme moyen de soutenir l’innovation des entreprises, ou songent à le faire.

Le Programme canadien pour la commercialisation des innovations (PCCI), un programme pilote de 40 millions de dollars lancé en 2010, fait le pont entre, d’une part, les petites et moyennes entreprises et, d’autre part, les ministères et organismes fédéraux qui ont besoin de biens et de services innovateurs. Le PCCI est permanent depuis 2012, en vertu du Plan d’action économique du Canada qui prévoit un engagement supplémentaire de 95 millions de dollars sur trois ans et de 40 millions par année par la suite.

Aux États-Unis, le programme Small Business Innovation and Research stipule que les organismes fédéraux américains dont le budget de R-D externe dépasse 100 millions de dollars par année doivent réserver 2,5 % de ce budget pour les petites entreprises. Le programme américain Small Business Technology Transfer exige que les organismes dont le budget de dépenses extra-muros en R-D est supérieur à 1 milliard de dollars réservent 0,3 % de ce budget pour les partenariats de R-D entre petites entreprises et établissements universitaires. Bien qu’il ne s’agisse pas de programmes d’achat de produits novateurs au sens strict, ces programmes peuvent encourager certains organismes, comme les départements de l’Énergie et de la Défense, à jouer le rôle de premier client lorsque la recherche s’avère fructueuse.

À l’heure actuelle, 22 % des autorités contractantes des pays membres de l’Union européenne déclarent inclure l’innovation dans leurs stratégies et leurs procédures d’achat. Par exemple, depuis 2009, l’organisme de recherche et d’innovation finlandais Tekes offre des incitatifs financiers aux responsables des achats publics finlandais qui se tournent vers des produits innovateurs. De même, depuis 2010-2011, l’organisme de recherche et d’innovation suédois VINNOVA offre des incitatifs financiers aux responsables des achats publics suédois qui acquièrent des produits innovateurs. Au Royaume-Uni, le National Health Service applique une méthode intégrée d’achat visant à stimuler l’innovation, qui comprend l’utilisation de l’achat précommercial pour développer des solutions aux besoins d’achat de produits novateurs à moyen et à long terme.

La Chine entend modifier sa méthode d’évaluation des achats publics afin d’y inclure un élément d’innovation. Ce pays met aussi actuellement en oeuvre des règlements visant à favoriser et à protéger l’innovation nationale, selon lesquels le gouvernement adopte une politique de premier acheteur de matériel et de produits de haute technologie importants fabriqués au pays, offre du soutien stratégique aux entreprises en achetant du matériel de haute technologie fabriqué au pays et établit des normes technologiques appropriées dans le cadre des achats publics.

L’utilisation des achats publics pour stimuler l’innovation des entreprises gagne en popularité puisqu’elle offre du soutien à la dernière étape de la chaîne d’innovation (c’est-à-dire la commercialisation), permettant ainsi de mieux combler les lacunes en commercialisation auxquelles font face de nombreux pays.

Soutien public direct et indirect de la recherche-développement des entreprises

Consacrant 0,24 % de son PIB (ou 3,9 milliards de dollars) au soutien direct et indirect de la R-D des entreprises, le Canada se classe au 6e rang des pays de l’OCDE en 2010. Cependant, comme indiqué au chapitre précédent, la répartition entre le financement fédéral direct et indirect est très différente au Canada par rapport aux autres pays. Le Canada utilise davantage de programmes de financement indirect que de programmes de financement direct pour soutenir la R-D. En effet, en 2010 le soutien indirect offert par le gouvernement du Canada à la R-D des entreprises en pourcentage du PIB était le 2e plus élevé (après la France) des pays pour lesquels des données disponibles, 0,21 % (ou 3,4 milliards de dollars). Ce taux dépassait nettement le seuil des cinq pays en tête de classement, soit 0,14 % du PIB (figure 3-8). Les autres pays de ce groupe sont la Corée, le Portugal et l’Irlande.

Inversement, le soutien direct offert par le gouvernement du Canada à la R-D des entreprises en pourcentage du PIB était nettement inférieur à celui de presque tous les pays en 2010, à 0,03 % (ou 487 millions de dollars), ainsi qu’au seuil des cinq pays en tête de classement, soit 0,15 % du PIB (figure 3-9). Ces cinq pays bénéficiant du plus important soutien direct à la R-D des entreprises (en pourcentage du PIB) étaient les États-Unis, la Slovénie, l’Autriche, la Corée et la Suède. Bien que le soutien direct et le soutien indirect du gouvernement à la R-D des entreprises comportent tous deux des avantages et des désavantages, le soutien direct permet au gouvernement d’octroyer son aide aux intervenants, aux priorités et sous-priorités ou aux activités qui pourraient apporter le plus de retombées pour la société ou faire progresser l’atteinte de buts politiques précis. Le CSTI est d’avis que le faible niveau de soutien direct accordé par le Canada entrave la compétitivité à l’échelle internationale des entreprises canadiennes au chapitre de la R-D.


Financement direct et indirect de la recherche-développement des entreprises

Selon l’OCDE, le financement direct de la R-D des entreprises comprend des mécanismes comme les prêts et les garanties de prêts, les avances remboursables, les subventions octroyées sur concours, les services de conseil technologique et les bons pour innovation. Le financement indirect fait référence aux incitations fiscales, comme le programme d’encouragements fiscaux pour la recherche scientifique et le développement expérimental (RS&DE) du Canada.

L’OCDE souligne plusieurs avantages et désavantages associés à ces deux formes de financement. Le soutien direct est considéré comme avantageux dans la mesure où les gouvernements sont capables d’axer le soutien de la R-D vers des domaines, des projets, des industries ou des régions en particulier, pour répondre aux priorités stratégiques. Les programmes de financement direct, cependant, peuvent entraîner des coûts administratifs plus importants en raison de leurs processus de sélection et d’évaluation ainsi que des coûts d’observation des bénéficiaires. Des mesures indirectes sont offertes à toutes les entreprises intéressées et sont ainsi considérées comme non discriminatoires, c’est-à-dire qu’elles s’adaptent au marché et que le gouvernement n’a pas à « choisir les gagnants1 ». Ces mécanismes de financement sont aussi souvent plus faciles à utiliser et à gérer que les mécanismes de soutien direct. Cependant, le financement indirect ne permet pas aux gouvernements d’axer le soutien de la R-D vers des domaines ciblés qu’ils considèrent comme prioritaires.

Selon l’OCDE, la récente tendance généralisée suivie par les pays membres est d’augmenter l’utilisation de mécanismes de financement indirect pour soutenir la R-D des entreprises. Malgré cette tendance, le ratio canadien de financement indirect (par rapport au financement direct) reste plus élevé que celui des autres pays. Parmi les dix pays les plus innovateurs au monde (selon le ratio DIRDE-PIB et le ratio DIRD-PIB), le soutien direct en 2010 représentait en moyenne environ 70 % du soutien gouvernemental total à la R-D des entreprises, tandis que celui du Canada ne représentait qu’environ 12 %2 (la moyenne exclut Israël et le Taipei chinois en raison de l’absence de données). Le financement direct de la R-D des entreprises par le Canada représentait 0,03 % du PIB, comparativement à la moyenne des dix pays en tête de classement, soit 0,11 % du PIB. À l’inverse, le financement indirect du Canada au moyen d’incitations fiscales représentait 0,21 % du PIB, comparativement à 0,05 % pour les dix pays en tête de classement.


1 OCDE, Études économiques de l’OCDE : Canada, juin 2012, p. 21.

2 OCDE, Science, technologie et industrie : Perspectives de l’OCDE, figure 6.2, décembre 2012.

 

Financement de la recherche-développement par les provinces

Les gouvernements provinciaux financent aussi la R-D. Tout comme le financement fédéral de la R-D depuis la fin des années 1990, le financement regroupé de la R-D par les gouvernements provinciaux a suivi la croissance du PIB, passant d’environ 1 milliard de dollars en 2001 à un peu plus de 1,7 milliard en 2012.

Malheureusement, il n’est pas possible d’obtenir pour chaque province des statistiques comparables sur les dépenses provinciales en R-D, car toutes les provinces ne participent pas à l’enquête de Statistique Canada qui compile de telles données. Parmi les provinces participantes, la figure 3-10 montre que le financement de la R-D par l’Ontario et la Colombie-Britannique a été particulièrement variable, affichant d’importantes hausses et baisses de 2006-2007 à 2010-2011. Le financement de la R-D par l’Alberta et le Manitoba a été beaucoup plus stable pendant la même période. Du côté du Québec, le financement a connu une forte croissance, faisant de la province le plus important bailleur de fonds parmi les provinces canadiennes participantes depuis 2009-2010.

Les objectifs socio-économiques visés par les investissements en R-D des gouvernements fédéral et provinciaux sont variés. Ils touchent des domaines comme les ressources naturelles, l’infrastructure, l’environnement, la santé humaine, la recherche industrielle, la recherche fondamentale et la défense. Les domaines ayant reçu le plus de financement dans toutes les provinces participantes combinées sont la protection et l’amélioration de la santé humaine (28 % du financement provincial total), la recherche fondamentale (27 %), la production et la technologie agricoles (10 %) ainsi que la production et la technologie industrielles (8,4 %). Il est important de noter, cependant, que les domaines de financement varient grandement d’une province à l’autre, ce qui laisse entendre que les priorités en R-D sont également différentes selon la province. Le financement fédéral est distribué plus équitablement entre les multiples objectifs socio-économiques, comme le montre la figure 3-11.

Financement de la recherche-développement par les entreprises

Le financement de la R-D par les entreprises, en proportion de la taille de l’économie (c’est-à-dire en pourcentage du PIB), offre une mesure comparative à l’échelle mondiale du degré d’investissement en R-D par le secteur des entreprises de différents pays.

Bien que la plupart des pays aient vu leur intensité de financement de la R-D par les entreprises18 augmenter de 2006 à 2008 puis à 2011, le Canada a vu la sienne diminuer. La figure 3-12 montre qu’il existe de grands écarts entre les économies en ce qui a trait à l’intensité du financement de la R-D de leurs secteurs privés respectifs. Le financement de la R-D par les entreprises en Corée représentait 2,7 % de son PIB, ce qui plaçait ce pays au 1er rang, suivi de la Finlande (2,5 %), du Japon  (2,5 %), du Taipei chinois (2,1 %) et de la Suède (2,0 %). Les États-Unis, quant à eux, occupaient le 10e rang (1,7 %). Malgré la croissance de la valeur en dollars du financement de la R-D par les entreprises canadiennes notée précédemment, le Canada occupait le 23e rang sur 41 économies, avec un ratio de 0,8 % en 2011. C’est moins de la moitié du seuil des cinq économies en tête de classement, soit 2,0 %.

En examinant de plus près le déclin de l’intensité du financement de la R-D par les entreprises canadiennes depuis 2002, il devient évident que ce fait s’inscrit dans une tendance à la baisse à long terme (figure 3-13). Au début des années 2000, le financement de la R-D par les entreprises canadiennes se situait à 1,05 % du PIB, puis il a diminué de façon constante jusqu’en 2011, pour s’établir à 0,81 %. La part du financement total de la R-D par l’industrie au Canada, comme l’indique la figure 3-13, était plus variable. Cela s’explique en grande partie par le cycle économique et l’augmentation constante du financement provenant des autres secteurs, notamment du secteur public et du secteur de l’enseignement supérieur.

 


 

Le secteur de l’enseignement supérieur venait au 2e rang pour le financement de la R-D par les entreprises.

Des 13,7 milliards de dollars dépensés en R-D par le secteur des entreprises du Canada en 2010, 12,7 milliards (ou 0,75 % du PIB) ont été dépensés dans le secteur lui-même, c’est-à-dire que la R-D financée y a été menée (figure 3-14). Le secteur de l’enseignement supérieur venait au 2e rang pour le financement de la R-D reçu des entreprises, avec 833 millions de dollars (ou 0,050 % du PIB) en 2010. Pour cette mesure, le Canada s’est ainsi classé au 7e rang sur les 40 économies comparées, son ratio étant plus de deux fois supérieur à celui des États-Unis (0,021 % du PIB). Le ratio du Canada était également beaucoup plus élevé que celui du Japon (0,011 % du PIB) et légèrement plus élevé que celui des cinq autres pays les mieux classés en ce qui a trait au financement de la R-D des entreprises, soit la Corée (0,046 % du PIB), la Finlande (0,045 %), Israël (0,047 %) et la Suède (0,041 %).


16Dans son calcul des sources de financement, Statistique Canada combine tous les éléments des fonds généraux des universités, comme les fonds provenant des contrats de R-D et les subventions réservées provenant des gouvernements, dans le secteur de l’enseignement supérieur. Au contraire, l’OCDE calcule ces fonds comme du financement de la R-D par le gouvernement. Par conséquent, les statistiques canadiennes de financement provenant du secteur de l’enseignement supérieur publiées par Statistique Canada sont gonflées par rapport à celles de l’OCDE sur le même sujet.

17Une grande partie des contributions du secteur de l’enseignement supérieur sont calculées en fonction des contributions indirectes qui soutiennent la R-D, comme la proportion de temps du personnel enseignant consacrée à la R-D et les coûts indirects. Au fur et à mesure que le financement par le gouvernement de la R-D dans le secteur de l’enseignement supérieur augmente, les coûts indirects associés à ce financement augmentent aussi.

18L’intensité de financement de la R-D par les entreprises comprend le financement total de la R-D par le secteur des entreprises, en pourcentage du PIB total de l’économie, que cette R-D soit menée par l’industrie, par le secteur de l’enseignement supérieur, par le secteur public ou par d’autres secteurs de l’économie. Cette donnée est différente de l’intensité de la R-D du secteur des entreprises (DIRDE) dont il est question au chapitre 4, qui comprend les activités de R-D menées par les entreprises avec leur propre argent ou l’argent d’autres sources.

Chapitre 4 : Innovation des entreprises


L’innovation des entreprises favorise la croissance de la productivité, améliore la compétitivité à l’échelle mondiale et rehausse le niveau de vie. La compétitivité à l’échelle mondiale est d’une importance particulière pour le Canada, étant donné que la croissance économique du pays dépend fortement du commerce international et des capitaux étrangers. Le Canada est en concurrence directe avec les États-Unis, qui demeurent l’une des économies les plus importantes malgré leur croissance léthargique pendant la récession mondiale19. Le Canada fait face à de nouvelles pressions concurrentielles liées à l’émergence de nombreuses économies, mais celles-ci lui offrent aussi de nouvelles occasions d’affaires.

Bien que certains secteurs soient naturellement plus propices à l’innovation que d’autres, des innovations voient le jour et accroissent la compétitivité dans tous les secteurs de l’économie. L’innovation des entreprises est soutenue par les investissements dans la recherche-développement (R-D), les machines et le matériel (MM), notamment en technologies de l’information et des communications (TIC), et les biens incorporels. L’innovation des entreprises dépend également de l’accès au capital de risque et de l’attrait que suscite ce capital, ainsi que de l’accès aux nouvelles idées et aux nouvelles technologies, grâce à des liens solides tissés à travers le monde.

Selon L’état des lieux en 2010, le rendement du Canada dans bon nombre de ces secteurs d’activité était alors inférieur à celui des autres pays. Deux ans plus tard, la situation reste identique. Malgré les fondements macroéconomiques relativement solides du Canada, les entreprises canadiennes ne s’appuient pas sur l’innovation pour se donner un avantage concurrentiel. Dans les classements internationaux ayant trait à l’innovation des entreprises, le Canada demeure en milieu de peloton relativement à la plupart des mesures et a même, dans certains cas, régressé.

Le Canada enregistre un rendement particulièrement médiocre en ce qui a trait aux mesures liées aux dépenses en R-D du secteur des entreprises (DIRDE). Bien que les DIRDE aient légèrement augmenté au Canada en 2011 et en 2012, elles n’ont jamais rejoint leur niveau d’avant la récession et, calculées en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), elles continuent à baisser depuis une dizaine d’années. En conséquence, le Canada a reculé dans le classement de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en ce qui concerne cette mesure importante. Le pays offre également un piètre rendement en matière de capital de risque en pourcentage du PIB et, malgré une forte croissance des investissements en capital de risque en 2011, ils sont loin d’atteindre les niveaux de 2007. L’écart entre les investissements américains et canadiens en TIC constitue un autre point faible du Canada.

Compte tenu du fait que chaque pays membre de l’OCDE s’est doté de politiques visant à renforcer son rendement en matière d’innovation20, les secteurs privé et public du Canada doivent accepter la responsabilité conjointe d’agir rapidement afin d’éviter que la compétitivité du pays et le niveau de vie de ses habitants ne régressent. Le gouvernement du Canada étudie certaines recommandations21 en vue de moderniser ses politiques d’encadrement à l’appui de la compétitivité, et les entreprises canadiennes doivent devenir plus novatrices afin de s’assurer la meilleure place possible au sein de l’économie mondiale.


Améliorer la santé des plantes grâce à des micronutriments innovateurs

Wolf Trax produit des micronutriments d’avant-garde appuyés par des recherches et élabore des produits pour la nutrition des plantes. L’entreprise, dont le siège est à Winnipeg, a mis sur pied la technologie DDPMD visant à combler les lacunes en micronutriments dans les sols agricoles tout en minimisant les répercussions négatives sur l’environnement.

Wolf Trax mise sur la recherche et l’innovation. Les sols ingrats, comme ceux qui sont trop froids, trop alcalins ou trop faibles en matières organiques, ne produisent habituellement pas assez de micronutriments pour les plantes. La formulation unique de Wolf Trax aide à offrir à la plante les éléments nutritifs dont elle a besoin. La technologie d’enrobage d’engrais innovatrice de cette entreprise permet de placer avec précision la bonne quantité de produits dans le champ pour la plante, même dans les conditions sévères d’un printemps canadien. Grâce à cette technologie, il est possible d’appliquer moins d’engrais que lorsqu’on utilise des produits traditionnels, augmentant ainsi la productivité et l’efficacité des fermiers tout en laissant très peu de résidus dans le sol. Bien que les produits de Wolf Trax fassent l’objet de tests exhaustifs dans diverses conditions et sur différentes cultures partout dans le monde, la plupart des tests préliminaires concernant les engrais à base de micronutriments ont été effectués au Manitoba en raison des conditions météorologiques difficiles qu’on y trouve.

En 2012, Wolf Trax a obtenu un Prix d’innovation Manning pour avoir amélioré considérablement le monde des engrais agricoles grâce à la technologie DDPMD. Ses produits sont maintenant vendus à 75 pays, états ou provinces à travers le monde.

Innovation par la recherche-développement

Les DIRDE visent les activités de R-D que les entreprises financent elles-mêmes ou au moyen de capitaux provenant d’autres sources, gouvernementales par exemple22,23. Bien que les autres intervenants du secteur des sciences, de la technologie et de l’innovation (STI) effectuent de la R-D, ce sont les DIRDE qui sont le plus directement associées à l’innovation24 en matière de produit et de procédé, et donc aux gains de productivité. Comme la croissance de la productivité mène à un accroissement du niveau de vie, de plus faibles DIRDE pourraient mener à une diminution de la prospérité des Canadiens par rapport aux citoyens d’autres pays.

La performance des entreprises en recherche-développement

L’intensité des DIRDE, un indicateur clé de l’innovation, correspond au rapport des DIRDE à une mesure de production (p. ex. le PIB ou la valeur ajoutée de l’industrie25). L’intensité des DIRDE au Canada demeure inférieure à celle de ses principaux concurrents, ce qui explique le piètre classement du pays à l’échelle mondiale, année après année, en ce qui a trait aux DIRDE en pourcentage du PIB (figure 4-1). Le Canada accuse également un retard par rapport aux principaux pays concurrents relativement aux DIRDE en pourcentage de la valeur ajoutée de l’industrie, ratio qui permet d’établir dans quelle mesure les ressources des entreprises sont consacrées à la R-D.


 

L’intensité des DIRDE au Canada demeure inférieure à celle de ses principaux concurrents.

Selon les données de l’OCDE, les DIRDE en pourcentage du PIB du Canada étaient de 0,89 % en 2011, alors qu’elles s’établissaient à 1,04 % en 2008. Ce taux est considérablement plus faible que celui des États-Unis (1,89 %) et n’équivaut même pas à 40 % du seuil des cinq pays les mieux classés, à savoir Israël, la Corée, la Finlande, le Japon et la Suède (figure 4-1). Le classement du Canada s’est également détérioré de 2008 à 2011, le pays étant passé de la 21e à la 25e place sur 41 économies26. Une amélioration significative du rendement du Canada à ce chapitre sera d’une importance particulière pour promouvoir l’innovation dans les entreprises et contribuer au bout du compte à définir le Canada comme chef de file des STI à l’échelle mondiale. Pendant la même période, le classement du Canada en matière de DIRDE en pourcentage de la valeur ajoutée de l’industrie s’est lui aussi détérioré, le pays étant passé de la 20e à la 26e place sur 41 économies27.

En ce qui concerne le Canada en particulier, pour lequel des données plus récentes sont disponibles, l’intensité des DIRDE a continué à diminuer en 2011 et en 2012. Le tableau s’assombrit encore davantage lorsque l’on considère les données des dix dernières années, qui laissent voir une nette tendance à la baisse des DIRDE en pourcentage du PIB depuis 2005 (figure 4-2). De plus, malgré la croissance à peine perceptible des DIRDE en 2011 et en 2012 (15,5 milliards de dollars en 2012, comparativement à 15,1 milliards en 2010), celles-ci n’ont jamais rejoint leur niveau historique de 2007, soit environ 16,8 milliards de dollars28,29.


L’innovation pour favoriser la compétitivité manufacturière

ArcelorMittal Dofasco est une entreprise sidérurgique axée sur la mise au point de produits et de procédés novateurs visant à renforcer sa compétitivité et sa viabilité écologique.

L’innovation pour favoriser la compétitivité manufacturièreL’industrie automobile représente une partie importante de la clientèle de l’entreprise; l’offre de solutions originales aux défis du secteur automobile, comme la réduction des émissions, est donc un élément déterminant de sa compétitivité. Les nouveaux produits et procédés élaborés au laboratoire de recherche de Hamilton, en collaboration avec l’équipe de recherche internationale d’ArcelorMittal, ont mené à une série d’innovations fondée sur le recours aux aciers avancés à haute résistance, appelés « S-in motion ». Ces aciers présentent la même résistance aux collisions, mais ils permettent une réduction de poids pouvant atteindre le cinquième de la masse de la carrosserie brute (soit l’étape où les pièces de tôle de la carrosserie sont soudées, mais avant l’ajout des pièces mobiles) d’un véhicule ordinaire. Cette diminution de poids peut se traduire par une réduction de 14 % des émissions de CO2 d’un véhicule au cours de l’ensemble de son cycle de vie. Bien que des nuances d’acier de qualité supérieure soient utilisées dans la série « S-in motion », le volume d’acier utilisé est nettement inférieur; il n’y a donc aucune augmentation globale des coûts pour les constructeurs automobiles.

Étant le plus grand consommateur d’électricité en Ontario, ArcelorMittal Dofasco s’emploie à mettre au point des procédés novateurs pour réduire sa consommation d’énergie. Depuis 2009, l’entreprise a mené plus de 80 projets internes d’économie d’énergie. En 2012, elle a pour la première fois produit de l’électricité sur place au moyen d’une turbogénératrice convertissant en énergie les gaz de haut fourneau et de four à coke. Le projet, réalisé en collaboration avec le Programme d’accélération pour le secteur industriel de l’Office de l’électricité de l’Ontario, a donné lieu à une baisse de 2 % de la consommation totale d’électricité.

Changements en recherche-développement dans les industries au Canada

En 2012, au Canada, les DIRDE ont principalement été effectuées par les secteurs suivants (figure 4-3) : la fabrication des TIC30 (16 %), les services de R-D scientifique (11 %) ainsi que le commerce de gros31, la fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces, la conception de systèmes informatiques et les services connexes, et les industries de l’information et de la culture32 (chaque secteur totalisant environ 8 % des DIRDE). Ces six secteurs ont effectué environ 60 % des DIRDE33.

L’état des lieux en 2010 avait mis en lumière d’importants changements dans les industries qui ont effectué de la R-D au Canada entre 2000 et 2007, notamment un déclin dans le secteur de la fabrication des TIC et une hausse dans les industries de l’information et de la culture (y compris dans les secteurs des logiciels et des services de télécommunication). Bien que d’autres changements aient eu lieu depuis 2007, ils ont été moins marqués. Reflet de la diminution générale des DIRDE en 2012 par rapport à 2007, les investissements en R-D ont baissé dans bon nombre d’industries. Seules trois industries ont investi davantage dans la R-D en 2012, augmentant ainsi leur part des DIRDE totales. Il s’agit des secteurs de la fabrication de produits aérospatiaux et de leurs pièces, des services de R-D et du commerce en gros. La part du secteur de la conception de systèmes informatiques et des services connexes a crû également (bien qu’à peine), malgré une légère diminution des investissements en R-D de ce secteur. Les plus grandes diminutions observées dans les parts de DIRDE concernent le secteur de la fabrication de produits pharmaceutiques et de médicaments (baisse d’environ 2 % sur 5 ans), ainsi que le secteur de la fabrication des TIC, celui de la fabrication de véhicules et de pièces automobiles34, et celui des finances, de l’assurance et de l’immobilier35 (baisse d’environ 1 % pour chaque secteur entre 2007 et 2012). La R-D a aussi diminué légèrement dans les secteurs de l’extraction de pétrole et de gaz, du forage à forfait et des services connexes36. Certains de ces changements peuvent résulter d’une transformation plus globale de l’économie canadienne37.

Dans la plupart des pays de l’OCDE, la croissance de la R-D dans le secteur des services est une tendance importante38. Généralement, au sein de l’OCDE, les services comptent pour au moins un tiers des DIRDE, et cette part augmente depuis une dizaine d’années39. Le secteur des services compte pour près des deux tiers du PIB du Canada, mais moins de la moitié des DIRDE sont réalisées dans ce secteur40, quoique cette proportion augmente. La croissance de la part du secteur des services en matière de DIRDE, qui a atteint son sommet en 2008 (à environ 45 %) reflète à la fois la croissance globale de la R-D dans ce secteur et la diminution de la R-D dans le secteur de la fabrication. Bien que la proportion des DIRDE du secteur des services soit en forte croissance (elle est passée de 28 % en 2000 à environ 44 % en 2012), celle du secteur de la fabrication a diminué de façon importante entre 2000 et 2012 (passant de 68 % à 49 %)41.

Comparaison internationale de l’intensité de la recherche-développement par secteur industriel

Bien que les données consolidées à l’échelle nationale montrent que le Canada occupe le bas du tableau dans le classement international de l’intensité des DIRDE, les données sur chaque industrie en particulier permettent de relativiser la situation42. En accord avec le rendement à l’échelle nationale, la figure 4-4 montre que, selon les normes internationales, l’intensité des DIRDE au Canada est plus faible dans bon nombre d’industries. On compte parmi ces industries des secteurs importants pour l’économie du Canada, notamment la construction, les produits alimentaires ainsi que la fabrication automobile, et la fabrication aéronautique et aérospatiale (ces derniers secteurs faisant généralement l’objet d’une forte intensité de R-D à l’échelle mondiale). En ce qui concerne ces industries, l’intensité de R-D canadienne est inférieure à la moyenne des pays choisis de l’OCDE43 et considérablement sous le seuil des cinq pays les mieux classés. La R-D est essentielle à la compétitivité à long terme de toutes les industries; c’est pourquoi le faible niveau d’investissement dans ces industries canadiennes est inquiétant.

À l’inverse, le Canada se classe au-dessus du seuil des cinq pays les mieux classés quant à l’intensité des DIRDE dans certains secteurs liés aux TIC (3e pour le matériel de radiodiffusion, de télédiffusion et de communication et 1er pour les machines de bureau, les machines de comptabilité et le matériel de traitement de l’information). De plus, l’intensité des DIRDE canadiennes dépasse celle de la moyenne des pays choisis dans les domaines suivants : pâtes et produits du papier (le Canada se classe au 1er rang des pays visés); approvisionnement en électricité, en gaz et en eau; ensemble des services; et produits pharmaceutiques.

Structure industrielle

L’effet de la structure industrielle du Canada sur la faible intensité des DIRDE au pays fait toujours l’objet d’un débat. Bien que l’intensité des DIRDE canadiennes dans le secteur des TIC (c’est-à-dire le matériel de radiodiffusion, de télédiffusion et de communication, ainsi que les machines de bureau, les machines de comptabilité et le matériel de traitement de l’information) soit bonne par rapport aux autres pays (figure 4-4), ce secteur contribue relativement peu à l’économie canadienne. À l’inverse, les industries liées à l’exploitation minière et à l’extraction de pétrole et de gaz occupent une part assez importante de l’économie du pays comparée à celle des autres économies développées44. Quoique certaines données suggèrent que ces industries mènent des activités innovatrices au Canada, leurs activités de R-D ne sont pas importantes. La figure 4-5 présente une estimation de ce que serait l’intensité des DIRDE si le Canada avait une structure industrielle semblable à la structure industrielle moyenne des pays de l’OCDE à ce chapitre45,46. Même si l’intensité des DIRDE canadiennes est légèrement plus forte après cet ajustement, cela ne change pas le classement moyen du pays à l’échelle mondiale, le Canada demeurant au milieu du peloton.


Percées dans le développement et l’administration de vaccins

Percées dans le développement et l’administration de vaccinsImmunovaccine est une société de développement de vaccins à l’étape clinique basée à Halifax. Cette entreprise est axée sur la promotion de DepoVaxMC, une plateforme adjuvante pour vaccins, et de produits candidats pour la cancérothérapie, la lutte aux maladies infectieuses et la médecine vétérinaire. DepoVaxMC, une plateforme technologique bien développée, a démontré sa capacité à générer une réaction immunitaire forte, rapide et de longue durée auprès d’une variété de cibles. La technologie sert de base à la série de produits pour vaccins de la société, dont deux vaccins contre le cancer qui sont à l’étape clinique et plusieurs autres programmes dans les domaines des maladies infectieuses, de la toxicomanie et de la médecine vétérinaire. Grâce au soutien financier du Fonds d’innovation de l’Atlantique de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique, l’entreprise a été en mesure de breveter DepoVaxMC.

Immunovaccine est le résultat d’une technologie mise au point à l’Université Dalhousie, qui était utilisée sur les animaux et qui a été par la suite adaptée pour les humains. En plus de mener un travail permanent sur les vaccins contre le cancer, la société collabore avec d’importants partenaires, comme les National Institutes of Health des États-Unis (vaccins contre les agents bioterroristes, y compris le charbon bactéridien), le Weill Cornell Medical College à New York (vaccin contre la cocaïnomanie) et Zoetis, anciennement Pfizer Animal Health (vaccins contre les maladies animales).

Grâce à ses premières réussites et à ses activités dans des domaines ayant un grand potentiel de croissance, Immunovaccine est en bonne position pour mettre au point la prochaine génération de vaccins thérapeutiques contre le cancer et de vaccins prophylactiques dans le domaine des maladies infectieuses, de la toxicomanie et de la médecine vétérinaire. En reconnaissance pour ses réalisations, la société a remporté le titre de « Best Early-Stage Vaccine Biotech » dans le cadre de la cérémonie Vaccine Industry Excellence Awards de 2012, pendant le World Vaccine Congress à Washington D.C.

Recherche-développement en fonction de la taille des entreprises

Selon les données de l’OCDE, plus de 35 % des DIRDE sont réalisées par les petites et moyennes entreprises (PME) au Canada. Cette proportion est considérablement plus importante que celle attribuable aux PME dans d’autres pays clés de l’OCDE47. Néanmoins, les données de Statistique Canada montrent que la majeure partie de la R-D dans le secteur privé au Canada est réalisée par les grandes entreprises. En effet, plus de 50 % de la R-D est exécutée par des entreprises dont les revenus dépassent 100 millions de dollars. La contribution des petites, moyennes et grandes entreprises à la R-D varie d’une industrie à l’autre. Fait intéressant, on constate que dans certaines industries, y compris celle des services de R-D et celle de la conception de systèmes informatiques et des services connexes, il semble y avoir une plus grande proportion de petites entreprises menant de la R-D48.

La forte concentration de la R-D au sein de quelques grandes entreprises est courante dans de nombreux pays, dont plusieurs affichent une forte intensité de DIRDE. Bien qu’au Canada les DIRDE soient généralement le fait d’un petit nombre de chefs de file menant de la R-D, elles se répartissent de façon plus uniforme depuis une dizaine d’années49. En 2012, les 25 entreprises ayant le plus contribué à la R-D au Canada représentaient environ 34 % de toutes les DIRDE au pays. Cette proportion est restée assez stable au cours des dernières années, mais, malgré une remontée par rapport au creux de 28 % enregistré en 2008, elle demeure très loin des 45 % atteints en 200050. La part des 100 entreprises en tête de classement a aussi baissé, passant de près de 70 % à la fin des années 1980 à environ 51 % en 2012. Cette diminution de la concentration de la R-D coïncide avec le déclin des industries des TIC au Canada, y compris celui de Nortel51, et semble être symptomatique de l’absence de « champions nationaux » contribuant de façon importante à la R-D au pays.

Les données suggèrent également que les entreprises canadiennes auraient davantage tendance à réaliser de la R-D, même si en réalité, seulement 3 % d’entre elles le font. Malgré quelques diminutions en 2009, la proportion d’entreprises qui réalisent de la R-D a crû de façon constante dans tous les secteurs industriels52. La plus grande croissance a été enregistrée dans le secteur de la fabrication (environ 16 % des entreprises en 2005 et 19 % en 2009)53. Bien que le nombre d’entreprises dans le secteur de la fabrication ait diminué au cours de cette période, le nombre d’entreprises réalisant de la R-D a quant à lui augmenté. Dans d’autres secteurs industriels, la croissance du nombre d’entreprises réalisant de la R-D a été légèrement plus élevée que celle du nombre total d’entreprises. Cette différence laisse entrevoir une prise de conscience des entreprises canadiennes quant à la nécessité d’innover afin de demeurer concurrentielles.

Innovation par l’investissement dans les machines et le matériel ainsi que dans les biens incorporels

L’investissement par les entreprises dans les machines et le matériel (MM), défini comme étant la formation de capital brut immobilisé en MM, est essentiel à l’innovation et à la croissance de la productivité. Les entreprises et les pays qui investissent dans les MM peuvent tirer avantage des technologies sous-tendant ces MM, sans avoir à assumer les risques associés au développement de ces technologies. Les investissements en MM peuvent également mener à des gains de productivité en favorisant l’innovation liée aux procédés et en rehaussant les compétences des travailleurs54. L’augmentation de la valeur du dollar canadien par rapport aux grandes monnaies (c’est-à-dire au dollar américain, à la livre sterling du Royaume-Uni et à l’euro), particulièrement entre 2009 et 2012, a donné aux entreprises canadiennes l’occasion d’accroître leur stock de MM en diminuant leurs coûts55.

Comme le montre la figure 4-6, les investissements en MM ont augmenté de façon importante au Canada au cours des 20 dernières années56. Malgré une forte diminution en 2009, les investissements ont crû en 2010 et en 201157. Calculés en pourcentage du PIB, les investissements en MM ont atteint 5,7 % en 2011, ce qui représente une légère hausse par rapport à 2009 et à 2010, mais une baisse par rapport à la période de 1994 à 2008, durant laquelle ils sont toujours restés supérieurs à 6 %58.

Investissements dans les technologies de l’information et des communications

De tous les types de MM, celles du domaine des TIC59 offrent généralement le plus grand potentiel d’innovation et de gains de productivité, et plusieurs études60 suggèrent que la faiblesse des investissements en TIC est un important facteur sous-tendant le retard du Canada en matière de productivité. Les analyses de l’OCDE montrent que les TIC favorisent l’innovation et que la probabilité d’innovation croît avec l’intensité d’utilisation des TIC61. De plus, de 2000 à 2009, les investissements en TIC ont contribué de façon importante à la croissance de la productivité de la main-d’oeuvre dans bon nombre de pays de l’OCDE, dont le Canada, où ils étaient responsables de plus de 50 % de la croissance62.

Au Canada, jusqu’à il y a 15 ou 20 ans, les investissements en MM se faisaient généralement dans des domaines autres que les TIC. Cependant, le paysage économique ayant évolué depuis, les investissements dans les TIC ont augmenté. En 2011, 49 % du total des investissements en MM ont été faits dans le secteur des TIC63. Bien que les investissements dans les TIC soient en croissance au Canada, le pays arrive toujours en milieu de peloton parmi les pays disponibles de l’OCDE en ce qui a trait à l’intensité des investissements dans les TIC (c’est-à-dire des TIC en tant que pourcentage de la formation brute de capital fixe non résidentiel). Les investissements canadiens en la matière équivalent à environ 70 % du seuil des cinq pays les mieux classés, comme le montre la figure 4-7. Bien que le Canada fasse meilleure figure que certaines grandes économies avancées, comme la France, le Japon, la Finlande et l’Allemagne, il accuse toujours un retard par rapport aux cinq pays de tête, à savoir les États-Unis, la Suède, le Danemark, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande. Il s’agit également d’un domaine où une amélioration du rendement du Canada revêtira une importance particulière pour promouvoir l’innovation dans les entreprises et contribuer au bout du compte à placer le Canada en position de chef de file des STI à l’échelle mondiale.


 

L’écart important entre les investissements canadiens et américains en MM et TIC continue à susciter des inquiétudes.

La figure 4-8 compare le rendement relatif des industries canadiennes à celui de leurs homolgues américaines. L'écart important entre les investissements canadiens et américains en MM et TIC continue à susciter les mêmes inquiétudes que celles exprimées dans L'état des lieux en 2010. Entre 2000 et 2010, l'intensité des investissements canadiens en TIC dans le secteur des entreprises (c'est-à-dire la moyenne pondérée de toutes les industries comprises à la figure 4-8) n'équivalait en moyenne qu'à 42 % de celle des États-Unis.

Malgré l'écart de l'intensité du capital dans la plupart des industries, certaines industries du Canada font assez bonne figure. L'intensité du capital en TIC des secteurs canadiens de l'agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse, ainsi que des arts et du divertissement dépasse celle de leurs équivalents américains, quoique cette intensité soit faible dans les deux pays64. L'industrie canadienne de l'extraction de pétrole et de gaz, en particulier, accuse un retard par rapport aux États-Unis en matière d'intensité du capital en TIC, bien qu'elle soit la seule industrie à ne pas tirer de l'arrière quant à l'intensité du capital en MM.

Investissements dans les biens incorporels

L’innovation nécessite également d’investir dans des biens qui ne sont pas nécessairement tangibles, comme la conception, la structure organisationnelle, la publicité et le marketing, ou le perfectionnement des compétences65. Comme nous l’avons mentionné au chapitre 2, il existe une corrélation positive entre les investissements dans les biens incorporels et la productivité, qui elle-même contribue à la croissance et à la prospérité générale66,67. Au Canada, les investissements dans ces biens sont en croissance et équivalaient à environ 66 % des investissements en biens corporels en 2008 (en hausse par rapport à 23 % en 1976)68. Selon les données de l’OCDE pour 2006, les investissements en biens incorporels ont dépassé les investissements en biens corporels dans de nombreux pays à forte concentration d’innovation, y compris en Finlande, en Suède et aux États-Unis69.


La microbiologie en réponse aux enjeux environnementaux

La microbiologie en réponse aux enjeux environnementauxMonique Haakensen est une chercheuse qui relie avec brio le monde des affaires et le milieu universitaire dans le but de répondre aux défis environnementaux qui se posent dans le secteur des ressources naturelles.

Titulaire d’un doctorat en microbiologie (spécialisé en génomique et bio-informatique), Mme Haakensen commence sa carrière comme assistante de recherche universitaire et chercheuse au gouvernement, étudiant les applications possibles de la microbiologie dans le secteur des ressources naturelles. Cette expérience lui fait voir le besoin important et croissant de travaux de recherche en microbiologie appliquée dans le secteur des ressources naturelles, afin d’aider les entreprises à effectuer de la bioconversion, un procédé fondé sur l’utilisation de microbes pour l’assainissement d’eaux et de sols contaminés, comme les eaux d’infiltration, les eaux résiduaires et les lieux de déversements. C’est ce qui la pousse à fonder Contango Strategies, qui ouvre ses laboratoires à Saskatoon en 2011. Entreprise spécialisée dans l’élaboration, l’expérimentation et la mise en oeuvre de technologies abordables et durables de traitement de l’eau et de réhabilitation des sols, Contango décroche des contrats auprès de sociétés minières, de sociétés pétrolières et gazières et d’entreprises de gestion de déchets, régionales et multinationales, et le bassin de sa clientèle s’étend maintenant un peu partout dans l’ouest et le nord du Canada.

Mme Haakensen est également professeure auxiliaire et conseillère auprès des étudiants des cycles supérieurs de divers départements de l’Université de la Saskatchewan. En 2011, elle a remporté le Prix FuEL (Future Entrepreneurial Leaders) décerné par le magazine Profit aux 20 meilleurs entrepreneurs canadiens de moins de 30 ans.

Selon une analyse de Statistique Canada70, le plus important domaine d’investissement dans les biens incorporels au Canada est celui des compétences économiques, qui représentait 58 % des investissements dans les biens incorporels en 2008 (figure 4-9). Les investissements dans les compétences économiques (p. ex. dans la publicité et le capital organisationnel, y compris dans la capacité de gestion scientifique) accroissent la capacité d’une entreprise à demeurer concurrentielle ou à modifier ses processus afin d’améliorer son efficacité. Ils contribuent aussi au savoir des entreprises71. Le deuxième plus important domaine d’investissement dans les biens incorporels au Canada est la propriété innovatrice, qui représentait environ 31 % de l’ensemble des investissements dans les biens incorporels en 2008. Le domaine le moins important au chapitre de ces investissements est celui de l’information automatisée, qui comprend les logiciels72 et les bases de données.

L’exploration et l’évaluation minérales, considérées comme un bien incorporel et une activité innovatrice, comptent pour une part importante des activités des industries de l’exploitation minière et de l’extraction pétrolière et gazière au Canada. Bien que l’exploration et l’évaluation minérales ne soient pas classées comme des activités de R-D, elles peuvent être considérées comme innovatrices puisqu’elles s’adaptent constamment à de nouvelles conditions et qu’elles font beaucoup appel aux STI. Particulièrement importantes au Canada, les dépenses en exploration et évaluation minérales73 ont atteint environ 11,8 milliards de dollars en 2008 (par rapport à 7,3 milliards de dollars en 2000), comptant pour environ 8 % du total des investissements en biens incorporels74. Quoique les comparaisons avec d’autres pays soient difficiles, une analyse de l’OCDE montre que les dépenses en exploration et évaluation minérales représentaient 1,14 % du PIB au Canada (2005), comparativement à 1,01 % du PIB aux États-Unis (2007) et à 0,26 % du PIB en Australie (2005-2006)75.

Marques de commerce et innovation

Les marques de commerce, de même que d’autres types de propriété intellectuelle, peuvent être considérées comme des biens incorporels76. La Banque mondiale définit une marque de commerce comme une caractéristique qui détermine que certains biens ou services sont produits ou fournis par une personne ou une entreprise particulière. Une marque de commerce protège également son propriétaire en lui garantissant le droit exclusif de l’utiliser ou d’autoriser quelqu’un d’autre à le faire77. Selon l’OCDE, étant donné que de multiples produits et services peuvent être enregistrés comme marques de commerce, ces dernières « peuvent servir d’indicateur de l’activité d’innovation et de commercialisation et permettre de mesurer les innovations non technologiques et l’innovation dans les services78 ».

Le rendement du Canada en matière de demandes de marque de commerce par un résident direct79 a peu changé depuis 2007. Selon l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, 20 449 demandes de marque de commerce ont été déposées au Canada en 2010, et le pays s’est classé au 20e rang sur 85 économies80 quant au nombre total de demandes de marque de commerce par un résident direct81. Le Canada se classait au 18e rang sur 105 pays en 2007. Par comparaison, la Chine et les États-Unis se sont classés en première et deuxième positions, totalisant respectivement 973 460 et 236 826 demandes. Deux pays moins peuplés que le Canada l’ont surpassé. Il s’agit de l’Australie, arrivée en 13e place avec 39 633 demandes, et du Chili, qui se classe 16e avec 30 133 demandes.


Transformer la façon dont le monde apprend

Transformer la façon dont le monde apprendLa société de génie logiciel Desire2Learn, dont le siège social est à Waterloo, aide à transformer la façon dont le monde apprend en offrant une série de produits qui procurent une expérience d’apprentissage plus participative, intuitive et personnalisée. Le succès de Desire2Learn repose sur la R-D et l’innovation, deux composantes essentielles de sa stratégie d’entreprise et des éléments importants de sa culture. Environ 40 % de son équipe se concentre sur la R-D, ce qui est primordial pour demeurer à la tête du marché de l’apprentissage en ligne, en pleine croissance.

En 2012, Desire2Learn a annoncé qu’elle avait obtenu 80 millions de dollars en fonds de capital de risque de New Enterprise Associates et d’OMERS Ventures. Selon Thomson Reuters, il s’agit du plus important investissement en capital de risque jamais consenti à une société de génie logiciel canadienne. Cet investissement permettra à Desire2Learn d’avoir accès à un nouveau réseau d’expertise et d’augmenter ses investissements en R-D pour percer de nouveaux marchés. Il lui permettra également d’investir dans son infrastructure, afin de conserver les meilleurs talents déjà à l’oeuvre chez elle et d’en attirer de nouveaux pour continuer à innover. Desire2Learn a également bénéficié d’un soutien gouvernemental, dont une subvention de 4,25 millions de dollars du gouvernement de l’Ontario en 2011.

Les produits de la société sont utilisés par plus de 700 clients et de 8 millions d’apprenants dans les secteurs de l’enseignement supérieur, de l’enseignement primaire et secondaire, des soins de santé, du gouvernement et de l’industrie (y compris des entreprises de Fortune 100). Desire2Learn est reconnu comme un chef de file mondial sur le marché de l’apprentissage en ligne et a reçu de nombreux prix, dont un prix de leadership dans le cadre du programme Technologie Fast 50 de Deloitte.

 


 

Le Canada a affiché un rendement médiocre en matière d’investissement de capital de risque calculé en pourcentage du PIB.

Comme les entreprises ont tendance à présenter d’abord leurs demandes de marque de commerce auprès des instances de leur pays d’attache, le nombre de demandes de marque de commerce par un résident direct n’est pas un indicateur très représentatif. Bien que le nombre de demandes présentées par des non-résidents (comme celui rapporté dans L’état des lieux en 2010) soit un meilleur indicateur, de nouvelles données ne sont pas disponibles à cet égard. Plusieurs pays emploient toutefois un autre indicateur des demandes présentées par des non-résidents, à savoir les demandes présentées à l’Office japonais des brevets, à l’Office de l’harmonisation dans le marché intérieur (Union européenne) et au Bureau des brevets et des marques de commerce des États-Unis, en pourcentage du PIB. Selon cette méthode de classement, le Canada arrive en 13e place sur 40 pays (moyenne de 2007 à 2009)82.

Le financement par actions à l’appui de l’innovation

Étant donné qu’elles sont souvent perçues comme présentant trop de risques pour bénéficier d’un financement institutionnel classique, les jeunes entreprises innovatrices dépendent souvent de l’accès au capital de risque pour développer et commercialiser leurs idées83. La recherche a montré qu’au Canada, le financement par actions compte pour plus de 40 % du financement total des PME innovatrices, comparé à moins de 10 % dans le cas des PME non innovatrices84. Les données pour 2011 montrent une augmentation significative du total des investissements au Canada par les investisseurs providentiels85 et les sociétés de capital de risque, mais les niveaux d’investissement demeurent considérablement inférieurs à ceux des États-Unis et le total des investissements de capital de risque au Canada n’est pas encore revenu à son niveau d’avant la récession.

Le Canada dans les classements internationaux

La figure 4-10 montre que le Canada ne s’est pas montré à la hauteur des autres pays de l’OCDE en matière d’investissement de capital de risque calculé en pourcentage du PIB, puisqu’il se classe au 15e rang sur 27 économies et n’atteint que 44 % du seuil des cinq pays les mieux classés86. Ces cinq pays, à savoir Israël (incontestable meneur en la matière), les États-Unis, la Suède, la Suisse et l’Irlande ont tous investi au moins deux fois plus de capital de risque, en pourcentage du PIB, que le Canada en 2009. Le portrait s’améliore cependant lorsque l’on considère les investissements de capital de risque par habitant en 2010, le Canada s’étant classé 5e sur 14 économies à cet égard, devançant entre autres la Suisse, la Finlande, le Danemark, la France, l’Irlande et le Royaume-Uni87,88.

Fait important à noter, la comparaison internationale des investissements de capital de risque présente des difficultés en raison des différences entre les définitions et les méthodes de classification utilisées par chaque pays. L’OCDE a récemment apporté certains changements à sa méthode de calcul afin de faciliter la comparaison entre pays, mais ces changements rendent difficile toute comparaison des résultats présentés à la figure 4-10 avec des résultats antérieurs. Une analyse appliquant la même méthode de calcul au Canada sur plusieurs années montre toutefois que les investissements de capital de risque correspondaient à 0,09 % du PIB en 201189. Bien qu’il s’agisse d’une amélioration par rapport à 2009 et à 2010 (la proportion étant alors d’environ 0,07 %), ce ratio est considérablement inférieur à celui de 2007 (0,13 %).

Contexte canadien en matière de capital de risque

Les répercussions du ralentissement économique sur le secteur du capital de risque, notamment la diminution spectaculaire des investissements en 2008 et en 2009, étaient à l’avant-plan des considérations relatives au capital de risque dans L’état des lieux en 2010. Après une légère croissance sur 12 mois en 2010, les investissements ont crû de façon importante en 2011 (figure 4-11). Les investissements en capital de risque ont totalisé 1,5 milliard de dollars en 2011, ce qui correspond à une augmentation de 34 % par rapport aux 1,1 milliard de dollars investis en 2010. Bien que ce niveau soit plus élevé que celui des trois années précédentes, il reste bien inférieur aux 2,1 milliards de dollars investis en 200790.

La hausse des investissements de capital de risque en 2011 n’était toutefois pas le fait de grandes transactions qui peuvent influer sur le potentiel de croissance des entreprises financées par capital de risque. La moyenne des investissements par entreprise a été de 3,4 millions de dollars en 2011, soit légèrement plus que les 3,2 millions enregistrés en 2010 et que les 3,1 millions enregistrés en 2009, mais toujours moins que les moyennes de 3,6 millions en 2008 et de 5,1 millions en 2007. Par conséquent, l’écart entre le montant moyen des investissements de capital de risque au Canada et aux États-Unis s’est creusé en 2011. En moyenne, le capital de risque obtenu par les entreprises canadiennes correspondait à 37 % de celui obtenu par les entreprises américaines en 2011, une diminution par rapport à la moyenne de 39 % de 201091.

La disponibilité du capital de risque, depuis l’étape initiale du financement des idées ou de la recherche de base jusqu’à l’étape du retrait, en passant par les étapes d’expansion, est importante pour le développement d’entreprises innovatrices. Dans les dernières années, le financement des étapes ultérieures a connu une croissance spectaculaire au Canada. En effet, les investissements de capital de risque durant les étapes d’expansion ont plus que doublé de 2009 à 2011. Le financement des étapes ultérieures92 est important, car il peut se traduire par un plus grand profit au moment du retrait des investisseurs. En 2011, le financement des étapes ultérieures représentait 71 % (soit environ 1,1 milliard de dollars) de tous les investissements de capital de risque, une augmentation par rapport aux 59 % (ou environ 676 millions de dollars) de 2010. Cependant, le financement des étapes initiales93 a connu une légère diminution, passant de 458 millions de dollars en 2010 à 434 millions en 201194. Aux États-Unis, les investissements dans les étapes tant initiales qu’ultérieures ont fortement augmenté en 201195.

Il y a des différences importantes entre les sources de capital de risque canadiennes et américaines (figure 4-12A et figure 4-12B). L’importance des fonds étrangers est une caractéristique majeure de l’industrie canadienne du capital de risque, ceux-ci représentant près de 29 % du capital de risque total investi au Canada en 2011. En moyenne, les investisseurs étrangers ont injecté deux fois plus d’argent que les investisseurs nationaux. Les investissements de fonds américains et d’autres pays dans le marché canadien ont augmenté en 2011, année où les investissements de capital de risque étrangers ont été les plus importants en quatre ans96. Les fonds étrangers, et particulièrement les fonds américains, sont souvent importants pour le financement des étapes ultérieures au Canada, surtout parce que les fonds canadiens de capital de risque, relativement petits, ne sont pas en mesure de participer au financement des étapes ultérieures qui nécessitent de gros investissements. Les fonds américains apportent non seulement des capitaux, mais aussi de l’expertise et des réseaux qui accroissent les valeurs de sortie97. Bien que seulement environ 10 % des investissements en capital de risque au Canada soient le fait de partenaires étrangers, ces derniers comptent pour environ 30 % des sorties et recueillent près de 45 % des produits de sortie98.

Les fonds privés indépendants du Canada sont essentiels à la croissance des investissements totaux en 2011, leur part atteignant 377 millions de dollars, une hausse de 42 % sur 12 mois. La contribution des fonds privés indépendants nationaux au marché du capital de risque est considérablement plus faible au Canada qu’aux États-Unis. En outre, le Canada se distingue aussi de son voisin du Sud par la présence de fonds d’investissement gouvernementaux et de travailleurs, bien que la part des investissements des fonds de travailleurs sur le total du capital de risque investi au Canada soit en diminution (environ 24 % en 2009 par rapport à 16 % environ en 2011). Certains économistes attribuent la piètre performance du marché du capital de risque au Canada à « l’effet d’éviction » causé par les fonds d’investissement de travailleurs, qui jouent traditionnellement un rôle important dans ce marché au pays, malgré le fait qu’ils ne génèrent typiquement que de faibles bénéfices99.

Le capital de risque par industrie au Canada

Presque toutes les industries à forte intensité technologique ont profité de l’accroissement des investissements de capital de risque au pays en 2011, le secteur des TIC en tête, celui-ci ayant récolté 46 % des fonds totaux, soit 692 millions de dollars, par rapport à 491 millions en 2010. Dans le secteur des TIC, des gains particulièrement importants ont été enregistrés par les entreprises axées sur Internet ou les logiciels, qui ont recueilli 236 et 201 millions de dollars, respectivement. Les investissements dans le secteur des sciences de la vie, y compris l’industrie biopharmaceutique et celle du matériel médical, ont augmenté de 15 % en 2011 par rapport à 2010, pour atteindre 343 millions de dollars, soit environ 23 % du total des investissements de capital de risque. En outre, les investissements de capital de risque dans les technologies de l’énergie et de l’environnement ont crû de 43 % en 2011 par rapport à 2010, totalisant 245 millions de dollars100.

 

Bien que les investissements dans les TIC représentent une part importante de l’ensemble des investissements de capital de risque au Canada, cette part est encore plus importante aux États-Unis, où ils comptent pour environ 57 % de tout le capital de risque investi. Les investissements dans les sciences de la vie, en pourcentage du total des investissements de capital de risque, sont également plus importants aux États-Unis, où ils comptent pour environ 27 % du total, par rapport à 23 % au Canada101. Ces chiffres donnent à penser que la part du capital de risque investi dans les industries à forte intensité technologique est plus grande aux États-Unis qu’au Canada.

Sortie du capital de risque et capitalisation boursière

Les valeurs de sortie sont une mesure importante de la richesse générée par le capital de risque. Ces valeurs permettent également aux entreprises de capital de risque d’attirer des investisseurs. La valeur de sortie correspond au prix obtenu dans le cadre de la liquidation d’un intérêt dans une entreprise, notamment par l’entremise d’une fusion-acquisition ou d’un premier appel public à l’épargne. Au total, 27 liquidations102 d’entreprises canadiennes financées par des investisseurs nationaux et étrangers ont été enregistrées en 2011 (2 sorties par premier appel public à l’épargne et 25 par fusion-acquisition), en baisse de 13 % sur 12 mois, mais en légère hausse par rapport aux activités de liquidations enregistrées en 2008 et en 2009103. En 2011, la valeur moyenne de fusion-acquisition était de 245 millions de dollars, une somme considérablement plus élevée qu’en 2009 et en 2010, et beaucoup plus importante que la moyenne des fusions-acquisitions d’entreprises financées par capital de risque aux États-Unis (150 millions de dollars en 2011).

Inversement, le premier appel public à l’épargne pour les entreprises financées par capital de risque au Canada en 2011 correspondait en moyenne à une somme plus de 50 % inférieure à sa contrepartie américaine (72 millions de dollars au Canada104 et 190 millions de dollars aux États-Unis105). Cette situation pourrait être liée à la capitalisation boursière relativement faible106 des entreprises technologiques au Canada par rapport à celle des États-Unis. Bien que le TSX et la Bourse de croissance TSX se classent ensemble au 2e rang des indices boursiers en Amérique du Nord en termes d’échanges, comprenant le plus grand nombre d’entreprises technologiques cotées, ces dernières comptent pour moins de 2 % de la capitalisation de ces deux bourses107,108. Par comparaison, 15 % de la capitalisation boursière à l’échelle mondiale en 2010 concernait des entreprises technologiques109,110.

Certaines données donnent à penser que les entreprises technologiques sont sous-évaluées au Canada. Selon la Banque de développement du Canada, le ratio cours-bénéfice des entreprises canadiennes financées par capital de risque cotées au Canada est constamment inférieur à celui des entreprises technologiques cotées aux États-Unis, y compris les entreprises canadiennes111. Autre fait démontrant que les actions des entreprises technologiques sont sous-évaluées sur les marchés canadiens, la valeur d’acquisition des entreprises canadiennes est considérablement plus élevée que leur valeur marchande112. Cette situation pourrait entraver la formation d’entreprises innovatrices de grande envergure au Canada.

Innovation et réseau mondial

La présence de liens internationaux solides est importante pour l’adoption et la diffusion de nouvelles idées et technologies pouvant avoir une incidence positive sur le rendement de l’innovation et la compétitivité à l’échelle mondiale. Au Canada, l’investissement direct étranger (IDE) permet aux fournisseurs canadiens de pénétrer de nouveaux marchés et d’avoir accès à de nouvelles technologies. En outre, ces entreprises étrangères diffusent des connaissances et investissent une plus grande part de leurs recettes dans la R-D113. L’investissement direct canadien à l’étranger (IDCE), quant à lui, peut favoriser les activités à forte valeur ajoutée au siège social, comme la R-D, l’ingénierie et la conception114. Par l’entremise de l’IDCE, les entreprises canadiennes peuvent acquérir des innovations développées à l’étranger et les utiliser au pays. Elles peuvent également recruter de nouveaux talents qui viennent enrichir leur effectif.

L’IDE au Canada et l’IDCE ont fortement augmenté depuis la fin des années 1990, l’IDE atteignant environ 607 milliards de dollars et l’IDCE, environ 684 milliards en 2011. Le secteur de la fabrication est le plus grand bénéficiaire de l’IDE, suivi de l’exploitation minière et de l’extraction de pétrole et de gaz, les États-Unis étant de loin la plus grande source d’IDE au Canada. L’IDCE vise d’abord le secteur des finances et de l’assurance, puis celui de l’exploitation minière et de l’extraction de pétrole et de gaz, les États-Unis étant le principal pays récipiendaire d’IDCE115.

Selon les données de l’OCDE, l’apport d’IDE au Canada équivalait à 2,4 % du PIB en 2011, alors que les sorties (l’IDCE) équivalaient à 2,9 % du PIB la même année. Ces coefficients dépassent l’IDE et l’IDCE moyens de l’OCDE, qui sont de 1,8 % et de 2,8 %, respectivement116.

Flux technologiques internationaux

Les flux technologiques internationaux117 (figure 4-13) reflètent, jusqu’à un certain point, les liens internationaux tissés par le commerce transfrontalier des produits de R-D et des technologies directement utilisables pour la production118. Bien que cela comprenne les échanges tant au sein des entreprises qu’entre celles-ci, les données montrent l’importance particulière des flux technologiques entre les sociétés mères et leurs filiales (c’est-à-dire les échanges au sein d’une entreprise)119. TCe type d’échanges est probablement important pour le Canada également, puisque la plupart des grandes entreprises du pays mènent des activités aux États-Unis.

Malgré la participation croissante du Canada aux flux technologiques internationaux de 1999 à 2009 (figure 4-13), le pays se classe toujours moins bien que plusieurs de ses principaux concurrents, dont les cinq pays les mieux classés (l’Irlande, la Finlande, les Pays-Bas, la Suisse et la Suède). Cette situation donne à penser que les réseaux mondiaux des entreprises canadiennes ne sont peut-être pas aussi solides que ceux des entreprises d’autres pays, privant le Canada des avantages que ces réseaux peuvent apporter en matière d’innovation.

La figure 4-14 montre les recettes et paiements pour les éléments des services commerciaux à forte intensité technologique120. Les recettes reflètent la capacité des entreprises canadiennes à exporter les produits de leurs activités à forte intensité technologique, de même que la demande pour les idées et l’expertise canadiennes à l’échelle mondiale. Les paiements reflètent quant à eux la volonté des entreprises canadiennes de tirer profit d’activités à forte intensité technologique menées à l’étranger, de même que de la connaissance des occasions d’affaires qui s’y trouvent. Bien que plusieurs autres aspects des services puissent comporter des activités de R-D, les catégories utilisées dans la figure ont été choisies parce qu’elles montrent les paiements ou les recettes explicites des transferts de technologie et le commerce transfrontalier d’activités à forte intensité de R-D.

Les transactions portant sur des services à forte intensité technologique, en proportion de l’ensemble des transactions portant sur des services commerciaux, ont fortement augmenté depuis 1990, malgré une certaine stagnation ces dernières années121. En 2011, l’élément le plus important des exportations de services commerciaux à forte intensité technologique a été celui des services informatiques et d’information (environ 14 %), suivi des services d’architecture, d’ingénierie et d’autres services techniques (environ 11 %). La catégorie la plus importante dans le domaine de l’importation de services à forte intensité technologique en 2010 a été, de loin, celle des droits d’utilisation de la propriété intellectuelle (environ 22 %).

En ce qui a trait à la valeur totale des recettes et des paiements pour des services à forte intensité technologique au Canada, les recettes dépassent généralement les paiements, donnant à penser que le Canada exporte davantage qu’il importe. En 2011, les recettes pour les services à forte intensité technologique ont atteint 19,5 milliards de dollars environ, et les paiements se sont chiffrés à quelque 18,6 milliards. Les droits d’utilisation de la propriété intellectuelle sont le seul élément dont la balance commerciale est traditionnellement négative122.


19Someshwar Rao et coll., «Importance de l’innovation pour la productivité», Observateur international de la productivité Centre d’étude des niveaux de vie, vol. 2, printemps 2001, p. 11-18.

20OCDE, Business Innovation Policies: Selected Country Comparisons, Paris, 2011, p. 14.

21À ce sujet, voir : OCDE, Études économiques de l’OCDE : Canada, Paris, juin 2012; et Alexandra Bibbee, «Unleashing Business Innovation in Canada,» OECD Economics Department Working Papers, n° 997, octobre 2012.

22OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011, Paris, 2011, p. 80.

23Les DIRDE se distinguent du financement de la R-D par les entreprises et de l’intensité de financement de la R-D des entreprises (voir le chapitre 3), qui visent tous deux les investissements en R-D des entreprises de tous les secteurs (industrie, enseignement supérieur, gouvernement, etc.).

24OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011, Paris, 2011, p. 80.

25La valeur ajoutée de l’industrie, qui est principalement constituée des profits et des salaires, est essentiellement la contribution des entreprises au PIB.

26Lorsque les données de 2006, 2008 ou 2011 n’étaient pas disponibles, celles de l’année la plus rapprochée ont été utilisées aux fins du calcul du classement. Voir à la figure 4-1 les années employées.

27Basé sur les données présentées dans OCDE, Principaux indicateurs de la science et de la technologie, janvier 2013. Lorsque les données de 2006, 2008 ou 2011 n’étaient pas disponibles, celles de l’année la plus rapprochée ont été utilisées aux fins du calcul du classement. Voir à la figure 4-1 les années employées.

28Statistique Canada, Tableau CANSIM 358-0024, Caractéristiques au titre de la recherche et développement dans les entreprises commerciales (DIRDE), octobre 2012.

29L’augmentation est calculée en dollars courants. Calculées en dollars constants, les DIRDE ont diminué pendant cinq années consécutives, soit de 2007 à 2011. Les DIRDE en dollars constants sont calculées selon l’indice du PIB. En date d’octobre 2012, la valeur du dollar constant de 2012 n’était pas encore disponible. Voir Statistique Canada, Recherche et développement industriels : perspective 2012, n° 88-202-X au catalogue, Ottawa, 2012.

30Dans la fabrication des TIC, le CSTI comprend la fabrication de matériel informatique et de périphériques (SCIAN 3341), celle de matériel de communication (SCIAN 3342), celle de semi-conducteurs et d’autres composants électroniques (SCIAN 3344), celle d’instruments de navigation, de mesure et de commande et d’instruments médicaux (SCIAN 3345) ainsi que celle d’autres produits informatiques et électroniques (SCIAN 3343 et SCIAN 3346).

31Étant donné la façon dont Statistique Canada classe les entreprises, qui est basée sur la principale source de revenu plutôt que sur des objectifs de R-D, presque tout le montant de la R-D dans le commerce de gros serait attribué aux industries de R-D de pointe et intensive (comme l’industrie des produits pharmaceutiques).

32Les industries de l’information et de la culture comprennent le secteur de l’édition; les industries du film et de l’enregistrement sonore; la radiodiffusion; les télécommunications; le traitement et l’hébergement de données ainsi que les services connexes; et d’autres services d’information, comme les bibliothèques ainsi que l’édition et la radiodiffusion par Internet.

33Statistique Canada, Tableau CANSIM 358-0024, Caractéristiques au titre de la recherche et développement dans les entreprises commerciales (DIRDE), selon le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN), annuel (dollars, sauf indication contraire), octobre 2012.

34La fabrication de véhicules et de pièces automobiles comprend la fabrication de véhicules automobiles (SCIAN 3361), celle de carrosseries et de remorques de véhicules automobiles (SCIAN 3362) et celle de pièces pour véhicules automobiles (SCIAN 3363).

35Les finances, l’assurance et l’immobilier comprennent le secteur des finances et des assurances (SCIAN 52) et celui des services immobiliers et des services de location et de location à bail (SCIAN 53).

36L’extraction de pétrole et de gaz, le forage à forfait et les services connexes comprennent l’extraction de pétrole et de gaz (SCIAN 211), le forage à forfait de puits de pétrole et de gaz (SCIAN 213111) et les services relatifs à l’extraction de pétrole et de gaz (SCIAN 213118).

37À ce sujet, voir Statistique Canada, Tableau CANSIM 379-0023, Produit intérieur brut (PIB) au prix de base en dollars courants, les valeurs repères du Système des comptes nationaux (SCN), selon le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN).

38Les services résultent d’une activité de production qui modifie l’état de l’unité consommatrice ou qui facilite l’échange de produits ou d’actifs financiers. Le secteur des services se divise en 11 principaux groupes, ou sous-secteurs, soit le commerce de gros et de détail; les soins de santé et l’assistance sociale; l’hébergement et les services de restauration; les services professionnels, scientifiques et techniques; les services d’enseignement; les finances, les assurances, l’immobilier et la location; le transport et l’entreposage; l’information, la culture et les loisirs; l’administration publique et la défense; les services aux entreprises, les services relatifs aux bâtiments et les autres services de soutien; ainsi que les autres services.

39OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011, Paris, 2011, p. 180.

40Basé sur Statistique Canada, Tableau CANSIM 358-0024 et Industrie Canada, Statistiques relatives à l’industrie canadienne, novembre 2012.

41Statistique Canada, Tableau CANSIM 358-0024, Caractéristiques au titre de la recherche et développement dans les entreprises commerciales (DIRDE), selon le groupe d’industries basé sur le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord, octobre 2012.

42Comme le souligne L’état des lieux en 2010, la comparaison des dépenses en R-D par industrie à l’échelle internationale présente certaines difficultés. Les données internationales pouvant être comparées ne sont pas toujours récentes, et les méthodes de collecte des données comportent des différences. En raison de cette différence de méthode, certaines activités de R-D sont associées à des industries différentes selon le pays.

43Les pays pris en compte dans cette moyenne sont l’Allemagne, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, la Corée, le Danemark, l’Espagne, les États-Unis, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, le Japon, la Norvège, les Pays-Bas, la Pologne, la République tchèque, le Royaume-Uni et la Suède. En général, les données se rapportent à l’année 2007, à l’exception des données sur l’Australie (2005) et de celles sur le Canada, le Danemark, la France, la Pologne et le Royaume-Uni (2006). Certaines exceptions s’appliquent : le Danemark, la Grèce et la Hongrie sont exclus de la moyenne ayant trait à l’aéronautique et à l’aérospatiale, et les données connexes pour les Pays-Bas et la Corée concernent 2005; la Norvège est exclue de la moyenne concernant les produits chimiques, à l’exception des produits pharmaceutiques; l’Australie est exclue de la moyenne concernant les produits alimentaires; le Danemark est exclu de la moyenne concernant la fabrication de haute technologie; et les données connexes pour les Pays-Bas concernent 2006 et celles pour la Hongrie et la Grèce concernent 2005; le Royaume-Uni est exclu de la moyenne concernant la fabrication à faible technologie; la Grèce est exclue de la moyenne concernant les machines de bureau, les machines de comptabilité et le matériel de traitement de l’information; le Royaume-Uni est exclu de la moyenne concernant les pâtes et papier; les Pays-Bas sont exclus de la moyenne concernant le matériel de radiodiffusion, de télédiffusion et de communication; et les données de l’Australie sur la construction, l’électricité, le gaz et l’eau concernent l’année 2006.

44En 2012, le secteur des TIC représentait environ 4 % du PIB, tandis que l’extraction minière, l’exploitation en carrière et l’extraction de pétrole et de gaz comptaient pour environ 8 %. Les calculs se basent sur le tableau CANSIM 379-0031 de Statistique Canada, Produit intérieur brut (PIB) aux prix de base, selon le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN), mensuel (dollars), mars 2013.

45OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011, Paris, 2011, p. 180.

46L’indicateur d’intensité de R-D ajustée en fonction de la structure industrielle correspond, pour un pays donné, à la moyenne des intensités de R-D des secteurs pondérée en fonction de la structure industrielle de l’OCDE – soit des parts de valeur ajoutée par secteur en 2007 – plutôt qu’en fonction des parts réelles de valeur ajoutée du pays considéré, qui sont utilisées pour calculer l’indicateur d’intensité de R-D non ajustée. Les données sur les DIRDE de l’Estonie, de l’Italie et de la République tchèque se rapportent à 2009; celles sur les DIRDE de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Belgique, des États-Unis, de la Finlande, de la France, de la Grèce, du Mexique, de la Norvège, du Royaume-Uni et de la Suède, à 2007; celles sur les DIRDE du Danemark, des Pays-Bas et de la Pologne, à 2006; et celles sur les DIRDE de l’Australie, du Canada, de l’Irlande et de l’Islande, à 2005.

47Selon des données sur l’Australie, la Corée, les États-Unis, la Finlande, la France, le Royaume-Uni et la Suède (pour 2009 ou une année ultérieure), OCDE, Dépense intra-muros totale de R-D des entreprises par taille et source de financement, octobre 2012.

48Calculs de Statistique Canada pour le CSTI, novembre 2012, fondés sur Statistique Canada, Recherche et développement dans l’industrie canadienne, 2010.

49Statistique Canada, Recherche et développement industriels : perspective 2012 , no 88-202-X au catalogue, Ottawa, 2012, p. 8.

50Selon L’état des lieux en 2010, cette proportion était de 33 % en 2009. Les plus récentes données placent cette valeur à 30 %.

51Statistique Canada, Recherche et développement industriels : perspective 2011, n° 88-202-X au catalogue, Ottawa, 2011, p. 5

52Cette proportion est égale au nombre d’entreprises menant des activités de R-D dans une industrie, divisé par le nombre total d’entreprises dans cette industrie. Comme les données les plus récentes se rapportent à 2009, ce portrait pourrait ne pas refléter toutes les conséquences de la récession.

53Statistique Canada, Recherche et développement industriels : perspective 2011, n° 88-202-X au catalogue, Ottawa, 2011, p. 43

54Kevin Girdharry, Elena Simonova et Rock Lefebvre, « Les investissements en machines et matériel : une nécessité pour l’avenir du Canada », Point de mire, L’Association des comptables généraux accrédités du Canada, Ottawa, avril 2012, p. 7.

55Industrie Canada, Innovation et stratégies d’entreprise : Perspective canadienne, Ottawa, 2011, p. 1.

56Machines et matériel en dollars courants. Le PIB aux prix du marché est estimé en fonction des dépenses en dollars courants.

57La valeur en dollars constants est plus grande en raison de la diminution du coût des machines et du matériel.

58MM et PIB aux prix du marché en dollars courants. Voir Statistique Canada, Tableau CANSIM 380-0017, Produit intérieur brut (PIB), en termes de dépenses, octobre 2012.

59Selon l’OCDE, les produits tirés des TIC sont surtout destinés à remplir ou à faciliter la fonction de traitement de l’information et de communication par des moyens électroniques, y compris la transmission et l’affichage. OCDE, Guide to Measuring the Information Society, Paris, 2009, p. 90.

60Parmi les études antérieures, mentionnons Andrew Sharpe, « What Explains the Canada-US ICT Investment Gap? », International Productivity Monitor, Centre d’étude des niveaux de vie, vol. 11, 2005; Someshwar Rao, Cracking Canada’s Productivity Conundrum, Institut de recherche en politiques publiques, n° 25, 2011; Someshwar Rao et coll., What Explains the Canada-US TFP Gap?, Industrie Canada, Working Paper 2006-08, 2006.

61OCDE, Mesurer l’innovation : Un nouveau regard, Paris, 2010, p. 84 (en anglais seulement).

62OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011 , Paris, 2011, p. 83.

63Kevin Girdharry, Elena Simonova et Rock Lefebvre, «Les investissements en machines et matériel : une nécessité pour l’avenir du Canada,», Point de mire, L’Association des comptables généraux accrédités du Canada, Ottawa, 2012, p. 6.

64Centre d’étude des niveaux de vie, Database of Information and Communication Technology (ICT) Investment and Capital Stock Trends: Canada vs. United States août 2012 (en anglais seulement).

65OCDE, Études économiques de l’OCDE : Canada 2012, Paris, 2012, p. 55.

66Le Conference Board du Canada, « Measuring What Counts », Issues in Intangibles, vol. 1, no 1, hiver 2012, p. 2.

67Les biens incorporels « ont contribué de façon importante à la croissance de la productivité du travail », représentant environ 40 % de l’effet total de l’augmentation du capital entre 1976 et 2008. Statistique Canada, « Étude : Immobilisations incorporelles et croissance de la productivité au Canada, 1976 à 2008 », Le Quotidien, 1erjuin 2012.

68John R. Baldwin, Wulong Gu et Ryan Macdonald, « Immobilisations incorporelles et croissance de la productivité au Canada », La Revue canadienne de productivité Statistique Canada, no 15-206-X au catalogue – no 029, 2012.

69OCDE, Mesurer l’innovation : Un nouveau regard, Paris, 2010, p. 22 (en anglais seulement).

70John R. Baldwin, Wulong Gu et Ryan Macdonald, « Le nouveau paradigme de l’investissement? » Aperçus économiques, Statistique Canada, no 11-626-X au catalogue – no 007, 2012.

71John R. Baldwin, Wulong Gu et Ryan Macdonald, « Le nouveau paradigme de l’investissement? » Aperçus économiques, Statistique Canada, no 11-626-X au catalogue – n° 007, 2012, p. 3.

72Rappelons que les logiciels sont également considérés comme un composant TIC des MM.

73Selon Baldwin et coll., ces investissements correspondent à toutes les dépenses liées à l’exploration, au forage et aux activités de géologie et de géophysique préalables à la mise en valeur. Ces données concernent la plupart des aspects de l’exploration pétrolière, gazière ou minérale ayant lieu au Canada (Investissement en actifs incorporels au Canada : dépenses de R-D, d’innovation, d’image de marque et de prospection minière, pétrolière et gazière, 2009).

74John R. Baldwin, Wulong Gu et Ryan Macdonald, « Le nouveau paradigme de l’investissement? » Aperçus économiques, Statistique Canada, no 11-626-X au catalogue – n° 007, 2012, p. 3.

75Alexandra Bibbee, « Unleashing Business Innovation in Canada », OECD Economics Department Working Papers, n° 997, octobre 2012, p. 14.

76OCDE, New Sources of Growth: Intangible Assets, Paris, 2011 (en anglais seulement).

77 Banque mondiale (suivant les données de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle), Demandes de marque de commerce, résidents directs, 2010.

78OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l'OCDE 2011, Paris, 2011, p. 144.

79Selon la Banque mondiale, il s’agit des demandes de marque de commerce déposées par des déposants nationaux directement auprès d’un office national de la propriété intellectuelle donné.

80Lorsque les données n’étaient pas disponibles pour 2010, celles se rapportant à 2009 ont été utilisées.

81Banque mondiale (suivant les données de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle), Demandes de marque de commerce, résidents directs, 2010.

82OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011, Paris, 2011, p. 144.

83OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2009, Paris, 2009, p. 22.

84Shunji Wang, Le financement des petites et moyennes entreprises innovatrices au Canada, Programme de recherche sur le financement des PME, Industrie Canada, 2009, p. 24. Les entreprises innovatrices sont celles qui consacrent plus de 20 % de leurs dépenses d’investissement à la R-D.

85National Angel Capital Organization, Investment Activity by Canadian Angel Groups: 2011 Report, Toronto, 2012, p. 12.

86Le calcul des investissements de capital de risque en pourcentage du PIB correspond à la somme des capitaux de prédémarrage, de démarrage et de développement préliminaire en pourcentage du PIB du pays.

87The Economist, What next for the start-up nation? basé sur des données de la National Venture Capital Association, de l’European Private Equity and Venture Capital Association, de l’Israel Venture Capital Research Center et des Nations Unies, 21 janvier 2012 (en anglais seulement).

88L’estimation du ratio pour le Canada a été réalisée par le CSTI au moyen des données de l’Association canadienne du capital de risque et d’investissement.

89Données sur le capital de risque publiées par l’Association canadienne du capital de risque et d’investissement et Thomson Reuters, et données sur le PIB provenant de Statistique Canada, Tableau CANSIM 380-0017, Produit intérieur brut, en termes de dépenses, aux prix du marché en dollars courants, septembre 2012.

90Association canadienne du capital de risque et d’investissement, Canada's Venture Capital Market in 2011, préparé par Thomson Reuters, 2012 (en anglais seulement).

91Association canadienne du capital de risque et d’investissement, Canada's Venture Capital Market in 2011, préparé par Thomson Reuters, 2012 (en anglais seulement).

92Selon l’Association canadienne du capital de risque et d’investissement, les étapes ultérieures sont les suivantes : 

  • Étape d’expansion : Entreprise établie ou presque établie, qui a besoin de capital pour accroître sa capacité de production, ses activités de commercialisation et ses ventes.
  • Étape d’acquisition ou de rachat : Entreprise établie ou presque établie, qui a besoin de financement pour faire l’acquisition de l’ensemble ou d’une partie d’une autre entreprise pour prendre de l’expansion.
  • Étape de redressement : Entreprise établie ou presque établie, qui a besoin de capital pour surmonter des difficultés financières ou opérationnelles temporaires.
  • Autres étapes du développement : Comprennent le reclassement de titres ou la vente d’actifs au portefeuille parmi les investisseurs, de même que le fonds de roulement.

93Selon l’Association canadienne du capital de risque et d’investissement, les étapes initiales sont les suivantes : 

  • Étape de prédémarrage : Entreprise en développement qui n’a pas encore entrepris ses activités commerciales et qui a besoin de financement pour la recherche-développement de produits.
  • Étape de démarrage : Entreprise qui vient tout juste d’entreprendre ses activités et qui a besoin de capital pour le développement de produits, la commercialisation initiale et l’atteinte d’autres objectifs.
  • Autre étape initiale : Entreprise qui a amorcé les activités de commercialisation initiale et de développement connexes et qui a besoin de financement pour assurer une pleine production commerciale et un maximum de ventes.

94Association canadienne du capital de risque et d’investissement, Canada's Venture Capital Market in 2011, préparé par Thomson Reuters, 2012 (en anglais seulement).

95National Venture Capital Association, Yearbook 2012, préparé par Thomson Reuters, 2012.

96Association canadienne du capital de risque et d’investissement, Canada's Venture Capital Market in 2011, préparé par Thomson Reuters, 2012 (en anglais seulement).

97Innovation Canada : Le pouvoir d’agir, Examen du soutien fédéral de la recherche-développement – Rapport final du groupe d’experts, Ottawa, 2011, chapitre 7, p. 7-16.

98Banque de développement du Canada, Revue de l’industrie du capital de risque, Ottawa, 2011. Cité dans : Innovation Canada : Le pouvoir d’agir, Examen du soutien fédéral de la recherche-développement – Rapport final du groupe d’experts, Ottawa, 2011, chapitre 7, p. 7-16.

99Douglas Cumming et Jeffrey MacIntosh, Crowding Out Private Equity: Canadian Evidence, 2006; James Brander et coll., Government Sponsored Venture Capital in Canada: Effects on Value Creation, Competition and Innovation, 2008. Cité dans Innovation Canada : Le pouvoir d’agir, Examen du soutien fédéral de la recherche-développement – Rapport final du groupe d’experts, Ottawa, 2011, chapitre 7, p. 7-13.

100Association canadienne du capital de risque et d’investissement, Canada's Venture Capital Market in 2011, préparé par Thomson Reuters, 2012 (en anglais seulement).

101National Venture Capital Association et Thomson Reuters, Yearbook 2012, préparé par Thomson Reuters, 2012, p. 11, figure 5.0.

102Ces activités ne font l’objet d’aucune obligation de divulgation.

103Association canadienne du capital de risque et d’investissement, Canada's Venture Capital Market in 2011, préparé par Thomson Reuters, 2012 (en anglais seulement).

104Données fournies par la Direction générale de la petite entreprise et du tourisme d’Industrie Canada.

105National Venture Capital Association et Thomson Reuters, Communiqué de presse, 3 janier 2011 (en anglais seulement).

106Selon la Banque mondiale, la capitalisation boursière correspond au prix de l’action multiplié par le nombre d’actions en circulation.

107Il s’agit des calculs du CSTI fondés sur des données du groupe TMX pour 2011, faisant état d’une capitalisation boursière de 34 milliards de dollars des entreprises technologiques et d’une capitalisation boursière globale de 2 billions de dollars environ. Bourse de Toronto, Leadership dans le secteur de la technologie et A Capital Opportunity: A Growth Market for Technology Companies (en anglais seulement).

108À la fin de 2011, les entreprises technologiques représentaient 4 % de la capitalisation boursière canadienne. Jos Schmitt, « Fixing Canada’s Broken Tech Scene », Backbone Magazine, 27 février 2012 (en anglais seulement).

109Tom Tunguz, « Four Trends in the Public Technology Market », TechCrunch, basé sur une recherche de données sur le secteur des technologies réalisée par CapitalIQ, ainsi que sur des données du FMI et du U.S. Census concernant la capitalisation boursière à l’échelle mondiale, 15 juillet 2012 (en anglais seulement).

110Le faible taux de capitalisation boursière des entreprises technologiques canadiennes par rapport à la capitalisation à l’échelle mondiale pourrait être une conséquence des cours relativement élevés des titres des entreprises exploitantes de ressources et des banques canadiennes. De plus, comme la Bourse de croissance TSX sert d’alternative au capital de risque, la majorité des entreprises technologiques cotées à cette bourse sont très petites. Pour en savoir plus sur la Bourse de croissance TSX en tant que marché du capital de risque, voir Cécile Carpentier et Jean-Marc Suret, « The Canadian Public Venture Capital Market », Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations, avril 2009.

111Banque de développement du Canada, Revue de l’industrie du capital de risque, Ottawa, 2011, p. 16.

112Boyd Erman, « We undervalue our tech stocks – and pay the price, » The Globe and Mail, 30 janvier 2012 (en anglais seulement).

113OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011, Paris, 2011, p. 174.

114Walid Hejazi, « Dispelling Canadian Myths about Foreign Direct Investment, » IRPP Study, no 1, janvier 2010, p. 1 (en anglais seulement).

115Statistique Canada, Tableau CANSIM 376-0052, Bilan des investissements internationaux, investissements directs canadiens à l’étranger et investissements directs étrangers au Canada, selon le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN) et la région, octobre 2012.

116OCDE, Statistiques de l’OCDE sur l’investissement direct international 2012, Paris, 2012.

117Le commerce des technologies se divise en quatre grandes catégories, soit le transfert de techniques (par les brevets, les licences, le transfert de savoir-faire); le transfert (par vente, octroi de licence ou franchisage) de dessins, de marques de commerce et de modèles; les services de nature technique, notamment les études techniques et l’assistance technique; et la R-D industrielle.

118OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011, Paris, 2011, p. 108.

119Par exemple, selon l’OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011, les flux technologiques vers et depuis l’Irlande s’expliquent essentiellement par la présence de nombreuses filiales étrangères (principalement d’entreprises américaines et britanniques).

120Comme pour les données de l’OCDE présentées ci-dessus à la figure 4-13, les données sur les services commerciaux à forte intensité technologique comprennent les transactions au sein des multinationales, qui sont à l’origine de la majorité de ces paiements pour des services.

121Le total des recettes et des paiements pour les services à forte intensité technologique stagne également depuis quelques années.

122Statistique Canada, Tableau CANSIM 376-0033, Opérations internationales de services commerciaux par catégorie, novembre 2012.

Chapitre 5 : Développement et transfert des connaissances


Au cours de 15 dernières années, le Canada a beaucoup investi dans la recherche menée par le secteur de l’enseignement supérieur. Ces investissements génèrent des retombées importantes; en effet, l’acquisition et l’approfondissement des connaissances scientifiques au Canada restent marqués par le dynamisme et la qualité, comme le montrent les principaux indicateurs bibliométriques. Cela contribue à l’établissement de bases solides pour l’ensemble de l’écosystème canadien des sciences, de la technologie et de l’innovation (STI). Compte tenu de la mondialisation croissante de la science, il est important de mentionner que les chercheurs canadiens collaborent de façon très active avec leurs collègues étrangers, ainsi que l’indique leur participation à des publications conjointes.

La solide assise du Canada en matière de recherche ne produit cependant pas les meilleurs résultats quant à l’accroissement du nombre d’universités classées parmi les meilleures du monde, c’est-à-dire des établissements phares qui pourraient attirer au pays davantage de chercheurs et d’étudiants de haut niveau. Par ailleurs, le Canada continue à avoir de graves difficultés en matière de transfert au secteur privé des connaissances développées dans les établissements d’enseignement supérieur. On le remarque notamment lorsque l’on considère les résultats généralement décevants au chapitre de l’octroi de licences et de la création d’entreprises dérivées à partir des universités. L’amélioration dans ces domaines est essentielle pour veiller à ce que les découvertes mènent à des avantages économiques et sociaux réels pour les Canadiens.


 

L’acquisition et l’approfondissement des connaissances scientifiques au Canada restent marqués par le dynamisme et la qualité.

DÉVELOPPEMENT DES CONNAISSANCES

Le développement des connaissances est le fondement de l’écosystème des STI d’un pays. La recherche produit le savoir qui sous-tend les nouveaux produits et processus et les nouvelles politiques, et elle favorise une main-d’oeuvre hautement qualifiée davantage en mesure de répondre à la demande de l’économie mondiale du savoir. Les grandes découvertes et leurs applications concrètes constituent le mécanisme par l’entremise duquel le savoir favorise le bien-être économique et social.

Au Canada, le secteur de l’enseignement supérieur, c’est-à-dire les universités, les collèges et les hôpitaux d’enseignement affiliés, demeure un exécutant essentiel de la recherche-développement (R-D). Grâce essentiellement à l’augmentation du financement gouvernemental, les dépenses intra-muros de R-D du secteur de l’enseignement supérieur (DIRDES) se sont accrues de façon importante depuis la fin des années 1990 jusqu’au début de la récession à la fin des années 2000, moment où la croissance des dépenses s’est considérablement affaiblie. De 3,03 milliards de dollars en 1990, les dépenses en R-D du secteur de l’enseignement supérieur ont atteint 11,53 milliards en 2012. Bien que les sommes investies croissent, la proportion des DIRDES par rapport à l’ensemble de l’économie, c’est-à-dire les DIRDES en fonction du produit intérieur brut (PIB), a fluctué au cours de la dernière décennie. Après avoir atteint un sommet de 0,71 % en 2009, l’intensité des DIRDES a chuté à 0,66 % en 2011, comme le montre la figure 5-1.

Malgré la diminution du ratio DIRDES-PIB au cours des dernières années, en 2011 (année la plus récente pour laquelle des données de comparaison internationales sont disponibles), le Canada se classait, comme c’est le cas depuis quelques années, au premier rang des pays du G7 à cet égard. Toutefois, comme le montre la figure 5-2, le classement relatif du Canada se détériore lorsqu’on le compare à un plus large éventail d’économies. Pour ce qui est des DIRDES en pourcentage du PIB, le Canada se classait 9e sur 41 économies en 2011, alors qu’il était 4e en 2008 et 3e en 2006123. Ce ratio équivaut à 87,9 % du seuil des cinq pays les mieux classés en 2011 (le Danemark, la Suède, la Suisse, la Finlande et les Pays-Bas), un résultat qui est toutefois bien meilleur que celui des États-Unis (55,8 % du seuil). On trouve ici une autre mesure par rapport à laquelle assurer un rôle de chef de file mondial pourrait aider le Canada à réaliser tout son potentiel en matière de STI, étant donné l’importance décisive de l’accroissement du savoir comme fondement de tous les secteurs de l’écosystème canadien des STI.


 

Pour ce qui est des DIRDES en pourcentage du PIB, le Canada se classait 9e sur 41 économies en 2011.

Comme les rapports précédents, L’état des lieux en 2012 s’appuie sur des indicateurs bibliométriques et des classements des universités pour étudier le rendement du Canada et les résultats des investissements en R-D du secteur de l’enseignement supérieur. Compte tenu de la nature peu évolutive du secteur de l’enseignement supérieur, les résultats liés à ces deux indicateurs ont peu changé depuis L’état des lieux en 2010.

Mesurer la production scientifique du Canada

Les indicateurs bibliométriques correspondent à un ensemble de méthodes mathématiques et statistiques servant à analyser différentes caractéristiques des articles scientifiques évalués par les pairs et publiés dans les revues spécialisées internationales. Puisque ces articles scientifiques constituent le principal mode de diffusion du savoir dans presque tous les domaines scientifiques, les indicateurs bibliométriques sont devenus les indicateurs quantitatifs les plus utilisés pour évaluer le développement des connaissances, et de nombreux pays mènent des études bibliométriques pour évaluer les résultats de la recherche.

On compte trois types d’indicateurs bibliométriques : les indicateurs de quantité, qui mesurent la productivité absolue des chercheurs en dénombrant les articles publiés; les indicateurs d’incidence, qui mesurent l’influence des chercheurs par le décompte des citations d’articles; et les indicateurs structurels, qui mesurent, entre autres, la collaboration entre les chercheurs de différents pays en se basant sur les publications internationales conjointes.

Les indicateurs bibliométriques montrent que les chercheurs universitaires canadiens sont des auteurs prolifiques et que leurs recherches sont généralement de grande qualité, en particulier dans certains domaines. Les indicateurs établissent également que les chercheurs canadiens sont particulièrement présents dans les publications internationales conjointes et qu’ils ont très bien su établir leurs réseaux internationaux. Cela revêt une importance particulière dans le contexte de la mondialisation, où le développement des connaissances passe graduellement de l’individuel au collectif, et du national à l’international.


 

Le Canada, qui compte 0,5 % de la population mondiale, a publié 4,4 % de toutes les publications mondiales en sciences naturelles et en génie en 2010.

Indicateurs bibliométriques de quantité

La distribution de la production scientifique dans le monde a beaucoup évolué depuis les 25 dernières années, période où les pays de l’Amérique du Nord et de l’Europe ont vu leur part de publications scientifiques diminuer au profit des pays de l’Amérique latine et de l’Asie. Selon des données internationales publiées par l’Observatoire des sciences et des technologies de Montréal124, le Canada (qui compte 0,5 % de la population mondiale) a publié 4,4 % de toutes les publications mondiales en sciences naturelles et en génie en 2010, une proportion qui demeure inchangée par rapport à 2008. En classement absolu, le Canada arrive ainsi en 8e position, derrière des pays beaucoup plus peuplés, comme les États-Unis, la Chine, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon, la France et l’Italie. La part de production scientifique de chacun de ces pays a diminué depuis 2003, sauf celle de la Chine. La part du Canada a quant à elle augmenté, ce qui s’inscrit à contre-courant de la tendance mentionnée ci-dessus concernant la diffusion de la production scientifique125.


Optimisation de la chaîne de valeur dans l’industrie forestière

Photo fournie par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du CanadaCréé en 2002 sous la direction de Sophie D’Amours et de plusieurs de ses collègues de l’Université Laval, le consortium de recherche FORAC (de la FORêt Au Client) regroupe l’expertise de chercheurs de diverses disciplines, notamment le génie industriel, la foresterie, l’informatique et les sciences de la gestion, afin d’optimiser la chaîne de valeur dans l’industrie forestière.

Les entreprises et les clients se servent des plateformes décisionnelles Web élaborées par FORAC pour modéliser des procédés intégrant la gestion forestière, l’approvisionnement en bois, le traitement en usine, la fabrication et la livraison aux consommateurs. FORAC élabore également des plans logistiques et de fabrication qui prévoient l’évaluation de l’impact sur l’environnement. Ces outils et méthodes jouent un rôle important dans la consolidation de la position dominante du Canada dans le domaine de la fabrication de produits forestiers durables.

FORAC regroupe sous une même entité huit partenaires industriels, qui versent près du tiers du budget annuel du consortium se chiffrant à 1,5 million de dollars. Le reste du financement du consortium provient des gouvernements du Québec et du Canada, notamment des programmes Professeurs-chercheurs industriels et Subventions de recherche et développement coopérative, du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG).

Les réalisations du consortium FORAC lui ont valu le Prix Brockhouse du Canada pour la recherche interdisciplinaire en sciences et en génie de 2012, décerné par le CRSNG.

Il est utile non seulement de faire un décompte des publications, mais aussi de considérer le nombre d’articles publiés dans les 25 revues spécialisées les plus influentes de leur domaine (suivant l’indicateur SCImago Journal Rank en fonction des données sur les citations). D’après un décompte des publications nationales dans ces revues les plus influentes, le Canada se classe, selon un calcul par habitant, au 10e rang parmi les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), derrière la Suisse, la Suède, le Danemark, l’Islande, les Pays-Bas, la Norvège, la Finlande, l’Australie et le Royaume-Uni126. Cette situation laisse voir que les chercheurs canadiens, bien qu’ils publient beaucoup, pourraient améliorer la visibilité de leurs résultats de recherche en tentant plus activement de les publier dans les revues du quartile le plus influent127.

Indicateurs bibliométriques d’incidence

Les indicateurs bibliométriques d’incidence mesurent l’influence des chercheurs d’un pays en calculant le nombre de fois que leur recherche est citée, l’hypothèse sous-jacente étant que plus un article est cité, plus il a d’influence sur la recherche. L’Observatoire des sciences et des technologies compile un indice basé sur la moyenne des citations relatives (MCR) par pays, qui mesure l’incidence à court terme des publications dans les domaines des sciences naturelles et du génie128. Suivant ce calcul, une MCR supérieure à 1 signifie que les publications du pays considéré sont davantage citées que la moyenne mondiale, ce qui veut dire qu’elles ont une plus grande incidence. En 2010, la MCR du Canada était de 1,32 (en hausse par rapport à une MCR de 1,29 en 2008), soit bien au-dessus de la moyenne mondiale. Le pays ne s’est toutefois classé qu’au 24e rang, derrière, notamment, la Suisse (1,66), le Danemark (1,63), les Pays-Bas (1,59), le Royaume-Uni (1,46) et les États-Unis (1,38). La MCR du Canada augmente continuellement depuis 2001 (année où elle était de 1,22), mais, à l’exception des États-Unis, du Cambodge et de la Gambie, tous les pays mieux classés que le Canada en 2010 ont vu leur MCR croître davantage que celle du Canada pendant la même période. La MCR plutôt quelconque du Canada par rapport à celle des pays les mieux classés est liée au fait, mentionné ci-dessus, que les chercheurs canadiens ne publient pas autant dans les revues du quartile le plus influent qui, par définition, sont celles dont les articles sont les plus cités.

Ventilée par domaine de recherche, la MCR du Canada est supérieure à la moyenne mondiale dans tous les domaines scientifiques. C’est en physique que la MCR canadienne est la meilleure (1,47). Le Canada a également obtenu de bons résultats en médecine clinique (1,46) et en sciences de la Terre et de l’espace (1,42). Parmi les autres domaines scientifiques, mentionnons que le Canada a obtenu une MCR de 1,31 en recherche biomédicale, de 1,28 en biologie et en chimie, de 1,17 en mathématiques et de 1,05 en génie et technologie.

Les indicateurs bibliométriques d’incidence peuvent également être considérés à l’échelle des établissements. L’OCDE a entrepris de déterminer les 50 universités ayant la plus forte incidence à l’échelle mondiale, en fonction des articles cités dans toutes les disciplines. En 2009, 40 de ces 50 universités étaient américaines et les 10 autres étaient européennes (5 britanniques, 2 françaises, 1 néerlandaise, 1 suisse et 1 italienne)129. Si aucune université canadienne ne s’est classée globalement parmi les 50 premières, le Canada a mieux fait dans certains domaines particuliers, ses universités se classant parmi les 50 premières dans 11 des 16 domaines, soit 4 en sciences de la Terre et planétaire, 3 en pharmacologie, toxicologie et produits pharmaceutiques, 2 en sciences informatiques, 2 en ingénierie, 2 en sciences de l’environnement, 2 en immunologie et microbiologie, 2 en neurosciences, 2 en psychologie, 1 en sciences des matériaux, 1 en médecine et 1 en sciences sociales.


Découvrir la vraie nature des forces et des particules fondamentales

Découvrir la vraie nature des forces et des particules fondamentalesNommé scientifique de l’année 2012 par Radio-Canada, le physicien Pierre Savard contribue à la découverte de la vraie nature des forces et particules fondamentales.

M. Savard est professeur agrégé en physique expérimentale des particules à l’Université de Toronto et chercheur au Laboratoire de physique des particules TRIUMF, à Vancouver, un des chefs de file en matière de physique subatomique. M. Savard a joué un rôle clé dans l’une des plus importantes recherches scientifiques de sa génération. À titre de coordonnateur d’ATLAS-Canada pour la physique (une expérience en physique des particules, menée au Grand collisionneur de hadrons, en Suisse, l’accélérateur de particules le plus grand et le plus puissant du monde), M. Savard faisait partie d’une des deux équipes qui, en juillet 2012, ont prouvé l’existence du boson de Higgs, une particule élémentaire donnant une masse aux autres particules. M. Savard et six autres chercheurs de l’Université de Toronto (Richard Teuscher, David Bailey, Peter Krieger, Robert Orr, Pekka Sinervo et William Trischuk) ont construit un composant essentiel du détecteur ATLAS et ont analysé ses données à l’aide des ressources informatiques de SciNet, à l’université, pour déceler les collisions pouvant contenir des bosons de Higgs.

En plus d’accroître nos connaissances sur les lois fondamentales de la physique, ce type de recherche contribue à la formation d’une main-d’oeuvre hautement qualifiée et a de nombreuses retombées technologiques. La recherche de M. Savard a été financée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, la Fondation canadienne pour l’innovation et le Fonds pour la recherche en Ontario.

Indicateurs structurels

Dans le contexte de l’économie mondiale du savoir, la collaboration entre chercheurs de différents pays devient un élément de plus en plus important de la recherche scientifique. Les données semblent indiquer que les publications internationales conjointes sont davantage citées et ont une plus grande incidence, et que plus la collaboration est importante, plus l’incidence de la recherche est grande. Les données publiées par l’Observatoire des sciences et des technologies montrent qu’en 2010, 48,8 % des articles en sciences naturelles et en génie publiés par des chercheurs canadiens étaient des publications internationales conjointes. Il s’agit d’un sommet après une hausse soutenue, cette proportion ayant été de 14,3 % en 1980, de 22,7 % en 1990, de 36,3 % en 2000 et de 45,9 % en 2008. Fait intéressant, de 1980 à 2007, l’écart entre le taux de publications internationales conjointes du Canada et la moyenne des pays du G7 est passé de 8 % à 16 %130. En 2010, c’est avec des chercheurs américains que les chercheurs canadiens en sciences naturelles et en génie ont le plus collaboré (47,6 % des publications conjointes), suivis des chercheurs britanniques (13,9 %), allemands (10,8 %), français (10,6 %) et chinois (10,4 %).


Accroître la reconnaissance internationale des grands chercheurs et scientifiques du Canada

Le gouverneur général du Canada, Son Excellence le très honorable David Johnston, est à la tête d’une initiative visant à renforcer la visibilité du Canada quant à sa contribution croissante à l’excellence de la recherche mondiale. Reconnaître les réussites découlant de la recherche favorise une culture de l’excellence et de l’innovation et encourage les jeunes Canadiens à poursuivre des études universitaires et à faire carrière dans la recherche. Cela permet également de rehausser le profil international du Canada en tant que pays de choix pour étudier, faire de la recherche et s’établir.

Dans le cadre de cette initiative, des mesures préliminaires ont été prises pour appuyer la nomination d’éminents chercheurs et de scientifiques canadiens à de prestigieux prix et d’importantes récompenses, dont les prix Nobel qui ont rarement été décernés à des chercheurs canadiens. Les présidents des trois organismes subventionnaires fédéraux (le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, les Instituts de recherche en santé du Canada et le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada) ont offert leur aide aux intervenants canadiens du domaine de la recherche pour appuyer la préparation de dossiers convaincants sur les meilleurs candidats aux prix internationaux.

Mesurer le rendement des universités canadiennes

La mondialisation a avivé la concurrence entre les universités du monde entier et accru l’attention portée aux classements mondiaux des universités, considérés comme une mesure du rendement national en matière de recherche. Trois grands systèmes de classement des universités sont actuellement utilisés, soit le classement académique des universités mondiales par l’Université Jiao-tong de Shanghai (Graduate School of Education), aussi appelé le classement de Shanghai, le classement de l’enseignement supérieur THE (Times Higher Education ranking) et le classement universitaire mondial de Quacquarelli Symonds (QS).

L’état des lieux en 2008 et L’état des lieux en 2010 présentaient les résultats du Canada en détail pour les trois classements, tout en soulignant leurs nombreuses limites et failles méthodologiques. Dans la dernière édition de chacun des trois classements, la liste des dix universités les mieux classées continue d’être monopolisée par des établissements américains et britanniques. Le Canada se démarque en ce qu’il est l’un de seulement trois pays dont au moins une université se classe entre le 11e et le 20e rang dans chacun des trois classements. Le Canada et la Suisse ont chacun deux universités parmi les 20 mieux classées, et le Japon en compte une.

Cependant, malgré les importants investissements du Canada dans la R-D menée par le secteur de l’enseignement supérieur, les universités canadiennes n’ont pas réalisé de progrès réel, depuis L’état des lieux en 2008, quant à leur classement parmi les 100 établissements les mieux cotés, et le pays n’a pas réussi à rapprocher ses plus grandes universités de recherche des 10 premières places. Certaines données laissent même croire que le Canada perd des plumes parmi les 100 premières places, alors que le classement d’autres pays s’améliore. Le Canada est en concurrence à l’échelle mondiale, et certains pays investissent de façon vigoureuse dans l’enseignement supérieur et la recherche et adoptent des stratégies ciblées visant à « catapulter » leurs universités parmi les établissements les mieux cotés au monde. Dans ce contexte, la position concurrentielle des universités de recherche du Canada pourrait s’affaiblir, et celles-ci pourraient avoir de plus en plus de difficulté à maintenir ou à améliorer leur classement parmi les établissements de premier plan à l’échelle mondiale. L’adoption de mesures audacieuses, y compris d’une stratégie nationale cohérente, est nécessaire pour propulser les universités canadiennes aux premiers rangs des grands établissements d’enseignement du monde.


Investissements stratégiques des pays asiatiques dans la recherche menée par le secteur de l’enseignement supérieur

Ces dernières années, de nombreuses économies asiatiques, dont la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, Singapour, Hong Kong, le Taipei chinois et la Malaisie, ont élaboré des plans stratégiques ambitieux visant à se doter d’universités de calibre mondial et à renforcer ainsi leur développement économique et social. Par exemple, le gouvernement chinois a lancé le Projet 985, conçu pour amener 39 universités à répondre à des normes de calibre mondial et à établir leur réputation internationale. Parmi ces 39 universités, 9 font l’objet d’investissements particuliers pour en faire des établissements de calibre mondial formant, en quelque sorte, une « Ivy League » chinoise. Des distinctions supplémentaires sont faites parmi ces 9 établissements, afin de concentrer les ressources nationales au sein des universités de Beijing et Tsinghua et de propulser ces dernières parmi les 20 plus grands établissements d’enseignement supérieur de la planète1. De 1999 à 2007, le gouvernement central chinois a investi 32 milliards de yuans, soit environ 4,9 milliards de dollars américains, dans le Projet 985, les neuf principales universités ayant obtenu plus de la moitié de cette somme. Depuis 1999, le nombre de publications dans les grandes revues scientifiques provenant de ces neuf universités a augmenté de façon significative, et la position relative de ces établissements au sein des classements s’est améliorée de façon constante2.


1Richard Levin, « The Rise of Asia’s Universities, » Foreign Affairs, mai-juin 2012.

2Qing Hui Wang, Qi Wang et Nian Cai Liu, « Building World-Class Universities in China: Shanghai Jiao Tong University », dans Philip G. Altbach et Jamil Salmi (rédacteurs), La voie de l’excellence académique : la création d’universités de recherche de rang mondial, Banque internationale pour la reconstruction et le développement, Banque mondiale, Washington, 2011, p. 34-36.

TRANSFERT DES CONNAISSANCES

Le transfert des connaissances est un processus selon lequel le savoir passe d’une organisation à une autre dans un but de commercialisation ou dans l’intérêt du public. Il englobe un continuum d’activités, qui touchent l’ensemble des secteurs et des intervenants de l’écosystème des STI, dans le cadre desquelles des connaissances sont partagées entre ceux qui les développent et ceux qui les transforment en produits, en services ou en innovation. Les activités de transfert de connaissances sont donc essentielles au bien-être économique et social.

À mesure que l’intensité du savoir croît dans l’industrie, le rôle économique du transfert des connaissances prend de plus en plus d’importance. C’est particulièrement le cas du transfert de connaissances et de propriété intellectuelle associé aux découvertes réalisées par les établissements d’enseignement supérieur. De plus en plus de pays s’affairent à concevoir des programmes de transfert des connaissances issues des établissements d’enseignement supérieur afin de renforcer leur développement économique. Plus la collaboration des universités et des collèges au développement économique devient importante, plus les interactions et les relations entre les intervenants de l’écosystème des STI seront complexes.

La forme de transfert de connaissances la plus efficace s’appuie sur les gens, c’est-à-dire sur l’interaction entre les personnes et sur leur mobilité. Les connaissances passent de l’industrie aux établissements d’enseignement, et vice versa, lorsque les étudiants collégiaux et universitaires de tous les niveaux prennent part à des stages en entreprise ou participent à des programmes d’alternance travail-études. Ces stages et programmes offrent des occasions d’apprentissage en milieu de travail aux étudiants en les intégrant pendant un certain temps à des entreprises qui cultivent leurs talents et enrichissent leurs connaissances, et qui en bénéficient également. Des connaissances sont aussi transférées lorsque les diplômés occupent un emploi qui met directement à profit leurs connaissances. Le chapitre 6, « Développement et déploiement des talents », traite des réalisations du Canada quant à ces formes de transfert de connaissances.

La collaboration en R-D entre l’industrie et le milieu universitaire est une autre forme cruciale de transfert de connaissances axé sur les gens. Cette collaboration peut prendre de nombreuses formes, y compris la présence de chercheurs chevronnés au sein des conseils d’administration des entreprises ou l’emploi de ces chercheurs dans l’industrie, et la création d’instituts de recherche universitaires ou le financement de bourses d’études supérieures par les entreprises pour que les étudiants soient mieux préparés et puissent répondre aux besoins de l’industrie. La collaboration la plus fructueuse entre l’industrie et le milieu universitaire a lieu dans le cadre d’initiatives de recherche à long terme, orientées sur la découverte et ayant le potentiel de transformer les industries, ainsi que dans le cadre de projets de recherche appliquée proches de la mise en marché. La collaboration directe et soutenue entre les universités et l’industrie en matière de R-D peut avoir lieu au sein de réseaux de recherche, qui peuvent être associés à des centres de recherche universitaires établis en partenariat avec l’industrie. L’appui à ces réseaux, dans ce grand pays peu peuplé, est un élément essentiel des programmes de soutien à la R-D au Canada.

Bien qu’on puisse citer nombre d’excellents exemples de collaboration entre l’industrie et les établissements d’enseignement au Canada, les rapports L’état des lieux continuent à souligner la nécessité d’accroître la collaboration entre les différents partenaires de l’écosystème des STI au pays. Selon une enquête menée auprès des chefs d’entreprise publiée dans le Rapport global sur la compétitivité de 2012-2013 du Forum économique mondial, le Canada se classe au 15e rang sur 144 économies au chapitre de la collaboration en R-D entre l’industrie et les établissements d’enseignement (un résultat moins bon que le 7e rang de 2010-2011 et le 14e rang de 2008-2009). Il se classe derrière des pays comme la Suisse (1er rang), le Royaume-Uni (2e rang), les États-Unis (3e rang), l’Allemagne (11e rang) et l’Australie (13e rang)131. Ces résultats doivent toutefois être considérés avec prudence, car ce classement découle d’une méthode moins rigoureuse que celle fondée sur des données quantitatives et reflète les perceptions des chefs d’entreprises du Canada au sujet du Canada par rapport aux perceptions des chefs d’entreprises d’autres pays au sujet de leur propre pays.


Transfert de connaissances dans le domaine des sables bitumineux

Transfert de connaissances dans le domaine des sables bitumineuxL’industrie et les universités collaborent au Centre for Oil Sands Innovation (COSI) pour trouver de nouvelles façons de garantir un développement des sables bitumineux au Canada qui est durable tant sur le plan environnemental que sur le plan économique et social.

Le COSI a été créé à l’Université de l’Alberta en 2005, dans le cadre d’un partenariat entre la Pétrolière Impériale Ressources Limitée et le département d’ingénierie de l’Université. Depuis sa création, le COSI s’est développé pour former un réseau qui compte plus de 100 chercheurs, grâce à la participation d’organismes gouvernementaux provinciaux, de sociétés privées et de 4 autres universités canadiennes (l’Université de Victoria, l’Université de la Colombie-Britannique, l’Université Queen’s et l’Université d’Ottawa). De manière générale, les projets de recherche menés au COSI reçoivent l’appui conjoint de chercheurs des universités et de l’industrie à chaque étape du cycle de recherche, depuis la formulation d’idées et l’évaluation de la valeur potentielle pour l’industrie jusqu’à l’exécution et à l’évaluation des résultats de recherche.

Au COSI, la recherche sur les sables bitumineux vise à minimiser l’utilisation de l’eau et de l’énergie, à diminuer les émissions de gaz à effet de serre et autres émissions, ainsi qu’à mettre au point des produits de grande qualité, à prix réduit. Par exemple, un groupe de recherche dirigé par Natalia Semagina, professeure à l’Université de l’Alberta, a récemment élaboré des catalyseurs pour la valorisation des combustibles, à partir de métaux moins chers que le platine qui est actuellement utilisé dans les raffineries. Le problème de recherche avait été soulevé par la Pétrolière Impériale, et l’équipe de recherche de l’Université a proposé une méthodologie efficace pour le régler. De nombreuses réunions entre le personnel de recherche de l’Université et les scientifiques de l’industrie ont permis un bon échange des connaissances et ont aidé à adapter la science fondamentale universitaire aux besoins de la Pétrolière. Les nouveaux catalyseurs visent à améliorer la qualité des combustibles, à réduire leur incidence négligeable sur l’environnement et la santé, ainsi qu’à diminuer la consommation énergétique des technologies de valorisation des combustibles.

Depuis sa création, le COSI a reçu des fonds de son partenaire industriel, Pétrolière Impériale Ressources Limitée, d’Alberta Innovates ainsi que du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada.

 


L’analyse des gènes pour le dépistage précoce
et le traitement amélioré des maladies

Le séquençage du génome humain, de même que de nouvelles idées sur le rôle de l’ADN « muet », contribuent de façon exponentielle au développement de notre compréhension de la façon dont le corps humain fonctionne réellement. Ces avancées ouvrent la voie à la possibilité de prodiguer un jour des soins médicaux adaptés à l’ADN unique du patient. Le Centre d’innovation Génome Québec et Université McGill joue un rôle de premier plan dans l’avancement de ces travaux, décodant le rôle joué par la séquence génétique d’une personne sur des affections comme les maladies cardiaques, l’asthme et le diabète de type 2. Le but ultime consiste en un dépistage précoce, des traitements plus efficaces et une meilleure qualité de vie pour des millions de Canadiennes et de Canadiens.L’analyse des gènes pour le dépistage précoce

Le Centre d’innovation offre aux industriels et aux établissements universitaires des services complets d’analyse d’ADN et d’ARN, y compris des méthodes originales de séquençage d’une simple molécule et d’annotation fonctionnelle des génomes. Il attire des partenaires industriels, notamment IBM, pour trouver des solutions permettant de traiter l’important volume de données produites dans le domaine de la recherche en génomique.

Le travail du Centre d’innovation s’avère essentiel dans de nombreuses études génomiques à grande échelle. Par exemple, le projet FORGE Canada (Découverte de gènes à l’origine des maladies rares au Canada) emploie la technologie de séquençage de nouvelle génération du Centre d’innovation pour analyser rapidement le code génétique d’une personne, ce qui permet aux chercheurs d’identifier les gènes responsables des anomalies congénitales, de la déficience intellectuelle et d’autres problèmes. Les chercheurs du Consortium canadien en génomique du cancer pédiatrique utilisent cette même technologie pour découvrir les points faibles de six des cancers infantiles les plus agressifs.

Le Centre d’innovation est dirigé par Mark Lathrop, directeur scientifique, qui s’est affilié à McGill en 2011. M. Lathrop était alors de retour au Canada avec une vaste expérience en recherche de pointe, incluant la préparation du projet du génome humain, tâche qu’il a réalisée en co-fondant le Centre National de Génotypage à Paris en 1998. Depuis sa création, le Centre d’innovation a reçu du financement de Génome Canada, de Génome Québec, des Instituts de recherche en santé du Canada, du Fonds de recherche du Québec – Santé et de la Fondation canadienne pour l’innovation.

Lorsque l’on considère le rendement du Canada en matière de transfert des connaissances, il est important de tenir compte des indicateurs associés à la « traction de la demande » et à la « poussée par l’offre ». On dit qu’il y a traction de la demande lorsque les universités et autres organismes de recherche sont sollicités par l’industrie afin de trouver des solutions à des problèmes de production ou d’innovation. Les données sur la recherche contractuelle nous éclairent sur cette traction. À l’inverse, on dit que le transfert est poussé par l’offre lorsque les établissements d’enseignement transfèrent leurs inventions à des entreprises existantes ou à de nouvelles entreprises par l’octroi de licences, ou que des entreprises dérivées commercialisent leur propriété intellectuelle.

Malheureusement, comme ce fut le cas pour L’état des lieux en 2008 et L’état des lieux en 2010, l’absence de données internationales limite notre capacité à effectuer une comparaison entre le Canada et d’autres pays relativement à la traction de la demande en transfert de connaissances et à la poussée par l’offre. Cependant, les données accumulées donnent à penser que le transfert de connaissances des établissements d’enseignement supérieur aux entreprises du secteur privé demeure problématique au Canada, malgré certains signes positifs concernant la traction de la demande. Cette situation est assez décevante, surtout compte tenu de l’attention évidente portée par le gouvernement fédéral à la commercialisation depuis le milieu des années 2000. Il est nécessaire d’obtenir de meilleurs résultats dans ce domaine pour s’assurer que le Canada tire pleinement profit de ses investissements et de ses forces en matière de développement des connaissances.


 

Le transfert de connaissances des établissements d’enseignement supérieur aux entreprises du secteur privé demeure problématique au Canada.

Traction de la demande en transfert de connaissances

Transfert de connaissances par la recherche contractuelle

Les entreprises et les organisations qui retiennent les services d’universités ou d’hôpitaux pour mener de la recherche le font pour répondre à un problème ou à un besoin précis. La recherche contractuelle est donc un moyen particulièrement efficace de transférer des connaissances qui ont des applications pratiques et éventuellement une valeur commerciale.

En 2009, les 95 universités du Canada et leurs hôpitaux de recherche affiliés ont mené des travaux de recherche contractuelle d’une valeur de 1,65 milliard de dollars, soit moins que le montant légèrement inférieur à 2 milliards versé en 2008 selon L’état des lieux en 2010. Cette diminution est probablement attribuable en grande partie à la crise économique. Le total des contrats en 2009 est tout de même en hausse par rapport à 2005 (1,00 milliard de dollars), à 2006 (1,15 milliard) et à 2007 (1,27 milliard)132. La situation se compare très favorablement à celle des États-Unis où, en 2009, 4 milliards de dollars ont été investis au total dans les contrats de recherche, selon des données couvrant environ 185 établissements (universités, hôpitaux et établissements de recherche)133.

De 2005 à 2008, la valeur des contrats de recherche conclus par les universités et les hôpitaux de recherche avec des entreprises et des organismes à but non lucratif du Canada représentait 33 % de la valeur totale des contrats de recherche, et la valeur des contrats conclus avec les gouvernements fédéral et provinciaux représentait environ 20 % et 25 % du total, respectivement. Les sources étrangères (gouvernements, entreprises ou organismes) comptaient pour 22 % de la valeur totale des contrats.

Fait intéressant, le total des sommes investies par les entreprises canadiennes dans la R-D menée par le secteur de l’enseignement supérieur (en grande partie par l’entremise de contrats de recherche) est en croissance et a atteint un sommet de 896 millions de dollars en 2009 (figure 5-3). Après ce sommet de 6,33 % du total des dépenses en R-D des entreprises en 2009, la part du secteur de l’enseignement supérieur a diminué, comptant pour 6,13 % du total en 2012. Cette proportion est tout de même beaucoup plus  importante qu’en 2001, année où elle se situait à 5,18 %.

Poussée par l’offre de transfert de connaissance

Octroi de licences d’utilisation de technologies

Les indicateurs fondés sur les licences mesurent le transfert au secteur privé des connaissances ayant une valeur commerciale et témoignent des retombées des investissements publics dans le secteur de l’enseignement supérieur. Les plus récentes données de Statistique Canada révèlent soit une stagnation, soit une diminution des activités d’octroi de licences au Canada. Selon l’Enquête sur la commercialisation de la propriété intellectuelle dans le secteur de l’enseignement supérieur (2009), 76 % des 95 universités canadiennes et hôpitaux d’enseignement affiliés ayant répondu à l’enquête géraient de la propriété intellectuelle, soit moins qu’en 2008 (81 %). Toujours selon cette enquête, ces 95 établissements ont créé 537 nouvelles licences et options (c’est-à-dire le droit de négocier l’octroi d’une licence) en 2009, un nombre similaire à celui de 2007 et de 2008, et disposaient d’un total de 2 662 licences en vigueur, soient moins que les 3 343 de 2008.


Combler le fossé entre les universités et l’industrie en matière de commercialisation

Le Centre pour la recherche-développement sur les médicaments (CRDM), un centre d’excellence en commercialisation et en recherche, ou CECR, est le centre national entièrement intégré de mise au point et de commercialisation de médicaments du Canada. Son mandat consiste à créer de nouveaux médicaments pour le traitement des maladies humaines ainsi qu’à offrir des possibilités d’investissement viables pour le secteur privé, et ce, grâce aux découvertes permises par la recherche en santé financée par des fonds publics.

Établi à Vancouver, le CRDM allie une plateforme sans but lucratif pour la mise au point de médicaments et un organe de commercialisation, CDRD Ventures Inc. (CVI). Le CRDM et CVI ont tous deux tissé plusieurs partenariats avec des chefs de file de l’industrie pharmaceutique sur la scène internationale, dont Pfizer, GlaxoSmithKline, Johnson & Johnson et Roche. Ces partenariats permettent l’affectation de fonds ciblés pour favoriser l’évolution, en vue de leur commercialisation, des technologies les plus novatrices et prometteuses sur le plan thérapeutique en santé au Canada. C’est également grâce à ces fonds que les premières étapes de la création des technologies peuvent bénéficier du savoir-faire précieux d’experts dans le domaine du commerce. Dans le cadre de ces partenariats, le CRDM ou CVI dirigent l’élaboration des projets qu’ils choisissent conjointement avec chacun de leurs partenaires de l’industrie. Ils établissent avec ces partenaires respectifs les voies de développement les plus appropriées en matière de propriété intellectuelle quant aux projets choisis et évaluent les possibilités de collaboration, de financement, de gestion et de commercialisation des technologies.

Le CRDM et CVI mènent leurs activités dans des installations situées sur les campus de l’Université de la Colombie-Britannique et de l’Université Simon-Fraser ainsi que dans des installations de la British Columbia Cancer Agency. En février 2013, ils ont reçu de nouveaux fonds de 8 millions de dollars à l’issue du dernier concours du Programme des CECR du gouvernement fédéral.

L’Association of University Technology Managers (AUTM) publie également des données sur les activités de transfert de connaissances des universités canadiennes. Les données du document Canadian Licensing Activity Survey (AUTM, 2011) visent un échantillon considérablement plus petit que celui considéré par Statistique Canada, soit environ 40 universités canadiennes et hôpitaux d’enseignement affiliés. Étant moins complet, cet ensemble de données ne doit être considéré qu’à titre indicatif de l’activité canadienne. Les données de l’AUTM sont toutefois plus récentes que celles de Statistique Canada, et elles peuvent être comparées avec les données américaines publiées par l’association dans son U.S. Licensing Activity Survey, qui comprend environ 185 établissements américains.


Technologies de l’information axées sur les personnes

Sheelagh Carpendale est au centre des efforts qui sont déployés pour faire en sorte que les appareils de technologie de l’information soient au service des personnes qui les utilisent, de façon concrète et intuitive, dans leur vie quotidienne et au travail. Elle est titulaire de la Chaire de recherche industrielle CRSNG-AITF-SMART en technologies interactives et de la Chaire de recherche du Canada en visualisation de l’information à l’Université de Calgary. Elle y dirige une équipe de recherche, l’une des rares dans le monde, qui a pour but de développer des applications interactives pour les écrans sur table dont le périphérique d’entrée est une action humaine naturelle plutôt qu’une souris, un clavier ou un dispositif de saisie spécial.

Mme Carpendale s’inspire de sa vaste expertise en matière de recherche interdisciplinaire, qui englobe notamment les beaux-arts, la psychologie, l’ethnographie, la visualisation de l’information et la communication personne-machine, pour favoriser la conception de technologies de l’information innovatrices axées sur les personnes. En étudiant l’interaction entre les personnes et l’information, les images, la technologie et les autres personnes, Mme Carpendale conçoit des représentations visuelles des données qui sont plus naturelles, accessibles, interactives et compréhensibles.

Le partenariat que Mme Carpendale a établi avec SMART Technologies, une entreprise de Calgary, a influé sur l’élaboration du tableau blanc interactif de cette entreprise et a incité cette dernière à ajouter les écrans sur table interactifs à sa gamme d’écrans tactiles multipoints utilisés dans les classes et les bureaux du monde entier.

La participation de Mme Carpendale à des collaborations de recherche à l’échelle du Canada financées par le CRSNG – des réseaux comme NECTAR (communication personne-machine), SurfNet (interaction tactile) et GRAND (médias et technologies numériques) – a joué un rôle important dans le développement de ses travaux, ce qui lui a valu une Bourse commémorative E.W.R. Steacie du CRSNG en 2012.

Dans l’ensemble, les données de l’AUTM montrent que les établissements américains réussissent généralement mieux que les canadiens à créer des licences, à les maintenir en vigueur et à en faire une source de revenus (figure 5-4). L’enquête canadienne de 2011 de l’AUTM confirme la stagnation rapportée par Statistique Canada en ce qui a trait à la création de nouvelles licences et options de 2007 à 2009134, et donne à penser que la diminution se poursuit. L’enquête américaine de 2011 de l’AUTM montre quant à elle que la création de nouvelles licences et options a également quelque peu stagné dans ce pays de 2007 à 2010, mais qu’elle a fortement augmenté en 2011. En ce qui concerne les licences en vigueur, l’AUTM rapporte une légère hausse pour les établissements canadiens depuis 2009 et une augmentation plus marquée pour les établissements américains. Enfin, selon les données de l’AUTM, les revenus découlant de l’octroi de licences des établissements canadiens ont augmenté en 2011, pour atteindre 65,9 millions de dollars, alors que ceux des établissements américains sont demeurés relativement stables, totalisant 2,46 milliards de dollars américains. Malgré cette augmentation des revenus découlant de l’octroi de licences des établissements canadiens, la part moyenne de chaque établissement au Canada n’a été que de 1,6 million de dollars, par rapport à environ 13,3 millions de dollars américains aux États-Unis.

 


Faciliter l’accès à la propriété intellectuelle des universités – L’exemple des universités de recherche du sud de la Colombie-Britannique

Les universités de recherche du sud de la Colombie-Britannique (Université de la Colombie-Britannique, Université de Victoria et Université Simon-Fraser) ont récemment lancé une initiative visant à réduire le fardeau associé à la négociation des contrats de licence avec les établissements de leur groupe et à rendre leur propriété intellectuelle plus accessible. Elles souhaitent harmoniser ainsi leurs pratiques en matière de transfert de technologie et offrir aux entrepreneurs et à l’industrie des façons simples et peu coûteuses d’avoir accès à leur propriété intellectuelle et à leurs technologies. Le financement demandé par les trois universités au British Columbia Innovation Council vise à soutenir la création du BC Express Technology Licensing Program, qui offrira des contrats de licence normalisés et simplifiés aux partenaires d’affaires, et la création du Open IP Program, qui simplifiera l’accès de l’industrie aux innovations non brevetées des trois universités.

Ces résultats relativement peu impressionnants du Canada en matière d’octroi de licences indiquent que les universités du pays mettent moins l’accent que les universités américaines sur la production de connaissances dont les entreprises ont besoin. Ils pourraient aussi signifier que les entreprises sont découragées par le temps énorme et la quantité excessive de ressources qu’il est généralement nécessaire d’investir dans la négociation des contrats de licence au Canada.

Entreprises dérivées

La création d’entreprises dérivées par les universités et leurs hôpitaux de recherche affiliés témoigne de l’importance accordée par ces établissements à la commercialisation. Le nombre d’entreprises dérivées créées chaque année par des établissements canadiens est très inférieur à celui créé par les établissements américains.

La plus récente édition de l’Enquête sur la commercialisation de la propriété intellectuelle dans le secteur de l’enseignement supérieur de Statistique Canada (2009) n’offre pas de nouvelles données sur les entreprises dérivées. Toutefois, selon l’édition de 2008, les universités et leurs hôpitaux de recherche affiliés ont constitué 19 entreprises dérivées en 2008, soit beaucoup moins que les 50 constituées en 2007. Le nombre d’entreprises dérivées constituées chaque année a augmenté de façon constante de 1980 à 1999, culminant en force de 1995 à 1999, mais il diminue depuis. Conséquence de cette tendance, en 2008, le nombre d’entreprises dérivées constituées annuellement était revenu à ce qu’il était avant les années 1990, comme le montre la figure 5-5.

Des données recueillies de manière indépendante par l’AUTM dans le cadre de ses enquêtes sur l’octroi de licences confirment la tendance générale à la baisse en matière de création d’entreprises dérivées de 2000 à 2010. Ces enquêtes montrent toutefois également une reprise de la croissance pour un échantillon d’environ 40 établissements canadiens, avec 68 entreprises dérivées créées en 2011 par rapport à 50 en 2010, ce qui correspond à une augmentation de 36 %135. Il reste à voir si cette augmentation marque le début d’une nouvelle tendance à la hausse au pays. Les données de l’AUTM sur les États-Unis, qui concernent environ 180 établissements, montrent une augmentation constante du nombre d’entreprises dérivées créées chaque année par les universités américaines de 2006 à 2011, qui est passé de 462 à 670. Cela correspond à environ 1,7 entreprise dérivée par établissement répondant au Canada en 2011, comparativement à 3,7 aux États-Unis. Ces résultats montrent que les établissements américains participent de façon beaucoup plus dynamique à la création d’entreprises dérivées que les établissements canadiens. Les étudiants et chercheurs canadiens en technologie, en génie et en sciences naturelles pourraient tirer parti d’une meilleure formation, notamment par l’entremise de cours en entrepreneuriat, sur le développement et la mise en marché des produits de la recherche ayant un potentiel commercial136.


123Dans les cas où les données de 2006, 2008 ou 2011 n’étaient pas disponibles, celles de l’année la plus rapprochée ont été utilisées aux fins du calcul du classement. Voir à la figure 5-2 les années employées.

124La section de L’état des lieux en 2010 traitant de la bibliométrie était basée sur des données internationales publiées par l’Observatoire des sciences et des techniques de Paris, qui diffère de l’Observatoire des sciences et des technologies de Montréal. Comme ces données n’avaient pas été mises à jour, elles n’ont pas pu être utilisées dans le présent rapport. Certaines différences dans les méthodes de calcul expliquent les écarts entre les données rapportées dans L’état des lieux en 2010 et celles du présent rapport. Toutefois, si l’on considère les tendances, on remarque de fortes corrélations entre les résultats publiés par les deux organisations, ce qui fait que la présente analyse bibliométrique complète celle présentée dans L’état des lieux en 2010.

125Observatoire des sciences et des technologies, Thomson Reuters–Web of Science.

126OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord 2011, Paris, 2011, p. 94.

127Cette conclusion est corroborée par le classement de l’Université Jiao-tong de Shanghai, qui mesure, pour toutes les universités considérées, le nombre d’articles publiés dans les deux plus prestigieuses revues scientifiques, Nature et Science, entre 2006 et 2010, ainsi que le nombre d’articles en proportion du personnel académique dans ces deux revues. La performance de la majorité des universités les mieux classées du Canada quant à ces indicateurs est généralement beaucoup plus faible que leur performance globale.

128Cet indicateur s’appuie sur le nombre de citations d’articles des domaines des sciences naturelles et du génie provenant d’un pays donné pendant les trois années qui suivent leur publication. Ce nombre est ensuite normalisé en fonction du nombre moyen de citations des articles du même domaine, en tenant compte du fait que les pratiques en matière de citation varient d’un domaine à l’autre.

129OCDE, Science, technologie et industrie : Tableau de bord de l’OCDE 2011, Paris, 2011, p. 42.

130Observatoire des sciences et des technologies, « La recherche au Canada en 2007 : une affaire de collaboration », L’observation S&T note n° 22, décembre 2009, p. 4.

131Forum économique mondial, Rapport global sur la compétitivité de 2012-2013, 2012, p. 515.

132Statistique Canada, Tableau CANSIM 358-0025, janvier 2013.

133Association of University Technology Managers, U.S. Licensing Activity Survey: FY2011, 2012, p. 19.

134Association of University Technology Managers, Canadian Licensing Activity Survey: FY2011, 2012, p. 36.

135Association of University Technology Managers, Canadian Licensing Activity Survey: FY2011, 2012, p. 43.

136Association of University Technology Managers, U.S. Licensing Activity Survey: FY2011, 2012, p. 37.

Chapitre 6 : Développement et déploiement des talents


Fondamentalement, les sciences, la technologie et l'innovation (STI) sont des activités humaines. Les êtres humains créent les connaissances et les transforment en biens et services dont les Canadiens et les autres citoyens dans le monde actuel ont besoin et qu'ils désirent. Le talent est devenu le principal facteur concurrentiel qui fait la différence dans l'économie mondiale; le fait d'avoir les bonnes personnes au bon endroit et au bon moment est la clé du succès.

La population très instruite du Canada continue d'être un atout puisque l'éducation fournit une base essentielle aux STI et, par conséquent, à la productivité et à la croissance économique. Le Canada a de quoi être fier de son système d'éducation. En effet, d'après le Forum économique mondial et l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Canada a réussi à développer des talents de grande qualité par rapport à d'autres économies avancées137. Selon L'état des lieux en 2008 et L'état des lieux en 2010, les élèves canadiens de 15 ans continuent de bien se classer à l'échelle mondiale, parmi les pays de l'OCDE, en compréhension de l'écrit, en mathématiques et en résolution de problèmes, ainsi qu'en sciences. Environ la moitié de la population canadienne adulte détient un diplôme d'enseignement collégial ou universitaire. Il s'agit de l'un des meilleurs taux à l'échelle mondiale. Le Canada maintient également une croissance impressionnante du nombre de doctorats en sciences et en ingénierie (bien qu'il produise encore toujours moins de titulaires de doctorat que beaucoup d'autres pays importants).


 

La population très instruite du Canada continue d'être un atout.

Même avec de telles forces, le Canada ne peut se permettre de se reposer sur ses lauriers. D'autres économies (surtout les économies émergentes) effectuent d'importants investissements dans leur système d'éducation, et par conséquent la quantité et la qualité de leurs talents augmentent. L'amélioration des autres pays a une incidence sur la position relative du Canada quant à plusieurs indicateurs de développement des talents, et il risque de voir son avantage concurrentiel diminuer dans ce domaine. Une stratégie coordonnée visant à maintenir et à exploiter cet avantage concurrentiel est essentielle au succès du Canada au 21e siècle.

Le Canada pourrait aussi en faire davantage afin de s'assurer que son talent est prêt à contribuer pleinement à une économie innovatrice, productive et concurrentielle. Cela pourrait se faire par une meilleure alliance des STI et des connaissances des entreprises, ainsi que par le développement de talents ayant un large éventail de compétences et d'habiletés intellectuelles. Il faudrait pour cela renforcer les possibilités d'apprentissage intégré au travail pour les élèves, améliorer les liens entre les entreprises et les programmes de STI, et favoriser les possibilités d'apprentissage à l'échelle internationale permettant aux élèves d'élargir leur expérience.

Mais pour être concurrentiel, le Canada doit avant tout mieux utiliser son talent en STI, soit positionner stratégiquement des personnes pour créer de nouvelles connaissances et transformer ces connaissances en produits et processus innovateurs. Sur ce plan, le rendement du Canada dans l'intégration des ressources humaines en sciences et en technologie au marché du travail, notamment des chercheurs, continue d'être décevant.

DÉVELOPPEMENT DES TALENTS

Le développement de talents de calibre mondial est la clé du succès actuel et futur du Canada. Favoriser les connaissances et les compétences des personnes à toutes les étapes de leur vie leur permet de contribuer à la société et à l'économie; il s'agit des fondements du progrès et de la compétitivité du pays dans tous les domaines. Investir dans l'éducation, la formation et le mentorat continus et de grande qualité des talents canadiens doit être une priorité.

Préparer nos jeunes talents

L'enseignement secondaire prépare les jeunes talents aux études universitaires ou collégiales, et il constitue une étape importante vers la réussite au travail.

Effectifs étudiants au secondaire

Le Canada continue d'avoir des taux de scolarisation relativement élevés (proportionnellement à sa population) pour les jeunes de 15 à 19 ans au 2e cycle du secondaire. Depuis 1995, le taux est demeuré constant, à environ 80 %. Plus précisément, 81 % des jeunes de 15 à 19 ans au Canada étaient inscrits au 2e cycle du secondaire en 2009. Parallèlement, le rendement d'autres pays s'est également amélioré. Dans les pays de l'OCDE, les taux de scolarisation des 15 à 19 ans ont augmenté de 10,4 points de pourcentage en moyenne de 1995 à 2010, avec un taux moyen atteignant 83 % en 2010138.

Le pourcentage des 20 à 24 ans qui n'étaient pas inscrits à l'école et qui n'avaient pas obtenu leur diplôme d'études secondaires (qui n'étaient ni aux études, ni au travail, ni en formation, c'est-à-dire les décrocheurs) a diminué régulièrement de 1990-1991 (16,6 %) à 2011-2012 (7,8 %)139. De plus, les taux de décrochage ont diminué pour les hommes et les femmes, passant de 19,2 % pour les hommes et de 14,0 % pour les femmes en 1990-1991 à 9,7 % et à 5,9 % respectivement en 2011-2012. Comme dans de nombreux pays, les taux de décrochage sont généralement plus faibles chez les femmes que chez les hommes. De 1990-1991 à 2011-2012, l'écart moyen était de 4,2 points de pourcentage.

Performance des étudiants du secondaire

L'état des lieux en 2010 faisait remarquer que les jeunes Canadiens de 15 ans continuaient d'obtenir de bons résultats selon le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l'OCDE, et ce, en compréhension de l'écrit, en mathématiques et en résolution de problèmes, ainsi qu'en sciences. Bien que les scores du Canada soient restés stables de 2000 à 2009 et que le pays se classe encore parmi les meilleurs de l'OCDE dans chacune de ces catégories140, son classement relatif a baissé dans les trois domaines. En 2009, le Canada se classait 6e en compréhension de l'écrit (4e en 2006), 10e en mathématiques (7e en 2006) et 8e en sciences (3e en 2006). Cette baisse est probablement attribuable à l'amélioration des scores des pays qui investissent davantage dans leur système d'éducation ainsi qu'aux nouveaux membres dans le classement PISA, soit Shanghai (Chine) et Singapour, qui ont obtenu un très bon classement.

Au Canada, on observe une importante variation de la performance selon le sexe chez les élèves du secondaire (selon les données du PISA de 2009), les filles ayant obtenu de meilleurs résultats que les garçons en compréhension de l'écrit, et les garçons ayant obtenu de meilleurs résultats en mathématiques et en sciences141. En compréhension de l'écrit, les filles ont surclassé les garçons de 34 points, en moyenne (ou plus d'un demi-niveau de compétence et l'équivalent d'environ une année d'études). Le niveau de compétence des élèves en compréhension de l'écrit est lié à la poursuite des études142, ce qui pourrait expliquer le fait que les taux d'abandon de l'école secondaire sont plus bas chez les filles que chez les garçons. En mathématiques, l'écart entre les sexes au Canada équivalait à la différence moyenne au sein des pays de l'OCDE, les garçons ayant obtenu 12 points de plus que les filles. Cet écart était plus petit que celui enregistré aux États-Unis et au Royaume-Uni, mais plus grand que celui de la plupart des économies où les élèves de 15 ans ont obtenu de meilleurs résultats en mathématiques que les élèves canadiens143. En sciences, l'écart entre les sexes est moins important. Dans la plupart des économies, les différences entre les scores moyens des garçons et des filles n'étaient pas statistiquement significatives. Au Canada, les garçons ont surclassé les filles de cinq points, une différence moins importante que celle enregistrée aux États-Unis et au Royaume-Uni, mais plus grande que celle de la plupart des économies où les élèves de 15 ans ont obtenu de meilleurs résultats que les élèves canadiens en sciences144. Ces constatations donnent à penser que le Canada pourrait améliorer sa performance aux épreuves du PISA en réduisant l'écart entre les garçons et les filles en matière d'éducation.

Participation des étudiants du secondaire aux sciences et à la technologie

Les écarts entre les sexes se transposent également dans les choix de carrière des étudiants du secondaire. Au Canada, 42 % des élèves de 15 ans ont affirmé vouloir exercer une profession en sciences à l'âge de 30 ans145. Il s'agit d'un taux semblable à celui des États-Unis (45 %) et plus élevé que la moyenne de l'OCDE (33 %). Parmi ces élèves de 15 ans au Canada, soulignons que seulement 3,2 % des filles envisagent d'exercer une profession en rapport avec l'ingénierie, l'architecture ou l'informatique, comparativement à 18,8 % des garçons. Ces résultats sont semblables à ceux de l'OCDE, où 4,6 % des filles envisagent d'exercer une profession en rapport avec l'ingénierie, l'architecture ou l'informatique, comparativement à 18,2 % des garçons. Toutefois, le paysage change lorsqu'il est question d'envisager une carrière dans le secteur de la santé. Dans tous les pays de l'OCDE, les filles sont plus nombreuses que les garçons à vouloir travailler dans le secteur de la santé. Cette tendance reste manifeste, même après suppression de la profession d'infirmière et de sage-femme de la liste des professions en rapport avec la santé. Au Canada, 30,1 % des filles âgées de 15 ans qui envisagent d'exercer une profession en sciences à l'âge de 30 ans ont affirmé vouloir travailler dans le domaine de la santé (comparativement à 11,8 % des garçons).

Nous vivons dans un monde numérique, où les technologies de l'information font partie intégrante de notre quotidien et sont incorporées dans bon nombre des produits que nous développons et utilisons au travail et dans nos loisirs. L'accès, les compétences et l'utilisation sont trois indicateurs communs utilisés pour mesurer et comparer les technologies de l'information et des communications (TIC) d'un pays à l'autre. Comme l'accès et les compétences sont des conditions préalables à l'utilisation des TIC, il est utile de tenir compte de l'utilisation des TIC dans le domaine de l'éducation. Selon l'indice d'utilisation de l'ordinateur par les élèves de 2009146 , conçu pour résumer la fréquence à laquelle les élèves s'adonnent, à l'école, à divers types d'activités liées aux TIC147, les élèves canadiens utilisent plus souvent un ordinateur à l'école que l'élève moyen de l'OCDE, mais moins souvent que les élèves du Danemark, de la Norvège, de l'Australie et de la Suède. Pour ce qui est de l'enseignement de la culture numérique, le Canada pourrait tirer des leçons d'autres pays, comme l'Uruguay et la Corée du Sud, qui ouvrent la voie à l'utilisation généralisée des technologies numériques en les intégrant à leur système d'éducation148. En ce qui a trait à la population générale, selon l'Union internationale des télécommunications149, en 2011 le Canada se classait 23e dans le domaine de l'accès aux TIC parmi 155 économies (il était 22e en 2010), 20e dans  les compétences relatives aux TIC et 19e pour l'utilisation des TIC (même classement qu'en 2010 dans les deux cas). Ces classements montrent une tendance inverse à celle des classements en ascension rapide des économies émergentes, comme le Brésil, l'Estonie et le Vietnam.


 

La proportion de la population du Canada ayant atteint un niveau d'études collégiales ou universitaires continue d'être la plus élevée parmi les pays de l'OCDE.

Production de compétences avancées : études collégiales et universitaires

L'atteinte d'un niveau d'études collégiales ou universitaires est un indicateur important de la production d'un pays en matière de compétences avancées qui contribuent aux sciences, à la technologie et à l'innovation. Selon les données de 2010, la proportion de la population du Canada (de 25 à 64 ans) ayant atteint un niveau d'études collégiales ou universitaires, soit 51 %, continuait d'être la plus élevée parmi les pays de l'OCDE pour lesquels des données étaient disponibles (figure 6-1). Israël occupait le deuxième rang, suivi du Japon, des États-Unis et de la Nouvelle-Zélande. Ce taux était encore plus élevé (56 %) pour la cohorte de 25 à 34 ans, seuls le Japon et la Corée affichant un taux supérieur à cet égard. Dans la population canadienne âgée de 25 à 64 ans ayant atteint un niveau d'études collégiales ou universitaires, les femmes enregistraient un taux plus élevé (55 %) que les hommes (45 %).


Place à une nouvelle génération de batteries

Les recherches de Linda Nazar sur les batteries au lithium ont été décrites par ses pairs comme étant « révolutionnaires » et « porteuses de grands changements ». Les travaux de Mme Nazar, qui portent sur le potentiel d'utilisation de la nanotechnologie dans la fabrication des batteries au lithium-soufre et au lithium-oxygène, ouvrent la voie à une nouvelle génération de batteries rentables et écologiques.

Mme Nazar est membre des départements de chimie et de génie électrique de l'Université de Waterloo. Elle est également membre de l'Institut de nanotechnologie de Waterloo et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les matériaux à l'état solide. La recherche de supports de stockage d'énergie sécuritaires, peu coûteux, durables et rechargeables est l'un des plus grands défis à relever pour combler l'écart entre la demande de plus en plus grande d'énergie aisément disponible et le développement de réserves d'énergie durable et propre. La perspective de créer de « meilleures » batteries occupe l'esprit des chercheurs, des ingénieurs et des fabricants de matériel à batteries modernes depuis plusieurs dizaines d'années. Par exemple, l'utilisation de véhicules électriques est considérée comme une excellente façon de réduire la dépendance de notre économie aux combustibles fossiles et de les remplacer par des sources d'énergie moins coûteuses et plus écologiques. Le problème est toutefois que la capacité des batteries de ces véhicules est inférieure à celle que les conducteurs veulent et demandent. De nombreux véhicules électriques actuellement sur le marché ne peuvent parcourir qu'une distance très réduite après avoir été rechargée. Les travaux de Mme Nazar ouvrent la voie à une nouvelle génération de batteries qui permettront à une voiture de parcourir plusieurs centaines de kilomètres par chargement électrique tout en étant beaucoup moins coûteuses que les batteries au lithium actuelles.

Études collégiales

La position de chef de file du Canada en matière de niveau d'instruction est en grande partie attribuable au rôle des collèges dans son système d'éducation150. Au Canada, les collèges d'arts appliqués et de technologie ainsi que les collèges professionnels privés offrent des diplômes d'études à temps plein ou partiel (de deux à trois ans) ou un certificat (un an ou moins), ainsi que des cours de formation et de l'apprentissage préparatoire à l'exercice d'un métier, des cours de langues et du perfectionnement professionnel. Un certain nombre de collèges (comme les écoles polytechniques) offrent également des diplômes de premier cycle dans la discipline concernée. Les collèges se concentrent généralement sur les programmes d'études appliquées ou professionnelles.

La proportion de la population canadienne âgée de 25 à 64 ans ayant fait des études collégiales, qui s'établit à 24,2 %, est considérablement plus élevée que celle des autres pays membres de l'OCDE (figure 6-1)151. La place du Canada au premier rang dans cette catégorie n'a pas changé depuis 12 ans. La figure 6-2 montre que pour la période de 2000-2001 à 2010-2011, les diplômés de collèges canadiens provenaient surtout du domaine du commerce, de la gestion et de l'administration publique152.

Études universitaires (tous les niveaux)

En ce qui a trait aux études universitaires, la proportion de la population du Canada âgée de 25 à 64 ans ayant un diplôme universitaire (programmes de 1er cycle, de maîtrise et de doctorat) est de 26,4 % (figure 6-1). Bien que ce taux soit le résultat d'une augmentation importante au cours des 12 dernières années (19,0 % en 1998), le classement du Canada dans cette catégorie s'est néanmoins détérioré, passant du 4e rang en 1998 parmi les pays membres de l'OCDE pour lesquels des données étaient disponibles, au 10e rang en 2010. Il est évident que d'autres pays ont fait d'importants progrès pour améliorer leur rendement dans ce domaine. Au cours de la période de quatre ans allant de 2006 à 2010, il y a eu une augmentation de 5,4 % du nombre de diplômes (tous les niveaux combinés) délivrés par les universités au Canada, avec une augmentation impressionnante de 31,8 % en sciences et de 7,3 % en ingénierie153. L'augmentation du nombre de diplômes délivrés en sciences est surtout le fait des femmes, qui ont affiché un taux de croissance deux fois plus élevé que celui des hommes (45,8 % comparativement à 20,7 %). En ingénierie, c'était plutôt le contraire, avec une augmentation de 8,8 % du nombre de diplômes octroyés à des hommes de 2006 à 2010, comparativement à une augmentation de 2,8 % chez les femmes.

En 2010, les diplômés (tous les niveaux combinés) des universités canadiennes provenaient avant tout des domaines du commerce et de l'administration (18 %), des sciences sociales et comportementales (14,9 %), des lettres, des sciences humaines et des arts (12,4 %) ainsi que de l'éducation (11 %) (figure 6-3). À l'échelle internationale, le Canada a, par rapport à la moyenne des pays de comparaison, un plus grand nombre de diplômés universitaires (proportionnellement à tous les diplômés universitaires de 2010) dans beaucoup de disciplines liées aux sciences sociales et comportementales ainsi qu'aux sciences, à la technologie, à l'ingénierie et aux mathématiques (STIM), dont les sciences de la vie,154, les sciences physiques, les mathématiques et statistiques. Inversement, le Canada a produit moins de diplômés en 2010 que la moyenne des pays de comparaison en santé, en ingénierie et techniques apparentées, en informatique, ainsi qu'en architecture et construction.

Premier cycle et maîtrise

Pour ce qui est des niveaux de premier cycle et de maîtrise, la figure 6-4 montre que, parmi les disciplines STIM, c'est le domaine de la santé qui a enregistré l'augmentation la plus importante du nombre annuel de diplômés d'universités canadiennes au cours des 10 dernières années. En 2010-2011, il y avait presque un tiers de diplômés de plus en santé que dans le domaine de l'architecture et de l'ingénierie, qui se classait en deuxième place, suivi des sciences physiques et de la vie, puis des mathématiques, de l'informatique et des sciences de l'information, et enfin de l'agriculture, des ressources naturelles et de la conservation.


Comprendre la nature humaine

Comprendre la nature humaineKiley Hamlin mène une recherche permettant d'accroître notre compréhension de la nature humaine. Détentrice d'un doctorat de l'Université Yale depuis 2010, Mme Hamlin est maintenant titulaire de la Chaire de recherche du Canada en psychologie du développement et directrice du Centre for Infant Cognition de l'Université de la Colombie-Britannique. Sa recherche porte sur la question de savoir si les très jeunes enfants forment ou non des jugements sociaux et moraux, et sur la façon dont cette capacité se développe au cours des premières années de vie. De telles études sont en train de changer la façon dont nous envisageons les origines et le développement du sens moral et du comportement social.

Il ne fait aucun doute que l'expérience joue un rôle important dans le développement moral et social. Toutefois, les travaux de Mme Hamlin et de ses collègues canadiens et américains montrent que certains aspects du comportement moral ayant une importance sociale, par exemple le fait de juger les actions de personnes comme bonnes ou mauvaises, méritant une récompense ou une punition, et moralement dignes d'éloges ou de blâmes, pourraient être innés. Par l'observation de très jeunes enfants n'ayant pas encore complètement développé leurs capacités cognitives complexes (comme le langage et le contrôle inhibitoire) et ayant peu d'expérience en matière de normes et de valeurs culturelles, Mme Hamlin essaye de répondre à des questions qui ont intrigué les psychologues évolutionnistes pendant des dizaines d'années. Notamment, comment avons-nous pu survivre en tant qu'êtres profondément sociaux si notre sociabilité nous rend vulnérables à la trahison et à l'exploitation? Les constatations de l'étude donnent à penser que, dès l'âge de huit mois, nous nous méfions des personnes qui pourraient nous mettre en danger et préférons que le comportement antisocial soit contrôlé.

En plus des diplômes délivrés, il est intéressant d'observer les tendances en matière d'inscription à l'université au premier cycle et à la maîtrise (à noter que ces statistiques reflètent l'intention d'atteindre un certain niveau d'instruction et non l'atteinte du niveau). De nombreux facteurs entrent en ligne de compte au moment de s'inscrire dans un domaine particulier d'études postsecondaires; toutefois, il est bien connu que les futurs étudiants choisissent en partie leur domaine d'études en fonction du salaire auquel ils peuvent s'attendre dans ce domaine. Par conséquent, la demande des programmes d'éducation dans certains domaines reflète partiellement la demande de talents particuliers sur le marché du travail. D'une façon qui reflète ce qu'on observe dans les statistiques sur les diplômés, le plus grand nombre d'inscriptions dans des programmes universitaires associés aux STIM au Canada en 2010-2011 était en santé, puis en architecture et ingénierie, ainsi qu'en sciences physiques et de la vie155. De plus, compte tenu de l'importance que représentent les TIC pour l'innovation, il est particulièrement encourageant de noter qu'en 2009-2010 et en 2010-2011, les inscriptions en mathématiques, en informatique et en sciences de l'information ont augmenté au Canada, après une tendance à la baisse des inscriptions de 2002-2003 à 2008-2009. Ce fait pourrait indiquer que l'industrie des technologies de l'information se rétablit graduellement au Canada, après avoir connu un net déclin 10 ans auparavant.

Production des meilleurs talents du Canada : études doctorales

Les titulaires de doctorat représentent les meilleurs talents dans un monde où la création et l'application de nouvelles connaissances favorisent la croissance économique mondiale. La capacité d'un pays de produire des titulaires de doctorat est donc un indicateur de son potentiel à mener des recherches de pointe, à s'engager dans la commercialisation d'avant-garde et à former la prochaine génération de talents.

Par rapport à d'autres pays, le Canada continue de produire moins de titulaires de doctorat (recherche avancée156). En 2010, 15,9 personnes par 100 000 habitants ont obtenu un doctorat d'une université canadienne, ce qui place le Canada au 21e rang parmi les pays de l'OCDE pour lesquels des données étaient disponibles pour cet indicateur (figure 6-5). L'interprétation de cette donnée devrait tenir compte de la variation en termes d'intensité (durée) des études de doctorat d'un pays à l'autre. Néanmoins, le Canada devra doubler son nombre de diplômés par 100 000 habitants s'il veut faire partie des cinq pays les mieux classés dans cette catégorie (la Slovaquie, la Suisse, la Suède, la Finlande et l'Allemagne).


 

Par rapport à d'autres pays, le Canada continue de produire moins de titulaires de doctorat.

Bien que le Canada continue à produire moins de titulaires de doctorat que beaucoup d'autres pays importants, son rendement dans les STIM s'améliore. Relativement aux autres pays de l'OCDE pour lesquels des données étaient disponibles, en 2010, le Canada se classait au 15e rang pour le nombre de titulaires de doctorat en sciences et en ingénierie par 100 000 habitants, ce qui équivaut à environ 64 % du seuil des cinq pays les mieux classés (la Slovaquie, la Suisse, la Suède, l'Irlande et le Royaume-Uni) (figure 6-6). Étant donné l'importance que jouent les talents de niveau postdoctoral dans la création et l'application de nouvelles connaissances, il s'agit d'un autre indicateur où le Canada devrait concentrer son attention afin d'améliorer son rendement.

La figure 6-7 montre que le Canada a connu une hausse de 48,7 % du nombre de titulaires de doctorat en sciences et de 38,6 % du nombre de titulaires de doctorat en ingénierie au cours de la période de quatre ans allant de 2006 à 2010. Il s'agit d'un taux de croissance considérablement supérieur à celui de nombreux pays de comparaison. À l'échelle mondiale et au Canada, bien que le nombre de titulaires de doctorat en sciences et en ingénierie ait considérablement augmenté depuis 2000, leur proportion par rapport à l'ensemble des titulaires de doctorat (dans tous les domaines) a baissé dans la majorité des pays de l'OCDE pour lesquels des données étaient disponibles, signe que le Canada a été en mesure de maintenir son potentiel de recherche dans les domaines des sciences et de l'ingénierie.

En ce qui a trait à la ventilation selon le sexe des titulaires de doctorat au Canada en 2010, 52 % des diplômés de programmes de doctorat étaient des femmes. Parmi ces titulaires, 34 % étaient des diplômées en sciences et en ingénierie, une part similaire à celle des États-Unis et du Royaume-Uni (également 34 %). Quoique ce taux reflète une sous-représentation des femmes dans ces domaines, soulignons l'importante augmentation entre 2006 et 2010 du nombre de femmes titulaires d'un doctorat en sciences ou en ingénierie, soit 57,4 % et 54,6 % respectivement, une croissance bien supérieure à celle des hommes pour cette période157.

En 2010-2011, le pourcentage de titulaires de doctorat dans les programmes en STIM était, de loin, le plus élevé dans les domaines des sciences physiques et de la vie ainsi que de l'architecture et de l'ingénierie (figure 6-8). Toutefois, selon le domaine d'étude, le taux de croissance le plus élevé de titulaires de doctorat en STIM pour la période de 2000 à 2011 était en mathématiques, en informatique et en sciences de l'information.

Enfin, en ce qui a trait aux inscriptions (à noter que ces statistiques reflètent l'intention d'atteindre un certain niveau d'instruction et non l'atteinte du niveau), il est intéressant d'observer une augmentation des inscriptions à tous les programmes de doctorat en STIM depuis 2000-2001. De tous les programmes de doctorat canadiens en STIM, c'est dans les domaines de l'architecture et de l'ingénierie que les inscriptions ont connu la plus grande augmentation de 2000-2001 à 2010-2011158.

Formation des entrepreneurs et des chefs d'entreprise du Canada

Les entreprises canadiennes ne sont peut-être pas au courant du rôle que les STI peuvent jouer pour améliorer leur position concurrentielle, ou elles ne sont peut-être pas bien outillées pour tirer avantage des possibilités qu'offrent les sciences, la technologie et l'innovation, ou pour les exploiter. Bien que de nombreux facteurs puissent influer sur les décisions d'investissement dans les STI, il est essentiel de mettre l'accent sur la formation des futurs chefs d'entreprise afin d'améliorer l'avantage concurrentiel du Canada.

Les entreprises concurrentielles ont besoin de chefs instruits et avisés en matière de gestion, d'entrepreneuriat et d'innovation pour faire face à un marché qui évolue rapidement. La figure 6-9 montre que 76,7 % des gestionnaires canadiens159 ont au moins un diplôme d'enseignement postsecondaire, comparativement à 79,7 % des gestionnaires américains. Toutefois, seulement 12 % des gestionnaires canadiens ont un diplôme d'études supérieures ou un doctorat, contre 19 % des gestionnaires américains.

De plus, les écoles de commerce du Canada ont fait peu de progrès depuis L'état des lieux en 2008 pour améliorer leur classement parmi les 100 meilleures écoles dans les palmarès mondiaux des écoles de commerce. En fait, les données montrent que le classement du Canada parmi les 100 meilleures écoles est légèrement en déclin, tandis que les écoles de commerce d'autres pays améliorent leurs classements respectifs.

 


Mettre en contact les talents

Virtual Marine Technology Inc. (VMT) a terminé le programme d'incubation au Genesis Centre en 2009.Il est essentiel pour la santé de l'écosystème des sciences, de la technologie et de l'innovation au Canada de mettre les entrepreneurs innovateurs en contact avec les personnes compétentes et expérimentées de leur milieu afin de les aider à prospérer. Les incubateurs d'entreprises comme le Genesis Centre aident les entreprises en démarrage à développer leurs idées pour devenir des entreprises florissantes en leur fournissant des outils, de l'information et surtout des conseils.

Le Genesis Centre est une division du Genesis Group Inc., la section de commercialisation de l'Université Memorial à St. John's, Terre-Neuve. Il aide les entrepreneurs en technologie à commercialiser leurs meilleures idées en leur prêtant main-forte aux premières étapes de leur développement et de leur croissance. Ce centre, qui a reçu le prix de l'incubateur d'entreprises canadien de l'année en 2011, aide les entrepreneurs à entrer en contact avec des mentors et des membres de conseils consultatifs spécialisés en marketing, en finances et en gestion. Il les aide aussi à
communiquer avec les experts de la collectivité scientifique, technique et des affaires de l'Université Memorial. En aidant ces entrepreneurs à se doter de plans d'entreprise détaillés et à mettre sur pied des comités consultatifs efficaces, le centre prépare des projets prometteurs qui attireront l'investissement privé. Pour sélectionner ses clients, le Genesis Centre tient des concours administrés par un jury constitué de gens d'affaires d'expérience. Les réseaux dont il facilite la création mènent à l'établissement d'une collectivité permettant aux entrepreneurs de rencontrer les personnes compétentes et expérimentées de leur milieu.

Depuis qu'il a ouvert ses portes en 1997, le Genesis Centre a aidé 52 entreprises, dont 30 ont terminé le programme d'incubation. Citons, parmi ses « diplômés » de renom, Rutter Technologies (qui fait maintenant partie de Rutter Inc.), Verafin, Virtual Marine Technology et Avalon Microelectronics (qui se nomme maintenant Altera NTC). Les clients et les diplômés des programmes du centre emploient aujourd'hui plus de 440 personnes et ont mobilisé plus de 22 millions de dollars en capitaux propres du secteur privé (dont 63 % provenaient de l'extérieur de la province).

Dans le classement 2012 du Financial Times de Londres160, 5 écoles de commerce canadiennes ont été classées parmi les 100 meilleures dans le cadre des programmes de maîtrise en administration des affaires (MBA)161, ce qui place le Canada au 4e rang derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et la Chine dans le nombre d'écoles classées parmi les 100 meilleures. Plusieurs pays ont au moins une école qui surclasse l'école la mieux classée du Canada (École de gestion Rotman), dont les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, Singapour, l'Espagne, la Chine, l'Inde, la Suisse, les Pays-Bas, l'Australie et l'Italie. Le Canada a fait légèrement meilleure figure au classement des programmes de MBA effectué par The Economist, avec 6 écoles de commerce canadiennes classées parmi les 100 meilleures de 2012, ce qui place le Canada au 3e rang (ex aequo avec la France), derrière les États-Unis et le Royaume-Uni. Parmi les 6 écoles canadiennes figurant dans The Economist, 3 faisaient aussi partie des 100 meilleures du Financial Times162 : l'École de commerce Schulich (Université York) (16e rang dans The Economist), la Faculté de gestion Desautels (Université McGill) (75e rang) et l'École de commerce Sauder (Université de la Colombie-Britannique) (91e rang). Il y avait également 6 écoles de commerce canadiennes dans la liste des 100 meilleures du Financial Times pour 2012 dans le cadre des programmes de MBA pour gens d'affaires163, ce qui place le Canada, une fois de plus, 4e (ex aequo avec la France et Singapour), derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et la Chine.

Pour les personnes ayant des antécédents en sciences ou en sciences sociales, une formation en entrepreneuriat avec des cours axés principalement sur l'évaluation des besoins de développement des affaires, la reconnaissance des possibilités et la résolution de problèmes peuvent s'avérer une bonne façon de développer des talents ayant les compétences appropriées pour commercialiser les idées plus facilement. Toutefois, une enquête menée par Industrie Canada en 2009 sur la formation en entrepreneuriat dans les universités et collèges canadiens164 a permis de constater que la majorité de ces programmes étaient offerts dans le cadre d'études de premier cycle et dans les domaines du commerce (95 %) et de l'ingénierie (39 %)165. La formation en entrepreneuriat offerte par les collèges et les universités du Canada doit être modernisée afin d'exposer les étudiants de toutes les disciplines aux compétences associées à l'entrepreneuriat.

Apprentissage intégré au travail

L'apprentissage intégré au travail englobe les expériences d'emploi des étudiants qui intègrent une expérience pratique découlant de l'emploi à l'apprentissage en classe ou aux programmes d'étude. L'intégration de l'apprentissage et du travail suscite beaucoup d'intérêt à l'échelle mondiale, car elle offre des avantages tant aux étudiants qu'aux employeurs. La participation à ces types de programmes se traduit par des taux accrus de réussite scolaire166, et les étudiants ont la possibilité de mettre en pratique leurs connaissances théoriques tout en développant des compétences propres au milieu de travail. Parallèlement, les entreprises acquièrent un avantage concurrentiel en accédant à la recherche et aux personnes de talent qui possèdent les compétences qui leur sont nécessaires.

L'incidence de l'apprentissage intégré au travail a fait l'objet d'une étude préliminaire en 2011, commandée par le Conseil ontarien de la qualité de l'enseignement supérieur167. Lorsqu'on leur a demandé s'ils avaient par la suite engagé des étudiants qui avaient participé à un programme d'apprentissage intégré au travail, la plupart des employeurs et des partenaires communautaires ayant répondu à l'enquête ont affirmé avoir fait des offres d'emploi à ces étudiants, quel que soit le type d'apprentissage intégré au travail auquel ils avaient participé. Dans le cadre de leur processus d'embauche, la majorité des employeurs et des partenaires communautaires ont mentionné rechercher des candidats ayant une expérience en matière d'apprentissage intégré au travail plutôt qu'une expérience professionnelle générale.

L'absence de données internationales comparables nous empêche de comparer le rendement du Canada en matière d'apprentissage intégré au travail avec celui de pays semblables. Cependant, certains faits donnent à penser que d'autres pays explorent activement les possibilités d'améliorer systématiquement l'intégration de l'apprentissage et du travail afin de susciter la croissance, alors que le Canada n'a pas d'approche concertée en la matière lui permettant de profiter des avantages potentiels pour les étudiants et les employeurs.

En ce qui concerne le Canada, une enquête de 2011 portant sur un échantillon choisi d'étudiants canadiens168 a montré qu'en matière de possibilités structurées d'apprentissage intégré au travail, 16 % avaient participé à un programme d'alternance travail-études et 18 % à un programme de stages, alors que 17 % avaient décroché un poste d'assistant de recherche.

En 2006-2007, environ 80 000 participants à un programme d'alternance travail-études étaient inscrits à des programmes associés à l'Association canadienne de l'enseignement coopératif, ce qui représente près de 6 % des étudiants à temps plein inscrits à un programme d'enseignement collégial ou universitaire à l'échelle du pays pour cette année scolaire169. Au Canada, ce type de programme est offert par les collèges et les universités, surtout dans le cadre d'études de premier cycle et rarement dans le cadre de programmes d'études supérieures, sauf pour les disciplines où la profession exige que ses membres aient une expérience professionnelle avant l'obtention du diplôme170.

Les programmes d'alternance travail-études sont particulièrement populaires chez les étudiants du niveau collégial, qui sont deux fois plus enclins que les étudiants du niveau universitaire à y participer171. Bien que ces programmes soient de plus en plus offerts dans un grand nombre de disciplines, dont les sciences sociales, les sciences de la santé et l'éducation, ils sont surtout concentrés dans les domaines de l'ingénierie, des mathématiques et du commerce172.


Programmes de stages financés par le gouvernement fédéral

Le gouvernement du Canada propose des programmes de stages qui offrent des possibilités d'apprentissage intégré au travail aux étudiants de premier cycle et des cycles supérieurs ainsi qu'aux détenteurs d'une bourse de perfectionnement postdoctoral. Ces programmes visent à créer des possibilités pour les jeunes talents, à augmenter le recrutement à long terme de personnes hautement qualifiées par les entreprises et à renforcer la capacité des STI au sein du secteur privé.

Stages en recherche et développement industrielle
Le gouvernement du Canada a créé le Programme de stages en recherche et développement industrielle (SRDI) dans le cadre du budget de 2007. Le programme place des étudiants des cycles supérieurs et des titulaires de bourses de perfectionnement postdoctoral (sans égard à la discipline) dans des entreprises qui cultivent et utilisent leurs talents. Doté d'un budget annuel de 7 millions de dollars appuyant jusqu'à 1 000 stages par année, le programme est administré par les Réseaux de centres d'excellence et exécuté par des organismes tiers, actuellement par le programme Mitacs-Accélération (850 stagiaires) et le programme Connexion Canada d'AUTO21 (150 stagiaires).

Mitacs-Accélération
En plus des fonds provenant du programme SRDI, Mitacs bénéficie pour son programme Accélération du soutien de bon nombre de ministères et organismes fédéraux, dont l'Agence de promotion économique du Canada atlantique, Diversification de l'économie de l'Ouest Canada et le Programme d'aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada. Dans le budget de 2012, le gouvernement fédéral a annoncé l'attribution d'un montant supplémentaire de 14 millions de dollars sur deux ans afin d'augmenter considérablement le nombre de stages du SRDI offerts annuellement dans le cadre du programme Mitacs-Accélération.

Programmes de stages du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie
Le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada offre divers programmes de stages visant à développer des talents dans les domaines des sciences naturelles et du génie.

Le programme de bourses postdoctorales de R et D industrielle (BPRDI) verse des contributions financières pour encourager les récents titulaires de doctorat à participer à la R-D dans le secteur privé pour une période maximale de deux ans. En 2011-2012, le programme BPRDI a appuyé le financement de 275 bourses de recherche.

Le Programme de bourses d'études supérieures à incidence industrielle offre aux diplômés un soutien financier qui leur permet d'acquérir de l'expérience en recherche dans l'industrie tout en poursuivant des études supérieures (maîtrise ou doctorat) au Canada. L'étudiant consacre au moins 20 % de son temps à travailler dans une entreprise, poursuivant des recherches liées à sa thèse. En 2011-2012, le Programme de bourses d'études supérieures à incidence industrielle a appuyé le financement de 398 bourses.

Le programme de bourses de recherche de 1er cycle en milieu industriel (BRPC-I) offre des stages de 16 semaines aux étudiants de 1er cycle qui participent à des projets de recherche dans des entreprises. En 2011-2012, le BRPC-I a appuyé le financement de 878 bourses.

Le volet industriel du Programme de formation orientée vers la nouveauté, la collaboration et l'expérience en recherche offre aux étudiants et aux titulaires d'une bourse de perfectionnement postdoctoral des stages dans le secteur privé axés sur le développement des compétences qui favorisent la transition vers le milieu de travail, comme la communication, la collaboration et les compétences professionnelles.

Talents mobiles dans une économie mondiale

La recherche des meilleurs talents est une compétition qui se dispute à l'échelle mondiale. Des entreprises et des établissements concurrentiels rivalisent pour attirer les meilleurs talents de leur domaine, d'où qu'ils viennent. Ces talents sont de plus en plus prêts et aptes à s'installer ailleurs pour profiter des possibilités et des avantages découlant d'une carrière internationale. Parallèlement, partout dans le monde, les gouvernements mettent en place des programmes visant à attirer des talents étrangers extrêmement instruits et compétents.

Contribuer à la « diplomatie du savoir »

Selon une étude de 2009 réalisée par le Bureau canadien de l'éducation internationale, la plupart des étudiants canadiens comprennent les avantages d'étudier à l'étranger173. Faire des études à l'étranger aide les étudiants canadiens à acquérir une perspective mondiale et les prépare à contribuer à la « diplomatie du savoir174 » ainsi qu'à comprendre et à intégrer un marché toujours plus mondialisé. Ces étudiants reviennent au Canada avec des connaissances, des compétences et des réseaux dont l'économie et la société canadiennes peuvent tirer profit.

Malgré cette mobilité accrue, seulement 3,4 % des étudiants aux niveaux collégial et universitaire se sont inscrits à un programme à l'étranger en 2009175. Ce taux place le Canada presque en milieu de peloton par rapport à d'autres pays de l'OCDE. Les États-Unis ont été la principale destination des étudiants canadiens en 2009, avec 29 209 étudiants inscrits dans un établissement américain, suivis du Royaume-Uni, avec 5 350 inscriptions et de l'Australie, avec 4 390 inscriptions176. De plus, selon le Canadian Resident Matching Service, il y avait environ 3 500 Canadiens inscrits à une école de médecine à l'étranger en 2010177.

D'après des données de Statistique Canada de 2005-2006 (données les plus récentes disponibles), 21 % des doctorants au Canada prévoyaient vivre à l'extérieur du pays une fois leur diplôme obtenu178. La plupart de ces étudiants comptaient déménager aux États-Unis, plusieurs d'entre eux afin d'y poursuivre des études postdoctorales. Parmi les titulaires de doctorat d'universités canadiennes vivant aux États-Unis en 2007, la plupart avaient un doctorat en sciences de la vie179, en informatique, en mathématiques ou en sciences physiques (17 % de chaque domaine). Il est toutefois important de noter que la majorité (55 %) des diplômés prévoyant vivre à l'extérieur du Canada ont également mentionné avoir l'intention de revenir un jour au pays pour y vivre et y travailler. De plus, deux ans après l'obtention de leur diplôme, 24 % de ceux qui avaient quitté le Canada pour les États-Unis étaient revenus au pays, tandis que la majorité de ceux encore aux États-Unis continuaient d'affirmer qu'ils avaient l'intention de revenir au Canada.

Attirer des étudiants internationaux au Canada

Tout comme il est bénéfique d'envoyer des étudiants canadiens à l'étranger, il existe des avantages au fait d'attirer des étudiants internationaux au Canada. En plus de procurer des avantages économiques immédiats, les étudiants internationaux, lors de l'obtention de leur diplôme, constituent pour l'immigration au Canada un bassin de talents instruits, ayant une expérience professionnelle et des titres de compétences canadiens. Même si ces étudiants rentrent dans leur pays, leurs liens avec le Canada les encouragent souvent à agir à titre d'ambassadeurs, de sorte qu'ils créent des possibilités de réseautage sur le plan de la recherche, du commerce et de l'investissement. En outre, ils améliorent de manière générale l'image du Canada à l'étranger.

En 2010, 7 % (soit 95 590)180 de tous les étudiants aux niveaux collégial et universitaire au Canada étaient des étudiants internationaux181, ce qui place le Canada près de la moyenne de l'OCDE. Il est intéressant de noter que ce taux est deux fois supérieur à celui des États-Unis (3,4 %), mais il est considérablement inférieur à celui d'importants pays concurrents, comme l'Australie (21,2 %), la Nouvelle-Zélande (14,2 %) et le Royaume-Uni (16,0 %). L'Australie, qui compte environ 12 millions d'habitants de moins que le Canada, a accueilli 271 231 étudiants internationaux dans ses établissements de niveau collégial et universitaire, et la Nouvelle-Zélande, dont la population est plus de 7 fois inférieure à celle du Canada, a quant à elle accueilli 37 878 étudiants internationaux dans ses établissements postsecondaires. Le Royaume-Uni, dont la population est près de 2 fois plus élevée que celle du Canada, a accueilli 397 741 étudiants internationaux de niveau collégial et universitaire, soit environ 4 fois plus que le Canada.

Malgré le rendement médiocre du Canada dans ce domaine, il est intéressant de noter que les étudiants internationaux ont fait augmenter de façon considérable le nombre d'inscriptions aux programmes d'études doctorales en sciences au Canada. De 2000-2001 à 2010-2011, le taux de croissance du nombre d'étudiants internationaux a dépassé celui du nombre d'étudiants canadiens inscrits dans tous les programmes d'études doctorales en sciences (allant d'un taux de croissance de 5 % en sciences de la santé à un taux de croissance de 24 % en architecture et en ingénierie pour les étudiants internationaux inscrits à un programme d'études doctorales)182. Les femmes représentaient une part croissante des étudiants internationaux inscrits dans un programme d'études doctorales en sciences au Canada. Par exemple, parmi les 20 871 étudiants internationaux inscrits dans un programme d'études doctorales en architecture et en ingénierie entre 2000-2001 et 2010-2011, il y avait 3 792 femmes, soit une augmentation de 78,9 % depuis 2000-2001. Bien qu'il s'agisse encore d'un nombre peu élevé, cette tendance mérite qu'on y porte attention.

De toute évidence, bon nombre des étudiants internationaux venant au Canada souhaitent y rester. En 2008, 33 % des étudiants internationaux au Canada ont changé leur statut d'immigrant pour rester au Canada, la plupart en raison du travail183. Ainsi, le Canada se classe premier parmi certains pays de l'OCDE pour cet indicateur.

Attirer des immigrants très instruits au Canada

Puisqu'une importante part de la croissance de la main-d'oeuvre au Canada provient maintenant de l'immigration, les facteurs économiques influent de plus en plus sur les politiques en matière d'immigration du Canada, de sorte que le système vise désormais à attirer des talents très instruits. Des 1,9 million de résidents permanents (âgés de 15 ans ou plus) qui ont été acceptés au Canada de 2001 à 2010, 45 % détenaient au moins un diplôme de 1er cycle.


Des recherches d'avant-garde dans le domaine de l'eau

Directeur du Global Institute for Water Security et titulaire de la Chaire d'excellence en recherche du Canada (CERC) sur la sécurité de l'eau, Howard Wheater compte parmi les plus éminents hydrologues du monde. Avant son recrutement en 2010 par l'Université de la Saskatchewan, dans le contexte du Programme des CERC du gouvernement fédéral, il a travaillé à l'Imperial College London du Royaume-Uni pendant 32 ans.

Howard Wheater compare son rôle à celui d'un chef d'orchestre1. Il dirige les recherches de l'Institut dans le domaine de l'eau, recherches auxquelles participent de nombreux scientifiques du milieu universitaire et du secteur public ainsi que des boursiers postdoctoraux et des étudiants d'un large éventail de domaines. L'un des défis que doit relever M. Wheater consiste à concentrer le savoir-faire de toutes ces personnes dans des travaux à l'échelle locale, nationale et internationale portant sur de grands thèmes de recherche comme la gestion des terres et de l'eau, le développement durable des ressources, les changements climatiques, la santé humaine et la socio-hydrologie.

Les gouvernements fédéral et provincial ainsi que l'Université de la Saskatchewan ont alloué à l'Institut des fonds de 30 millions de dollars sur 7 ans pour effectuer des travaux en partenariat avec le Centre de recherche en hydrologie, le Centre de toxicologie, le Centre canadien de rayonnement synchrotron ainsi que plusieurs collèges, écoles et départements de l'Université de la Saskatchewan. Les recherches actuelles de l'Institut visent à faciliter la compréhension des changements climatiques et environnementaux dans le bassin de la rivière Saskatchewan (où se trouvent d'importantes ressources naturelles et 80 % de la production agricole du Canada). Les données recueillies par M. Wheater et son « orchestre » serviront à créer des outils de modélisation perfectionnés permettant de mieux prédire les changements au niveau du climat et de l'utilisation des terres, d'améliorer les pratiques de gestion des terres et de l'eau ainsi que d'orienter la prise des décisions stratégiques.


1 Allan Casey, « Water Music », Green and White (Université de la Saskatchewan, hiver 2011, (en anglais seulement).

La figure 6-10 montre qu'en 2009-2010, comme en 2000-2001, le Canada avait le taux le plus élevé des pays de l'OCDE pour lesquels des données étaient disponibles, en ce qui a trait aux diplômés d'études collégiales ou universitaires dans le bassin de personnes nées à l'étranger (de tous âges), plus de 50 % de la population immigrante ayant un diplôme d'études collégiales ou universitaires. Le Canada était suivi par le Royaume-Uni et ensuite par l'Irlande, le Luxembourg et l'Australie.

Des différences dans les systèmes et les politiques d'immigration nous empêchent de comparer le rendement du Canada à celui d'autres pays pour ce qui est d'attirer des personnes de talent très instruites.

Pour maximiser la contribution des immigrants très instruits, il est important de s'assurer que ceux-ci sont en mesure de s'intégrer au marché du travail canadien dans les domaines où leurs compétences offrent le plus d'avantages. C'est ici que le Canada doit améliorer son rendement. Selon certaines données, bien que les immigrants soient capables d'obtenir un emploi assez rapidement à leur arrivée au Canada, la qualité de ces emplois s'est beaucoup détériorée au cours des dernières décennies184.

DÉPLOIEMENT DES TALENTS : EN TIRER LE MEILLEUR PARTI

Pour être concurrentiels, les pays doivent tirer avantage de leurs talents afin de maximiser stratégiquement les occasions de créer de nouvelles connaissances et de transformer ces connaissances en produits et processus innovateurs. Bien que l'économie du Canada nécessite de plus en plus de talents ayant fait des études collégiales ou universitaires, le pays a de la difficulté à utiliser et à intégrer totalement les connaissances et les compétences de ces talents très instruits.

Réussite sur le marché du travail

La demande et l'offre de main-d'oeuvre dans l'économie canadienne (comme dans celle des autres pays) évoluent continuellement pour s'ajuster aux changements de population, aux fluctuations des marchés et à l'introduction de nouvelles technologies ou de progrès en sciences, en technologie et en innovation. Le rythme de ce changement peut être rapide, tandis que le développement de nouvelles compétences et connaissances prend habituellement plus de temps. Faire correspondre les qualifications et les compétences du bassin de talents disponibles (l'offre) à celles demandées sur le marché du travail (la demande) de l'économie du savoir du 21e siècle est un défi complexe et important, surtout compte tenu de l'augmentation de la concurrence mondiale et de l'intensification de la vitesse à laquelle se produisent les changements scientifiques et technologiques. Il est donc important de mesurer cette correspondance entre l'offre et la demande au Canada pour s'assurer que le développement des talents et les investissements dans le domaine de l'éducation donnent des résultats.

Réaliser la correspondance : l'intégration de la main-d'oeuvre instruite du Canada

L'analyse de la capacité de l'économie canadienne d'intégrer et d'utiliser les connaissances et les compétences de son bassin de talents indique une demande et une valeur croissantes des connaissances et des qualifications associées à un diplôme d'études collégiales ou universitaires185. Un rapport de 2009186 s'est penché sur la capacité des diplômés universitaires du Canada de trouver un emploi dans leur domaine d'études et a constaté que 64,9 % des diplômés universitaires avaient affirmé que leur emploi correspondait de près à leur domaine d'études, 22,5 % avaient indiqué qu'il y correspondait un peu, et 12,6 % avaient mentionné qu'il n'y correspondait pas du tout. Selon la même étude187, les diplômés canadiens en sciences de la santé et en éducation avaient les meilleures possibilités de trouver un emploi dans leur domaine d'études, suivis des diplômés en mathématiques, en informatique et en sciences de l'information, et enfin des diplômés en commerce et en ingénierie. Ce n'est pas surprenant, puisque ces domaines appliqués préparent les étudiants à occuper des emplois précis sur le marché du travail. Il n'est pas non plus surprenant que la majorité des titulaires de doctorat aient un emploi dans des services d'enseignement (surtout dans des universités)188. Dans la plupart des domaines, cette majorité était importante, à l'exception de l'ingénierie, où près d'une proportion égale de diplômés étaient employés dans des services professionnels, scientifiques et techniques (figure 6-11).

Les qualifications acquises pendant les études sont une base importante pour les sciences, la technologie et l'innovation. Transformer des idées et des connaissances en biens et services pour le marché mondial d'aujourd'hui nécessite des personnes de talent ayant un large éventail de compétences et d'habiletés intellectuelles. C'est pourquoi, dans l'économie actuelle, les entreprises recherchent des talents ayant non seulement les bonnes qualifications, mais également les bonnes compétences (communication efficace, résolution créative de problèmes et aptitudes à prendre des décisions en collaboration).

Il y a pénurie de main-d'oeuvre qualifiée lorsque les employeurs sont incapables de recruter des employés ayant les compétences dont ils ont besoin, au taux salarial courant. Les pénuries de main-d'oeuvre qualifiée peuvent être cycliques ou structurelles. D'un côté, les pénuries ont lieu pendant des périodes de croissance économique rapide, lorsque le taux de chômage est bas et que le bassin de travailleurs disponibles est réduit. D'un autre côté, certains changements structurels, comme l'adoption d'une nouvelle technologie, pourraient exiger une main-d'oeuvre qualifiée qui n'est pas immédiatement disponible sur le marché du travail, ce qui entraînerait des pénuries pendant que les salaires s'ajustent et que le système d'éducation s'adapte.

Les résultats provenant de l'enquête de 2012 du Manpower Group sur la pénurie de talents189, basée sur plus de 38 000 employeurs dans 41 pays et territoires, ont montré que 25 % des employeurs au Canada continuaient d'avoir de la difficulté à pourvoir les postes vacants (une hausse par rapport à 21 % en 2010 et une baisse par rapport à 29 % en 2011), comparé à 34 % à l'échelle mondiale et à 41 % dans les Amériques190. Parmi les employeurs canadiens ayant affirmé avoir de la difficulté à pourvoir les postes vacants, 41 % ont donné « le manque de candidats disponibles » comme raison la plus fréquente (par rapport à 33 % des répondants à l'échelle mondiale). Une proportion semblable d'employeurs (une hausse par rapport à 22 % en 2011) a donné comme raison « le manque de compétences techniques et spécialisées », notamment le manque de qualifications propres à l'industrie dans la catégorie professionnelle (p. ex. ingénieurs, techniciens, informaticiens) et dans la catégorie des métiers spécialisés. Les métiers spécialisés sont les emplois les plus difficiles à pourvoir aux États-Unis et au Canada. Les emplois en ingénierie se classent au deuxième rang des emplois les plus difficiles à pourvoir au Canada, aux États-Unis et à l'échelle mondiale.

Les données canadiennes annuelles sur les postes vacants191 montrent qu'en 2011, les industries de l'extraction minière, de l'exploitation en carrière, et de l'extraction de pétrole et de gaz avaient le taux d'emplois vacants le plus élevé à l'échelle nationale, soit 3,1 %. Ces données coïncident avec les prix mondiaux élevés du pétrole et d'autres marchandises produites au Canada et reflètent une demande importante en matière de talents dans le domaine des métiers spécialisés, comme les mécaniciens de machinerie lourde, les soudeurs, les électriciens et les technologues en génie pétrochimique. Les services professionnels, scientifiques et techniques, ainsi que les soins de la santé, deux secteurs des services qui utilisent traditionnellement des talents hautement qualifiés et compétents, avaient les 2e et 3e taux d'emplois vacants les plus élevés à l'échelle nationale (s'établissant à 2,2 % et à 2,1 %, respectivement). Les taux d'emplois vacants les plus bas à l'échelle nationale en 2011 étaient ceux du domaine de la gestion d'entreprises (1,0 %) et du secteur des services d'enseignement (0,7 %).

Déploiement des talents en sciences, en technologie et en innovation

Deux des indicateurs les plus révélateurs de la capacité d'un pays à intégrer et à utiliser ses talents en STI de façon à en tirer un maximum d'avantages sont la part de ressources humaines en sciences et en technologie (RHST), et la proportion de chercheurs engagés par les secteurs privé et public. Le rendement du Canada à l'égard de ces deux indicateurs reste décevant.

La figure 6-12 montre qu'au Canada, comme dans la plupart des pays de l'OCDE, la majorité des ressources humaines en sciences et en technologie192 continue d'être concentrée dans le secteur des services plutôt que dans le secteur de la fabrication. En fait, au Canada, l'augmentation de la part des RHST dans les services était près de quatre fois plus élevée que celle enregistrée dans le secteur de la fabrication pendant la période de 1998 à 2008. Ces données reflètent en partie la réorientation de l'économie du Canada de la fabrication vers les services. Dans le secteur des services, la part des RHST dans la main-d'oeuvre, à 39 %, place le Canada en milieu de peloton par rapport aux pays de l'OCDE pour lesquels des données étaient disponibles, et derrière les cinq pays les mieux classés (le Luxembourg, la Suisse, le Danemark, l'Islande et la Norvège). Dans le secteur de la fabrication, la situation est bien pire : la part des RHST dans la main-d'oeuvre, à 11,5 %, est parmi les plus basses de l'OCDE, plaçant le Canada nettement derrière les cinq pays les mieux classés (la France, le Danemark, la Suisse, la Finlande et la Belgique). C'est encore un domaine où le Canada doit se concentrer pour améliorer son rendement s'il veut réaliser tout le potentiel de sa solide base de talents.


 

Dans le secteur de la fabrication, la part des RHST dans la main-d'oeuvre est parmi les plus basses de l'OCDE.

 

En ce qui concerne les chercheurs (des professionnels engagés pour la conception et la création de nouvelles connaissances et méthodes ainsi que de nouveaux produits, processus et systèmes, qui participent directement à la gestion de projets), en 2008, il y avait 5,2 chercheurs193 employés par le secteur des entreprises au Canada par millier de travailleurs, et 3,3 chercheurs employés par le gouvernement, les universités, les collèges et le secteur privé sans but lucratif par millier de travailleurs (figure 6-13). Le Canada se classe légèrement au-dessus des moyennes de l'OCDE (4,81 et 2,74 chercheurs par millier de travailleurs, respectivement), mais près de deux chercheurs par millier de travailleurs sous le seuil des cinq pays les mieux classés, à savoir l'Islande, la Finlande, le Danemark, la Nouvelle-Zélande et la Suède.

Équilibre entre les sexes dans le leadership en sciences, en technologie et en innovation

Les chefs de file jouent un rôle essentiel dans la création d'un environnement qui favorise une démarche scientifique, technologique et innovatrice pour régler les problèmes et développer de nouveaux biens et services. La recherche a montré qu'il existait un lien positif entre la diversité en matière de leadership en entreprise et le rendement des entreprises, particulièrement en ce qui a trait au rendement financier, à la capacité d'attirer et de maintenir en poste des talents, ainsi qu'à l'augmentation des STI.

La diversité ethnique du secteur des entreprises du Canada par rapport à d'autres pays est difficile à évaluer, car peu de pays recueillent de telles données, à l'exception des États-Unis et du Royaume-Uni194. Toutefois, il y a des données comparables à l'échelle mondiale sur la répartition entre les sexes dans les postes les plus élevés du secteur des entreprises du Canada.

Selon les données de Catalyst (Women on Boards Around the World) illustrées à la figure 6-14195, 10,3 % des places au sein de conseils d'administration au Canada (sociétés publiques seulement) étaient occupées par des femmes en 2011, tandis que celles-ci détenaient seulement 3,6 % des postes de présidence (sociétés publiques et privées énumérées dans la liste du Financial Post 500). Lorsqu'on le compare aux autres économies pour lesquelles des données sont disponibles, le Canada se classe en milieu de peloton dans les deux catégories, mais encore loin derrière les principaux concurrents, dont les États-Unis196. Cette constatation est conforme au classement annuel de Governance Metrics International (GMI)197, qui classe également le Canada dans la moyenne des pays concurrents, mais loin derrière les pays les mieux classés, à savoir la Norvège, la Suède, la Finlande, les États-Unis et l'Afrique du Sud. GMI a étudié 134 entreprises canadiennes importantes en 2011 et a déterminé que 13,1 % des membres de leur conseil et 2,2 % des présidents étaient des femmes. Le Canada doit s'améliorer considérablement à cet égard.

Parallèlement, environ 36 % des gestionnaires des secteurs public et privé au Canada étaient des femmes en 2012198. En ce qui concerne les cadres supérieurs, toutefois, cette proportion chute à 27 %199. En comparaison, en 2011, les femmes aux États-Unis occupaient environ 39,1 % des postes de gestion et 24,2 % des postes de haute direction200.


137Forum économique mondial, The Global Competitiveness Report 2012–2013 et OCDE, Science, technologie et industrie : Perspectives de l'OCDE 2012, 2012.

138OCDE, Regards sur l'éducation 2012 : Les indicateurs de l'OCDE, 2012, graphique C1.2, p. 321 et tableau C1.2, p. 331. L'année 2010 était l'année de référence pour les données rapportées par la plupart des pays; cependant, pour les données canadiennes, l'année de référence était 2009.

139Données provenant de l'Enquête sur la population active, 2012, présentés sur le site Web Indicateurs de mieux-être au Canada

140OCDE, Résultats du PISA 2009 : Savoirs et savoir-faire des élèves : Performance des élèves en compréhension de l'écrit, en mathématiques et en sciences, vol. I, 2010, figure I.2.16, figure I.3.10 et figure I.3.22.

141OCDE, Résultats du PISA 2009 : Savoirs et savoir-faire des élèves : Performance des élèves en compréhension de l'écrit, en mathématiques et en sciences, vol. I, 2010.

142La corrélation entre les scores PISA en compréhension de l'écrit et les résultats à l'âge adulte est également documentée dans le rapport de l'OCDE Les clés de la réussite : Impact des connaissances et compétences à l'âge de 15 ans sur le parcours des jeunes canadiens. Il ressort de cette étude, qui a suivi le parcours d'élèves canadiens ayant pris part à l'évaluation de la compréhension de l'écrit lors du cycle PISA 2000, que le niveau de compétence sur l'échelle PISA de compréhension de l'écrit est associé à une probabilité nettement plus grande de poursuivre des études, après rajustement en fonction de variables contextuelles familiales, scolaires, démographiques et géographiques.

143Au Canada, la différence de score est de 12 points en mathématiques (la moyenne pour l'OCDE) contre 20 points aux États-Unis et au Royaume-Uni. Trente-cinq économies, dont le Canada, affichaient un avantage pour les garçons et cinq pour les filles, en mathématiques. Parmi les 12 économies les plus performantes sur l'échelle moyenne des mathématiques, seulement 3 avaient une plus grande différence de scores pour les garçons, soit le Liechtenstein, la Suisse et Hong Kong (Chine).

144Au Canada, la différence de score est de 5 points en sciences contre 14 points aux États-Unis et 9 points au Royaume-Uni. Vingt-deuxéconomies, dont le Canada, affichaient un avantage pour les garçons et quarante-trois pour les filles, en sciences. En fait, le Canada et Hong Kong (Chine) étaient les deux seules économies parmi les huit les mieux classées où les garçons surclassaient les filles sur l'échelle moyenne des sciences. Dans le cas des six autres économies, les filles surclassaient les garçons en sciences.

145OCDE, Regards sur l'éducation 2012 : Les indicateurs de l'OCDE, 2012, tableaux A4.2 et A4.3.

146Conseil des statistiques canadiennes de l'éducation, Indicateurs de l'éducation au Canada : rapport du programme d'indicateurs pancanadiens de l'éducation, Statistique Canada, mai 2012, tableau C.5.7. Sources utilisées : Statistique Canada, Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), base de données de 2009; OCDE, base de données du PISA de 2009.

147Cet indice du PISA de 2009 présente un score composite déterminé à la lumière des réponses des élèves de 15 ans à une question leur demandant à quelle fréquence ils s'adonnent aux neuf activités suivantes : clavarder en ligne; utiliser le courrier électronique; naviguer sur Internet pour un travail d'école; télécharger et consulter des documents sur le site Web de l'école ou y déposer des fichiers; afficher des travaux sur le site Web de l'école; jouer avec des logiciels de simulation; faire des exercices (p. ex. pour un cours de langue étrangère ou de mathématiques); faire des devoirs sur un ordinateur; utiliser des ordinateurs pour un travail de groupe et pour communiquer avec d'autres élèves.

148Le Plan Ceibal de l'Uruguay, lancé en 2008, avait pour objectif de fournir à chaque élève et à chaque enseignant un ordinateur portatif connecté à Internet. En 2011, la portée du programme a été élargie afin d'inclure les garderies éducatives. Ce programme connaît beaucoup de succès et est largement reconnu comme étant une pratique exemplaire à l'échelle mondiale, en partie parce qu'il intègre également un plan éducatif pour les enseignants, les élèves et les familles. La Corée du Sud, quant à elle, numérisera l'intégralité de ses manuels et de son matériel pédagogiques au niveau primaire d'ici 2014. En 2015, l'ensemble du programme scolaire sera accessible sur ordinateurs, téléphones intelligents et tablettes. Dans une épreuve PISA de 2009, les élèves coréens sont arrivés en 1re place sur 19 pays dans le domaine de la culture numérique (le Canada n'a pas participé à cette épreuve). Aux États-Unis, une stratégie pour l'innovation jetait les bases de la campagne « Educate to Innovate » de l'administration du président Obama, qui cherche à exploiter des partenariats publics-privés pour améliorer l'enseignement de la 1re à la 12e année, grâce en partie à la technologie numérique.

149Union internationale des télécommunications, Mesurer la société de l'information 2011, Genève, 2011, tableaux 2.7, 2.9 et 2.11.

150Calista Cheung et coll., « Tertiary Education: Developing Skills for Innovation and Long-Term Growth in Canada », OECD Economics Department Working papers, n° 991, 2012, p. 7.

151OCDE, Regards sur l'éducation 2012, 2012, tableau A1.3a.

152À noter qu'il existe une variabilité significative d'une année à l'autre dans les données du Système d'information sur les étudiants postsecondaires que rapporte Statistique Canada dans ses tableaux CANSIM, à cause des changements apportés aux méthodes. Par exemple, le Système d'information a modifié le décompte des inscriptions et des remises de diplômes en 2009-2010, particulièrement au niveau collégial. On devrait donc interpréter ces données avec prudence. Cela s'applique à toutes les données du Système d'information utilisées dans le présent rapport.

153Tableau du CSTI utilisant les données extraites du site OECD.stat en août 2012. Ensemble de données : diplômés selon le domaine d'étude.

154Les sciences de la vie correspondent principalement aux sciences biologiques et biomédicales, selon la Classification des programmes d'enseignement – Regroupements principaux. En revanche, les domaines de la santé englobent plutôt des professions liées à la santé (dentisterie, médecine, médecine vétérinaire) et les sciences cliniques connexes.

155Statistique Canada, Système d'information sur les étudiants postsecondaires, Tableau CANSIM 477-0019, consulté en février 2013.

156La recherche avancée renvoie au niveau 6 de la Classification internationale type de l'éducation (CITE). Ce niveau est réservé aux programmes d'enseignement supérieur qui mènent à une reconnaissance de qualification de recherche avancée. Ces programmes se consacrent donc à des études avancées et à une recherche originale et ne sont pas basés uniquement sur des travaux liés à des cours. Les programmes à ce niveau requièrent d'habitude la soumission d'une thèse ou d'une dissertation digne d'être publiée, qui serait le produit d'une recherche originale et représenterait une contribution significative au savoir. Ils préparent également les diplômés à des postes de professeur dans des institutions offrant les programmes CITE 5A (premier cycle), ainsi qu'à des postes de recherche au gouvernement, dans l'industrie ou ailleurs.

157Tableaux du CSTI selon les données de l'OCDE, Diplômés selon domaine d'étude, décembre 2012.

158Statistique Canada, Système d'information sur les étudiants postsecondaires, Tableau CANSIM 477-0019 consulté en février 2013.

159Selon la structure de 2006 de la Classification nationale des professions, de manière générale, les cadres supérieurs établissent les objectifs de l'organisme et élaborent et approuvent ses politiques et ses programmes. Ils planifient, organisent, dirigent, contrôlent et évaluent, par l'entremise des cadres intermédiaires, les activités de l'organisme en fonction des objectifs établis.

160Le sondage mondial annuel des écoles de commerce du Financial Times de Londres tient compte de 21 mesures parmi un nombre de catégories, y compris le salaire des diplômés et l'avancement professionnel, le nombre d'étudiants internationaux et de membres du corps professoral, ainsi que la recherche au sein de la faculté. Dans le cadre du classement des MBA effectué par The Economist, les écoles de commerce sont classées selon la moyenne de 3 ans de 13 mesures faisant partie de 4 catégories, dont les nouvelles possibilités de carrière, le développement personnel et le niveau d'instruction, l'augmentation du salaire et le potentiel de réseautage.

161Ces écoles canadiennes étaient les suivantes : l'École de gestion Rotman (Université de Toronto) au 44e rang; l'École de commerce Schulich (Université York) au 59e rang; la Faculté de gestion Desautels (Université McGill) au 61e rang; l'École de commerce Richard-Ivey (Université Western Ontario) au 68e rang; et l'École de commerce Sauder (Université de la Colombie-Britannique) au 82e rang.

162Les trois autres écoles de commerce classées parmi les 100 meilleures de la liste dressée par The Economist sont l'École de gestion John-Molson (Université Concordia) au 78e rang; l'École des Hautes Études Commerciales de Montréal au 93e rang; et l'École de commerce Haskayne (Université de Calgary) au 95e rang.

163Ces écoles canadiennes étaient les suivantes : le programme de MBA pour gens d'affaires Kellogg-Schulich (Université York) au 27e rang; l'École de gestion Rotman (Université de Toronto) au 29e rang; l'École de commerce Richard-Ivey (Université Western Ontario) au 43e rang; un programme de MBA pour gens d'affaires exécuté conjointement par la Johnson School of Business et l'École de gestion de l'Université Queen's (Université Cornell et Université Queen's) au 45e rang; l'École de gestion de l'Université Queen's (Université Queen's) au 92e rang; et l'École de commerce Haskayne (un programme de MBA pour gens d'affaires exécuté conjointement par l'Université de Calgary et l'Université de l'Alberta) au 99e rang.

164Industrie Canada, L'entrepreneuriat au sein des établissements canadiens d'enseignement supérieur : théorie et pratique, Canada, 2010, p. 10.

165Ces données sont en conformité avec celles de l'Enquête nationale auprès des diplômés de 2000 de Statistique Canada.

166Conseil canadien sur l'apprentissage, Les répercussions des programmes d'apprentissage par l'expérience sur la réussite des élèves, Ottawa, 2009.

167P. Sattler, L'Apprentissage intégré au travail dans le secteur postsecondaire de l'Ontario, Conseil ontarien de la qualité de l'enseignement supérieur, Toronto, 2011, p. 8.

168Miriam Kramer and Alex Usher, Work-Integrated Learning and Career-Ready Students: Examining the Evidence, Toronto: Higher Education Strategy Associates, 2011, p. 7.

169Il y avait 1 255 761 étudiants à temps plein inscrits à un programme d'enseignement postsecondaire au Canada au cours de l'année scolaire 2006-2007, selon Statistique Canada, Tableau CANSIM 477-0019, Système d'information sur les étudiants postsecondaires.

170Patricia Rowe, Survey of Graduate Programs with Cooperative and Internship Options in Canadian Universities: Initial report of a study of graduate co-operative education in Canada, Université de Waterloo, Centre for the Advancement of Co-operative Education (en anglais seulement).

171David Walters et David Zarifa, « The earnings and employment outcomes for male and female postsecondary graduates of coop and non-coop programs », Journal of Vocational Education and Training, vol. 60, n° 4, p. 377-399.

172David Walters et David Zarifa, « The earnings and employment outcomes for male and female postsecondary graduates of coop and non-coop programs », Journal of Vocational Education and Training, vol. 60, n° 4, p. 377-399.

173Sheryl Bond, Un monde à apprendre : les étudiants postsecondaires canadiens et l'expérience des études à l'étranger, Bureau canadien de l'éducation internationale, 2009.

174Le gouverneur général du Canada, Son Excellence le très honorable David Johnston, a défini la diplomatie du savoir comme « notre capacité et notre désir de travailler ensemble et de partager le savoir que nous acquérons et affinons à travers les disciplines et à travers les frontières afin d'améliorer ensemble la condition humaine » (d'après le discours d'ouverture au Congrès des Amériques sur l'éducation internationale à Rio de Janeiro, au Brésil, le 26 avril 2012).

175OCDE, Regards sur l'éducation 2012, 2012, tableau C4.5.

176OCDE, Étudiants étrangers/internationaux inscrits, octobre 2012. Suivis de l'Irlande (594), de l'Allemagne (546), de la Nouvelle-Zélande (419), de la Suisse (378) et de la Suède (254). Aucune donnée n'était disponible pour les étudiants canadiens inscrits en France et dans des pays non membres de l'OCDE.

177Canadian Residence Matching Service, Canadian Students Studying Medicine Abroad, 2010, p. 6 (en anglais seulement).

178Darren King et coll., Les études doctorales au Canada : Résultats de l'Enquête auprès des titulaires d'un doctorat de 2005-2006, Ottawa, Statistique Canada et Ressources humaines et Développement des compétences Canada, 2008, p. 35.

179Y compris les sciences agronomiques, les sciences biologiques et les sciences de la santé.

180OCDE, Étudiants étrangers/internationaux inscrits, octobre 2012.

181OCDE, Regards sur l'éducation 2012, 2012, tableau C4.1. L'OCDE établit une différence entre les étudiants non citoyens (étudiants étrangers) et les étudiants non résidents (étudiants internationaux). Les étudiants non résidents (internationaux) sont des étudiants qui ont quitté leur pays d'origine et se sont rendus à l'étranger dans l'intention spécifique d'y faire des études, tandis que les étudiants non citoyens (étrangers) sont des étudiants qui ne sont pas citoyens du pays qui a fourni les données. Les données sur les étudiants internationaux sont considérées plus utiles que les données sur les étudiants étrangers. Par exemple, dans certains pays, de nombreux étudiants immigrants de deuxième génération sont encore considérés comme des étudiants étrangers en raison des politiques de naturalisation.

182Calculs du CSTI basés sur des données provenant de Statistique Canada, Tableau CANSIM 477-0019, octobre 2012.

183OCDE, Perspectives des migrations internationales 2011, 2011, figure I.8.

184Garnett Picot et Arthur Sweetman, « Making It in Canada: Immigration Outcomes and Policies », IRPP Study, n° 29, avril 2012. Les hommes immigrants arrivés au Canada pendant la période de 1976 à 2005 ont atteint la parité en matière d'emploi avec les hommes nés au Canada après environ cinq ans (il en est habituellement de même pour les femmes). Si l'on compare les hommes immigrants aux hommes nés au Canada ayant des caractéristiques semblables (éducation, âge et état matrimonial), on remarque que le salaire annuel de la cohorte arrivée à la fin des années 1970 correspondait à environ 85 % de celui des hommes nés au Canada pendant les cinq premières années au pays. Pour la cohorte d'hommes arrivée au début des années 1990, ce chiffre a baissé à 60 %.

185Kevin Stolarick, The Changing Returns to Education in Canada and its Provinces: 1971–2006, Martin Prosperity Institute Working Paper, Martin Prosperity Institute, Toronto, janvier 2012.

186Brahim Boudarbat et Victor Chernoff, The Determinants of Education-Job Match among Canadian University Graduates, Forschungsinstitut zur Zukunft der Arbeit/Institute for the Study of Labor (IZA) Discussion Paper No. 4513, octobre 2009, p. 11.

187Brahim Boudarbat et Victor Chernoff, The Determinants of Education-Job Match among Canadian University Graduates, Forschungsinstitut zur Zukunft der Arbeit/Institute for the Study of Labor (IZA) Discussion Paper No. 4513, octobre 2009, p. 13.

188Louise Desjardins et Darren King, Espérances et résultats sur le marché du travail des titulaires de doctorat des universités canadiennes, document de recherche, Culture, tourisme et Centre de la statistique de l'éducation, janvier 2011, p. 33.

189Manpower Group, 2012 Talent Shortage Survey Research Results, 2012.

190Argentine, Brésil, Canada, Colombie, Costa Rica, États-Unis, Guatemala, Mexique, Panama et Pérou.

191Statistique Canada, Statistiques sur les postes vacants, 2011.

192Selon la définition du Manuel de Canberra (OCDE et Eurostat, 1995), les RHST sont des personnes ayant fait des études complètes postsecondaires dans les domaines des sciences ou de la technologie, ou exerçant des professions scientifiques et techniques qui exigent habituellement de hautes qualifications; elles possèdent un fort potentiel d'innovation. Pour classer les professions, l'OCDE utilise le groupe 2 (Professions intellectuelles et scientifiques) de la Classification internationale type des professions (CITP), incluant les spécialistes des sciences physiques, mathématiques et techniques, les spécialistes des sciences de la vie et de la santé, les spécialistes de l'enseignement, et les autres spécialistes des professions intellectuelles et scientifiques, ainsi que le groupe 3 (Professions intermédiaires), incluant les professions intermédiaires des sciences physiques et techniques, les professions intermédiaires des sciences de la vie et de la santé, les professions intermédiaires de l'enseignement et les autres professions intermédiaires.

193Le nombre de chercheurs est exprimé en équivalents temps plein (ETP). Une personne consacrant la moitié de son temps de travail à la R-D compte pour 0,5 année-personne en ETP. Un ETP correspond au personnel engagé en R-D au cours d'une année entière. Les données exprimées en ETP mesurent plus précisément le volume de la recherche menée par les chercheurs d'un pays. Le nombre de chercheurs est exprimé par rapport à l'emploi total des comptes nationaux de l'OCDE. L'emploi dans l'industrie ne comprend pas les personnes travaillant dans l'immobilier, l'administration publique et la défense, l'enseignement, le travail médico-social et les soins à domicile.

194Forbes Insights, Diversity and Inclusion: Unlocking Potential – Global Diversity Rankings by Country, Sector and Occupation, janvier 2012, p.18 (en anglais seulement).

195Données compilées par le CSTI à l'aide de Catalyst, Women on Boards Around the World (en anglais seulement).

196Les chiffres de Catalyst proviennent de recherches internes, du Women on Boards Survey 2012 de Governance Metrics International et de diverses études nationales, le cas échéant. Catalyst explique que leurs données concernant les places occupées par des femmes, pour le Canada, proviennent de sociétés publiques seulement, plutôt que des sociétés publiques et privées énumérées par le Financial Post 500, puisqu'elles correspondent davantage aux autres données de leur graphique. Leurs données concernant les postes de présidence occupés par des femmes provenaient quant à elles de l'étude 2011 Catalyst Census: Financial Post 500 Women Board Director. Le site Web suivant (en anglais seulement) explique la méthodologie utilisée pour cette étude.

197Kimberly Gladman et Michelle Lamb, GMI Ratings' 2012: Women on Boards Survey, Governance Metrics International (GMI), mars 2012 (en anglais seulement). L'enquête du GMI comprend des données provenant de plus de 4 300 entreprises internationales dépendant largement des indices du marché.

198Statistique Canada, Tableau CANSIM 282-0010, Estimations de l'Enquête sur la population active, février 2013.

199Statistique Canada, Tableau CANSIM 282-0010, Estimations de l'Enquête sur la population active, février 2013.

200U.S. Bureau of Labor Statistics, Current Population Survey, Table 11: Employed Persons by Detailed Occupation, Sex, Race, and Hispanic or Latino Ethnicity, Annual Averages 2011, 2012.

Chapitre 7 : Conclusion et stratégie d’avenir


Le succès du Canada au 21e siècle dépendra en grande partie de sa capacité d’exploiter les sciences, la technologie et l’innovation (STI) afin d’assurer la prospérité économique et d’améliorer le bien-être de la société. Les STI sont essentielles à la croissance accrue de la productivité. Ils permettent la création d’emplois de qualité, l’établissement et l’expansion d’entreprises ainsi que la résolution de problèmes environnementaux, sociaux et de santé urgents.

L’état des lieux en 2012 confirme ce que nous ont appris les rapports de 2010 et de 2008, à savoir que le Canada possède de solides fondements en STI, notamment grâce à la grande qualité de ses talents et à sa capacité à générer de nouvelles connaissances. Mais il ne doit pas se satisfaire du statu quo ni de progrès graduels. En effet, d’autres pays planifient et investissent de façon stratégique afin d’améliorer leur écosystème des STI et, d’après notre dernier rapport, ces mesures commencent à porter leurs fruits.

Nous croyons que le Canada doit viser non seulement l’excellence en matière de STI, mais également le leadership mondial, afin qu’il puisse en récolter les bénéfices économiques et sociétaux. L’état des lieux en 2012 ne se contente pas d’examiner les pays de comparaison de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et d’autres économies, comme l’ont fait les rapports précédents, mais il détermine également le seuil que doit atteindre le Canada pour se classer parmi les cinq pays du monde les mieux classés à l’égard d’indicateurs clés.


 

Le Canada doit viser non seulement l’excellence en matière de STI, mais également le leadership mondial.

Dans cette conclusion de L’état des lieux en 2012, nous voulons aller encore plus loin et souligner cinq de ces indicateurs clés pour lesquels le Canada devrait s’efforcer de faire partie des cinq pays du monde les mieux classés. Améliorer son rendement à l’égard de ces cinq indicateurs contribuera énormément à son succès et permettra d’assurer son avenir à titre de chef de file mondial en STI. En revanche, l’absence de progrès dans ces cinq domaines entravera la capacité du Canada de devenir un chef de file en STI et de susciter les avancées que les STI pourraient représenter pour le bien-être économique et social des Canadiens. Dans les prochains rapports, nous ferons le suivi des progrès réalisés à l’égard de ces cinq indicateurs et continuerons de promouvoir un meilleur rendement dans ces domaines. Ces cinq indicateurs représentent les trois principaux piliers qui soutiennent l’écosystème canadien des STI : les entreprises, les connaissances et les talents. Bien qu’ils aient des buts différents, ils se renforcent mutuellement en utilisant à fond les capacités du Canada en STI. Ces cinq indicateurs sont :

  • les dépenses en recherche-développement des entreprises (DIRDE) en pourcentage du produit intérieur brut (PIB),
  • les investissements des entreprises dans les technologies de l’information et des communications (TIC),
  • les dépenses intérieures brutes de recherche-développement dans le domaine de l’enseignement supérieur (DIRDES) en pourcentage du PIB,
  • les doctorats en sciences et en ingénierie délivrés par 100 000 habitants,
  • la part des ressources humaines en sciences et en technologie (RHST).

Les deux premiers indicateurs portent sur la capacité des entreprises canadiennes d’intégrer l’innovation dans leur stratégie pour être compétitives, comme le reflètent les DIRDE en pourcentage du PIB et l’intensité d’investissement des entreprises dans les TIC (chapitre 4). Nous sommes d’avis que les efforts doivent porter sur les DIRDE et les investissements dans les TIC, car ces deux éléments sont étroitement liés à l’innovation en matière de produits et de procédés et, par conséquent, à la croissance de la productivité. Une meilleure productivité contribuera à accroître la compétitivité du Canada à l’échelle mondiale et à stimuler la croissance économique.

Comme il est mentionné au chapitre 4, l’intensité des DIRDE a diminué de façon presque constante au cours des 10 dernières années, et le Canada est maintenant relégué au 25e rang sur 41 pays selon le classement de 2011 de l’OCDE. Ce niveau n’équivaut même pas à 40 % du seuil des cinq pays les mieux classés. Le secteur de l’enseignement supérieur est celui où les entreprises canadiennes ont affiché le meilleur rendement pour ce qui est des investissements en R-D. Le Canada s’est classé 7e parmi les économies comparées, devançant nettement les États-Unis et le Japon.

En ce qui concerne l’intensité des investissements des entreprises dans les TIC, bien que les investissements canadiens soient en croissance, le Canada se situe à nouveau dans la moyenne des pays de comparaison de l’OCDE. Selon cet indicateur, les investissements canadiens équivalent à environ 70 % du seuil des cinq pays les mieux classés.

Pour améliorer le rendement du Canada à cet égard, les entreprises doivent utiliser l’innovation comme stratégie pour être compétitives, c’est-à-dire investir davantage dans la recherche-développement (R-D) et utiliser des machines et du matériel (MM) améliorant la productivité, surtout les TIC. Alors que les données montrent que les entreprises canadiennes investissent une plus petite part de leurs bénéfices dans la R-D et les MM, le climat économique actuel devrait plutôt les inciter à investir davantage.

Au Canada, tous les ordres de gouvernement ont un rôle à jouer pour aider les entreprises à innover. À l’échelon fédéral, nous encourageons fortement le gouvernement à faire des progrès pour rétablir l’équilibre entre son soutien direct et son soutien indirect à la R-D des entreprises. Comme le souligne le chapitre 3, le soutien à la R-D des entreprises au Canada est grandement axé sur le soutien indirect, contrairement à la plupart des pays. Parmi les 10 pays les plus innovateurs au monde (selon le ratio DIRDE-PIB et le ratio DIRD-PIB), le soutien direct en 2010 représentait environ 70 % du soutien gouvernemental total à la R-D des entreprises, tandis que celui du Canada ne représentait qu’environ 12 %.

Les récents changements apportés au Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada et le lancement du Programme pilote d’adoption de la technologie numérique sont encourageants, mais il faut augmenter le financement direct pour appuyer l’innovation des entreprises au Canada. Par exemple, le gouvernement fédéral pourrait démontrer, par l’intermédiaire de ses activités d’achat, qu’il est prêt à devenir un chef de file en matière d’utilisation de produits innovateurs. Les gouvernements du monde entier utilisent de plus en plus les achats pour stimuler l’innovation des entreprises et combler les lacunes de la commercialisation. Le Programme canadien pour la commercialisation des innovations, lancé en 2010, est un excellent début. À présent, le programme doit s’élargir afin de s’adresser aux entreprises de toutes les tailles au Canada.

Le manque de capital de risque au Canada demeure un problème majeur pour la croissance des entreprises innovatrices et pourrait nuire à l’amélioration de l’intensité des DIRDE. Les données présentées au chapitre 4 montrent que le Canada est dépassé par de nombreux pays en ce qui a trait au capital de risque en pourcentage du PIB, et qu’il existe un important écart entre le Canada et les États-Unis en matière d’investissement de capital de risque. Dernièrement, le gouvernement fédéral a pris des mesures pour combler cet écart en annonçant l’octroi de nouveaux fonds de 400 millions de dollars dans le cadre du Plan d’action pour le capital de risque201. Le gouvernement devrait se servir de cette mesure comme tremplin pour lancer d’autres initiatives, dont l’examen des politiques gouvernementales pour favoriser le capital de risque et de nouvelles mesures pour combler d’autres lacunes, comme la pénurie d’entrepreneurs perpétuels.

Le secteur de l’enseignement supérieur au Canada peut également jouer un rôle important pour favoriser l’innovation des entreprises en adoptant d’autres initiatives afin de soutenir « le transfert des connaissances axé sur les gens ». Cela signifie renforcer la collaboration avec l’industrie dans le cadre de recherches à long terme axées sur les découvertes et de recherches appliquées plus près du marché, ainsi qu’élargir la portée des programmes qui appuient l’apprentissage intégré au travail des étudiants et des diplômés en STI et mettre sur pied des programmes de cours visant à combler l’écart entre les connaissances scientifiques et les compétences en affaires.

Le troisième indicateur clé pour lequel le Canada devrait s’efforcer de faire partie des cinq pays du monde les mieux classés vise l’engagement du Canada envers le développement de nouvelles connaissances, reflété dans les DIRDES en pourcentage du PIB. Nous avons choisi cet indicateur parce que le développement des connaissances est essentiel pour assurer la force et la vitalité de tout l’écosystème des STI.

Comme le chapitre 5 le décrit, la proportion des DIRDES en regard de l’ensemble de l’économie a fluctué au cours de la dernière décennie, bien que les sommes investies aient augmenté. Le classement du Canada pour les DIRDES en pourcentage du PIB se détériore par rapport aux pays de comparaison : le Canada se classait 9e sur 41 économies en 2011, une baisse par rapport à son 4e rang en 2008 et à son 3e rang en 2006. Ce rendement équivaut à 87,9 % du seuil des cinq pays les mieux classés en 2011, mais il s’agit tout de même d’un résultat bien supérieur à celui des États-Unis (55,8 % du seuil).

La recherche dans le secteur de l’enseignement supérieur mène aux découvertes sous-tendant les nouveaux produits, processus et politiques qui contribuent à répondre aux défis les plus urgents de la société, que ce soit la santé de la population vieillissante, des moyens durables pour extraire les ressources naturelles ou l’amélioration du niveau de vie des Canadiens.

Grâce à leurs activités de recherche, les universités et les collèges peuvent fortement stimuler l’innovation des entreprises en collaborant avec l’industrie et en appliquant les résultats de ces recherches. Les collaborations en matière de recherche appliquée avec les collèges et les universités sont particulièrement importantes pour les petites et moyennes entreprises, qui ont rarement les ressources nécessaires pour investir dans des projets d’innovation. Le rendement relativement solide du Canada à l’échelle mondiale sur le plan des DIRDES en pourcentage du PIB constitue une réalisation importante en matière de développement des connaissances qui doit être maintenue et élargie, surtout dans un monde où d’autres pays investissent massivement dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Les deux autres indicateurs concernent l’avantage en matière de talents. La capacité de produire et de déployer les meilleurs talents dans le domaine de la recherche est essentielle dans un monde où la création et l’application de nouvelles connaissances favorisent la croissance économique et le progrès de la société. Il faut donc améliorer la capacité de produire des titulaires de doctorat, c’est-à-dire augmenter le nombre de doctorats en sciences et en ingénierie délivrés par 100 000 habitants. Un plus grand nombre de doctorats au Canada augmentera la capacité du pays à entreprendre des recherches d’avant-garde et à former les nouvelles générations de talents.

Comme le souligne le chapitre 6, en 2010 le Canada se classait 15e parmi les pays de l’OCDE quant au nombre de doctorats en sciences et en ingénierie délivrés par 100 000 habitants, ce qui équivaut à environ 64 % du seuil des cinq pays les mieux classés à l’échelle mondiale. Sur une note plus encourageante, pendant la période de 2006 à 2010, le Canada a connu une croissance d’environ 49 % du nombre de doctorats délivrés en sciences et d’environ 39 % du nombre de doctorats délivrés en ingénierie; ces taux de croissance dépassent ceux de nombreux pays comparables. Afin de poursuivre sur cette lancée, le Canada doit favoriser une plus grande « culture axée sur les sciences et l’innovation » pour inciter les jeunes, dès l’école primaire, à poursuivre des études supérieures et à faire carrière dans les domaines des STI.

La capacité de déployer les talents afin d’en tirer les meilleurs avantages – de porter à son maximum l’effet des connaissances et des compétences des gens sur la main-d’oeuvre et la société – est tout aussi importante. Ainsi, nous complétons notre liste de cinq indicateurs en ajoutant la part des ressources humaines en sciences et en technologie dans la main-d’oeuvre. À ce chapitre, le Canada reste loin derrière les principaux pays concurrents. Comme il en est question au chapitre 6, dans le secteur des services, le rendement du Canada est médiocre par rapport à celui d’autres pays de l’OCDE; dans le secteur de la fabrication, la situation est lamentable : la part des RHST dans la main-d’oeuvre est parmi les plus basses de l’OCDE. Un plus grand soutien des secteurs public et privé pour les initiatives d’apprentissage intégré au travail aiderait les diplômés en STI à faire la transition vers un emploi productif et montrerait aux employeurs potentiels ce qu’ils peuvent apporter à leur entreprise.

Le Canada possède des bases solides en STI sur lesquelles bâtir, mais il doit faire mieux et, dans certains domaines, beaucoup mieux. Les cinq indicateurs que nous avons déterminés permettront de mesurer ce succès. Il incombe à tous les participants de l’écosystème des STI de jouer un rôle dans l’amélioration du rendement visant à placer le Canada dans le groupe des pays de tête en matière d’innovation. Il ne s’agit pas seulement d’investir plus, mais d’investir de façon plus stratégique et cohérente, en prenant exemple sur les leaders mondiaux en STI et en saisissant les occasions qui se présentent. C’est ainsi que le Canada pourra vraiment faire partie de l’élite.


201Premier ministre du Canada, Plan d’action pour le capital de risque, Notes d’information, 2013.

Annexe A : Financement des sous-domaines prioritaires en sciences, en technologie et en innovation par les organismes subventionnaires


Estimation du financement des sous-priorités en STI par les organismes subventionnaires : exercice financier 2011-2012
Priorités et sous-priorités en STI CRSNG
(en milliers de dollars)
IRSC
(en milliers de dollars)
CRSH
(en milliers de dollars)
Environnement 161 203,1 26 288,8 21 408,2
Eau, santé1 19 568,5 26 288,8 535,8
Eau, sécurité 162,0
Eau, énergie
Méthodes plus propres d’extraction, de transformation et d’utilisation de combustibles à hydrocarbures, y compris la réduction de la consommation de ces combustibles 10 740,6  
Autres (non sous-prioritaires) 130 894,0 20 710,4
Ressources naturelles et énergie 162 219,0 8 021,2 2 346,7
Production d’énergie dans les sables bitumineux 14 449,2 57,0
Arctique, production de ressources 2 181,7
Arctique, adaptation aux changements climatiques2 24 589,3 8 021,2
Arctique, surveillance
Biocombustibles, piles à combustible et énergie nucléaire 30 809,5 6,0
Autres (non sous-prioritaires) 90 189,3 2 283,7
Sciences de la santé et de la vie 165 319,1 221 229,6 14 304,6
Médecine régénérative 5 939,8 73 972,3 46,4
Neurosciences 33 392,9 126 700,7
Santé d’une population vieillissante 20 556,6 67,2
Génie biomédical et technologies médicales 49 339,3 884,2
Autres (non sous-prioritaires) 76 647,1 13 306,8
Technologies de l’information et des communications (TIC) 177 889,7 25 118,2
Nouveaux médias, animation et jeux 8 255,5 3 809,1
Réseaux et services sans fil3 34 674,7 212,3
Réseaux à large bande
Matériel de télécommunication 21 092,7
Autres (non sous-prioritaires) 113 866,8 21 096,8
Sous-total : Domaines de priorité 666 630,9 255 539,6 63 177,7
Sous-total : Domaines de sous-priorité 255 033,7 255 539,6 5 780,0
Domaines non prioritaires 369 535,1 695 190,4 276 146,9
Dépenses extra-muros totales 1 036 166,0 950 730,0 339 324,6

1Pour le CRSNG, les compilations portant sur l’eau-santé comprennent l’eau-sécurité.

2Pour le CRSNG, les compilations portant sur l’Arctique-adaptation aux changements climatiques comprennent l’Arctique-surveillance des changements climatiques.

3Pour le CRSNG, les compilations portant sur les réseaux et services sans fil comprennent les réseaux à large bande.

Annexe B : Glossaire


APPRENTISSAGE INTÉGRÉ AU TRAVAIL : Expériences d’emploi des étudiants qui intègrent une expérience pratique en milieu de travail à l’apprentissage en classe ou aux programmes d’étude.

BIENS INCORPORELS : Actifs qui n’ont pas de représentation physique ni financière. Les biens incorporels sont aussi appelés « actifs cognitifs » ou « capital intellectuel ». Ils désignent le plus souvent la recherche-développement, le personnel clé et les logiciels.

CAPITALISATION BOURSIÈRE : Prix de l’action multiplié par le nombre d’actions en circulation. Aussi appelée valeur marchande.

CAPITAL DE RISQUE : Forme spécialisée de capital d’investissement privé, caractérisée principalement par des investissements à haut risque dans de nouvelles entreprises ou de jeunes entreprises en croissance dans le secteur technologique et d’autres secteurs à valeur ajoutée.

CLASSIFICATION DES NIVEAUX D’ENSEIGNEMENT  : La classification des niveaux d’enseignement est basée sur la nouvelle Classification internationale type de l’éducation (CITE 2011) :

  • DEUXIÈME CYCLE DE L’ENSEIGNEMENT SECONDAIRE : En règle générale, les élèves sont censés avoir accompli neuf années d’études ou achevé l’enseignement secondaire du premier cycle avant d’accéder à ce niveau.
  • PREMIER CYCLE ET DEUXIÈME CYCLE (MAÎTRISE) UNIVERSITAIRES : Programmes classés par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) comme des programmes d’enseignement tertiaire de type A, ou CITE 5A. Programmes largement théoriques qui visent à préparer les étudiants à accéder à des programmes de recherche de haut niveau ou à l’exercice de professions exigeant un niveau élevé de compétences comme la médecine, la dentisterie ou l’architecture. La durée de ces programmes est d’au moins trois années (mais plus souvent quatre années ou plus) d’études à temps plein. Ces programmes ne sont pas exclusivement proposés dans des établissements universitaires; en outre, tous les programmes reconnus au niveau national comme programmes universitaires ne remplissent pas nécessairement les critères pour être classés dans les programmes d’enseignement tertiaire de type A. Les programmes d’enseignement tertiaire de type A comprennent les programmes de deuxième cycle, comme les programmes de maîtrise.
  • NIVEAU COLLÉGIAL : Programmes classés par l’OCDE comme des programmes d’enseignement tertiaire de type B, ou CITE 5B. Les programmes sont généralement plus courts que ceux de type A et sont axés sur l’acquisition des compétences pratiques, techniques et professionnelles dont les étudiants ont besoin pour entrer immédiatement dans le marché du travail, bien que certaines bases théoriques soient parfois couvertes dans ces programmes. La durée de ces programmes est d’au moins deux années d’études à temps plein au niveau tertiaire.
  • TROISIÈME CYCLE (RECHERCHE AVANCÉE) : Programmes classés par l’OCDE comme des programmes de recherche avancée, ou CITE 6. Ces programmes mènent directement à un diplôme de recherche avancée, souvent un doctorat. La durée théorique de ces programmes est de trois ans, à temps plein, dans la plupart des pays (pour une durée totale cumulée d’au moins sept ans en équivalent temps plein au niveau tertiaire), bien que la durée d’inscription dans le programme soit généralement plus longue. Ces programmes sont consacrés aux études supérieures et à des travaux de recherche originaux.

DÉPENSES INTÉRIEURES BRUTES DE RECHERCHE-DÉVELOPPEMENT (DIRD) : Dépenses intra-muros totales de recherche-développement menée sur le territoire national pendant une période donnée.

DÉPENSES INTÉRIEURES BRUTES DE RECHERCHE-DÉVELOPPEMENT DU SECTEUR DES ENTREPRISES (DIRDE) : Activités de recherche-développement (R-D) menées par les entreprises, peu importe l’origine du financement. Il ne faut pas confondre les dépenses en R-D des entreprises avec le financement de la R-D par les entreprises, qui comprend tout le financement en R-D effectué par le secteur des entreprises, que la R-D soit menée par l’industrie, par le secteur de l’enseignement supérieur, par le secteur public ou par d’autres secteurs de l’économie.

DÉPENSES INTRA-MUROS DE RECHERCHE-DÉVELOPPEMENT DU SECTEUR DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR (DIRDES) : Recherche-développement menée par le secteur de l’enseignement supérieur.

DÉPENSES INTRA-MUROS DE RECHERCHE-DÉVELOPPEMENT DU SECTEUR DE L’ÉTAT (DIRDET) : Recherche-développement menée par le secteur de l’État.

FINANCEMENT DE LA RECHERCHE-DÉVELOPPEMENT DES ENTREPRISES : Financement total de la recherche-développement (R-D) effectué par le secteur des entreprises, que la R-D soit menée par l’industrie, par le secteur de l’enseignement supérieur, par le secteur public ou par d’autres secteurs de l’économie. Il ne faut pas confondre le financement de la R-D des entreprises avec les DIRDE, qui couvrent les activités de R-D menées par les sociétés, peu importe l’origine du financement.

INDICATEURS BIBLIOMÉTRIQUES : Méthode mathématique et statistique servant à analyser différentes caractéristiques des articles scientifiques évalués par les pairs qui sont publiés dans les revues spécialisées internationales.

INDICATEURS BIBLIOMÉTRIQUES D’INCIDENCE  : Mesure de l’influence des chercheurs par le décompte des citations d’articles.

INDICATEURS BIBLIOMÉTRIQUES DE QUANTITÉ  : Mesure de la productivité des chercheurs, en valeur absolue, par le nombre d’articles.

INDICATEURS BIBLIOMÉTRIQUES STRUCTURELS  : Mesure de la collaboration entre les chercheurs de différents pays au moyen de publications conjointes internationales.

INNOVATION : Processus par lequel les particuliers, les entreprises et les organismes mettent au point, maîtrisent et utilisent de nouveaux produits, concepts, procédés et méthodes, qui peuvent être nouveaux pour eux, voire pour leur secteur, leur pays ou le monde. Les composantes de l’innovation sont la recherche-développement, l’invention, l’investissement en capital, la formation et le perfectionnement professionnel.

INTENSITÉ DES DÉPENSES INTÉRIEURES BRUTES DE RECHERCHE-DÉVELOPPEMENT (DIRD) : Rapport des DIRD à une mesure de production, généralement le produit intérieur brut (PIB). Aussi appelée ratio DIRD-PIB.

INTENSITÉ DES DÉPENSES INTÉRIEURS BRUTES DE RECHERCHE-DÉVELOPPEMENT DU SECTEUR DES ENTREPRISES (DIRDE) : Rapport des DIRDE à une mesure de production, généralement le produit intérieur brut (PIB). Aussi appelée ratio DIRDE-PIB.

INTENSITÉ DES DÉPENSES INTRA-MUROS DE RECHERCHE-DÉVELOPPEMENT DU SECTEUR DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR (DIRDES) : Rapport des DIRDES à une mesure de production, généralement le produit intérieur brut (PIB). Aussi appelée ratio DIRDES-PIB.

INVESTISSEUR PROVIDENTIEL : Personne bien nantie, active dans le financement par capital de risque, qui participe généralement aux premières étapes du développement d’une entreprise.

LICENCE : Autorisation écrite permettant au client d’utiliser la propriété intellectuelle de l’établissement contre des droits ou une autre contrepartie, par exemple une participation dans l’entreprise.

MACHINES ET MATÉRIEL (MM) : Ils comprennent le matériel de transport et d’autres MM, excluant ceux acquis par les ménages à des fins de consommation finale.

MARQUE DE COMMERCE : Mot, symbole ou autre marque utilisés par une société pour distinguer ses produits et services de ceux que d’autres offrent sur le marché.

OPTION : Droit de négocier l’octroi d’une licence.

PRIX CONSTANTS : Ensemble commun de prix utilisé pour établir la valeur des produits d’une entreprise ou d’une économie sur des périodes successives.

PRIX COURANTS : Mesure des quantités économiques à l’aide des prix en vigueur à un moment donné.

PRODUCTIVITÉ : La productivité correspond à la quantité totale de biens et de services produite dans un pays pour chaque facteur de production, comme la main-d’oeuvre, le capital ou les terrains.

PRODUCTIVITÉ DE LA MAIN-D’OEUVRE : La productivité correspond à la quantité totale de biens et de services produite dans un pays pour chaque facteur de production, comme la main-d’oeuvre, le capital ou les terrains. La mesure la plus courante de la productivité est la productivité de la main-d’oeuvre, qui évalue la quantité de biens et de services produite par la main-d’oeuvre en une heure.

PRODUCTIVITÉ TOTALE DES FACTEURS (PTF) : La productivité correspond à la quantité totale de biens et de services produite dans un pays pour chaque facteur de production, comme la main-d’oeuvre, le capital ou les terrains. La PTF mesure l’efficience de l’utilisation des facteurs de production combinés du capital et de la main-d’œuvre dans le processus de production. Elle tient compte de facteurs comme les améliorations technologiques, les économies d’échelle, l’utilisation des capacités et les compétences en gestion.

PRODUIT INTÉRIEUR BRUT (PIB) : Valeur totale des biens et services finaux produits au sein d’un pays pendant une période donnée (généralement une année civile). Le PIB est exprimé en prix courants ou constants.

PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE : Concept juridique qui désigne les créations de l’esprit (par exemple les découvertes et les inventions) dont les droits exclusifs sont octroyés à leurs auteurs. Les droits de propriété intellectuelle comprennent entre autres les droits d’auteur, les marques de commerce et les brevets.

RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT (R-D) : Selon le Manuel de Frascati (2002) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la R-D englobe trois activités : « La recherche fondamentale consiste en des travaux expérimentaux ou théoriques entrepris principalement en vue d’acquérir de nouvelles connaissances sur les fondements des phénomènes et des faits observables, sans envisager une application ou une utilisation particulière. […] La recherche appliquée consiste en des travaux originaux entrepris en vue d’acquérir des connaissances nouvelles. Cependant, elle est surtout dirigée vers un but ou un objectif pratique déterminé. […] Le développement expérimental consiste en des travaux systématiques fondés sur des connaissances existantes obtenues par la recherche et/ou l’expérience pratique, en vue de lancer la fabrication de nouveaux matériaux, produits ou dispositifs, d’établir de nouveaux procédés, systèmes et services, ou d’améliorer considérablement ceux qui existent déjà202

RÉSIDENT PERMANENT : Personne qui a immigré au Canada mais qui n’a pas encore la qualité de citoyen canadien. Le résident permanent jouit de certains droits et privilèges au Canada, et ce, même s’il demeure citoyen de son pays d’origine. Afin de maintenir son statut, le résident permanent doit respecter certaines obligations de résidence.

RESSOURCES HUMAINES EN SCIENCES ET EN TECHNOLOGIE (RHST) : Personnes ayant fait des études complètes au niveau tertiaire dans les domaines des sciences ou de la technologie (S-T), ou exerçant des professions en S-T qui exigent habituellement de hautes qualifications; elles possèdent un fort potentiel d’innovation.

SECTEUR DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR : Composé de toutes les universités, de tous les collèges de technologie et de tous les autres établissements d’enseignement postsecondaire, peu importe leurs sources de financement ou leurs statuts juridiques. Il comprend également tous les instituts de recherche, les stations d’essais et les centres hospitaliers qui travaillent sous le contrôle direct des établissements d’enseignement supérieur ou qui sont administrés par ces derniers ou leur sont associés.

SYSTÈME DE CLASSIFICATION DES INDUSTRIES DE L’AMÉRIQUE DU NORD (SCIAN) : Ce système classe les industries en fonction de leur principale activité économique. Le manuel SCIAN, élaboré par les gouvernements du Canada, du Mexique et des États-Unis, est entré en vigueur en janvier 1997.

TAUX DE POSTES VACANTS : Le nombre de postes vacants divisé par la demande de main-d’oeuvre totale, c’est-à-dire la somme des postes occupés et vacants. Il correspond à la proportion des postes non pourvus par rapport à l’ensemble des postes salariés disponibles.

TRANSFERT DES CONNAISSANCES : Processus de transfert du savoir d’une organisation à une autre dans un but de commercialisation ou dans l’intérêt du public. Il englobe un continuum d’activités qui touchent l’ensemble des secteurs et des intervenants de l’écosystème des sciences, de la technologie et de l’innovation, dans le cadre desquelles des connaissances sont échangées entre ceux qui les développent et ceux qui les transforment en produits, en services ou en innovation.

TRANSFERT DE CONNAISSANCES PAR TRACTION DE LA DEMANDE : Modèle de transfert de connaissances dans lequel les universités et les autres organismes de recherche sont sollicités par l’industrie afin de trouver des solutions à des problèmes de production ou d’innovation.

TRANSFERT DE CONNAISSANCES POUSSÉ PAR L’OFFRE  : Modèle de transfert de connaissances dans lequel les établissements d’enseignement supérieur transfèrent leurs inventions à des sociétés existantes ou à de nouvelles entreprises par l’octroi de licences ou l’essaimage de leur propriété intellectuelle.

VALEUR AJOUTÉE BRUTE : Valeur des produits moins la valeur de la consommation intermédiaire. Il s’agit d’une mesure de la contribution au produit intérieur brut faite par un producteur individuel, par une industrie ou par un secteur.


202OCDE, Manuel de Frascati : Méthode type proposée pour les enquêtes sur la recherche et le développement expérimental, Paris, 2002, p. 34.